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-'58?
LES
RECLUS DE TOULOUSE
SOUS LA TERREUR
REGISTRES OFFICIELS
CONCERNANT
LES CITOYENS EMPRISONNÉS COMME SOSPECTS
PUBLIÉS ET ANNOTES
PAR LE B°- R. JDE BOUGLON
• \
DE LA SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DU MIDI DE LA FRANCE
DEUXIÈME FASCICULE
LES CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES
A LA CONCIERGERIE, AU CI-DEVANT SÉNÉCHAL
AUX HAUTS-MURATS
LES CITOYENS HN ARRESTATION CHEZ EUX
TOULOUSE
IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE LDOUARD PRIVAT
H u K b F. S r o i: u N L u R s , 4 5
1 8 c) 5
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LES
RECLUS DE TOULOUSE
SOUS LA TERREUR
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LES
RECLUS DE TOULOUSE
SOUS LA TERREUR
REGISTRES OFFICIELS
CONCERNANT
LES CITOYENS EMPRISONNÉS COMME SUSPECTS
PUBLIÉS ET ANNOTÉS
PAR LE B°" R. DE BOUGLON
DE LA SOCifTf ARCb£OLOCIQUI DU HIDI DE LA rRANCE
DEUXIÈME FASCICULE
LES CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES
A LA CONCIERGERIE, AU CI-DEVANT SÉNÉCHAI
AUX HAUTS-MURATS
LES CITOYENS EN ARRESTATION CHEZ EUX
TOULOUSE
IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE EDOUARD PRIVAT
RUE DES TOURNEURS, 46
1895
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POUR PARAITRE
TROISIÈME FASCICULE
Les citoyennes recluses dans la ci-devant maison
de Saint-Sernin.
Les citoyens (prêtres) reclus dans la maison ci-devant
Sainte - Catherine.
Les citoyens détenus dans les maisons d'arrêt
des districts.
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LES RECLUS DES CARMÉLITES
c< On a tort d'employer de l'argent
pour aig-uiser le couteau de la guillotine : il faut faire
conduire tous les prisonniers, tant de la Visitation que
des Carmélites, au pré des Sept-Deniers, et là, braquer
six ou huit pièces de canon chargées de mitraille et les
f..... à bas! » Ainsi tonnait devant les sans-culottes de
Toulouse le terroriste Fontan, et comme un des auditeurs
lui observait ingénument que les innocents paieraient
pour les coupables « eh bien — répondit Fontan — la
poudre et le plomb balaieront le crime ainsi que l'inno-
cence ! * »
Ceci se passait au mois de ventôse an II, alors que les
geôles de la ville étaient encombrées de suspects, et que
Camille, le rédacteur du Journal révolutionnaire ou Sen-
tinelle du Midiy écrivait à propos de ces mômes suspects :
c< Nous sommes étonnés et souvent affligés lorsque nous
apprenons qu'il existe cinq ou six cents scélérats dans les
prisons de cette cité frappons^ écrasons s'il est pos-
sible tous ces vils suppôts du despotisme loin de les
ouvrir, murons au contraire les portes des prisons où la
justice nous a contraints de les déposer en attendant que
1. Archives de la Haute-Garonne, L. 161.
2. Archives de la Haute-Garonne, L. 92.
850
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6 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
la mort en fasse sa proie le parti le plus prudent est
de les anéantir d'un seul coup '. »
Ces sentiments de haine trouvaient de Tëcho dans la
Société populaire lorsqu'elle apprend « avec de vifs ap-
plaudissements » qu'à Narbonne le Tribunal révolutton-
naire « travaille à faire tomber les têtes des scélérats » ;
qu'à Bayonne « sainte guillotine nous a délivrés de sept
boug'res et cinq autres ont été fusillés * » ; qu'à Bordeaux,
Auch, Perpignan, pour ne citer que les départements
voisins, la Terreur continue sa besogne sanglante. Vrai-
ment ce n'est qu'à Toulouse que cela ne marche pas,
et Paganel a bien raison d'écrire de Paris à la Société
populaire^ « pour lui témoigner ses regrets de ce que le
glaive de la loi qui menace les malveillants est suspendu
dans les mains du Tribunal révolutionnaire. » Le repré-
sentant rassure néanmoins ses amis : celte inertie dont
triomphent les aristocrates ne les empêchera pas de porter
leurs têtes coupables sur l'échafFaut. » A la bonne heure,
voilà qui est parler, et tout à fait dans les idées du limo-
nadier Boyer, président du Comité de surveillance pen-
dant tout le temps de la Terreur, lequel demande modes-
tement « qu'on fasse tomber deux mille têtes afin d'avoir
la paix ^. »
Les meneurs se sont déclarés prêts à servir de pour-
voyeurs au couperet national, mais ils rencontrent
une résistance inattendue dans le représentant Darti-
goeyle, un pur, un vrai sans-culotte, celui-là, — il a noyé
dans le sang de dix victimes une prétendue tentative d'as-
sassinat sur sa personne sacrée ^ — et pourtant Darti-
goeyle refuse de peser sur les décisions du Tribunal révo-
1. Bibliothèque de la ville de Toulouse, 44.
2. Archives de la Haute-Garonne. Registre de la Société populaire.
3. Ibidem., L.747.
4. Ibidem., L., arrêté du représentant du peuple Laurence.
5. Tarbouriech, La Justice révolutionnaire à Auch,
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.. 7
lutioQQaire. La porte des maisons de réclusion ouverte à
la Municipalité et aux Comités, est gardée contre Tenva-
hissement de la populace, et Ténergie du représentant,
jamais démentie, aura raison des fermentations Jacobines
tout comme des appels au massacre des prisonniers qui
ont abouti dans d'autres départements à d'horribles scènes
de carnag-e ' .
En revanche, on peut dénoncer, arrêter, reclure les
suspects, et dans ce but toute latitude est accordée par
le proconsul aux Comités qu'il gourmande même au
sujet des prisons à remplir : peu importe que le Conseil
général de la Commune fasse remarquer que les citoyens
incarcérés sont en si grande quantité que les locaux peu-
vent à peine les contenir^. — Ceci en dehors des cide-
vants, des insermentés, d«s fédéralistes dont on s'est
occupé tout d'abord comme les plus dangereux, — n'y
a-t-il pas à punir ceux qui décrient le papier monnaie
national qu'on leur a échangé contre le métal portant la
hideuse effigie du tyran ^, ceux qui ont entretenu des cor-
respondances — toujours criminelles — avec leurs parents
émigrés, ou leur ont fait passer des secours, ceux qui ont
murmuré des réflexions, lesquelles dans la bouche du
patriote délateur deviennent des propos contre-révolution-
naires, ceux qui détiennent des écrits fédéralistes autre-
ment pervers que des pamphlets royalistes, puisqu'ils ten-
dent à l'avilissement de la Montagne? Nul embarras du
reste quand il y a eu méprise sur la personne du suspect;
le comité saura toujours inscrire un motif quelconque sur
le livre d'écrou, ne serait-ce que de le suspecter d'être
suspect^.
1. Archives de la Haute-Garonne, L. 56 (ancien).
2. Archives du Capitole, Registres du Conseil.
3. Archivés Nationales, AF, II, 171.
4. Un décret de la Convention du 27 vendémiaire an II cassa un juge-
ment condamnant à la détention un citoyen parce qu'il était soupçonné
d'être suspect, décret motivé sur ce que un jugement ne peut être rendu sur
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8 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR»
Chaque jour la Conciergerie du Capitole reçoit un lot
de personnes arrêtées qu'on y empile jusqu'au moment
d'en faire le tri : à la Visitation, les aristocrates de nom,
de sentiments, de manières; aux Carmélites, les parti-
sans du fédéralisme ; à la Concierg'erie et au Sénéchal ,
les prévenus que l'accusateur public doit traduire au
Tribunal révolutionnaire; à Saint-Sernin, les femmes et
filles aristocrates ainsi que les ex-religieuses ; à Sainte-
Catherine, les ci-devant prêtres, pas assez coupables pour
monter sur l'échafaud, trop vieux pour subir la dépor-
tation ou bien les assermentés dont on suspecte le ci-
visme ; aux Hauts-Murats, ceux des détenus dont la santé
affaiblie réclame un air plus pur, et enfin en réclusion
chez eux, les suspects qui ont fait constater par les offi-
ciers de santé préposés aux prisons leur grand âge ou
leurs infirmités.
La maison de sûreté des Carmélites, grand couvent'
sécularisé en 1790, avait été destiné depuis celte époque,
à servir de lieu de réclusion politique pour les femmes.
La multiplicité des arrestations fit ajouter les Carmélites
aux prisons déjà ouvertes pour les hommes : les femmes
furent envoyées à l'ancien couvent des Dames chanoi-
aesses de Saint-Sernin.
un soupçon, mais sur des faits, des pièces ou des dépositions. Les Comités,
qui violaient à chaque instant la loi du 17 septembre 1793 en lui donnant
une fausse et arbitraire interprétation, n'avaient pas plus de souci du dé-
cret du 27 vendémiaire an II.
1. Ce couvent fut fondé par plusieurs demoiselles pieuses, au nombre
desquelles cinq filles de M. de Rességuier, conseiller au Parlement. Un jour
qu elles s'étaient rassemblées dans le monastère destiné aux Tiercerettes,
elles résolurent de prendre l'habit des Carmélites réformées parsainte Thé-
rèse. L'évoque d'Aire, à leur instance, demanda des religieuses de cet ordre
pour venir se mettre à leur tête : on leur en envoya six de Bordeaux, en
1615, elles se rendirent toutes dans l'église Saint-Sernin le jour de la Présen-
tation de la Sainte- Vierge 1625(21 novembre), et, delà, dans leur couvfint
bâti aux frais du conseiller de Rességuier dont les filles furent les fonda-
trices d'autant de couvents de Carmélites à Limoges, Saintes, Narbonne,
Lectoure et Montauban. (Bibliothèque de la ville de Toulouse, fonds Tou-
lousain, man. Maillot.)
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR. 9
Les fédéralistes reclus aux Carmélites, différaient entiè-
rement comme idées de la masse des citoyens reclus à
Toulouse, c'étaient des républicains; ils avaient applaudi
aux réformes de TAssemblée constituante, même aux plus
extrêmes, accepté toutes les mesures dictées par les cir-
constances, le renversement du trône, la mort du Roi,
l'emprisonnement des monarchistes, mais ils réprou-
vaient avec horreur les violences sanguinaires, les mas-
sacres des prisons, et se séparaient entièrement sur ce
point de Marat et de ses Jacobins. Pour eux, ce qui dans
la Convention représentait l'avenir de la République et
de la Nation, était ce groupe d'hommes de plus de talent
que de caractère qu'on appelait les Girondins, et lorsque
ce parti succomba dans sa lutte généreuse contre la Mon-
tagne, tout ce qui tenait en France à la dignité et l'inté-
grité de la Représentation nationale se souleva contre
la faction victorieuse.
On sait les scandaleux débats dans lesquels s'absor-
baient les deux partis de la Montagne et de la Plaine, dé-
bats qui entravèrent si longtemps l'œuvre de la Conven-
tion : on connaît les événements qui précédèrent la pros-
cription des Girondins, l'autorité illégale du Conseil
général de la Commune de Paris, l'institution de la com-
mission des Douze, le rapport du 24 mai dénonçant la
conspiration, l'arrestation d'Hébert, les mouvements in-
surrectionnels du 27 mai, les scènes tumultueuses du 27
et du 28 à la Convention, le décret pour la suppression
des Douze emporté, rapporté, et, le 3o, le discours de
l'intrépide Lanjuinais qui prouve le complot et indique
l'endroit où se préparait tout pour l'attaque, la scène
du 3i mai, le décret arraché le 2 juin à la Convention
par l'émeute, vingt-deux députés mis en état d'arresta-
tion arbitraire, plusieurs fuyant l'oppression, et enfin
les décrets commandés par la faction montagnarde à des
représentants que son audace et sa violence ont dominés.
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lO LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
Les événements du 3i mai, i*' et 2 juin, eurent dans le
pays un retentissement énorme. Habitués encore à penser
par eux-mêmes et à prendre l'initiative sans chercher,
comme plus tard, à recevoir le mot d'ordre du pouvoir
central, les citoyens de près de soixante départements
voulurent opposer une résistance lég-ale aux entreprises
despotiques de la commune de Paris dont les prétentions
— main-mise sur la Convention et asservissement de la
nation, — s'affichaient ouvertement depuis le triomphe
de la Montaçne ; à ce sentiment de résistance se mêlait,
semble-t-il, comme un retour à l'esprit de séparation des
anciennes provinces, comme un secret désir d'enlever à
Paris la prééminence que cette ville s'était attribuée
depuis le commencement de la Révolution par la promp-
titude des résolutions violentes de sa plèbe autant que par
sa situation même de sièg-e du corps législatif de la
République.
La Société populaire de Toulouse — elle n'était pas
encore épurée — avait, au mois de janvier 1798, exprimé
dans une adresse ' à la Convention ses regards de voir se
continuer des discussions atroces entre modérés et mara-
tistes. Le dénouement de la crise politique approchait, et
le soupçon anxieux devint général, le soupçon que, si les
Montagnards l'emportaient sur les Girondins, ils propa-
geraient l'anarchie afin de conserver plus longtemps les
rênes du gouvernement et ne donneraient point de Cons-
titution pour mieux exercer leur tyrannie.
C'est dans ces circonstances qu'arriva à Toulouse le
représentant du peuple Chabot, dont la mission spéciale
ne concernait cependant que les départements du Tarn et
de l'Aveyron , où il avait été délégué avec son collègue
Ysabeau pour surveiller et presser le recrutement des trois
cent mille hommes destinés à compléter l'armée. Chabot,
1. Archives de la Haute-Garonne, Rég. de la Société populaire.
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR. II
ancien gardien du couvent de Peiyes en Laurag-ais du
temps qu'il était moine, comptait de nombreux amis à la
Société populaire. C'est lui qui leur parla des trahisons,
des complots, de la scélératesse des factieux de la Mon-
tagne dont le petit nombre dominait la majorité apeurée
des représentants. Un jour — le i4 mai 1798 — Chabot
se trouvait à la tribune de la Société populaire, il fit un
tableau si frappant des divisions qui agitaient la Conven-
tion, qu'il entraîna ses auditeurs à prendre une délibéra-
tion, d'abord pour demander aux représentants Mailhe
et Lombord-Lachaud, en mission à Toulouse, de convo-
quer leurs collègues députés dans les départements méri-
dionaux et dans les armées des Pyrénées, ensuite pour
envoyer des courriers extraordinaires aux Sociétés affiliées
dans ces départements afin de les inviter à déléguer des
commissaires qui se réuniraient en assemblée à Toulouse
dans le plus court délai. Trois commissaires extraordi-
naires sont nommés : Gau, pour le Tarn, le Lot, l'Aveyron
et le Lot-et-Garonne; Caraguel, pour le Gers, les Landes,
les Hautes et Basses-Pyrénées; Laçais, pour l'Hérault,
l'Aude, le Gard et les Pyrénées-Orientales.
Au bas des pouvoirs remis à chacun d'eux. Chabot
ajouta : « Nous, représentant du peuple, député par la
Convention nationale aux départements méridionaux,
attestons les faits ci-dessus, mandons et ordonnons à tous
bons citoyens d'obéir en tout aux réquisitions qui leur
seroient faites dans les départements ou armées vers les-
quelles ils n'auraient pas été spécialement députés. — A
Toulouse, i5 mai 1798, an II de la République françoise,
Signé : François Chabot'. » En même temps il écrivit à
Ysabeau et à d'autres représentants pour les prier d'as-
sister à cette espèce de congrès.
L'affectation de la Société populaire à jouer à l'Exécutif
1. Bibliothèque de la ville de Toulouse, Journal et affiches de la Haute-
Garonne,
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12 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
déplut aux autorités constituées et offensa bien des
citoyens; des g^roupes se formèrent dans la rue, se pro-
nonçant vivement pour ou contre Jes mesures de la
Société, les esprits s'échauffèrent mutuellement, et Dou-
ziech, général de la garde nationale, auquel incombait le
maintien de la tranquillité publique, s'emporta en paroles
véhémentes contre les agitateurs qui jetaient ainsi le
trouble dans Toulouse. Chabot prit la chose pour lui, s'en
plaignit au bureau de la Société populaire, et eut assez
d'influence sur Mailhe et Lombard-Lachaud pour leur
faire rendre et signer avec lui un mandat d'arrêt contre
Douziech, — le seul moyen, selon l'ex-capucin, pour
éviter que les partis exaspérés n'en vinssent aux mains.
Gau, Garaguel et Laçais revinrent, partout assez fraî-
chement accueillis; la Société vit qu'elle faisait fausse
route : elle demanda donc une entrevue au Conseil
général de la commune, en protestant que la mesure prise
par elle avait sa source dans le patriotisme le plus pur,
et en affirmant que ses démarches pour s'entourer des
représentants du peuple dans les départements méridio-
naux et des députés des Sociétés populaires n'avaient
jamais été une conspiration contre l'indivisibilité de la
République. Tout s'apaisa, Douziech fut relâché, le pro-
cureur général syndic Malpel fut destitué comme ne
répondant pas par son zèle aux services qu'on attendait
de lui, et Chabot s'en alla prononcer un discours à l'an-
cienne métropole Saint-Etienne, transformée en temple
de la Raison '. Ceci se passait le i6 mai.
Le 17 mai, sous les auspices des
1. « Dans une sorte d'homélie, il soutint que les femmes peuvent s'aban-
donner à leurs désirs et h leurs caprices; que les femmes auraient bientôt
un tribunal de justice où elles prononceraient sur les torts des maris. En
uu mot, Chabot s'est joué impudemment de toutes les vérités morales et
religieuses, de tous les rapports de pudeur et de convenance qui, jusqu'à
présent, avaient fait le bonheur des individus et la règle des sociétés hu-
maines. » {Archives de la Haute-Garonne , L, 92, Rapport contre Chabot.)
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR; l3
représentants du peuple, les Administrateurs prirent un
arrêté portant que les autorités constituées de Toulouse
se réuniraient trois fois par semaine à la Maison Com-
mune, et que la Société populaire y serait représentée par
huit de ses membres.
Quelques jours après, la municipalité vint confier au
Département les alarmes qu'elle avait conçues d'après la
déclaration des députés de Sociétés populaires étrangères
— celles que Gau, Laçais et Caraguel avaient visitées; —
ces députés arrivés à Toulouse, demandaient un local
pour tenir leurs assemblées : leur présence allait créer
une sorte de Comité central dont l'omnipotence devien-
drait vite un danger pour toutes les administrations de
la Haute-Garonne. Le Directoire tient aussitôt séance; il
s'entoure des lumières des citoyens composant les auto-
rités constituées, et, après avoir calculé les suites funestes
d'une pareille réunion, il est décidé que pour des motifs
impérieux d'ordre, d'intérêt public et de sûreté générale^
défense était faite à tout citoyen de former dans la ville
aucune assemblée populaire — autre néanmoins que celle
qui existait déjà — sous quelque dénomination que ce
pût être. En outre, on arrêta que les députés des Sociétés
étrangères seraient tenus de partir de Toulouse — on leur
donnait en tout une heure à compter du moment où l'ar-
rêté serait publié — sous peine d'être mis sur le champ en
prison et poursuivis comme coupables de désobéissance à
la loi. La municpalité était chargée de l'exécution prompte
de l'arrêté.
Cette mesure souleva des réclamations touchant le
peu de temps accordé aux députés étrangers pour leur
départ; un sursis, en fin de compte, leur fut accordé
jusqu'au 29 mai.
Dans la séance qui eut lieu ce jour-là, on introduisit
Taschereau, agent des représentants du peuple près l'ar-
mée des Pyrénées occidentales; il était porteur d'une
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I4 t£S RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
lettre sous cachet volant adressée par Ysabeau à Chabot,
dans laquelle Ysabeau réprouvait formellement comme
dangereux au premier chef et tendant au fédéralisme un
établissement au chef-lieu de la région du sud-ouest du
congrès comme Tentendait Chabot. Cette réponse si
ferme, dont il fut fait mention sommaire et honorable au
registre du Conseil, encouragea le Directoire du dépar-
tement à persister dans son arrêté du 27 mai.
Ce fut pendant cette séance que les citoyens de Tou-
louse, au nombre de huit cents — chiffre supérieur à celui
exigé par la loi — présentèrent une pétition demandant
l'assemblée des sections. Cette demande fut ajournée et
les choses restèrent encore dans Pétat.
Les bruits alarmants semés sur le
défaut de subsistances, les progrès des armées espa-
gnoles, les attroupements formés sur les promenades
publiques par les domestiques des ci-devant nobles incar-
cérés, une nouvelle « Vendée » prenant naissance dans la
Lozère, jetaient le trouble et le désordre à Toulouse.
Alors parurent différents députés des départements voi-
sins pour se concerter avec le Directoire de la Haute-
Garonne sur les moyens à prendre à raison des dangers
dans lesquels on disait de toute part que la Convention
se trouvait 1 A 200 lieues de Paris il fallait des éclaircis-
sements positifs, et les administrateurs résolurent d'en-
voyer Baras, en qualité de député extraordinaire auprès
du Comité de Salut public pour réclamer les moyens de
défense dont les Pyrénées étaient entièrement dépour-
vues, — en réalité pour savoir ce qui se passait à la
Convention. Pendant son absence, on s'occupa de main-
tenir la tranquillité publique, de dissiper les attroupe-
ments, de rendre les maîtres responsables des actions
de leurs domestiques, d'approvisionner les marchés et
d'aider le général Lacuée, chef d'état-major de l'armée,
à expédier troupes et vivres dans la Lozère.
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR. l5
- Les craintes allant toujours croissant au sujet de la
Convention, on organisa le 2 juin un Comité populaire de
Salut public '. Cinq jours après arrivait par courrier ex-
traordinaire à la Société populaire — au mieux mainte-
nant avec les Jacobins — la nouvelle de l'insurrection du
3i mai. Loin dV applaudir, les membres du Conseil gé-
néral du département, du district, des tribunaux criminel,
civil, de commerce, de justice de paix et du bureau de
conciliation firent une adresse à leurs concitoyens pour
blâmer cet acte de la Commune de Paris attentatoire à
l'indépendance de la Représentation nationale. Les dispo-
sitions hostiles des autorités constituées s'accentuèrent
encore lorsque le Directoire eut reçu l'adresse de Bor-
deaux et qu'il eut convoqué les corps administratifs pour
leur en faire part.
Dans la séance du 12 juin, lecture fut donnée de la
brûlante adresse des Nantais; à la suite, la pétition pré-
sentée le 29 mai par huit cents citoyens est remise à
l'ordre du jour, on y adhère à l'unanimité et l'on s'ajourne
au surlendemain i3 juin pour régler l'époque, le mode de
convocation des sections, et décider des moyens propres à
empêcher des citoyens d'être victimes comme auparavant
de scandaleuses exclusions fondées sur un prétendu inci-
visme ^ La séance se termina par l'élection de l'officier
municipal Garnault^ et du président de district judiciaire
Corail qui devaient aller dénoncer à la barre de la Con-
vention la conduite de Chabot. Ce représentant, durant les
quelques semaines qu'il avait passées à Toulouse, s'était
fait détester des autoritées constituées par son air tran-
. 1. Rapport de Dubarrau, Moniteur, t. XX, p. 74.
2. « Il était juste de réprimer le despotisme affreux qui privait les citoyens
des droits que la loi leur assure : c'est h cette cause déplorable que nous
devons toutes ces élections funestes qui ont accumulé tant de calamités
dans notre malheureuse patrie. » (Jouimal de la Haute-Qaronney 15 juin
1793, Bibliothèque de Toulouse.)
3. Guillotiné plus tard comme fédéraliste.
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l6 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUtl.
chant; de plus, sa parole caustique tournait en dérision à
la tribune de la Société populaire ces mêmes autorités dont
II calomniait la modération et les Intentions, finissant par
Inviter le peuple à se mettre au-dessus de la loi pour
accélérer le mouvement '. Assez Inquiet de sa position, —
depuis le 3o avril un décret avait révoqué ses pouvoirs et
lui avait enjoint de rentrer au sein de la Convention —
Chabot s'était décidé à partir pour Paris; dès son arrivée,
Il dénonça la Haute-Garonne comme un foyer de fédéra-
lisme, et poussa aux mesures les plus sévères contre ce
département.
Le i3 juin, les représentants Chaudron-Rousseau et
Baudot, délégués à l'armée des Pyrénées occidentales, —
donc sans mandat pour donner des ordres dans la rég-Ion
toulousaine qui dépendait de l'armée des Pyrénées orien-
tales, — vinrent d'eux-mêmes au sièg'e de l'Administration
du département pour blâmer la réunion périodique des
autorités constituées, telle que le comprenait l'arrêté du
II juin*; on répondit que c'était sous les auspices des
représentants Mailhe et Lombard-Lachaud que cette réu-
nion nécessitée par les circonstances s'était faite; Chau-
dron-Rousseau et son collèg-ue se firent apporter les
arrêtés en question et requirent l'Administration d'avoir
à faire cesser toute assemblée, sauf pour cas graves et
duement constatés. Les administrateurs demandèrent
alors cette réquisition par écrit; les représentants élu-
dèrent la demande en disant qu'ils la feraient passer.
De là ils se rendirent au District, puis à la Municipalité,
ordonnant, mais toujours verbalement, la dissolution des
1. « Il a bassement flatté le peuple en jetant à tout propos un vernis de
dérision sur les talents et les lumières, disant que les sans-oulottes savent
tout sans avoir jamais rien appris, qu'avec du patriotisme un sans-culotte
pourra être législateur, général d'armée, magistrat, administrateur. »
(Archives de la Haute-Garonne L. Rapport sur Chabot.
2. Archives de la Haute-Garonne L. Registre du Gons. gén. de la Haute-
Garonne, à la date.
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LES RECLUS De Toulouse soUs la TEkREuk. 17
réunions. Les autorités constituées tinrent séance pour
savoir si rassemblée des sections, déjà convoquée pour
le lendemain 1/4 juin, devait avoir lieu ou non; il fut
décidé qu'on passerait outre à la réquisition des repré-
sentants, mais qu'on les inviterait à assister à rassem-
blée. Ils s'y présentèrent en effet.
L'agent de change Sévène ouvrit la séance du i4 par la
lecture d'une pétition à présenter aux autorités consti-
tuées dans laquelle, après avoir reproché aux commis-
saires de la Convention Chaudron-Rousseau et Baudot
leur connivence avec les Jacobins, Sevène demanda pour-
quoi les sections en province n'auraient pas le droit de
se réunir pour délibérer en présence des autorités? Quoi!
les Comités révolutionnaires de Paris, toujours en insur-
rection contre la volonté nationale existent, délibèrent
avec les factions que cette trop grande ville nourrit dans
son sein et les sections de la République n'auraient pas
le droit de se rassembler comme la loi le leur permet?
Causse', Corail, Loubet*, Ruffat^, le député du Tarn
Aussenac à leur tour attaquent vivement la réquisition
au Département des représentants de ne pas provoquer la
réunion des corps administratifs, puis on prie Chaudron-
Rousseau et Baudot de faire connaître à l'assemblée la
situation de la Convention, et nos députés montagnards
de se borner à répondre d'une manière évasive qu'ils
n'avaient encore rien reçu de certain. On accéda à leur
demande de leur donner l'expédition de la dernière assem-
1. Causse avait entraîné dans la cause fédéraliste beaucoup de Toulou-
sains devenus dans la suite Montagnards. Mis en prison à la Visitation,
Causse parut trop corapromettant aux anciens amis par les révélations
qu'il pourrait faire pour rester plus longtemps incarcéré. Un jour, ses com-
pagnons de captivité le virent en longue conférence avec l'officier municipal
Coudei*c; le lendemain, Causse s'était évadé par un trou pratiqué dans un
mur voisin. L'enquête ordonnée n'ahoutit naturellement pas. (Pescayre,
Histoire des p^'isons.)
2. Guillotiné comme fédéraliste le 11 messidor an IL
a. Idem.
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l8 LES kECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUH.
blée ainsi que la pétition de Sevène*. L'Administrateur
Baras arrivé de Paris la veille et qui avait été témoin
des événements du 3i mai et de la proscription qui s'en-
suivit pour les Girondins, fit à l'assemblée un rapport
fidèle, duquel il résultait que la Convention « n'avait pas
été libre le 3i mai, le i" et le 2 juin et qu'elle avait voté
sous la pression des bayonnettes. »
L'assemblée, vivement émue de ce récit, ordonna l'im-
pression du rapport de Baras ; le procureur g*énéral
syndic Descombels, non encore converti aux idées de
la Montagne, demanda de son chef que le rapport du
représentant Lanjuinais fût aussi imprimé à la suite de
celui de Baras. Puis les citoyens, voyant le péril s'accroî-
tre, votèrent la permanence de l'assemblée des sections,
signèrent une pétition afin que les autorités continuassent
à tenir leurs séances publiques, et insistèrent auprès des
représentants Chaudron-Rousseau et Baudot pour leur
faire rétracter leur réquisition à cause des dangers immi-
nents dans lesquels se trouvait la chose publique.
Le 16 juin, la municipalité lança une proclamation as-
semblant les sections de la ville et enjoignant à tous les
habitants d'assister aux assemblées primaires, « à peine
d'être réputés suspects et poursuivis comme tels *. » Ces
termes impérieux décidèrent bien des citoyens paisibles
à se rendre aux assemblées sans s'ériger en juges de la
légitimité des motifs qui les ordonnait : excellente occa-
sion plus tard pour les Jacobins d'incarcérer comme fédé-
ralistes ces pauvres gens, à qui on ne laissait pas la liberté
de se refuser à l'injonction qui leur était adressée. On
distribua en mém3 temps dans les rues un petit ouvrage
intitulé : Instruction à donner aiiœ députés, dans lequel
on mettait en question s'il n'était pas plus avantageux
1. Condamné plus tard par le Tribunal Révolulionnaire de Paris et
exécuté.
2. Archives du Capitole. Registres.
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LES kECLtJS DE TOtLOtJSE SOtS LA TËHREttl. i$
pour le maintien de la Rëpublique de diviser le territoire
fran^»ais en autant de Républiques fédérées entre elles
qu'il y avait de départements.
Chaque section fut organisée par un officier municipal
en écharpe, accompagné de la force armée; il devait
développer dans un discours le motif de la proclama-
tion des autorités constituées , déposer sur le bureau les
rapports de Baras, de Lanjuinais, imprimés et répandus
officiellement, et donner ensuite lecture d'une série de
questions proposées à la délibération de la section par
la municipalité qui les avait signées. Toutes furent déli-
bérées à Tunanimité, et un comité de douze membres
fut choisi pour s'adjoindre aux autorités.
Le lendemain, les Administrateurs toujours perplexes
sur ce qu'ils avaient à faire et cherchant à se compro-
mettre le moins possible dans une circonstance aussi cri-
tique, arrêtèrent d'envoyer des députés à la Convention
nationale pour savoir d'elle-même quelle était sa situa-
tion et sa volonté. Le Directoire convoqua les sections
du département afin qu'elles envoyassent des députés
pour concourir aux mesures que les circonstances pou-
vaient exiger. On s'était aperçu que les Districts et Mu-
nicipalités de la Haute-Garonne ne voulaient pas obéir
aux ordres partis du chef-lieu, les Jacobins de la Société
populaire insinuant aux sectionnaires que Toulouse vou-
lait les influencer par ce nouveau moyen. Ils avaient
même essayé de former des attroupements dans la ville,
mais Douziech fit arrêter Mouquet, Caraguel et autres
meneurs; les sans-culottes renoncèrent donc à ce genre
d'intimidation '.
L'arrêté du Département invitait Districts et Municipa-
lités à convoquer les assemblées primaires, ordonnait
que le président de chaque section ferait lecture de la
1. Rapport Dubarran. Moniteur ^ t. XX, 30 prairial an II.
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10 LES KECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUfl.
déclaration du peuple de Toulouse, de Taccusation contre
Chabot, des rapports de Baras, de Lanjuinais et du
Conseil du Déparlement; chaque assemblée primaire, à
Texemple des sections de Toulouse, était invitée à émettre
un vote et à nommer chacune un commissaire muni de
pleins pouvoirs pour délibérer aux séances du Conseil
départemental avec les commissaires de District et les
commissaires des sections de Toulouse.
Le 18 juin, Loubers, député de la Société populaire,
nouvellement arrivé de Paris, fit son rapport à la Société ;
plusieurs membres des autorités constituées assistaient à
cette séance à la fin de laquelle les Jacobins, après avoir
juré dVcraser le fédéralisme qui osait s'élever contre la
Montag-ne, résolurent de se rendre en masse au Capitole
pour faire tenir le même serment aux corps adminis-
tratifs. Cette démarche sembla avoir un plein succès;
il fut convenu que la Société populaire respecterait les
arrêtés des autorités constituées comme celles-ci s'enga-
geaient à reconnaître la Convention et à faire exécuter
ses décrets. Le 19 juin, Loubers parut à l'assemblée
des corps constitués, y fit un long rapport de tout ce qui
s'était passé sous ses yeux à Paris dans les journées qui
avaient précédé et suivi le 3i mai; Baras l'interrompit
pour lui demander si, oui ou non, la Convention avait
été « libre » dans ses délibérations; Loubers fut forcé de
déclarer formellement le contraire '. Il ajouta qu'il adhé-
rait aux mesures prises par les corps administratifs par
les sections, et qu'il invitait les commissaires Garnault et
Corail à porter à la barre de la Convention la Déclaration
du peuple de Toulouse. Cette Déclaration demandait :
1. Loubers paya cher sa franchise; destitué de sa place déjuge de paix
par le représentant Dartigoeyte comme un des plus dangereux fauteurs du
fédéralisme, envoyé en prison le 25 ventôse an II, il fut plus tard expédié au
Tribunal révolutionnaire de Paris. Heureusement pour Loubers c'était après
le 9 thermidor. Acquitté le 19 vendémiaire an III, on le réintégra dans ses
fonctions.
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR. 2i
I® l'annulation du décret mettant vingt-huit membres de
la Convention en arrestation ; 2^ la revision de tous les
décrets portés depuis le 3i mai jusqu'au moment où la
liberté des séances sera manifestement rendue à la Con-
vention ; 3® l'arrestation et punition sans retard de tous
Jes chefs de la conspiration et de ceux qui ont dirigé la
force armée contre la représentation nationale ; 4^ la for-
mation à cinquante lieues de Paris d'un tribunal indé-
pendant composé d'un nombre déterminé de juges pris
au sort parmi les présidents des tribunaux criminels et
d'un jury choisi dans les départements; 5® la faculté
pour ce tribunal de poursuivre, juger, punir les conspi-
rateurs ci-dessus, ainsi que les auteurs et signataires de
la pétition qui réclament l'arrestation de trente-deux
députés; 6° l'impression d'un rapport sur les dénonces
faites contre les membres de la Convention, sur les com-
plots dont s'occupait la Commission des douze, et que les
coupables soient remis au tribunal criminel ; 7° que le
rapport contre Chabot soit incessamment jugé par la Con-
vention. »
Le maire Derrey ' apporta à la séance un paquet qu'on
lui avait envoyé et qui renfermait trois imprimés dont
il fut fait lecture; le premier avait pour titre : Compte
rendu à nos commettants; le second était le Rapport de
Lassource et Je troisième se composait d'un extrait des
délibérations de la commune de Rennes portant adhésion
à V adresse des Nantais. A la suite de cette communica-
tion, les autorités constituées sentirent qu'il n'y avait pour
elles qu'un moyen de sauver la République des ennemis
du dehors et de l'intérieur, c'était de soutenir le parti
honnête de la Convention comme centre commun de
1. Marc de Rey de Belbèze, fils de capitoul et maire de Toulouse, destitué
comme fédéraliste le 24 juillet 1793, arrêté et conduit à Paris, obtint un élar-
gissement provisoire dont il jouit un an et fut guillotiné le 11 messidor
an II (22 juin 1794).
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22 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS l.A TEUREUR.
rtinion et de Taccord qui devait exister contre Fanarchie
qui alors déchirait la France. Elles arrêtèrent donc de
persister de plus fort dans les précédents arrêtés : le
départ à bref délai de leurs députés extraordinaires Gar-
nault et Corail fut décidé; sur toutes les autres questions
on passa à Tordre du jour. Telle était la situation, lorsque
le département reçut de la Commission populaire de salut
public de la Gironde un arrêté en date du 19 juin 1798,
relatif à Une réunion projetée à Bourges, le iG juillet
suivant, de deux commissaires de chaque département
fédéré avec une escorle armée de cent hommes au moins
et deux cents au plus. On s'était déjà demandé à Toulouse
si, en cas de dissolution de la Convention nationale
tyrannisée par une poig'née de factieux, les députés sup-
pléants de la Haute-Garonne ne se rendraient pas dans
une ville de France, désig'née d'avance, pour se réunir en
assemblée avec les suppléants des autres départements
insurgées contré la Montagpne et y exercer les fonctions
provisoires de représentants du peuple. Malheureuse-
ment, les nouvelles de Paris arrivées par courrier parti-
culier annonçaient que les affaires de la Gironde se
gâtaient singulièrement. En outre, dans le conseil du
Directoire du Département, deux administrateurs, plus
avisés que leurs collègues, les détournaient depuis quel-
ques jours de résister par la force à la violence faite aux
Girondins; ils conseillèrent de tergiverser, d'attendre
comment tourneraient les choses avant que de se pro-
noncer définitivement. Cela fit réfléchir, et, Descombels
entendu, — il était du même avis, — l'Administration
départementale prit un arrêté par lequel elle refusait
d'adhérer à la confédération proposée par la Commission
girondine '. Ce refus eut des conséquences fatales pour
1. Archives de la Haute-Garonne L. Reg. des délibérations du Gons. géné-
ral, fo 5.
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR. 23
rinsurrection fédéraliste; le lien qui unissait les villes
du Midi dans l'effort commun contre la Montag-ne se
brisait à Toulouse au moment même où Ton comptait
sur cette ville qui semblait devoir devenir le centre de
la résistance pour sa région. Celte défection du Direc-
toire de la Haute- Garonne vouait les partisans de la
Gironde à une irrémédiable défaite. Les Jacobins de la
Société populaire le comprirent si bien qu'ils couvrirent
de fleurs l'Administration du Département ' et attendirent
avec impatience le retour de Baudot; son collègue Chau-
dron l'avait envoyé à Paris demander à la Convention les
pleins pouvoirs qui permettraient par un coup d'audace
d'avoir raison des assemblées de section. Précisément, ce
jour du 23, elles se réunirent pour voter l'admission ou
le rejet des mesures prises par les autorités constituées :
on s'y porta en foule et la séance fut consacrée à déli-
bérer inutilement sur les pièces présentées au vote des
sections, ainsi que sur l'élargissement des prisonniers et
la dissolution de la Société populaire dont plusieurs mem-
bres, incarcérés comme perturbateurs, venaient d'être
délivrés en suite d'un décret rendu par la Convention le
i3 juin *. Le lendemain, la séance des sections se passa
entièrement à entendre et discuter les adresses de Bor-!-
deaux et de Marseille, sans aboutir encore à rien de
sérieux.
Le 26 juin s'assemblèrent aux Pénitents bleus les com-
1. Archives de la Haute-Garonne. Société populaire.
2. Moniteu7\ t. XX, à la date. Pour que le décret fut plus vite mis à exé-
cution, Gohier, ]e ministre de la justice, l'envoya directement au Départe-
ment de Ilaute-Garonne. Un amendement de Robespierre avait modifié le
décret du 13 juin en ce sens qu'il n'était applicable qu'aux départements
insurgés. Défendu en outre aux autorités constituées de troubler les sociétés
populaires.
A partir de ce moment, les sans-culottes de Toulouse se sentant soutenus
n'eurent plus qu'un but, pénétrer dans les assemblées de sections pour y
porter le désordre et empêcher par leurs interruptions les orateurs de se
faire entendre.
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24 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
missaires des sections du département : parmi eux se
disting'uait Biaise Dario*, membre du Tribunal judi-
ciaire de Saint-Gaudens , secrétaire de l'assemblée pri-
maire, premier suppléant de la Haute-Garonne à la Con-
vention, dont l'éloquence persuasive lui avait donné une
g-rande influence sur ses concitoyens. L'assemblée discuta
quelles mesures sag-es, fermes, efficaces, elle prendrait
pour assurer l'entière liberté de la Représentation natio-
nale, rétablir l'inviolabilité de la foi publique, orgpaniser
éventuellement une troupe prête à agir à toute réquisition
et destinée, s'il le fallait, à marcher sur Paris relever le
courag'e de milliers de modérés qui n'attendaient que les
gardes nationales de province pour repousser l'oppres-
sion de la Montagne et rendre à la Convention son indé-
pendance législative. Il fut fait lecture de l'arrêté du
Directoire, en réponse à l'arrêté de la Commission popu-
laire de salut public de la Gironde et l'assemblée lui
donna son approbation.
Le 28 juin, l'assemblée arrêta que chaque commissaire
des sections départementales prêterait, par appel nominal,
serment d'être fidèle à la Nation, de maintenir de tout leur
pouvoir la Liberté, l'Egalité, la République une et indi-
visible, la sûreté des personnes et des propriétés ou de
mourir en les défendant : ce serment fut prêté au milieu
d'un grand enthousiasme et l'on s'ajourna au lendemain.
Cependant Baudot, délégué à Paris par Chaudron-
Rousseau, y était arrivé le 21 juin précédent : il avait
trouvé les comités fort inquiets de la tournure que pre-
naient les événements à Toulouse; les nouvelles du reste
qu'ils en recevaient, empreintes d'une exagération toute
méridionale, leur annonçaient la pleine insurrection des
1. Après la chute de la Gironde les dénonces de la Société populaire
réussirent à obtenir de la Convention le décret du 23 prairial an II, qui
fejettait Dario de son sein comme fédéraliste; comme tel il fut guillotiné le
11 messidor suivant.
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR. 25
corps administratifs de la Haute-Garonne, la levée d'une
garde soldée de quinze à seize mille hommes, les caisses
publiques séquestrées, le g-énéral Lacuée proclamé géné-
ralissime des armées du Midi, Tesprit public plus tiède
pour les idées avancées, la Société populaire bafouée, des
contre-révolutionnaires vivant au grand jour sans in-
quiétude aucune, Tétat politique du département déplo-
rable, etc. Baudot rassura ses collègues et exposa la
ligne de conduite qu'il croyait la plus sure pour venir
à bout des difficultés présentes; sur son rapport, la Con-
vention rendit le 24 juin 1798, le décret suivant : « 1° Le
citoyen Loubet, directeur de la Monnaie ; Arthaud, direc-
teur de la poste aux lettres; Janole, membre du tribu-
nal du district; Douziech, commandant la garde soldée
de Toulouse ; Derrey, maire ; Dardignac, président du
Département; RufFat, administrateur du District sont des-
titués de leurs fonctions, ils seront traduits à la barre
ainsi que les citoyens Toussaint Sévène fils, agent de
change, et Baras député par la municipalité de Tou-
louse auprès de la Convention ' ; 2° le Conseil exécutif pro-
visoire pourvoiera au remplacement des citoyens Loubet
et Arthaud et enverra à la frontière la garde soldée à pied
et à cheval*, qui se trouve actuellement à Toulouse; 3^ la
Convention confirme la nomination faite par les repré-
sentants Mailhe et Lombard Lachaud, du citoyen Des-
combels à la place du procureur général syndic du dépar-
tement de Haute-Garonne, et l'autorise à pourvoir au
remplacement des membres suspendus et mandés à sa
barre ^. »
1. Tous furent guillotinés, sauf Janole, Arthaud et Dardignac, qu'un
décret de la Convention, rendu le 16 août 1793 sur la proposition de Chabot,
renvoya absous.
2. Cette fameuse garde soldée, dont on parlait tant à Paris, se composait
de trente cavaliers et de cent soixante-trois hommes à pied : c*est avec
cette force imposante que le général Lacuée était censé faire échec à la
Convention I
3. Couthon, au nom du Comité de salut public, proposa de suspendre
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20 LES RFCLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
Ce décret arriva par courrier spécial au rçprésentanl
Chaudron-Rousseau, le matin du 29 juin : sans perdre
un instant il délègue deux commissaires, l'un militaire
l'autre civil, chez les citoyens désig-nés dans le décret
pour les mettre en arrestation et apposer le scellé sur
leurs papiers, puis des voitures sont commandées, et les
huit notables considérés comme les inspirateurs du fédé-
ralisme toulousain jiartent le même jour sur Paris sans
que les sectionnaires aient eu le temps de se concerter
pour sauver leurs concitoyens. Ils se réunirent quand
même aux Pénitents b/eusj mais désorientés, la plupart
ayant perdu toute confiance dans la réussite de leur cause,
et ils finirent par rédig-er une adresse à la Convention :
« 1® pour disculper les administrateurs et la ville de Tou-
louse du projet contre-révolutionnaire qu'on leur suppo-
sait; 2® repousser les calomnies qu'on s'était permis à la
Convention, et pour demander qu'on s'y occupât de la
dénonce contre le représentant Chabot; 3^ rejeter tout
complot tendant au fédéralisme; 4*" donner ordre au pro-
cureur syndic de découvrir et poursuivre les dénonces
qui ont calomnié Toulouse à la barre de la Convention. »
Le 3o juin, nouvelle réunion des commissaires : l'hési-
tation est encore plus g-rande sur les résolutions à voter :
plusieurs comme Ayral , Lignac et J.-B. d'Aldég-uier,
voudraient de ces actes virils qui peuvent encore sauver
le fédéralisme, arrêter par exemple les commissaires de
la Convention, marcher sur la Société populaire forteresse
l'exécution de ce décret du 24 juin jusqu'au rapport dos commissaires
envoyés dans la Haute-Garonne, mais Rol)ospierre s'y oi)posa, et le féroce
Vadier ajouta que Toulouse est infestée des Faycllistes, d'aristocrates et de
modérés de tous les degrés. Alors l'elnias, député de la Haute-Garonne, se
leva de son banc, et, seul de ses huit collègues, eut le courage de protester
contre ces paroles, en disant que si Ton voulait punir les coupables il fallait
faire tomber le châtiment sur l'unanimité des habitants : que des prétendus
patriotes seulement ont déserté la ville pour venir à Paris proférer des
mensonges impudents. Chabot, se sentant visé, prit la parole et s'emporta
contre Delmas, puis on passa à Tordre du jour. (Moniteur^ tome XVI, 7^).
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS L\ TERREUR. IJ
du jacobinisme à Toulouse, courir à l'Hôtel de ville s'em-
parer des arm^s qui s'y trouvent, fermer les portes de la
ville, faire un appel énergique aux gens de cœur; — les
autres, au contraire, se trouvent suffisamment compro-
mis, voient que toute résistance devient impossible, par-
lent de se retirer chez eux prendre l'avis de leurs commet-
tants, et font décider que pour ne laisser aucun doute sur
la loyauté des principes de toute l'assemblée, il serait voté
une adresse aux habitants de la Haute-Garonne, dont
copie serait envoyée à la Convention. Le même jour, il
fut arrêté que le Directoire du Département expliquerait
par un de ses membres les motifs qui l'avaient déterminé
à inviter les citoyens à se réunir à lui en envoyant leurs
commissaires' : l'administrateur Guiringaud se chargea
du rapport.
Le i*'^ juillet, l'assemblée se réunit pour la dernière
fois aux Pénitents bleus; deux adresses furent votées
dont l'une disculpait les huit citoyens arrêtés le 29 juin
et l'autre protestait du sentiment unanime à se rallier à
la Convention, demandait le prompt jugement de Ver-
gniaud et de ses collègues, la poursuite des conspira-
teurs du 3i mai, du i'^'' juin, et l'envoi de la Constitu-
tion; puis l'assemblée se déclara dissoute, la mission
pour laquelle elle avait été convoquée étant terminée.
Les registres de délibérations des sections furent déposés
au Comité de surveillance, dans un local de la Maison
commune, d'où les intéressés les firent bientôt dispa-
raître.
Le 10 juillet on reçut à Toulouse avec des transports
de commande cet acte constitutionnel que la Convention
avait voté le 24 juin dans le but de désarmer le fédéra-
lisme : des salves d'artillerie, des feux de joie allumés
sur la place de la Liberté, les illuminations de la ville,
1. Archives de la Haute-Garonne, reg. du Gons. gén., fo 18.
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28 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
des danses, des chants palrîoliques célébrèrent celte jour-
née où, seuls, les Jacobins nnontraient un visag'e heu-
reux ; leur triomphe cependant, pour être complet, veut
des destitutions, des épurations et surtout des arresta-
tions : c'est à cela qu'ils s'emploieront maintenant que
les représentants Layris, Ysabeau, Chaudron-Rousseau
et Baudot sont dans le département à prendre les mesures
destinées à ce qu'on appelait « sauver le Midi des cabales
fédéralistes, des complots des aristocrates et des intri-
gants' ». Les visites domiciliaires vont tirer de chez eux
pour les jeter aux Carmélites les fédéralistes marquants;
on y joindra ce qu'on rencontre encore de prêtres, de
nobles, de parents d'émigrés, d'administrateurs et autres
fonctionnaires « parjures », tous les présidents, les secré-
taires et trésoriers des sections. H y a encore de la place
dans les prisons, on ne peut donc faire •moins que d'y
envoyer les individus qui, sans avoir pris une part active
à l'insurrection, sont suspectés de l'avoir favorisée; ceux
qui, dans Toulouse ou les divers districts du départe-
ment, ont osé déclarer ne pas reconnaître la toute-puis-
sance de la Montagne, qui l'ont avilie, outragée en la
personne de ses fidèles agents de la Société populaire.
Plus tard, l'arrivée du représentant
Dartigoeyte est le signal du renouvellement des autorités
constituées dont l'esprit, les tendances sont peu en har-
monie avec le régime révolutionnaire nouvellement établi;
viendra ensuite la réorganisation des Sociétés populaires
de la Haute-Garonne, des Comités de surveillance qui ont
besoin, eux aussi, « d'être régénérés »; puis le représen-
tant et ses délégués s'occuperont de la recherche des
arrêtés liberticides relatifs aux événements du 3i mai afin
d'en frapper les signataires, instigateurs ou complices.
1. Archives de la Haute-Garonne, L. Société populaire et Bulletin des
loiSy 9 et 12 août 1793.
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR. 29
— les pires des suspects aux yeux de Darligoeyle. En
vain les municipalités cherchent-elles à désarmer les
vainqueurs par la platitude de leur soumission, elles
n'en seront pas moins poursuivies comme ayant cons-
piré contre l'unité et l'indivisibilité de la République.
N'avaient-elles pas cherché à allumer la guerre civile,
leurs arrêtés n'ont-ils pas provoqué à la révolte contre
l'autorité légitime de la représentation nationale? La ré-
clusion est trop douce pour un tel crime. Dartigoey te, fort
de la loi du i4 frimaire an II ', confiera la surveillance de
la municipalité de chaque commune à un Comité de bons
sans-culottes, mais il procédera auparavant à l'épuration
desdits Comités qui enserrent comme les mailles d'un filet
le département de la Haute-Garonne et les districts voi-
sins. S'il n'a pas le temps, — ses occupations sont multi-
ples, — un délégué le remplacera, qui connaît bien le pays
et veillera à la prompte exécution des mesures monta-
gnardes; il correspondra d'une manière active avec les
bureaux du chef-lieu, tout en se concertant avec les au-
torités constituées pour faire les réquisitions, perquisi-
tions et arrestations nécessaires. En outre, à côté de cet
agent qui, la plupart du temps, se sert de ses pouvoirs
pour satisfaire ses vengeances et ses haines personnelles,
on voit se produire d'autres tyranneaux, des délégués des
Comités de surveillance et des moindres Sociétés popu-
laires qui sillonnent le ressort sous prétexte de veiller aux
intérêts publics*. La machine est donc bien montée pour
qu'aucun suspect n'échappe à la réclusion, et les Comités
de surveillance, si redoutés dans leurs communes, seront
1. La loi du 14 frimaire an II organisa le gouvernement révolutionnaire
proclamé le 19 brumaire précédent. (Gonf. Duvergier.)
2. Cet abus fut poussé si loin — notez que chaque délégué était rému-
néré aux frais du contribuable — que Chaudron-Rousseau dut se plaindre
à la Convention que cette tourbe d'individus avait coûté des sommes
énormes à la République, sans autre utilité que d'entraver Faction du pou-
voir central. (Arch. nationales, AF II, 195.)
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3o LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TEkREUk.
à leur tour surveillés, redressés avec la franchise brulale
de l'époque, pour peu qu'une dénonciation les laxe de tié-
deur vis-à-vis d'un ci-devant', d'un bourgeois mal pen-
sant, d'un artisan à idées rétrogrades. Cette surveillance
occulte pèse également sur tous les fonctionnaires, jus-
qu'aux plus infimes, qui doivent faire montre de prin-
cipes exaltés et se nantir à nouveau d'un certificat de
civisme. La Société populaire de l'endroit a-t-elle des
doutes sur la sincérité des sentiments du pétitionnaire?
on lui refuse son certificat : il sera suspendu de ses
fonctions, incarcéré dans la geôle du district ou envoyé
h Toulouse aux Carmélites.
Les premiers occupants de cette prison affirmèrent, dès
l'entrée, leurs sentiments républicains en plantant le
i3 vendémiaire an II, dans la grande cour de l'ex-cou-
vent, un arbre de la liberté autour duquel on disposa
des chaînes de fer, des grilles, des verrous, emblèmes de
la servitude royale dont les détenus célébraient l'affran-
chissement. L'officier municipal Berges présida aux
danses et aux chants de la Carmagnole et de l'hymne
marseillais^. A cette manifestation en succéda une autre
le premier jour de la première décade du deuxième mois
de l'an II. Rassemblés le matin de ce jour, les détenus
chantent devant l'arbre de la liberté un hymne patrio-
tique, promènent le drapeau tricolore dans les corridors,
dressent des tables dans la cour pour participer à des aga-
pes républicaines; ils ornent les murs d'inscriptions dans
ce goût-ci : « Vive la Montagne ! — Amour de la Patrie
1. Au commencement de la Révolution les bons rapports qui existaient
dans le pays toulousain entre nobles et habitants des campagnes amena
plus d'une commune à élire pour maire son ancien seigneur, tout comme
les légions de garde nationale tinrent à honneur de compter dans leur état-
major des gentilshommes retirés du service du roi. Jusqu'à Tarrêté du
14 germinal an II, des municipalités de villages s'entendirent souvent avec
leur Comité de surveillance pour protéger la retraite du ci-devant seigneur.
2. Bibliothèque de Toulouse, fonds Toulousain, Pescayre Qi Journal de
la Haute-Garonne.
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR. 3l
et Haine des Rois! — Mort à rarislocralie! — Veng-eance
contre les Feuillants, les modérés, les Fédéralistes! (les
détenus se disculpaient de l'être) — A bas les Galotins! —
Fi des Muscadins» ; puis, repas terminé par d'autres chants
non moins patriotiques, danse de la Carmagnole^ et, le
soir, illumination de la porte principale ornée d'un trans-
parent « entouré de g-uirlandes et des emblèmes de l'ég'a-
lité '. » La détention ne semblait être du reste que provi-
soire pour les fédéralistes; c'était une croyance partagée
par les hommes de garde qui laissaient souvent les
prisonniers sortir à condifion d'être présents le soir à
l'appel auquel procédaient quotidiennement les com-
missaires délégués : la complaisance du geôlier alla
même beaucoup plus loin et la Société populaire s'en
plaignit^.
L'établissement du régime révolutionnaire changea
radicalement les choses de face : les fédéralistes étaient
en somme des détenus, c'est comme tels que désormais ils
seront traités. Le geôlier trop facile est remplacé par
Claude Mouillard, un Jacobin sur lequel on peut compter
à la Société populaire pour faire des reclus les victimes
des plus dures vexations ; « il se comporte avec eux de la
manière la plus féroce et la plus arbitraire, leur annonçant
que la plupart d'entre eux sont destinés à périr, — il le
sait, puisqu'il est au courant de tous les desseins sangui-
naires des Jacobins de Toulouse^ ». Les reclus de la Visi-
tation n'avaient rien à envier à ceux des Carmélites, car
1. Bihliolhêqne de Toulouse. Pescayre et Journal de la Haute-Garonne,
2. Archives de la Haute-Garonne, L, 753. La vertueuse Société populaire
envoie une Commission composée de Medoux, Clazon, Valence, Guarrigue
h la Munici]>alité pour dénoncer la conduite et complicité du portier des
Carmélites qui laisse entrer, en payant, des femmes dans cette maison de
réclusion.
3. Archives de la Haute-Garonne, L, 667. Mouillard fut arrêté et incar-
céré à la Visitation le 7 nivôse an H, sur l'ordre du représentant du peuple
Mallarmé.
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32 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERftEUk.
Adam dit Moulis, ainsi que les geôJiers des autres pri-
sons, étaient de dignes émules de Mouillard '.
Pour surveiller ce millier de suspects, le Comité écono-
mique de la Société populaire nomma ving-t-qualre de ses
membres délégués aux prisons*. Ils commencèrent par
couper court à ce va et vient de domestiques portant
deux fois par jour le repas de chaque reclus et encom-
brant les portes des prisons. Il fut en outre décidé le
3 ventôse, par l'administration du bureau alimentaire
des maisons de réclusion, que les détenus formeraient
des groupes de quinze individus auxquels on distribuerait
chaque jour a la subsistance strictement nécessaire à leur
entretien », sans permission, sous aucun prétexte, de
recevoir du dehors aucune nourriture ou aliments quel-
conques : la somme mensuelle due en retour par les
prisonniers des Carmélites se montait à 5,5oo livres,
qu'ils étaient tenus de payer sur-le-champ, — les riches
fournissant pour les pauvres, sous peine de la privation
totale des aliments ».
Ce règlement, approuvé par le Conseil général de la
Commune^, ne fut pas, ainsi que deux autres qui suivi-
rent, susceptible d'exécution : de nouveau on laissa cha-
que reclus libre de se nourrir à sa guise. Le 6 nivôse
an II, l'officier municipal Belin observa au Conseil
général de la Commune'* que nonobstant les sages pré-
cautions que le Conseil des subsistances et le Conseil
1. Archives de la Haute-Garonne, L. Tableau des détenus dans la Con-
ciergerie en vertu de mandats d^ai^êt décernés par le Comité de surveil-
lance du distHct de Toulouse (an III). « Adam Moulis, prévenu de vols
faits aux détenus, d^avoir menacé de jeter au cachot ceux qui réclamaient
les choses qui leur étaient volées, d'avoir commis des actes vexatoires et
arbitraires envers les détenus confiés à sa garde. — Renvoyé à Taccusateur
public. »
2. Ibid., L 756. Les délégués de la Municipalité avaient des fonctions
distinctes dans les prisons.
3. Archives du Gapitole, reg. du Cons. gén. de la Commune.
4. Ibid, y à la date.
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LfeS tlECLUS DE TOULOUSE SOtJS LA TEHkEOR. 33
général ont prises en procédant à la taxe des comes-
tibles à cause de la rareté des viandes de boucherie, de
la volaille et autres aliments, il est instruit que les déte-
nus dans les maisons de réclusion font des repas consi-
dérables, que cette grande consommation est la cause
pour laquelle les citoyens bons patriotes soufFrent la
faim : il propose, en conséquence, de délibérer à cet
égard et d'ordonner les mesures pour y remédier. Un
rapport s'ensuit le 8 nivôse du Conseil de sûreté générale
relatif au renvoi qui lui avait été fait pour aviser aux
moyens de diminuer la grande profusion de viandes que
les détenus en question étaient censés consommer à leur
repas. En conséquence, sous prétexte de les porter aux
hôpitaux, on saisit à la porte des prisons et on vide les
paniers destinés aux reclus en n'y laissant que le strict
nécessaire pour ne pas mourir d'inanition.
Le 3 ventôse, des municipaux viennent en pleine ri-
gueur de l'hiver enlever aux détenus leurs manteaux, —
on ne prend que les bleus et les verts, — pour les expé-
dier à la frontière aux troupes de cavalerie; quelques se-
maines après c'est le tour des chaussures, destinées cette
fois aux soldats patriotes, et on ne se met pas en peine
dans l'un et l'autre cas de savoir si le détenu qu'on dé-
pouille ainsi ne sera pas forcé d'aller pieds nus et grelot-
tant de froid. Lors de ces réquisitions, on a trouvé des
jeux de cartes qui fournissent aux prisonniers quelques
moments de répit au milieu de leurs tristesses : inutiles
les cartes, on les brûlera*, il vaut mieux pour les sus-
pects passer leur temps à s'inquiéter de payer les frais de
garde et les frais d'entretien ; car, décidément, pour obéir
au décret de la Convention voulant que les reclus vivent
en commun, un Comité sera chargé de nourrir (Dieu sait
comme!) les suspects incarcérés « afin de les empêcher
1. Archives du Capilole, reg. du Cons. gén. de la Commune.
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34 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
d'exhaler le venin du modérantisme ». C'est le 21 g'er-
minal que ce rég-ime nouveau doit être inaug-uré, et le
20 au matin une force armée accompagnant les délé-
g"ués de la municipalité vient fouiller les cellules des
reclus et en emporte les quelques provisions de bouche
qu'ils avaient pu, et à g^rand peine, se procurer. Leur
désespoir est violent, car Mouillard leur a appris avec
une satisfaction non dég-uisée qu'à la Société populaire
on a présenté et adopté la motion « de ne plus donner
de viande aux détenus des maisons de réclusion jusqu'à
la paix'. Deux mois après, le représentant Dartigoeyte,
ému de pitié devant leur état misérable, — la mauvaise
nourriture a développé dans les prisons la dyssenterie et
la fièvre continue, — permit de faire venir du dehors des
légumes frais et des fruits ; mais, de son autorité propre,
le Comité réduisit à trois jours par décade cette faveur
si appréciée.
La vie se passe aux Carmélites comme pour les reclus
des autres maisons de sûreté, sans recevoir d'autres nou-
velles que celles que veut bien donner le g'eôlier. Il y a
quelques mois, l'aumônier des prisons, le P. Ferrier, de
l'ordre de Saint-Benoît, leur transmettait des billets de
leurs familles, mais il a dû donner sa démission à la
Municipalité, avec déclaration de ne plus continuer même
ses fonctions sacerdotales^. Tout ce que savent du dehors
les prisonniers, c'est par l'arrivée de nouveaux détenus
qu'ils l'apprennent; tantôt ce sont des gens de l'Ariège
distraits d'un convoi de citoyens de ce département qui
ont déplu au conventionnel Vadier et qu'il adresse à la
g'uillotine de Paris ^, tantôt des gentilshommes que l'ar-
rêté du représentant Dartigoeyte fait enfermer sans autre
motif d'incarcération que leur seule qualité de nobles, ou
1. Archives de la Haute-Garonne, L, 752.
2. Archives du Gapitole, reg. du Cons. gén. de la Commune, 18 frimaire.
3. DWldéguier, Histoire de la ville de To7(lOîise, t. II aux notes.
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR» 35
bien encore ce sont des ecclésiastiques des difFérenls dis-
tricts de la rég-ion, pauvres curés assermentés dont l'er-
reur première a été de croire qu'ils parviendraient à con-
cilier leurs serments à l'Eglise avec les systèmes sociaux
et politiques qu'on leur intimait de prôner en chaire. Le
moment était arrivé où cette manifestation de leur part de
sentiments révolutionnaires ne suffisait plus. Aux yeux
des Jacobins, toujours en méfiance extrême vis-à-vis de
ces « pestes publiques qui corrompent Tesprit et l'empê-
chent de se redresser vers la Raison, » se marier, prouver
bien par là une réelle apostasie, voilà le gage qui rachète
la tache originelle du sacerdoce. Donc, vieux ou jeune, il
faut que le prêtre se marie; dès qu'il prend femme, il est
accepté pour bon et franc sans-culotte : on en fera un
maire, un président de club, voire même un procureur
syndic de la Commune, et souvent ce déprêtrisé poussera
aux pires excès, comme s'il voulait se venger sur les au-
tres de la tyrannie qu'on a exercé sur sa volonté.
D'ailleurs, à quoi bon des prêtres? N'est-ce pas les
pires ennemis du nouvel état des choses? Les détruire,
tout au moins les réduire à l'impuissance est le strict
devoir des Administrations. C'est l'opinion de Paganel,
celle de Chaudron-Rousseau, de Dartigoeyte ', et autres
représentants du peuple, délégués par la Convention
nationale dans les départements du Midi. Nos procon-
suls se mettront à l'œuvre, et, au-dessous d'eux. Sociétés
populaires et Comités travailleront à l'envi à déraciner
la superstition en attaquant le mal dans sa source. On
invite en conséquence les municipalités à la suppression
des églises, à la destruction des signes religieux « dont
la vue offense le regard des sans-culottes^ », à l'abjura-
1. A un siècle de distance, des politiciens continuent à poser le même
principe qu'il importe de détruire la Religion pour consolider la Républi-
que : singulière aberration.
2. A Toulouse, la municipalité reçoit « avec enthousiasme » du bure&u de
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36 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
tien des curés « qui ne doivent pas résister aux appels
de la Nature. »
Parfois se rencontre une commune récalcitrante : le
pillage des vases sacrés, — de V « arj^enteric des églises »
comme disent les agents des Comités, — n'est pas du
goût de la population; la moitié du temps la crainte d'une
dénonciation de fanatisme engage les officiers muni-
cipaux à faire offrande de ces objets précieux au Dis-
trict, et encore ils ne céderont qu'à la dernière extrémité
car les membres de la Société populaire de l'endroit ont
beau parler de mômeries, du grand mensonge qui pèse
sur l'humanité depuis des siècles, de superstitions à
combattre avec Tarrae du mépris ou à éclairer avec le
flambeau de la philosophie, la population n'en persiste
pas moins à vouloir chaque dimanche entendre la messe;
on l'entendra du curé constitutionnel faute de l'ancien
curé, du réfractaire que la loi a chassé.
Cette tradition religieuse, si fortement enracinée dans
les esprits, exaspérait les Comités devant l'abandon de
leurs décadis. Cependant il leur semble que tout y doit
convier le peuple : ce jour-là, la Société populaire, flan-
quée des autorités constituées, tient séance solennelle
dans le temple de la Raison. Un orateur va tout à l'heure
déclamer contre la crédulité du fanatisme et chercher par
la Société populaire, le 7 frimaire an II, les propositions suivantes :
« lo Porter à la Monnaie les châsses d'or, d'argent et vases sacrés; 2» élever
un temple à la Raison, choisir l'église Saint-Etienne et la préparer pour lo
21 frimaire; 3» déclarer suspects ceux qui chômeraient publiquement le
dimanche; 4» abattre les clochers, statues et bustes de saints; 5o enlever les
croix et enseignes religieuses qui se trouvent sur les routes et places ; 6"" que
les prêtres n'enterrent plus en public; changer les noms de rues et places
qui portent des noms de saints. — Enfin suivre l'arrêté de la commune de
Paris sur Tenlèvement de ces signes de fanatisme et de prestige. » La mu-
nicipalité répondit « qu'elle sentait combien il importe de ramener les
citoyens aux principes de la Raison et de la Nature en détruisant les pres-
tiges et les erreurs que des hommes fourbes et ambitieux n'ont que trop
longtemps propagé au détriment de la société. » Archives du Capitole, reg.
du Gons. gén. de la commune.
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR. Sj
des phrases appropriées, à élever l'esprit de l'auditoire
(( à hauteur des circonstances. » Du chef-lieu est arrivé
la veille un paquet d'écrits patriotiques, avec Je Bulletin
de la Convention et des nouvelles de l'armée, un officier
municipal en donne lecture et rend compte des lois reçues
dans le courant de la semaine, puis la séance se termine
par des hymnes, des danses et quelquefois les couplets
d'un vaudeville contre les prêtres'. Si les premiers
décadis ont été suivis, les autres ne le sont guère : la
^curiosité satisfaite, les gens ne reviennent plus, ils
aimaient mieux leurs processions, le son des cloches, les
anciennes cérémonies du culte catholique et ils ne se font
aucun scrupule de travailler le jour du décadi. Pour
remédier à cet état de choses les Comités demanderont
aux curés assermentés de donner leur démission ; mais il
y a parmi eux des entêtés qui veulent continuer leurs
fonctions. On les rendra donc responsables des troubles,
vrais ou supposés, que leur présence excite dans la com-
mune; les certificats de civisme qu'ils ont obtenus du
Comité de surveillance n'auront aucun crédit auprès du
commissaire délégué du représentant du peuple pour
faire les arrestations : réputés « coupables d'attentat à la
liberté » — parce qu'ils ont voulu remplir le devoir de
leur ministère! — et « perturbateurs de la tranquilité
publique, » ces infortunés iront rejoindre dans les mai-
sons de réclusion d'autres infortunés de leur caste.
Mais souvent 1' « absence » du curé ne faisait pas
observer davantage le décadi. Le représentant Dartî-
goyele, auquel se plaignent les sans-culottes, lança alors
son arrêté du 21 floréal an II contre les individus qui n'as-
sistent pas à la célébration de la fête décadaire, qui affec-
tent par leur oisiveté ou tout autre conduite extérieure de
révérer l'ancien jour du dimanche. Non seulement cet
1. Archives de la Haute-Garonne, L., reg. 747.
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S8 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
arrête ordonne expressément ie travail forcé le dimanche,
mais enjoint en outre aux maires d'inscrire et de publier
le nom des contrevenants sur un tableau qui — dit Tar-
ticle V — sera intitulé ; Liste des fainéants et suspects
de la Commune. Cette mesure du représentant rencontre-
t-elle chez certains officiers municipaux des districts une
répug^nance manifeste à l'exécuter, on les jette sans tergi-
verser en prison, et pour ceux dont on veut ag'graver la
peine en les privant de toute communication avec leur
famille, les Comités les expédient à Toulouse aux Car^
mélites.
Parmi les prisons de la ville, celle dite des « Hauts-
Murats' » claire et spacieuse, était réservée aux suspects
auxquels leur faiblesse de santé, ou tout simplement la
faveur, donnait le droit d'y habiter; il y avait un g-rand
jardin, à l'usag'e des reclus qui pouvaient se donner l'il-
lusion d'un semblant de liberté. Il n'en était pas de même
pour les reclus au Sénéchal, geôle aux murs humides,
salpêtres, avec une cour étroite par où l'air et la lumière
étaient parcimonieusement distribués. Mais la pire des
prisons, celle cependant la plus charg^ée d'individus à
reclure momentanément, se trouve être la Conciergerie
du Capitole, où le geôlier rançonne ses victimes*, où les
cellules sont étroites, sombres, gluantes^, où l'insalubrité
1. Les hauts-Murats, qui occupent une partie de la place où se trouvait
le Château Narbonnais, devaient servir dans le principe à renfermer les
personnes condamnées pour faits d'hérésie à une prison souvent perpé-
tuelle; ce sont ces prisonniers qu'on appelait emmurés (emmurats). Cela
joint à la hauteur des murailles qui entoure ces prisons a donné lieu à leur
nom. Dans la suite, le Parlement y envoya une partie de ses détenus. On
n'y enferme plus aujourd'hui que des militaires. (Bibliothèque de la ville
de Toulouse, ms. Malliot.)
2. Archives du Capitole. Reg. du Conseil général de la commune ,
12 ventôse.
3. J.-B. d'Aldéguier raconte dans son Histoire de la ville de Toulouse,
t. IV, son incarcération, au temps de la Terreur, dans une de ces cellules
« infectes ».
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR. Sç
est telle que Tentasseraent dès suspects amena répidémie
meurtrière de \dijièvre des prisons ' /
1. Archives du Capitole, Reg. de la municipalité, 21 floréal an II.
En 1814, le conseiller à la cour Frizac fut chargé par le comte de Poli-
gnac d'inspecter les prisons de la ville, et faire un rapport touchant Tétat de
ces prisons et les modifications à y apporter. Ce rapport officiel (biblio-
thèque de Toulouse, fond toulousain) nous donne des détails authentiques
sur les prisons Petite Miséi*icorde, Grande Miséricorde, la Tour, le Cachot^
qui composaient la Conciergerie du Capitole.
« La Petite Miséricorde est un grand cachot de forme irrégulière
dont le sol est à 3 pieds au-dessous du niveau du sol extérieur. Il n*était
précédemment éclairé que par deux petites ouvertures de 2 pieds en carré,
H 15 pieds d'élévation et armées, dans un mur assez épais, d'une triple grille
de fer. Le soleil ne se montrant dans ce grand cachot que durant un ou
deux mois de Tannée, il ne recevait pendant les autres dix mois ni air ni
le jour nécessaire aux prisonniers, ce qui fit pratiquer une troisième ouver-
ture que Ton voit aujourd'hui; cette précaution, quoique très utile, est
encore insuffisante. Les grilles étant du même côté de mur et à une forte
élévation, Tair ne peut circuler dans Tintérieur etThumidité y est telle que
le sol en est quelquefois mouillé. Une poutre très étroite règne autour du
cachot et sert de siège aox reclus. Lorsque les détenus sont nombreux, quel-
ques-uns sont contraints de se tenir assis tout le jour sur les carreaux humi-
des. Ce cachot a 9 pieds de large sur 27 de long. Il renfermait au 15 décem-
bre dernier treize prisonniers. Quelques semaines auparavant il y en avait
plus de quarante, ce qui ne donnait pas tout h. fait une surface de 2 pieds
5 pouces en carré pour chaque individu. »
« La Grande Miséricorde est un vaste cachot assez sain par ses amples
dimensions et par la situation de ses ouvertures. Ce cachot a 48 pieds de
long sur 33 de large. Il renferme six autres cachots particuliers rangés sur
une autre ligne et ouvrant tous dans le cachot collectif. Ces cachots parti-
culiers sont des sortes de cages d'un carré oblong, formées sur tous leura
plans par des solives de bois de chêne équarries, posées de champ, exacte-
ment rapprochées, réunies par des tenons et mortaises, et dont la sûreté de
la charpente est soutenue et augmentée de fortes lames de fer. Ces petits
cachots sont obscurs; ils n'ont d'autre ouverture que la porte qui n'a point
de guichet; l'air et le jour n'y pénètrent que par un trou d'une dimension de
24 lignes en tout sens pratiqué dans la forte épaisseur du bois. Chaque ca-
chot a 6 pieds 9 pouces de long sur 5 pieds de large; quelques-uns n'ont
dans cette dimension que 4 pieds 5 ou 6 pouces. L'intérieur est imprégné
d'humidité qui ne peut provenir que de la transpiration des détenus. Ayant
visité cette prison dans la nuit du 20 au 21 décembre, j'ai trouvé trois déte-
nus dans chacun de ces cachots; quelques jours auparavant, ils avaient été
quatre et cinq, ce qui ne donnait alors qu'une surface de 11 à 12 pouces en
largeur pour chaque individu 11
« La Tour est une réunion de douze cachots de môme nature que ceux de
la Grande Miséricorde, enfermés dans l'enceinte d'une ancienne tour. Ils
sont tous sans fenêtres, sans jour et n'ont d'autre ouverture qu'un petit gui-
chet qui s'ouvre lui-môme dans un couloir très obscur
« Le Cachot noir est le plus fort, je dois dire le plus affreux. C'est une
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40 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
Bien peu nombreux les détenus qui échappèrent à celte
maladie ou seulement aux rigueurs des maisons de réclu-
sion.
Ces rig-ueurs, le Comité révolutionnaire les éparg^na à
la catég-orie de suspects que leur j^rand âg'e ou leur
santé délabrée forçaient de laisser chez eux en état d'ar-
restation : mais alors des sans-culottes vinrent comme
g'arnisaires s'installer à demeure, nourris, soldés aux frais
du reclus dont la fortune suffisait à peine à cette nouvelle
dépense après les assauts donnés par l'emprunt volon-
taire, la taxe de guerre et l'emprunt révolutionnaire.
Cette série d'impôts arbitraires devait fournir aux frais
de la Révolution, en mettant en commun la somme que
chaque individu — suspect A^éffoïsme par cela seul qu'il
est riche — payait en proportion de ses revenus. En l'an II
on a toujours trop de revenus pour les sans-culottes qui,
eux, savent s'en passer: posséder au delà de ses besoins
est une atteinte aux droits du peuple; ce superflu, la
nation doit se l'approprier. Par les taxes révolutionnaires,
d'abord on atteignait d'une manière détournée les repré-
sentants des classes aisées du département, qui ne mani-
festaient pas d'une façon marquée leur attachement à la
Révolution, ensuite on dégrevait d'autant la quote-part
des patriotes riches dont les biens eussent pu être atteints.
excavation à 6 ou 7 pieds au-dessous du niveau du sol extérieur; de fortes
pièces de bois chevillées dans les murs ne peuvent en empêcher Thumidité;
il n'a point d'air, point de jour et se ferme avec deux épaisses portes pla-
cées à trois pouces l'une de l'autre. Ces deux portes sont toujours fermées,
surtout la nuit. Celle de Tintérieur est toujours revêtue de lames de fer; elle
a un petit guichet, mais la porte extérieure qui ferme peut-être (I) trop her-
métiquement n'a pas la plus petite ouverture. « La nuit où le conseiller fit
sa visite, un détenu, condamné le jour même à la peine capitale, se trouvait
dans le cachot noir. « Le malheureux, étendu habillé sur un sac de paille,
était dans le délire d'une fièvre d'agitation et poussait de nombreux san-
glots. Le croira-t-on? Le défaut de local avait fait enfermer six autres déte-
nus dans ce lieu de désolation ; la transpiration de ces sept prisonniers ruis-
selait sur les murailles, l'air était infect et Texhalaison du baquet avait
presque méphitisé tout l'air du cachot ! »
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR. 44
A Toulouse, les autorités constituées, de coiïcert avec le
Comité de surveillance, levèrent dans chaque quartier de
la ville, sur les citoyens riches, un impôt dont l'apprécia-
tion dépendait du Comité de district, — impôt qui s'en-
flait en proportion de l'incivisme présumé de l'imposé.
Quoi de plus incivique d'ailleurs que ces nég'ociants, ban-
quiers, industriels, habitués de la Bourse de commerce,
si dédaig-neux des séances de la Société populaire, si em-
pressés à calculer chaque soir le résultat de leurs opéra-
tions au lieu de méditer « sur le bonheur de n'être plus
esclaves d'un tyran couronné? » Inciviques également, ces
riches paisibles, qui s'étaient fait un plan commode d'ex-
pectative et d'inertie, évitant de se mêler aux mouvements
politiques dans un sens ou dans l'autre, vivant retirés,
et qui s'empressent de payer la taxe imposée par un
Comité sans contrôle dans l'espoir que cet empressement
sera un moyen de sûreté pour leur vie. Quelques-uns
même ont cru habile de se faire recevoir dans le temps à
la Société populaire, mais le creuset épuratoire^ inauguré
par Dartigoey te ' , les en a jetés hors ainsi qu'un grand
nombre de citoyens à éducation libérale, à idées moins
avancées que celles des Jacobins qui les traitent de carac^
téres froids.
Cette Société, réduite de quatorze cents à quatre cents
membres à peine, se compose maintenant d'individuis
qu'une présomption grossière a délivrés du sentiment de
leur nullité : sous prétexte de vigilance et de zèle contre le
modérantisme, ils troubleront l'ordre public et la liberté
individuelle. Bientôt l'insubordination des employés et
Tanarchie générale vont enlever tout prestige aux auto-
1. Archives de la Haute-Garonne, L. Société populaire. « Le représentant
Dartigoeyte propose que le Comité de surveillance fasse promptement un
rapport sur l'épuration de la Société pour qu'elle ne soit plus composée que
de républicains incorruptibles qui, dans le temps du 2 et 3 juin, veillèrent
pour faire triompher la liberté, et conspirèrent courageusement dans cette
enceinte contre le Fédéralisme. »
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42 LES RECLUS DE TOULOUSE SOIS LA TtRREUR.
rites constituées, et le peu de pouvoir qui leur reste sera
sapé chaque jour par les commissaires de la Société popu-
laire régénérée dont le but secret est de discréditer les
administrations pour en transporter toute l'activité aux
comités Jacobins. Il faut voir ces Comités délibérant sans
appel sur les attestations de civisme à accepter ou refuser,
sur les arrestations, enquêtes, perquisitions, confiscations,
inventaires, et, en général, les mesures « propres à ré-
primer les malveillants ». Puis les Comités affectent de
croire que les corps constitués se trompent dans l'appli-
cation de la loi, ils leur expliquent les décrets, dirigent
leurs opérations et obtiennent ainsi une influence si pré-
pondérante qu'ils arrivent à disposer des places, à desti-
tuer à leur gré et à commander au nom des autorités
annihilées. Les représentants du peuple se plaignent du
conflit d'attributions créé par les Jacobins', mais la
Société populaire est forte de sa mission patriotique, et
n'a-t-elle pas d'ailleurs un exemple à suivre dans le des-
potisme qu'exercent les Montagnards au sein du corps
politique de la nation?
Ce despotisme qui écrasait la Convention, les députés
composant la Plaine de celte assemblée auraient pu, par
un vote énergique, en délivrer plus tôt la France; mais
manquant de direction , annulés par la crainte d'être
soupçonnés de principes contraires à ceux que prônait le
parti de Robespierre, habitués d'ailleurs à céder à la
violence de la Montagne, ils continuèrent à décréter ser-
vilement tout ce qu'il plut à la faction victorieuse de leur
dicter jusqu'au jour où, enfin menacés eux-mêmes de
proscription, ils envoyèrent leurs adversaires à la guil-
lotine. Libérés de la tyrannie le 9 thermidor an II, les
conventionnels impriment à l'Assemblée et à l'opinion
publique une direction graduelle vers l'adoucissement
1. Archives de la Haute-Garonne, L. 102.
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR. 43
du régime révolutionnaire : les tribunaux d'exception
commencent par disparaître, plus de guillotine en per-
manence sur la place publique, plus de primes aux
délateurs, et si les lois rendues sous la Terreur ne ces-
sent pas tout d'abord d'être appliquées, elles le furent
du moins avec un certain souci des formes de la justice.
Dans la Haute-Garonne, les conséquences de Thermi-
dor semblent n'avoir pas eu d'effet immédiat : on conti-
nue à arrêter, à incarcérer — avec un zèle moins soutenu
cependant; le mouvement public aidait peu à peu les
modérés à rentrer dans les Conseils et Comités du Dépar^
tement, une majorité suffisante se formait contre les par-
tisans de la guillotine. Ce n'est pas faute pour les Jaco-
bins de Toulouse de se sentir embrasés du révolutiona-
risme le plus pur : c'est à qui parmi eux redoublera de
zèle — comme le demande le général Peyrot à la tribune
de la Société populaire — pour empêcher « toute commu-
nication des reclus avec les gens. à considération qui, en
s'apitoyant sur leur sort, ne font que tuer la liberté ' ».
Aux divers Comités, les fauteurs de désordre, sentant
leur cause s'affaiblir, essaient de s'opposer à des mesures
qu'ils traitent de « contre-révolutionnaires », mais c'est en
vain, le sentiment populaire sera plus fort que leurs pas-
sions, à ce point même que le représentant Chaudron-
Rousseau, entraîné par le courant, se croit obligé de
prémunir les citoyens « contre les intrigants, les ambi-
tieux et tous les êtres immoraux qui suivent avec cons-
tance le système des Hébert, des Danton, des Robespierre,
qui cherchent à faire perdre aux vrais patriotes la con-
fiance qu'ils méritent et par là perdre la liberté* ».
Quant aux suspects en réclusion, ils s'aperçoivent qu'il
y a quelque chose de changé en France à une grossièreté
1. Archives de la Haute-Garonne, L. Société populaire^ 21 thermidor,
2. Ibidem^ L. Société populaire.
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44 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
moindre de la part des jçeôliers, à Ja facilité relative
qu'on leur accorde de se procurer des effets de rechang-e,
une nourriture plus substantielle et surtout, — ce qui
leur tient tant à cœur, — des nouvelles de leurs femmes,
leurs enfants, leurs proches dont ils sont séparés depuis
si long-temps. Autre changement non moins significatifs
les sans-culottes militants s'abstiennent désormais de
venir dans les prisons y répandre la terreur ainsi que le
faisaient auparavant Miot, Meillon, Estelle, Lacan, Gui-
tou, Durbec et autres coryphées du parti montagnard '.
Puis le bruit se répand, se prop;\ge rapidement que la
Convention va envoyer dans le Midi des représentants
pour s'occuper du sort des reclus; on sait leurs noms, on
1. Archives de la Haute-Garonne, L 92. Il y aurait une curieuse étude à
faire sur la Terreur et ses tenants à Toulouse. Ce Miot, « commissaire des
maisons de réclusion, prévenu d'être un des plus grands partisans de la
Terreur, d'avoir vexé et volé les reclus des maisons de la Visitation et des
Carmélites, et d'avoir commis nombre d'actes arbitraires »: ce Meillon, « un
des principaux agitateurs du peuple qu'il a cherché à porter à des excès
envers les riches, qui lui a prêché le mépris de la mort et de toutes les
vertus, criant hautement qu'il lui ferait adorer la sainte guillotine »; ce
Lacan, « commis-espion de Descombels, ayant été très souvent dans les
maisons de réclusion y porter la terreur en disant aux détenus qu'ils
n'avaient pas longtemps à vivre, et, dans plus d'une circonstance, il leur
a volé des effets de prix »; ce Estelle, « partisan de la tyrannie, thrésorier
de la Commission alimentaire des prisons, ayant concouru à un arrêté pris
par ladite Commission qui ordonne que les détenus seront tenus de payer
les sommes y mentionnées sous la privation totale d'aliments, faisant phi-
sieurs visites dans lesdites maisons, frappant de terreur les détenus »; ce
Guitou, terroriste, mais moins encore que sa femme arrêtée « par ordre du
représentant Laurence pour avoir dit que la Convention n'étîiit composée
que de scélérats qui avaient assassiné Robespierre sans l'entendre dans le
dessein d'assassiner les bons patriotes, que les membres de la Convention
ont (depuis thermidor) volé ou recelé tout ce qui a été volé dans les églises
et chez les particuliers, qu'elle se torchait le ... de leurs décrets, que la Con-
vention nationalle avait été deux fois manquée, mais que la troisième elle
ne le seroit pas »; ce Durbec « prévenu de s'être jacté d'avoir fait couper
nombre de têtes à Nancy, fait couler le sang à Bordeaux, et qu'il se lave-
rait les mains dans celui des Toulousains »; ce Panebiau « ayant employé
tous les moyens pour maintenir la terreur à Toulouse depuis le 9 thermidor,
ayant exercé les vexations les plus dures contre les détenus », et ce luUi
d'individus de la région auxquels le gouvernement révolutionnaire ne
servit qu'à satisfaire les appétits.
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR. ^5
est sûr de leur venue, Darligoeyle a annoncé déjà à la
Société populaire qu'il ne s'occupera plus des détenus,
(( que sa mission sur cet objet est terminée; il ne recevra
donc aucune pétition et recommande aux femmes qui
assièg-ent journellement sa maison de rester chez elles à
s'occuper de leur ménag-e et à inspirer à leurs enfants les
vertus civiques et morales ' ».
Mallarmé et Mailhe arrivent à Toulouse : dès le 22 fruc-
tidor la Société les a invités à se rendre dans son sein*,
— n'a-t-elle pas toujours traité de puissance à puissance
avec les divers représentants qui se sont succédé dans la
rég-ion ? — et les Jacobins affectent de croire que les nou-
veaux commissaires (( vont briser les espérances des aris-
tocrates, des fédérés el des intrig-ants de toute espèce,
qu'ils délivreront seulement les patriotes égarés, mais
non les aristocrates qui ne doivent sortir de prison que
pour marcher k la g*uillotine ou aux côtes de Guinée ^ ».
Mallarmé a cependant, par sa proclamation du 26 fruc-
tidor an II, démontré nettement ses intentions de clémence
vis-à-vis des reclus ; n'importe, la Société applaudit avec
fureur à l'adresse de la Société de Beaucaire qui invite
la Convention « à maintenir le jî^ouvernement révolution-
naire, à frapper et écraser les malveillants, à rappeler son
décret en faveur des nobles et des prêtres, à remettre à
exécution celui qui ordonne l'impression de la liste des
individus élargis à l'époque du 10 thermidor **. »
De ces manifestations, le représen-
tant n'en a cure : le 3 vendémiaire, il demande à la So-
ciété de choisir six de ses membres qui accompag-neront
le commissaire de la Convention et a éclaireront sa reli-
g-ion » dans l'interrogatoire des prisonniers^. Deux jours
1. Archives de la Haute-Garonne, L 747.
2. Ibidem. Société populaire, a la date.
3. Ibidem. Société populaire, 29 fructidor.
4. Ibidem. Société populaire, l^r sans-culottide an II.
5. Archives de la Haute-Garonne L., Société populaire, à la date.
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46 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
après, il commence son office de libérateur : les recluses
de Saint-Sernin sont les premières mises en liberté; aux
relig-ieuses qui s'y trouvent détenues il impose comme
condition d'élarjçissement le serment d'être fidèles à la
Liberté et FEg^alité'. De là il passe à la maison de sûreté
des Carmélites, procède à l'interrogatoire des reclus, or-
donne sursis d'élargissement pour ceux que les délégués
de la Société lui ont désignés, mais avec la pensée de les
rendre à eux mêmes dès qu'il aura des renseignements
certains sur leur conduite civique, et il quitte la prison au
milieu des acclamations de joie des ex-détenus : dès son
départ ils se rendent dans la cour qui n'est séparée de
celle de la Visitation que par un grand mur, écrivent de
courts billets, les attachent à des pierres qui, lancées par
dessus le mur, vont porter l'espoir de la délivrance au
milieu de malheureux dont quelques-uns ont subi dix-
huit mois de réclusion odieuse*.
Mallarmé se présente à la Visitation le 22 vendémiaire
pour continuer sa mission, mais il a affaire à des aristo-
crates, les délégués de la Sociéfé populaire en considèrent
beaucoup comme « dangereux » il ne prononce donc que
cent vingt-cinq élargissements immédiats sur un total de
trois cent quatre-vingt détenus, diminuant les regrets de
ceux qui restent incarcérés en promettant un examen
minutieux et impartial des pièces qu'ils produiront pour
se disculper. Le représentant Bouillerot rejoint son col-
lègue : c'est au tour des reclus du Sénéchal, des Hauts-
Murats et de la Conciergerie, — la maison Sainte-Cathe-
rine où ?ont enfermés les prêtres restant à part, — à pas-
ser devant ces représentants qui n'auront plus qu'à visiter
les prisons du département^ pour achever leur œuvre et
« réparer — comme dit leur arrêté du 27 brumaire an III
1. Archives de la Haute-Garonne, L., arrêtés des représentants.
2. Bibliothèque de la ville de Toulouse, fond Toulousain, Pescayre.
3. Archives de la Haute-Garonne L., 95.
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR. 47
— les funestes effets de ces actes arbitraires dont le règ-ne
de la Terreur a fourni tant d'exemples'... »
Des historiens de la première moitié de notre siècle,
émus d'une compassion excessive pour les misères
d'avant 1789, se sont laissés entraîner à un esprit de
colère et de vengeance qui tendait à excuser les repré-
sailles atroces de la Terreur. Plus impartiale, l'école de
Taine, en mettant à contribution les documents locaux qui
seuls jettent la lumière sur les recoins obscurs du passé,
enseigne à répudier les acharnements et les présomptions
de l'esprit de parti : elle permet de livrer, en connais-
sance de cause, aux sévérités de l'Histoire les citoyens
d'alors que des circonstances politiques ont fait échapper
à la justice des hommes.
Baron R. de Bouglon.
1. Archives de la Haute-Garonne, L., 102.
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INDEX
F. ABBADIE, fils du ci-devant
capitoul •••. I02
J.-A. ALRIC.curé constitution-
nel ^3
B. AMIEL, curé constitutionnel. 186
L. ARLERY, cuisinier 244
J. AUDOUY, curé constitutionnel 1 71
E. AtlSSELS, ex-curé assermenté. 104
M. AUSSELS, ex- prêtre asser-
menté 1.^5
J.-P.-M. AYMAR, syndic du dio-
cèse I
J. AYRAL père, ex-administra-
teur du district 88
J. AYRAL fils, sans profession.. 87
A. BABOU, curé constitutionnel. 164
J.-M. BAILLET-BERDOLLE, fils
d'*un ci-devant capitoul. .... . 6"»
F. BACQUIÈ, chirurgien 5
L.-B. BANSE, ancien militaire. . 3
J. BARBOT, curé constitution-
nel i85
B. BARDON, avocat au ci-dev.
hdtel de ville 2
A.-L. BARTHE, ad)udantgénéral
à Tarmée 174
J.-B.-G BARTHEZ, maire de
Portet 112
A. BAYLE, militaire 255
C. BECAVE, ci-devant noble. .. 119
M.-P.-L. BELUSSENS, curé
constitutionnel i5j
J. BELLONGUE, prêtre asser-
menté 202
G. BELLOC, négociant 287
E. BELLOC, agriculteur 277
F. BÉRAL, homme de loi 236
F. BERTIER père, ci-dev. noble. 2.59
F. BERTIER fils, ci-dev. noble. 57
J.-F. BON, ci-devant noble 89
M.-A. BONAURE, couturière. . . 235
P. BONET, curé constitutionnel. i58
J.-J. BONHOMME-DUPIN , ci-
devant noble 45
J.-L. BOREL, sans profession. . . 196
S Bores, ex-professeur de phi-
losophie 4
R.-R. BOULOC, ci-dev. noble.. 221
J.-F. Bousquet, ci-dev. noble. 64
P.-J. BOUZET, ci-dev. noble. . . 284
J.-J. BOYER, ci-dev. cipitoul.. 261
C.-G. BRAGOUSE, avocat au ci-
devant Parlement 6
J.-B. BROUILHET, imprimeur. 280
L.-M. CAFFARELLI, officier du
génie 127
C.-A. CAFFARELLI. ex-prêtre.. 128
A. CALMELS, cuisinier 276
P. CALVET, négociant 9
P.- P. CALAIS, médecin 60
C. CAMPFERRAN, ci-dev. noble. 91
A. CAPELLE, curé constitution-
nel 187
A. CARBONEL, contrôleur au
canal 7
H. -F. CARBONEL fils, ci-devant
prêtre « 11
J. CARRERY, procureur 94
J.-B. CASSAIGNE, ci-dev. noble. 100
J.-P. CASSAING, ex- prêtre &
curé. 201
J. CASSAN, homme de loi 194
G.-P. CASTET, ci-dev. noble.. 44
R.CASTEL,curéconstitutionneI. 167
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
R. CATALA, curé constitution-
nel Vj
R. CAZEAUX, administrc'iteur de
district 149
A. -A. CHALVET, ci-det. noble. 62
J.-P. CHAMBON, sans profes-
sion 184
A. CHASTEL, cultivateur 1 i3
CLAR1A, notaire 120
J. CLERCY,curéconstitutionnel. i65
A.>J. COMÈRE, ci-dev. noble... 61
A.-J. COMÈRE, ci-dev. noble... 226
J.-F. COMBES, ci-dev. capitoul. 63
P. CONQUET, procureur au ci-
devani Parlement 12
COBÈRE, homme de loi 191
J. CORBiN, ci-dev. prêtre 240
J.-F. CORAIL, juge au ci-devani
Sénéchal , 8
P. COURT, médecin 147
J.-B.-J. COURTIES, administra-
teur de district. 11
J.-B. COUTAUD, curé constitu-
tionnel 218
J.-B. DALDÉGUIER, ci-devant
noble , 227
L. DALDÉGUIER. ci-dev. noble. 248
J.-L. DANCEAU, ci-dev. noble.
M. DANCEAU, ci-dev. noble...
J.-L. DARAM, ci-dev. noble. .
J.-M.-G. DARAM, ci-dev. noble.
J. DARBOU, ci-dev. noble
J. DARÉXY, ci-dev. noble
F. DARGUEIL, curé constitu-
tionnel j63
J. DASTRÉ, homme de loi 148
J.-J. DASPECT, cultivateur.. . . 216
F. DAT, prêtre assermenté 208
J.-P. DAUNASSANS, capitaine de
la ga rde soldée 269
J.-P. DAURÏOL, ex-curé cons-
titutionnel.... 17
P.-M.-V. D'AVESSENS-MON-
CAL, ci-devant noble 2 j3
G. DEDIEU, cultivateur 190
G. DELIBES, chirurgien 14
M.-A. DELON, présumé ci-dev.
noble 55
B. DÉGETLH, ex- prêtre asser-
menté..... 198
53
59
70
81
58
83
J.-L. DELORT, ci-dev. noble. .
F.-J. DELLES, ci-dev. noble. ..
J.-F. DEPRÀT, cidev. noble. .
E. DEVOISINS, fils d'un cx-Cons-
tituant
J. DHAUPOUL, ci dev. noble..
J DAUTPOUL, ci-dev. noble. . .
J. DHAUPOUL, ci-dev. noble...
C.-P. DlGOIEINE, ci-dev. noble.
O.-A. DOISEMONT, acteur. ...
J.-M. DOLIVE, ci-dev. noble. . .
B. DOLMIÈRES, ci-dev. noble..
M. DORTET-RIBONET, ci-dcv.
noble.
J.-H. DOUJAT, ci-dev. noble...
A. DOUMENC, ex-prêtre, reli-
gieux
C.-J. DOUZIECH, cidev. prêtre.
DUBERNARD aîné, médecin. . .
DUBERNARD, avocat au ci-dev.
Parlement
P. DUCASSE, médecin . •
J,-P. DUFAUT, médecin
J.-A. DUFFOURC, retraité
D.DUPUY, curé constitutionnel.
DURAND, ci-dev. noble
J. DURAND, c-mmerçant
ESPERON, cultivateur
J. ESPINASSE, vicaire constitu-
tionnel
A. ESPIRAC, ci dcv. piètre
L.FABIÉjgieffier du Tribunal de
commerce ,
J.-F.-M. FAJOLLE aîné, ci-dev.
conseiller au ci-dev. Parlement.
F.B.-M. FAJOLLEcadet, ci-dev.
conseillerauci-dev. Parlement.
J, FALC, notaire public
P. FARGUES, juge de paix
L.-J. FAURE, juge de paix
J. FAUC, prêtre assermenté. ...
P. FAUR, ex-bénéficier
F. FÉDAS, greffier du Tribunal
criminel ,
A. FERRADOU, quincaillier...
J.-B.-J. FERRAND, ci-dev. noble.
H.-L. FERRAND, ci-dev. noble.
A. FOULQUIFJl, clerc de notaire.
S. FOULQUIER, ci-dev. noble..
49
146
53
204
48
249
282
46
io
54
73
2:6
260
2CO
18
i5
16
i3
\^o
»9
219
l52
246
123
20
228
M
108
2l5
23
96
204
2c5
20
21
22
93
49
7»
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5o
V'.-C. FORNIER, réfcrenlaire
dans la chancellerie
J.-B. FOREST, fils a\in ci-dcr.
capitoul
F. FOURNIER, curé constitu-
tionnel ......•..•
G. FOURNIER, curé constitua
tionnel
A. FRAISSINET, ci-der. noble. .
P. FURGOLLE, fiU de capitoul.
P. GABARROU, curé constitu-
tionnel
G. G ALIN, prêtre assermenté. .,
J.-F. GARRIGUES, curé constitu-
tionnel
S. GARROS, eu ré constitutionnel.
P.-A. GARY, ci-der. capitoul. .
M.-A. GAVARRET, ci-devant
noble
E. GASTON, ci-dev. noble
G. GASTON, ci-dev. noble
F.-A. GÈLIS, ci-dev. trésorier de
France
J. GÈLIS, marchand
M.-A. GÉRAUD, ex-prctre asser-
menté
A. GILÈDE, ci-dev. noble
J. GILÈDE, ci-dev. noble
G. -A. GIRARD, ex membre de la
Législative
J.-C. GLEIZES, juge de paix. . .
J.-F. GOUAZÉ, fils de capitoul.
J. GOUJON, ex -prêtre asser-
menté
B. GRASSET, ci-dev. seigneur. .
J. GROS, travailleur de terre. ..
A. GROSSOLLES. ci-dev. noble.
P.-L. J. GUIZET, sans profes-
sion
J.-R. HUC, curé constitutionnel.
D. HÉBRARD, homme de loi . . .
Irlandais détenus
P. JOULIA, ci-devant noble. . . .
JOLY, ex-administrateur de
r.Aude
M. LACAHAL, prêtre asser-
menté
INDEX.
F. LADEVÈZE, ci-devant capi-
26 > tnine de gendarmerie 238
J.-P. LAFOURCADE, ci-deTant
ii3 noble 47
L. LAGARRIGUE, ci-dev. noble. i3.S
17 j A. LAGARRIGUE, ci-dev. noble. i36
J. LAGARRIGUE, ci-dev. noble. 137
i33 J.-G.-M. LALLO, ci-dev. con-
109 seiller au ci-dev. Parlement.. 208
74 J. -A. LANES, greffier 99
J. -M. LAMOTTE, cultivateur. . i32
M. LAPORTE, fils de capitoul. . 84
'69 J.-A. LAPEYRE, ex-prêtre 177
2» I A. LASMARTRES, ci-dev. noble. i5i
M.. G. -F. LASPLANES, ci-dev.
i? noble 85
2ii G. LAVOLVÈNE, ci-dev. noble.. 76
2^i J. LATOUR, cultivateur 23o
J.-L. LAY, ex-prêtre, curé cons-
^7* titutionnel 179
•4' J. LECOMTE, ci-devint noble.. 248
I4f L. LEFÈVRE, receveur du dis-
trict 90
i?^ P. -M. LERAT, ex-chanoine. .. i56
282 J.-J. LESPINASSE, ex-procureur
syndic du département 3o
•97 F.-G. LESPINASSE, ci deyant
• 24 noble 92
|33 F.-N. LESPINASSE, ci-devant
noble 1 3o
26 P.-A. LÉTANG, ci-dev. noble.. 82
29 J -F. LIGNAC, professeur de rhé-
*>o torique... 86
J,-F. LONGEON, ci-dev. noble . 62
126 J.-P, LOUBÈRES, prêtre asser-
97 mente. 207
239 L.-G. LUPPÉ, ci-devant noble.. 233
J. MADRON, ci-devant noble... 77
2Ô0 P.-A. MAILHOL, marchand.... 217
M.-A. MALPEL, ex-procureur
^ général syndic du déparie-
^^' ment 42
j^_ C. MALARD, ci-devant noble.. i3i
D. MANENT , ci-devant capi-
5i toul 43
J.-B.-J. MANENT, fils d'un ci-
175 devant capitoul 2 23
MARRAST, notaire 122
J.-C. MAURÈS-MALARTIC, ci-
210 devant prêtre 25 1
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LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
J..P. MAURETTE, prêtre asser-
tnen lé
J. MASSOUTIER, curé consiiiu-
tiounel
E. MOLLIS, ci-derant noble...
F. MOLÎNIER , commis mar-
chand
M. -A. MOLINIER, avocat
J. MONTASTRUC, ex prêtre as-
sermenté
G. -M. MONTGAZIN, ci devant
noble *
G. MOULIS, ex-chanoine, prê-
tre assermenté.
M. MOULIS, prêtre assermenté.
E.-B. MOUNET, cidev. prêtre.
J.-P. MOUNOT, curé constitu-
tionnel
B. MOREL, prêtre 8c curé
NICOL, ci devant noble
P. J.-F.-J. NICOLAS, ci-devant
noble
J -E. NICOLET, sans profession.
L. OLIVIER, arpenteur
S. ORLIAC, élève en chirurgie.
B. PAGÈS^ étudiant en médecine.
J.-M. PAQUIN, militaire
J. PARIS, prêtre assermenté. .• .
J.-P. PEYRUZAT, notaire
G. PEYRUZAT, ex-capucin asser-
menté
P. PICOT -LAPEYROUSE, fils
d'un ci-devant capitoul
A. PINSSON, greffier de juge de
paix.
A. PINSSON, greffier de juge de
paix. ... I
PINAUD, cultivateur
J. PONS, prêtre assermenté. , , .
J. Portail, cordonnier
J.-B. POUJADE, curé, commis-
saire civil
P.-J. POUVILLON, officier de
santé
C. PRATVIEL, fils d'un ci-de-
vant capitoul
J. PREVOST, ci-dev. capitoul. .
M. - F. PUYLAROQUE-CÉLÈS ,
214
181
ii5
3i
32
20 4
206
2l3
170
182
263
225
106
M»
143
256
212
193
209
33
176
281
203
229
224
234
270
268
veuve d'un conseiller guillo
tiné
À.-D. PUYBUSQUE, ex-prêtre
assermenté
J.-A. PUYBUSQUE, ex prêtre...
G. -F. RABAUDY, ci-dev. noble.
J.-P. RIGAUD, ci-dev. noble. . .
F. RIGAUD-CAUDEVAL, ci-de-
vant noble
J.-P. ROGE, instituteur natio-
nal
H.-J. ROQUES, ci-dev. noble. .
J. ROUCOUS SAINT- AMANS,
ci-devant noble.
J. B. ROUCOUS SECOND, ci-de-
vant noble
P.-M. ROMME, ci dev. noble..
P. ROUSSILLON, ex-consti-
tuant
N. ROUZE, agriculteur
M. ROUZIL, militaire
J.D.-F. RUFFAT, avocat au ci-
devant Parlement
J.B.RUFFIÉ, prêtrenssermcnté.
J.-L.-S. SANCAN, vicaire cons-
titutionnel
A. SAMBUCY-MIR, fils de capi-
toul
J. SAINTSARDOS, ci-dev. noble.
J.-F.-M. SÉGLA, ci-dev. noble.
C.-E. SÉRÉ, sans profession. . . .
P.-H. SERMET, évêque métropo-
litain
J.-P -M. SEVERAT, chirur-
gien
J.-B. SICARD, curé constitu-
tionnel
J.-D. SIRVEN, ex-administra-
teur du département
F. -G. SOL, caissier
L.-B. SOUEIX, marchand dra-
P»" ;
J. SOULA, prêtre assermenté. ..
F. SOULATGES, médecin
J. SOULT, curé constitutionnel.
J.-P. Sous, marchand drapier. .
J.-M. SUDRE, fille de service. .
F. TAILLAN, curé constitution-
nel
5i
23l
129
140
i39
271
240
1 10
,45
68
89
69
35
192
io3
34
'99
io5
67
98
220
35
114
.84
37
28
.96
188
38
161
189
242
»7i
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52
INDEt.
E.-J. TALLAVIGNES, sans pro-
fession 173
J.-G. TERSSAC, ci dev. noble.. 78
J.-L TEYNIER, ci-dev. noble.. 267
M.-J.G. THEZAN AULAR-
GUES, ci-devant noble 117
J.-A. TOURNAMILLE, ex cure
assermenté 1 .j3
C. TOURNIER, ci-der. noble.. . 66
J.-L. VAÎSSE, ci -devant noble.. 101
J.-J. VAISSÎER. ci der. noble.. 90
A. VALETTE, curé constitu-
tionnel 162
F. VeRNHIES, sans profession.. 47
J.-F. VIDALAT, secrétaire de
révéque constitutionnel. ....
J.B. VIGNES, ci devant noble,.
J.-F.-J. VIGNES, secrétaire du
roi
J. B. VIGNES, juge de paix ...
P. ViCNOLE, commerçant
J. VIGUERIE, ci-devant noble..
B. VIGUIER, curé constitution-
nel
J.-B. VILLE, élève de commerce.
G -D. VILLENEUVE FLAMA-
RENS, ci-devant noble
J.-F. VILLENEUVE BAUVILLE,
ci-devant noble.. .
R. ViOLLE, cultivateur
39
7*
233
26.1!
80
i3o
4»
173
»74
123
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TABLEAU
DES CITOYENS
RECLUS DANS LA MAISON DE SÛRETÉ DE TOULOUSE
DITTE LES CARMÉLITES
I, Nonty âge^ demeure, nombre des enfants & motif d'arrestation Je chaque reclus»
II. Sa profession & fortune,
m. Ses relations & liaisons,
IV. Ses opinions politiques aux diverses époques [de la Révo'ution],
I. Jean-Paul-Marie ATMAR, dcmicilié à Toulouse, 5"" rection,
âgé de Sz ans, cœlibataire, arrêté par la municipalité par mesure de
sûreté le 23 brumaire.
II. Avant la Révolution sindic du diocèse de Toulouse, jouissant
avant la Révolution d'un revenu de 2000 livres & actuellement d'un
revenu de 600 livres provenant d'un domaine & capitaux en partage
avec sa mère & sceur.
III. Avec les fanatiques,
IV. D'un caractère fort tranquille; ayant été arrêté comme soup-
çoné d'avoir caché des effets appartenant au cidev. évèque de Tou-
louse, ce qui a été reconnu faux. — i.
I. J.-P.-M. AYMAR, syndic du diocèse de Toulouse depuis 1774, roulut malgré
la Révolution, continuer par patriotisme ses fonctions que lui confirma dans la
suite la commission secondaire établie provisoirement jusqu'à ce que les corps
administratif» fussent constitués. Accusé de tiédeur pour les idées du jour, Aymnr
se vit destitué puis arrêté au mois de mai 1793 sur une dénonciation anonyme:
mais le Comité de surveillance ordonna le jour même de remettre en libeité
Tancien syndic « attendu quM avait été lancé contre Aymar une dénonce laquelle,
ayant été vérifiée avoit plutôt tourné à son avantage qu'à son désavanttige. »
Arrêté de nouveau en octobre 1793 comme « aristocrate enragé », dénonciation
aussi mensongère que Tétait la première, — incarcéré à la Visitation, puis trans-
féré aux Carmélites, Aymar adressa de sa prison réclamations sur réclamations au
Comité de surveillance qui se borna à lui répondre « que d'après la loi du 18 ther-
midor, article 2, les motifsde son arrestation ne sont pas dans In loi du 17 septem-
bre 1793, mais que n'ayant pas démontré son attachement à la Révolution il fut
enveloppé dans uue mesure de sûreté générale. » Le représentant du peuple
Mallarmé, quand il rendit son arrêté d'élargissement du 21 vendémiaire an UI,
comprit Aymar dans cet acte de tardive justice.
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64 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
Le Comité observe que la dénonce s^étant trouvée fausse^ il donna un
avis favorable sur une de ses pétitions pour lui procurer sa liberté ; mais
le représentant Dartigoeyte^ considérant que le souvenir de Vescercisse de
sa dernière charge pourroit encore le rendre dangereuse^ arrêta le n*y
avoir a délibérer sur sa pétition. — Elargi.
I. Louis -Benoit BANCE, domicilié à Toulouse, place cidev.
S^ Georges, âgé de çS ans, marié, ayant six enfans^ arrêté par la
municipalité le 12 octobre 1793 (v. s.)*
II* Ancien militaire décoré de la cidevant croix de S' Louis, rece-
veur général du Canal des mers jusqu*après Tépoque de son arresta-
tion , jouissant avant la Révolution d*un revenu de 14790 livres
réduit depuis le séquestre à 10790 livres sur quoi il doit 1 1000 livres,
& l'adot de sa femme de 12000 livres,
IIÏ. Avec tout le monde indistinctement.
IV. S*était démontré partisan de la Révolution jusqu'à Tépoque
dn fœdéralisme ; à cette époque ayant cherché à persécuter les patrio-
tes & signataire d'une pétition fœdéraliste. — 2.
2. L.-K. BANSE, officier de fortune de Tancien rég;i]ne, décoré de la croix de
Saint-Louis après Tingt-huit ans de service dont seize ans comme simple soldat,
comptait parmi ceux qui accueillirent avec enthousiasme la Révolution. Aussi
est-il nommé dès avril 1789, électeur de Tordre du Tiers pour la députation aux
Etats-généraux, plus tard membre du bureau & président de sa section, secrétaire
de la Société populaire, membre des divers comités de cette Société. Plein de zèle
pour la chose publique, Banse propose & signe les premiers billets de confiance
dont l'utilité fut vite démontrée à Toulouse ; il provoque rétablissement des
gardes de police aux portes de la ville & l'organisation de la Garde nationale où
ses concitoyens l'élurent successivement capitaine des chasseurs, lieutenant-colonel
Se commandant en chef du 8* bataillon. Il fait partie du bureau de l'assemblée
électorale, remplit les fonctions de juré de jugement, de juré spécial, puis il se
renferme dans les attributions de membre du bureau de conciliation qu'il cumulait
avec sa place de Receveur général du canal des Oeux-Mers. Lors du tumulte de
Montauban, il demaf&da au Général en chef de la Garde nationale de partir pour
a voler à la défense des patriotes » 8c, afin de stimuler les camarades peu enclins
aux dons patriotiques, il s'inscrivit, lui onzième, sur Les registres de la municipa-
lité pour 1,800 livres. Banse était donc au mieux avec les partisans du nouvel état
de choses quand arrivèrent les événements du 3i mai 1798 ; convoqué au conseil
général fédéraliste ainsi qu'aux assemblées qui se tinrent alors à Toulouse, il n'y
joua qu'un rôle très eâacé, mais c'était suffisant ponr le suspendre en septembre 93
de ses fonctions de commandant, de celles de membre du bureau de conciliation,
& surtout de le destituer de sa place de receveur du Canal, place de 12,000 livre»
fort enviée avant & depuis la Révolution, & qui devint le lot du sans-culotte
A. Carbonnel. Arrêté le 12 octobre suivant, il proteste le 24 ventôse an II contre sa
détention sans motifs valables. Sa femme cherche, mais vainement, à attendrr le
Comité de surveillance de la Commune auquel le représentant Chaudron- Roussau
venait de demander son avis sur l'élargissement du reclus. Le Comité, inflexible,
répondit que « d'après les renseignements par devers lui & ceux recueillis à la
Municipalité, il n'y avait pas à statuer, que Banse avait été l'un des plus grands
partisans du fédéraliime &que l'Agent national près le district donnerait au repré-
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. 55
Le Comité observe que Bance s*étant démontré le partisan du fœdéra-
lisme provoque l'arrestation du patriote Mouquet^ ce qui fut un des prin-
cipaux motifs pour le reclure. — Il est de plus observé que ce n*est que
par erreur quil a été compris dans le nombre des signataires, — Mis en
liberté par arrêté du 22 brumaire.
I. Barthélemi BARDON, domicilié à Toulouse, 1" section, âgé de
38 ans, garçon, arrêté par la municipalité le 22 septembre d*^
II. Cidevant avocat au cidevant hôtel de ville & depuis la Révolu-
tion à la police de la municipalité, & secrétaire greffier d'une jus-
tice de paix ; jouissant d'une maison de 6000 livres, sur quoi il doit
environ 35oo livres.
m. Avec les patriotes au commencement de la Révolution &, à
l'époque du fœdéralisme, avec les fœdéralistes les plus enragés.
IV. D'un caractère tranquille & secret. — 3.
Le Comité observe qu'il a une mère à nourrir & qu'il est peu doué de
fortune.
I. Simon BOBÈS, domicilié à Toulouse, i'' section, âgé de 42 ans,
cœlibataire, arrêté par la municipalité par mesure de sûreté le
19 septembre 1792 (v. s.).
II. Suppléant du professeur de philosophie & morale; élu profes-
seur par le Dép*; jouissant d'un revenu de 3oo livres provenant des
intérêts de sa légitime.
III. Avec les intrigants & les fœdéralistes prononcés.
IV. Au commencement de la Révolution singeant le patriote,
chassé de sa section & de la Société populaire par son intrigue, grand
sentant de bien plus amples renseignements. » Plus tard, le i5 vendémiaire an III,
le représentant Mallarmé exigea autre chose que des termes vagues au sujet de
cette détention; la municipalité, hors d*état de donner aucune preuve sérieuse,
envoya à la prison des Carmélites le citoyen Guillemcry, commissaire aux prisons,
lequel demanda naïvement à Banse lui-même les motifs réels de son arrestation !
Mallarmé était fixé, & par ariêté du 22 brumaire an III, Banse fut mis en
liberté, en même temps qu'il rentrait en possession de la place de receveur général
du Canal des Deux-Mers.
3. B. BARDON, avocat au Parlement, fut, après 1789, nommé greffier de la jus-
tice de paix du 2"* arrondissement de la commune de Toulouse & confirmé en
cette place par les trois sections du ressort. Accusé d'être fédéraliste parce qu'il ne
manifestait pas assez bruyamment son civisme vis-à-vis des sans-culottes, incarcéré
treize mois aux Carmélites, Bardon présenta, lors de son interrogatoire par le
représentant Miillarmé, un certificat de civisme que lui avait délivré la Commune
de Toulouse, le 16 décembre 1792, d'après l'avis des commissaires des quinze sec-
tions réunies, & qui constatait « ses preuves non équivoques du plus pur patrio-
tisme^ son amour manifesté dans toutes les occasions pour la Liberté & l'Égalité ».
Le reclus se disculpa aisément de son attitude au 3i mai, tout plaidait pour lui
Jusqu'à « ses faibles moyens d'existence & sa longue détention w j il n'y avait qu'à
ordonner son élargissement, ce qui fut fait le 21 vendémiaire an III.
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56 LES UECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
partifan du fœdéralisme, ayant signé une pétition à l'époque du
29 mai. — 4.
Approuvé, — Détenu.
I. François BACQUIË, domicilié à Toulouse, S"" section, âgé de
72 ans, vœuf, ayant une fille, arrêté par la municipalité par mesure
de sûreté depuis le 27 septembre 1798 (v. s.).
II. Avant la Révolution chirurgien de la marine & depuis la
Révolution officier de santé, jouissant dun revenu de 927 1. i5 d.,
4. J. BORÈS, docteur en Sorbonne, ayait la suppléance de la chaire de philoso-
phie à rUniversité de Toulouse, lorsqu*au concoure, en 1790, il fut nommé, par le
Directoire de la Haute>Garonne, titulaire de cette chaire & de celle de morale.
Très ardent pour les noure.iux principes, Tabbé Bores s'inscrivit sur la liste des
premiers membres de la Société patriotique populaire où son attitude, ses discours
le portèrent au Conseil général de la Commune j il n'en sortit qu'en décembre 1792
& avec un certificat élogieux déclarant « qu'il esc à Tabri de tout reproche u. Mais
il avait eu maille à partir le 3i août précédent avec Julien de Toulouse, protecteur
avéré de certains faillis dont Bores voulait l'exclusion de la Société populaire.
Julien riposta à la motion de Bores en le faisant rayer de la liste des membres de
la Société, puis, sur son inspiration, une députation de l'assemblée primaire alla
au Conseil général de la Commune proposer la radiation de Bores de son tableau
comme « vil intrigint ». La vengeance de Julien ne s'arrêta pas là : en mai 1793,
les vicaires épiscopaux de la Métropole notifièrent à Tévéque élu Sermet de com*
pléter son Conseil ; Tévéque, sur l'avis du procureur général syndic, choisit Bores,
lequel n*eut pas à jouir longtemps de ses nouvelles fonctions, car son adversaire le
faisait arrêter en septembre 1793 comme suspect de fédéralisme, envoyer à la Con-
ciergerie sans que l'officier municipal Projet voulut répondre à Bores en vertu de
quel ordre ni pour quel motif on l'arrêtait, 8c définitivement incarcérer aux Carmé-
lites après avoir passé huit jours dins la prison de la Visitation. Comme le reclus
était fort mal vu de ses anciens correligionnaires pour toutes les motions avancées
qu'il avait appuyées au club & dans les réunions pir une application exagérée de
l'Evangile, une fois en prison, ses compagnons de captivité ne lui ménagèrent pas
les sarcasmes : « Vas-t-en, — lui disaicnt-ils, — faire à présent TApôtre de l'Éga-
lité & de la Liberté! » Bores resta treize mois détenu, encore qu'il eût fait appel à
son ami le représentant Paganel, qui s'adressa au Comité de surveillance de la
Société populaire pour connaître les raisons d'une réclusion si peu justifiée; mais
le départ de Paganel recula la mise en liberté de Bores jusqu'au 17 frimaire an III.
A ce moment le Comité, sur l'invitation cette fois du représentant Mallarmé,
déclarait « que, considérant que le pétitionnaire a dans le co..-imencement de la
Révolution paru dans les vrais principes, que, s'il se démentit lors du fédéralisme,
sa longue détention paraît avoir assés expié ses fautes, il est d'avis qu'il soit pro-
visoirement mis en liberté sous la surveillance de la Municipalité. ». Bores avait
perdu ses places par suite de son incarcération; de plus, l'arrêté du 20 brumaire
an II le frappait d^exclusion de toutes fonctions tant civiles que religieuses. Il
demanda donc, soit à être réintégré dans ses fonctions de professeur de philosophie,
soit à toucher la pension que l'État lui devait comme vicaire épiscopal, « attendu
qu'il y était comme autorisé p<ir l'arrêté du Comité de sûreté générale •; mais les
représentants Bouillerot & Mallarmé le déboutèrent par leur arrêté du 17 nivôse
an III.
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CITOYENS. RECLUS AUX CAFaiÉLîTES. Sy
sur quoi il doit un capital de 85oo livres; ayant acquis un domaine
national au prix de I2 5od livres, sur quoi il a payé un dousième.
lîl. Avec tout le monde, indistinctement.
IV, Ayant toujours été aristocrate, mais peu dangereux, i — 5.
Le Comité observe que ce citoyen étant d'un caractère tranquille & d*un
âge avancé, il ne peut être dangereu>: à la chose publique, — Elargi,
I. Claude-Gaston BRAGrOUSSEy domicilié à Toulouse, 6"'^ section,
ayant 5i ans, marié, ayant trois enfants, arrêté par la municipalité
le 22 aoust 1793 (v. s.) par mesure de sûreté.
II. Avocat au cidevant Parlement, jouissant de deux maisons à
Nimes d'un revenu de 825 livres & d*un capital de i5oooo livres où
est comprise Tadot de sa femme se portant à 5oooo livres.
m. Avec tout le monde indistinctement.
IV. Ayant paru patriote au commencement de la Révolution,
s'étant démontré faiatique & grand fœJéraliste, ayant présidé une
section h l'époque du fbedéralisme, homme fort dangereux par ses
talents & d'un grand égoïsme. — 6.
5. F. BACQUIE , chirurgien -major de la marine, opéra quinze ans durant à
THôiel-Dieu de Paris, puis vint prof.^sser la chirurgie à Toulouse où l'Académie
des sciences de cette ville le reçut avec distinction. Pendant la Révolution, il ne
s'occupa en rien de politique, se contentant de prêter les serments civiques à
mesure que les exigeaient les décrets, 8c d'obéir aux autorités constituées. Le jour
où on arrêta le marquis de Cardoi.ch-Belesta, un de ses clients, Bacquié signa un
certificat comme quoi le marquis ne pouvait subir sa translation dans une maison
d'arrêt à cause de ses infirmités, & le chirurgien s'offrit d'être caution auprès de
la Municipalité. Quinze jours après, on parvint à transporter B;;lesta à la Visita-
tion. Bacquié du coup fut mis en suspicion & arrêté lui-même comme complice
d'un aristocrate qui cherchait à éviter la peine qu'il méritait. Douze mois de
détention payèrent cette prétendue complicité. Le représentant Mallarmé rendit à
sa famille Bacquié, qui lui avait démontré son innocence par l'exhibition de deux
certificats délivrés le 6 juillet 1793 p;ir la Municipalité, approuvés par le Conseil
de district 8c le Conseil général du département} en outre, le certificat constatant
qu'il avait, le 17 novembre 1793, prêté serment « d'être fidelle à la Nation, de
maintenir la Liberté 8c l'Egalité, 8c de mourir à son poste ».
6. C.-G. BRAGOL'SE, avocat au Parlement, assista le 7 janvier 1739 à la réu-
nion des députés par corporations Se on le nomma membre de la Commission
intermédiaire, puis électeur pour la nomination des députés aux Ktats généraux.
Capitaine dj sa légion de garde nationale en août 89, officier municipal en
février 1790, président de section, membre du collèa;e électoral au mois de mai
suivant, il fut uw des trois officiers municipaux chargés le 3) septembre 1790, de
faire exécuter h décret de l'Assemblée nationale sur la sup;)re5sion des Parlements :
il requit ce jour-lfi i\\\ piquet de gird.' nationale pour l'accompagner, lui 8c ses
collègues Rouget 8c Vignoles, au palais du Parlement de Toulouse où, devant le
refus des greffiers de procéder à l'apposition des scellés sur les salles d'audience, il
dirigea lui-même l'opération qui mettait fin à l'existence de la Cour souveraine du
Languedoc. Nommé en décembre i7;o président du Tribunal du district, fonctions
qu'il conserva jusqu'au 22 août 1792, destitué 8c arrêté encore qu'il eût provoqué
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58 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
Le Comité observe quîl a été élu i* officier municipal & ensuiite prési-
dent au tribunal judiciaire du district, — Elargi.
I. Antoine CARBONEL père, domicilié à Toulouse, âgé de 49 ans,
vœuf, ayant trois enfans, arrêté par la municipalité par mesure de
sûreté.
II. Avant la Révolution maître d'école & tenant des pension-
naires, depuis la Révolution instituteur de la jeunesse à la place des
Ignorantins, & depuis la nouvelle organisation de Tensseignement
public contrôleur au Canal, vivant avant & depuis la Révolution du
produit de son état.
III. Avec les patriotes jusqu'à l'époque du fœdéralisme.
I V. Patriote jusqu'à l'époque du fœdéralisme, partisant des prin-
cipaux meneurs des corps constitués fœdéralistes, ayant des talents
oratoires & se disant orateur du peuple aux séances de la Société,
ayant signé une pétition fœdéra'ist^ !e 29 mai dernier. — 7.
lors de la journée du 10 août une adresse de félicitations des membres du Tribunal
à rAsssmbUe nationale, Bragouse sortit de détention vingt-quatre heujes après, sur
un jugement du Comité de sûreté de la municipalité qui constate a qu'il n'étoit
pas privilégié ni d'aucune des classes portées par rurrcié de la Commune, qu'il
avoit d'ailleurs rempli toutes ses fonctions publiques depuis la Révolution & prêté
tous les serments requis, qu'enfin il avait été arrêté arbitrairement parce qu'il
n'était pas compris dans la liste arrêtée par les représentants du peuple, t* Après
cet aveu on devait une compensation à Bragouse, on le plaça donc comme conseil
& directeur à la tête de l'hôpital Saint-Jacques. Lors du fédéralisme, il essista le
16 juin 1793 à une assemblée où les citoyens l'appelèrent par proclamation à
occuper la présidence du bureau : les Jacobins eurent là prétexte tout trouvé pour
l'arrêter & le maintenir en prison. Le représentant Mallarmé l'en fit sortir le
21 vendémiaire an lYI.
7. A. CARBONEL, ne fut pas des derniers à arborer à Toulouse les nouvellee
couleurs nationales; très remuant, très verbeux, il est de toutes les sociétés popu*
laires, il en rédige les règlements, fonde à ses frais le Comité des Coursiers de la
mort <( mieux connu des malveillants sous le nom de Bande noire^ & tout le monde
sait de quelle utilité il a été dans ce département, & les services signalés rendus à
la République ! n Carbonel, ami à sa manière de la tolérance, va prêchera la grille
de clôture des couvents « dans un temps où les prêtres allumoient de toute part les
torches du fanatisme 8c il rend par ses morales civiques aux appas de la liberté »,
l'ex-religieuse Claire Miremenil, tiercerette, âgée de soixante ans, qui fait une pro-
fession de foi civique. Carbonel se met à In tête des écoles publiques de Toulouse
abandonnées par les religieux & commence par envoyer volontaires aux armées
cent cinquante environ de ses plus grands élèves. Enfin, Carbonel vote dans une
ùdresse « la mort du tyran & de ses infJLmes complices u, il contribue par des dons
en argent &en nature aux équipements patriotiques, remplace dans l'administration
du canal du Midi, Banse, n homme suspecté d'incivisme par l'assemblée électorale »
& se trouve appelé par le choix populaire à être membre du jury auprès du Tribu-
nal criminel. C'était plus qu'il n'en fallait pour pallier les quelques « erreurs fédé-
ralistes u qui l'avaient fait enfermer aux Carmélites & obtenir un élargissement
que le représentant Mallarmé accorda surtout afin de rendre hommage aux services
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. 5g
Le Comité observe que ce citoyen est pauvre^ quil a un de ses fils aux
frontières qui se conduit en brave, — Elargi,
I. Jean-François-Magdelaine CORAIL, domicilié à Toulouse, âgé
de 40 ans, garçon, arrêté par la municipalité le 16 frimaire, avant la
Révolution juge au cidevant Sénéchal, depuis deffenseur officieux au
tribunal du district & président du dit tribunal en novembre 1798,
suppléant au dit tribunal longtemps avant.
II. Jouissant avant la Révolution d'un revenu de 1,200 livres du
produit de sa charge & de 1,800 livres d'un bénéfice réduit depuis la
Révolution à 1,000 livres, plus de 55o livres provenant d'un bien
national acquis & payé par le produit de sa charge.
lïl. Avec les patriotes, les aristocrates & les fœdéralistes.
IV. D'un caractère fort insinuant, doué de beaucoup de talens.
Ses opinions fœdéralistes. S'étant démontré le partisan du fœdéra-
ralisme à l'époque du 3i mai d'*", 2 & 3 juin. — 8.
Le Comité observe que Corail fut suspendu des fonctions de président
au tribunal judiciaire du district par arrêté du rep^ du peuple Baudot. —
Elargi.
L Pierre Calvet, domicilié à Toulouse, âgé de 82 ans, marié, ayant
trois enfans, arrêté par la municipalité par mesure de sûreté.
IL Négotiant, jouissant avant la Révolution d'un capital de
12,000 livres, depuis la Révolution ces dits capitaux réduits à rien,
vivant lui & sa famille des bienfaits de sa mère.
III. Avec les patriotes, les feuillants & les fœdéralistes.
IV. S'étant montré patriote jusqu'à l'époque du fœdéralisme, ayant
soutenu le parti avec acharnement, ayant été le second à signer une
pétition liberticide à l'époque du 29 mai dernier. — 9.
réels du fils aîné de Carbonel que sa valeur avait porté à un grade assez élevé pour
devenir président du Tribunal militaire du premier arrondissement des Pyrénées-
Orientales.
8. J.-F.-M. DE CORAIL, seigneur de Planes & de Fourtanens, prieur de Notre-
Dame de Planes, procureur du roi, puis conseiller en la sénéchaussée de Toulouse,
fut chargé par le lieutenant général de la confection des ordonnances de la région
pour la convocation des Etats généraux. Il devint, après la suppression de son
emploi, défenseur officieux, membre du jury d*accusation, suppléant au Tribunal
& enfin président du Tribunal du district. Appelé le 27 mai 1793 aux assemblées
fédéralistes à Teffet de créer un Congrès, choisi par la Société populaire comme Pun
de ses membres à députer auprès de l'Assemblée nationale afin de porter l'adresse
qui demandait une Constitution républicaine, Corail partit pour Paris le 20 juin.
Quand il y arriva, la Montagne triomphait complètement de ses adversaires, il
n'eut donc qu'à reprendre le chemin de Toulouse, où suspendu provisoirement de
sa place dès le 26 août 1793, il fut arrêté le 16 frimaire an II par ordre du pro-
cureur général syndic Descombels u comme ayant été intriguer à Paris » & resta
détenu onze mois aux Carmélites. Le représentant Mallarmé le fit mettre en liberté.
9. P. CALVET, arrêté le 7 septembre 1793, était dans la garde nationale lieute-
nant de sa compagnie. Quand eurent lieu les événements du 3i mai, il signa unr
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6o LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
Le Comité observe que ce citoyen était le colporteur Je la pétition fade-
raîiste quil avoit signée^ ainsi quil ce résulte des dénonces qui sont
entre nos mains, — Dét.
I. F'-Ovide- ALEXANDRE DOISEMONT, domicilié à Toulouse;
âgé de 56 ans, veuf, sans enfans, arrêté par ordre du Rep* du peuple
le i8 octobre 1793 (v. s.)- Pour cause de fœdéralisme ayant été sus-
pendu des fonctions d'administrateur pour la même cause.
II. Avant la Révolution acteur & depuis sans profession pendant
deux ans, ayant ensuitte repris sa profession; jouissant avant la
Révolution d'un revenu de 600 livres.
III. Avec les patriotes & les fœdéralistes.
IV. Ayant été patriote jusqu'à Tépoque du fœdéralisme. S'en
étant montré le partisan. — 10.
Approuvé, — Détenu, — Elargi par arrêté du 26 brumaire,
I. Jean- Bernard- Joseph COURTIES, domicilié à Rieumes, âgé de
45 ans, marié, ayant trois garçons dont un émigré; arrêté à Rieumes
le 27 septembre 1793 (v.) par ordre du Rep* du peuple pour cause de
fœdéralisme.
pétition préparée p.ir le citoyen Causse & alla avec lui chez divers légionnaires
pour recueillir leurs sigUtitures. Ce beau zèle lui valut plus tard une détention qui
te prolongea une année. Le reprc'sentant Mallarmé refusa d'abord à Calvei son élar«
gissement lors de rinierrogatoire dn ij vendémiaire an 111, puis il fit dioit à sa
demande lorsque le Comité de la Société populaire eut déclaré le i3 frimaire sui-
vant que a Calvet a toujours paru patriote jusqu'à Tépoque du fédéralisme où il
signa & colporta même une pétition fédéraliste, considérant que cette faute doit
plutôt être attribuée à l'erreur qu'a des intentions contre-révolutionnaires, le C:>«
mité est d'avis qu'il soit définitivement mis en liberté. »
10. F.-O. ALEXANDRE Jit D'OlSEMONT, un des plus chauds partisans de la
Révolution à Toulouse, dut à Texaltation de ses principes d être désigné pour être
Tun des administr.iteurs du district. Au moment du fédéralisme, ses amis les Jaco-
bins lui reprochèrent d'avoir distribué à profusion les adresses de Nantes & de
Marseille & le tinrent à Técart. D'Oisemont néanmoins fut nommé le 12 août 1793
par le Directoire du département commissaire pour le district a à Teffet de le par-
courir pour exhorter les citoyens à Tunion & à la paix, & les engager à se tenir
prêts à marcher contre les Espagnols aux premières réquisitions qui leur seroient
faites. M Lî .8, d'Oisemont, alors président du district, se met en route, visite divers
cantons, revient le 22 couchera Toulouse & le 23, à son réveil, apprend qu'il est
suspendu de ses fonctions à cause de sa participation active aux actes fédéralistes.
Arréti 8c détenu le 18 octobre 1793, il païut un an après devant les cominiss<.iies
délégués de la Société populaire qui assistaient le représentant Mallarmé dans son
interrogatoire des détenus. Toulza son ex-collègue a la Société populaire, puis
Arthaud, directeur de la poste aux lettres, l'accusèrent successivement 8c firent déci-
der « qu'il n'y avait pas lieu de l'élargir, m D'Oisemont s'adressa plus tard au repré-
sentant Mdllarmi, faisant valoir les services rendus antérieurement au 3i mai, 81
implorant sa liberté u pour apprendre & lécitter de suitte à ses concitoyens les
chefs-d'œuvre patriotiques qui vont éclore. a» Il fut élargi le 16 brumaire an 111.
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CITOYENS RECLUS AVX CARMÉLITES. 6l
II. Avant la Révolution agronome, depuis élu administrateur;
Jouissant avant & depuis la Révolution un revenu d'environ 375 li-
vres.
ÏII. Avec les fœdéralistes les plus prononcés.
IV. Ayant paru aimer la Révolution jusqu'à l'époque du fœdéra-
lisme & à cette époque s'étant démontré le plus grand partisan du
fœdéralisme & ayant signé une pétition fœdéraliste. — ii.
Le Comité observe que Courues fut destitué de ses fonctions d^adminis-
trateur & que par erreur il a été compris dans le nombre des signataires
d'une pétition fœdéraliste, — Détenu,
I. Pascal CONQUET, domicilié à Toulouse, âgé de 60 ans, marié,
ayant 4 enfans dont un garçon directeur de l'hôpital militaire de
Bourges, arrêté par la municipalité le 28 février d"" (v. s.), par me-
sure de sûreté,
il. Avant la Révolution procureur au cide/. Parlement, depuis
employé au district; jouissant avant la Rév*"* d'un revenu d'environ
3,coo livres provenant de son état, depuis du tiaitement qui étoit
attaché à sa place se portant à 800 livres.
ïll. Avec tout le monde indistinctement.
IV. Étantd'un caractère tranquille, très froid pour la Révolution,
malgré qu'il ait géré pendant environ deux ans une place dans les
bureaux du district de Toulouse. — 12.
11. J,-B.-J. COURTIES, envoyé par ses concitoyens à rassemblée convoquée à
Verdun-sur-Garonne pour la nomination des députés aux Etats généraux, fut
chargé d*en rédiger le cahier de doléances. Comme major de sa légion, il vint à
Paris assister à la Fédération célébrée le 14 juillet 1790 & fut élu colonel à son
retour à Toulouse. Président de la Société populaire de Hieumes, électeur, puis
administrateur de la Haute-Garonne, il conserva jusqu'au 22 août 1798 des fonc-
tions dont il fut privé ainsi que ses collègues Cales, Dupau, Sirven, Fontan, Dis-
pan, Leygues par un arrêté des représentants du peuple en mission dans le dépar-
tement. On Taccusait de menées fédératives, bien que Courties prouva que le
22 juillet 1793 il s'était rendu à Montauban pour se concerter avec les représen-
tants Mathieu & Treilhard au sujet des mesures de défense à prendre contre la
marche prétendue d*un bataillon bordelais. Barateau & Vainquaisy, membres du
Comité de survaillance 8c délégués de la Municipalité pour arrêter Courties, par-
vinrent par leurs intrigues à le faire maintenir en arrestation par le représentant
Mallarmé lors de l'interrogatoire du i5 vendémiaire an III, & ce ne fut que le
9 frimaire suivant que Mallarmé, mieux éclairé sur le compte de Courties, le fit
sortir de prison.
12. P. CONQUET, chef de bureau au district de Toulouse dès sa formation, fut
révoqué le 23 août 1793 comme ne montrant pas assez de verve dans les manifes-
tations civiques qu'on exigeait des fonctionnaires s'ils ne voulaient pas paraître
suspects. Arrêté & incarcéré, Conquet réclama auprès du représentant du peuple
Dartigoeyte qui fit demander au Comiti de surveillance des renseignements précis
8t son avis sur cette détention. Le Comité répondit le i5 prairial an II que « vu
l'âge du pétitionnaire & sa famille nombreuse il était d'avis de le mettre en arres-
tation chez lui provisoirement. » Par suite d'une erreur, le malheureux Conquet
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02 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
Le Comité observe qu'il a déjà donné un avis javorable sur une de ses
pétitions qui fut renvoyée au Rep^ du peuple Dartigoeyte. — Elargi,
I. Pierre DUCASSE, domicilié à Toulouse, âgé de 58 ans, veuf,
deux enfans : arrêté depuis le i5 octobre par ordre du maire de Pré-
serville, destitué de s(i% fonctions de municipal.
II. Médecin, jouissant avant la Révolution d'un revenu de
2,400 livres provenant des divers biens sur lesquels est comprise
Tadot de sa femme qui se porte à 8,oco livres.
III. Avec les patriotes jusqu'à l'époque du fœdéralisme.
IV. Patriote au commencement de la Révolution, fœdéraliste très
prononcé. Ayant favorisé la sortie des prêtres reclus, ayant arraché
des placards patriotiques, ayant présidé une section fœdéraliste &
signé une pétition liberticide. — i3.
Approuvé. — Elargi.
I. Guillaume DELIBES, domicilié à Toulouse, âgé de 42 ans, marié,
ayant 4 enfans; arrêté par la municipalité le 26 septembre 1793
(V. s.) 5 ayant été suspendu de sa place de notable à l'époque du
fœdéralisme.
II. Chirurgien, jouissant avant la Révolution d'un bien de
10,000 livres & actuellement jouissant d'un revenu net de i,5o5 li-
vres, ayant acquis des biens nationaux pour 44,080 livres. Sur quoi il
a payé 16,589 livres desquels il en a vendu pour 47,060 livres, sur
quoi est comprise l'adot de son épouse de 6,000 livres.
III. Avec les patriotes jusqu'à l'époque du fœdéralisme.
IV. D'un caractère faux & insinuant, ayant été suspendu de la
place de notable pour cause de fédéralisme dont il se montre le grand
partisan aux assemblées des corps constitués, & d'ailleurs grand
intriguant. — 14.
Approuvé. — Détenu.
dut attendre encore six mois en prison & Tarrivée seule du représentant Mallarmé
devait mettre fin à cette situation odieuse.
i3. P. DUCASSE, député en 1788 de la Faculté de médecine à la première
assemblée des corporations (assemblée préparatoire de celle de la Sénéchaussée],
électeur en 1789 pour la ville de Toulouse dans l'assemblée de la Sénéchaussée,
membre du Conseil général de la Commune en 1790, électeur & notable en 1791,
rédigea le 7 juillet 1792, au nom du Conseil général de la Commune, une adresse
au Roi des Français dans des termes si peu mesurés que le Ministre de l'Intérieur
la renvoya à l'accusateur public de la Haute-Garonne arec ordre d'en poursuivre
les auteurs & fauteurs. Président de la Société populaire, président de sa section
pour l'élection des députés à la Convention nationale, officier municipal en 1793,
Oucasse fut suspendu comme fédéraliste, ensuite arrêté par le maire de Préserville,
consigné dans sa maison, conduit à Caraman & de là à Toulouse, aux Carmé-
lites, où il resta treize mois reclus. Élargi le 21 vendémiaire an III.
14. G. DELIBES, président de sa section, membre du collège électoral, élu nota-
ble & réélu encore en 1792, fut chargé par le Conseil général de la Commune d
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. 63
I. Pierre-Marie-François DUBERNARD dis aîné, domicilié à
Toulouse, âgé de 35 ans, marié, ayant deux enfans; arrêté dans le
sein de la Société populaire pour cause de fœdéralisme.
II. Avant la Révolution médecin & actuellement officier de santéj
fils d'un ci-devant capitoul; jouissant avant & depuis la Révolution
d'une pension de 2,000 livres sur laquelle il paye annueleraent
65o livres d'intérêts pour dettes passives.
III. Avec les patriotes jusques à l'époque du fœdéralisme.
IV. Ayant été patriote, ensuitte feuillant prononcé & fœdéra-
liste très prononcé à l'époque du fœdéralisme, ayant signé une péti-
tion liber ticide. — i5.
Le Comité observe que, par erreur de nom^ il a été compris dans le
nombre des signataires. — Elargi provisoirement.
Toulouse de rechercher les n usurpations de domaines faites par plusieurs membres
de Pancien Parlement & plusieurs anciens Capitouls v, il fit rentrer ainsi dans la
caisse de la Commune quatre cent mille livres de biens usurpés. Quand le parti de
la Gironde eut été défait, Oelibes poursuivi comme un de ses adhérents les plus
actifs, & enfermé aux Carmélites pour ce fait, dut y subir une détention prolon-
gée. Sa comparution devant le représentant Mallarmé fut pour le commissaire délé-
g;ué Arthaud l'occasion de charger Delibes de telle façon qu'il fut jugé devoir rester
encore reclus. Quelques semaines après, le Comité de surveillance, « considérant que
Delibes a toujours paru patriote jusqu'à Tépoque du fédéralisme, considérant
néanmoins que ses talents Se l'influence que peut lui donner la nature de son état
exige une surveillance particulière à son égard, est d'avis qu'il soit provisoirement
mis en liberté sous la surveillance de la Municipalité. » Le représentant signa alors
un arrêté conforme en faveur de Delibes.
i5. P.-M.-F. DUBERNARD nîné, dont le père, Guillaume Dubernard, profes-
seur de médecine, avait été capitoul en 1784, proposa, après le 4 août 1789, à la
Société populaire de Toulouse de réclamer de la Municipalité la destruction des
portraits des capitouls, de leurs armoiries & de tous les vestiges de la féodalité dont
étaient couverts les murs de la Maison commune. Sur l'observation fort sensée de
la municipalité qu'on ne pouvait ainsi dégrader un monument public, Dubernard
aîné exigea & obtint la permission de faire effacer les portraits & armoiries de son
père. Cet acte de destruction eut lieu comme il l'avait désiré. Capitaine dans sa
légion, membre du corps électoral, médecin de l'Hospice d'humanité de la Ville,
Dubernard aîné, qui avait acheté des biens nationaux & fait des dons à la patrie,
aurait continué à vivre en « bon citoyen », comme on l'entendait à Tépoque, si les
événements du 3 1 mai ne l'avaient entraîné à se joindre à eeux qui voulaient lutter
contre l'opprestion des Montagnards. Dénoncé par les Jacobins, il ne tarda pas à
aller grossir le nombre des fédéralistes qu'on enfermait aux Carmélites. Lorsque
parut le décret contre les nobles, Dubernard aîné demanda au Comité de surveil-
lance d'être, pour sa noblesse (comme fils de capitoul), compris dans les exceptions
déterminées par l'arrêté du Comité de Salut public du 6 floréal an II, mais inuti-
lement. Son élargissement après treize mois de réclusion fut suivi de sa réintégration
le i3 niv6se an III dans les fonctions de médecin réquisitionné à l'Hospice d'huma-
nité, fonctions qu'il ne pouvait pas refuser de reprendre sous peine, ^- comme le
déclarait Tarticle If de l'arrêté, — de passer pour a suspect », & Ton sait ce que ce
mot renfermait de sous-entendus !
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64 LES RECLUS t)E TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Jean-Baptiste-George DUBERNARD fils second, domicilié à
Toulouse, âgé de 33 ans, garçon, arrêté par ordre du Comité de sur-
veillance de la Société populaire le T' octobre 179^ (v. s.); avant la
Révolution avocat au cidevant Parlement & depuis médecin ; fils d*uii
cidevant capitoul.
II. Sous puissance paternelle & ne pouvant recueillir à l'avenir
qu'un capital de 20000 livres tout au plus.
III. Avec les patriotes & les aristocrates indiférement.
IV. Ayant paru patriote au commencement de la Révolution,
ensuitte feuillant prononcé & un des plus grands partisans du fœdé-
ralisme, & signataire d'une pétition liberticide. — 16.
Le Comité observe que ce citoyen s^ètait fait nommer procureur de la
commune de la Masquère^ il se transporta en cette qualité au lieu de
5* Lys pour inviter les habitans à adhérer aux adresses fœdéralistes
faites par les divers corps constitués, mais que il a été compris dans le
nombre des signataires d'une pétition libeniJde, — Elargi par arrêté du
23 brumaire,
I. Jean-Pierre DAURRIOL, domicilié à Toulouse, âgé de 32 ans,
garçon, arrêté par la municipalité depuis le (O octobre 1793 (v, s.),
avant la Révolution professeur d'éloquence, depuis curé à la cide-
vant paroisse S* Michel.
II. Avant la Révolution n'ayant d'autre revenu que le fruit de sa
plume & de ses travaux littéraires, depuis jouissant du traitement
attribué à sa place jusqu'au mois de juillet 1793 (v, s.) & actuelle-
ment sans ressource.
III. Avec les patriotes jusqu'à Tépoque du fédéralisme; à cette
époque ayant été destitué de sa place de notable.
IV. D'un caractère fort bouillant, ayant été très chaud patriote
jusqu'à l'époque du fœdéralisme à laquelle il se montra aussi chaud
16. J.-B.-J. DUBERNARD second, major de son b.ntaillon de garde nationale,
député à Paris à la Fédération du 14 juillet 1790, revint très entiché des idées de
Rollnnd, dont il se mit à louer publiquement les proclamations & les actes quand
ce dernier arriva avec ses amis au Ministère. Il ne pouvait que donner en plein
dans le fédéralisme qui défendait ses idées les plus chères ; il signa donc la pétition
où Ton demandait à la Convention nationale la continuation de ces assemblées des
autorités constituées réunies que venaient d'établir à Toulouse les représentants
Mailhe & Lombard-Lachaux, & se signala par la part active qu'il prit à toutes les
démonstrations politiques du moment. Poursuivi en même temps que son frère,
enfermé avec luid'abord à la Visitation, puis aux Carmélites, Dubernard second
réclama sa liberté en appuyant sa pétition d'une carte de civisme délivrée par la
municipalité, visée par le District 8c le Dépariement. Le représentant Mallarmé
arrêta, le 20 vendémiaire an III, qu'il y aurait sursis à sn mise en liberté, laquelle
n'eut lieu que le 16 brumaire an III par oidre du Comité de sûreté générale 81 de
surveillance de la Convention nationale. Lors de la réaction clichienne, il pour-
suivit à son tour les terroristes avec ses amis Baric, Janolle, Bragouze, Cames,
Causse, Bores & Meilhac.
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ClTOYtNS KKCLIS AUX CARMÉLITES. 65
féJéralisrc, :;yant lu à rassemblée des corps constitués l'adresse des
Nanfais avec toute la véhémence dont il étoit susceptible. — 17.
Approuvé. — Sursis, — Elargi par arrêté du 26 brumaire.
I. Catherine-Joseph LOUSIECH, domicilié à Toulouse, âgé de
43 ans, garçon, ayant à sa charge une mère infirme & deux sœur.%
arrêté par la municipalité le 19 vendémiaire.
II. Avant la Révolution prêtre, ayant renoncé depuis 9 ans à
Texercisse de ses fonctions, jouissant avant la Révolution d'un revenu
de 3759 livres, depuis la Révolution même propriété dont le revenu
est réduit à i 272 livres, sur quoi il doit 2074 livres.
III. Avec les patriotes & les aiistocrates.
17, J.-P. DAURIOL se montra, au moment de la Eéyolution, partisan résolu du
nouvel état de choses. Elu notable, membre du Conseil général de la Commune,
plus tard président de la section dite de l'Honneur, il y prononça, en 1790, un
discours si violent contre ce qu'il appelait « le luxe & la tyrannie des castes privi-
légiées » que Mu' de Fontanges, archevêque de Toulouse, dut lancer l'interdit contre
lui. Dauriol prêta alors le serment prescrit par l'Assemblée Constituante au clergé,
devint, de par l'élection populaire, curé de Saint-Michel, planta, avec le concours
des sans-culottes, Tarbre de la liberté dans sa nouvelle paroisse, présida à l'incar-
cération des suspects qu'on envoyait le 25 avril 1793 à la Visitation, 8c rédigea, au
nom du Conseil général de la Commune, Tadiesse sur la mort du roi, dont la
Convention nationale décréta Timpression. Quoique renommé président de sa section
pour l'acceptation de l'acte constitutionnel, on le dénonça aux représentants du
peuple Leyris, Ysabeau, Chaudron Rousseau & Baudot comme ayant pris une atti-
tude des plus nettes en faveur de la Gironde au 3i mai. Suspendu alors de ses fonc-
tions curiales, déclaré le i5 brumaire an II par les représentants Paganel & Cassa-
nyès, inhabile à en exercer aucune autre, tant civile que religieuse, Dauriol lécLima
son élargissement, &, pour être plus sûr de l'obte-iiir, il adressa ses lettres de pré-*
trise à la Municipalité en accompagnant cet envoi de la promesse par écrit d'un
sacrifice que les Jacobins exigeaient de tous les prêtres jureurs. u Citoyens, je vous
envoie la matière d'un holocauste patriotique que je vous prie d'offrir de vos pro-
pres mains à la liberté, ce sont mes lettres de prêtrise : je voudrois pouvoir offrir à
la patrie le montant de cette finance sacerdotale, mais il est trop modique pour que
je puisse acquérir par ce sacrifice l'avantage prétieux de grossir ainsi les offrandes
qu'elle reçoit de toutes parts : je garderai donc devers moi ce qu'on appeloit jadis
le titre clérical, mais il sera désormais utilisé & vous approuverés sans doutte la
destination que je lui prépare : ce titre deviendra la dot d'une citoyenne que je
désire d'unir à mon sort S( dont j'aurais déjà reçu la main si ma détention n'eut
pas mis obstacle à l'accomplissement de mes vœus : on ne dira pas sans doute que
la détention m'a inspiré cette démarche, la lumière de la r<iison a gravé dans mon
cœur ces principes, & je les ai si souvent manifestés au milieu de vous! Salut &
fraternité. » Cela ne dsvait pas suffire sans doute, car Dauriol fit encore treize
mois de réclusion} il ne trouva pas grâre davantage devant le représentant Mal-
larmé; la section de l'Honneur s'étant décidée à envoyer dsux procès-vei baux qui
affirmaient que « Dauriol s'est dans le temps opposé à la lecture des rapports de
Baras, de Lanjuinais & des adresses de Marseille & de Bordeaux^ » le reclus fut mis
en liberté le 26 brumaire an IJI.
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66 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERïIEUR.
IV. D*un caractère bouillant, méprisant les sans-culottes, étant
frère de Douziech, Tex général guîUotînè, — 18.
Approuvé. ^ Elargi,
I. Jean-Antoine DUFFOURC, domicilié à Toulouse, âgé de 70 ans,
marié, sans enfans , arrêté par la municipalité de Villaudric le
21 vendémiaire, avant la Révolution inspecteur des travaux publics
du Languedoc.
II. Jouissant avant la Révolution d*un revenu de 3 100 livres pro*
veiiand de ses apointemens, depuis jouissant d*uue pension de
retraite de i5oo livres & du revenu d'un petit bien scis à Villaudric
de 553 livres.
III. Avec les aristocrates & les patriotes indiferement.
IV. D*un caractère fort tranquille, ayant paru affecté à la mort
du tiran. — 19.
18. C.-J. Douziech, notable de 1790 a 1792, se distinguait dans les réunions
de la Société populaire dont il était membre par l'exaltation de ses sentiments
républicains & fut chargé de rédiger une adresse au roi Louis XVI dans laquelle il
lui disait que « s'il continuait à abuser de la patience d*un grand peuple qui
vouloit être libre, son réyeil seroit terrible. » Après les éyènements du 3i mai, la
Convention nationale traduisit à sa barre Derrey, maire de Toulouse, Douziech,
général de la garde nationale, ainsi que d'autres citoyens de la région accusés de
fédéralisme. Durbcc, agent du procureur général syndic Descombels vint alors
réclamer à Tabbé Douriech la correspondance que son frère entretenait avec lui 5
sur le refus de livrer les papiers ainsi que le nom de Tendroit où s'était caché
provisoirement Tex-général, on mit en état d'arrestation Tabbé, & les portes de la
prison des Carmélites se refermèrent sur lui pour une année. Le représentant
Mallarmé n*ayant trouvé aucun motif sérieux de maintenir la détention de
C.-J. Douziech, le (it élargir le 21 vendémiaire an III.
19. J.-A, DUFFOURC, inspecteur des travaux publics de la Province de Lan-
guedoc de 1748 à 1784, reçut une pension des Etats & se rendit à Villaudric où il
vécut d'une manière fort retirée. En 1792, il eut la simplicité de croire permis le
refus public d'assister à la messe du curé constitutionnel de Tendroit : il alla
même avec quelques personnes du voisinage, déclarer au maire qu'il entendait
profiter du décret de 1791 (permettant de faire exercer le culte dans les lieux par-
ticuliers à charge de placer sur la porte l'inscription a Oratoire »). Le maire va
aussitôt porter la nouvelle au Comité de surveillance de la Société populaire de
Villaudric qui s'assemble, prend une délibération comme quoi Duâburc a est un
aristocrate dangereux, suspect & formel, étant le chef d'un rassemblement d'aristo-
crates qui se rendirent chez le maire Cabié pour le forcera leur accorder un pré-
tendu droit de garder au mépris de la loi le cydevant curé du lieu, réfractaire ou
tel autre prêtre réfractaire qui leur conviendroit, pour exercer les fonctions du
culte dans une maison de Villaudric où ils vouloient élever un autel en faveur
des citoyens aristocrates 8c rebelles. » La municipalité donne alors des ordres pour
arrêter Duâburc; elle remet ce « dangereux suspect » aux gendarmes envoyés par
le Comité de surveillance de Toulouse, on l'amène, on l'incarcère aux Carmélites &
ce n'est qu'un an après que le représentant Mallarmé délivre le pauvre DuiTourc
reclus, comme bien d'autres d'ailleurs, sans cause légale aucune.
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CllOYENS RECLUS AUX CARWÉLITES. 6/
Le Ccmtiéy vu son grand âge^ pense quil ne peut être nuisible à la
chose publique, — Elargi.
I. Jaques ESPINASSE, domicilié à Toulouse, âgé de de 46 ans, gar-
çon , arrêté par le Comité de la Société populaire le 14 novem-
bre 1793.
II. Avant la Révolution piètre habitué à la cidevant paroisse
S' Michel, depuis la Révolution vicaire à S* Nicolas, jouisrant avant
la Révolution de 200 livres de pension & depuis du traitement atta-
ché à sa place.
III. Avant le 3i mai avec les patriotes.
IV. Jusques au 3i mai patriote, depuis cette époque fœdéraliste
privé. — 20.
Le Comité observe que ce citoyen est d'un caractère très froid & très
tranquille. — Elargi.
I. Antoine FERRADOU aîné, domicilié à Toulouse, âgé de 34 ans,
arrêté par ordre du Comité rev"* de Toulouse.
II. Avant & depuis la Révolution mJ bijoutier & quincailler,
jouissant d'un capital d'environ 22000 livres, plus d'une somme de
7700 livres, partie de l'hérédité que lui a laissé son père.
III. Avec les aristocrates & les patriotes indiferement.
IV. Ayant toujours manifesté des sentiments inciviques & fœdéra-
listes au 3i mai d". — 21.
20. J.-L. ESPINASSE, vicaire constitutionnel de Saint-Nicolas se renfermait dan;
Texercice de son ministère & refusait d*aller, comme certains prêtres assermentés,
pérorer dans les clubs. Dénoncé aux représentants du peuple Paganel & Cassanyes
par le Comité de surveillance de la société populaire de Toulouse, il fut, par arrêté
du 25 brumaire an II déclaré inhabile à remplir aucune fonction tant civile que reli-
gieuse & peu de temps après incarcéré comme suspect onze mois durant. Espinasse
obtint sa mise en liberté du représentant du peuple Mallarmé auquel il fit observer
« quMl avait toujours assisté aux assemblées primaires pour la nomination des
officiers municipaux & des électeurs, quSl a fait, — quoique pauvre — des dons
pour les patriotes indigents, observé toutes les lois, tenu aucun propos contre la
représentation nationale ni contre les autorités constituées, qu'il n*a rien fait,
rien dit, rien écrit ni signé contre la Liberté, TEgalité, la Justice 8c la Probité
que la Convention nationale a mis à Tordre du jour. »
21. A. FERRADOU, aîné, devenu fabricant d'armes tout en s^occupant de son
atelier, s^imposa des sacrifices pour des dons patriotiques, arma à srs frais un soldat
de la compagnie franche que levait la Commune de Toulouse, accepta de réparer
gratis toutes les armes que lui enverrait la municipalité & se préparait à établir
une fonderie de boulets d'acier qui manquait dans la région lorsqu*ayant réussi à
épouser une femme qu'un autre homme courtisait vivement, il devint la victime de
ce rival qui le dénonça au bureau de la Société populaire comme a ami de la
contre-révolution & incivique quoique jouant le patriote. » Arrêté, incarcéré aux
Carmélites sans qu'on acceptât la justification de sa conduite, Ferradou réussit à
force d'iustances à faire admettre la fausseté de la dénonce sans toutefois pouvoir
sortir de prison. Il resta dans cette position étrange d'un citoyen reconnu bon
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6S LES RECLUS DE TOULOUSE SOl'S LA TERREUR.
Le Comité observe que ce citoyen fut arrêté diapré; une dé:ionce jaîtte
par le Comité de survsillance de la société populaire diis laquelle il étoît
désigné comme incivique & signataire d'une pétition, Ubsrticids. Cette
dernière inculpation fut trouvée fausse. — Elargi.
I. Jean-Baptiste -Josept FERRAND, domicilié au Mas S»' Puelles,
district de Castelnaiidary, dép* de TAude, k^è dô 511 ans, marié, ayant
cinq enfans; arrêté par la municipalité de Toulouse qui le soupço-
noit d'avoir enlevé des papiers à son frère ex-maire de Toulouse,
mis en arrestation.
II. Ci devant noble, sans profession} jouissant d'un revenu de
8000 livres provenant de diverses propriétés, en biens ou en con-
tracts ou est comprise Tadot de sa femme se portant à 3oooo livres
sur quoi il doit à son frère & sœur leurs droits de légitime 600^0 li-
vres.
III. Avec les patriotes.
IV. Ayant toujours manifesté des senlimepts patriotiques. — 22.
Porté par erreur^ observant quil a été mis en liberté par arrêté du
Rep^ du peuple Dartigoëte. — Elargi.
I. Pierre FARGUES, domicilié à Toulouse, hors S* Michel, âgé de
46 ans, marié, ayant 3 filles; arrêté par ordre du comité de sur-
veillance de la Société populaire pour n'avoir pas rendu justice à un
patriote le 19 venJé.iiiaire.
Avant la rév"" notaire, depuis juge de paix jusqu'à son arrestation.
Jouissant d'une maison du revenu de 220 livres, plus d'un bois où est
comprise Tadot de son épouse de 12000 livres & paye annuelement
à son beau père une pension de i 200 livres.
Ilî. Avec les patriotes.
IV. D'un caractère fort doux, n'ayant jamais rien fait contre la
Révolution y ayant au contraire toujours paru attaché. — iS.
patriote, mais néanmoins détenu , jusqu'à Tarrivée du représentant du peuple
Mnllarmi, lequel signa son élargissement.
22. J. B.-J. de FERRAND, ancien officier de BeauYoisis, ne s'attendait guère à
être arrêté par le Comité de surveillance alors que ses sentiments, hautement
manifestes en faveur de la Révolution, semblaient le mettre à Tabri du soupçon.
Il s'adressn au représentant D.irtigoeyte, fit valr>ir les raisons qui militaient en sa
faveur & obtint un arrêté d'élargissement le 17 ventôse an II. Comme on avait
ordonné de copier pour en remettre le tableau au représentant Mallarmé, le
registre d'écrou dressé par la municipalité en pluviôse an II, le scribe avait fait
sa besogne sans s'occuper desavoir si les noms qui défilaient sous sa plume appar-
tenaient à des suspects libérés ou non.
23. P. FARGUES, notable de la Ville depuis la création de cette fonction civi-
que, puis élu juge de piiK, fut un des rares fonctionnaires que n'atteignit pis le
décret de susp;asion d'août lypl. O.i le choisit au contraire p3ur procéder à l'in-
ventaire de tous les effets d'équipement, habillement & campement des armées au
magasin général de TjjIo.isî, & il fit partie en septembre 179I du Comité de
sûreté de la Commune. Le mois suivant, une de ses filles fut injuriée & battue sur
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. 69
Le Comité observe que d'après les dénonces quil a en son pouvoir II
eonsie quil a tenu des propos contre le rep^ Chabot à Vépoque clufoedéra-
lisme. — Elargi,
I. Louis FABIÉ, doni'''-' à Toulouse, 2' section, âgé de 3i ans, marié,
ayant un enfant, arrêté par la nuinicipalité le 10 octobre 1793 (v. s.);
ayant été supendu de ses fonctions de notable & de greffier au Tri-
bunal de commerce par arrêté des rep*^ du rep^ du peuple, Baudot,
Rousseau, Legris & Isabeau,
II. Avant la Révolution imprimeur jusqu'en 1791, a laquelle épo-
que il fut nommé greffier d*une justice de paix; il en a rempli les
fonctions jusqu'en 1792, époque où il fut élu greffier du tribunal de
commerce; vivant du produit de son travail, ayant emprunté
600 livres.
III. Avec les patriotes jusqu'à l'époque du focv'éralisme & alors
fœdéraliste le plus prononcé.
IV. Patriote au commencement de la Révolution, ensuite fœdéra-
liste, d'un caractère orgueilleux, l'un des principaux membres dn
fœdéralisme par ses talents; étant à cette époque membre du Comité
prétendu de salut public, avec Arbanère, Loubet & autres.
Envoyé commissaire à Paris par les corps constitués, pour protes-
ter contre les décrets de la Conventicn nttionale & grand intri-
guant. — 24.
le pas de sa porte par deux charretières, sous piétexte qu'elle portait la cocarde
tricolore au côté gauche de la poitrine au lieu de la piquer sur son bonnet; un
officier qui passait conduisant à la prison Sainte-Claire des soldats espagnols pri-
sonniers de guerre, voulut intervenir & ne reçut que des coups de ces deux femmes
contre lesquels Fargues» en sa qualité de juge de paix, instruisit l'affaire pour les
renvoyer en police correctionnelle. Mais le procureur général syndic Descombels se
déclara le protecteur des bonnes sans-culottes, il dénonça à l.i Société populaire
Fargues « pour être juge infidèle, lequel s'étiiit hâté de faire une procédure contre
deux braves républicaines qui avaient arraché une cocarde illégale à une femme
suspecte. » Le Journal révolutionnaire de Toulouse prévint Fargues que sa conduite
était bien celle d'un suspect & qu'il irait rejoindre les fédéralistes aux Carmélites.
Fargues de répondre par une lettre, iniéiée le 19 octobre 1793 dans le Journal &
affiches de la Haute- Garonne, <[u^ il ignorait si la maison des Carmélites est destinée
pour des fédéralistes, « c'est un mot qu'il ne comprend pas, mais, ce qu'il peut
assurer au rédacteur de la feuil.'e Jacobine, c'est qu'il serait difficile de trouver
ailleurs un plus grand rassemblement d'honnêtes gens, de bons républicains sans-
culottes, tous attachés à la Montagne & sans reproches. » Arrêté comme ou le lui
avait promis, envoyé sans autre forme de piocès aux Carmélites, Fargues y fut
aperçu quatre mois après par un commissaire de la Municipalité délégué aux pri-
sons qui, fort étonné d'y rencontrer le juge de paix, s'informa du motif de son
arrestation sans toutefois essayer de s'opposer aux mesures de la puissante Société
populaiie. L'anc en juge de paix ne sortit de prison que le 21 vendémiaire an III.
24. L. FABIE, greffier en chef du Tribunal de commerce nouvellement installé à
Toulouse en place de l'ancienne juridiction des Prieurs de la Bourse, fut suspendu
de s«s fonctions le i3 août 1793, 8c arrêté sur l'ordre du procureur général syndic
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70 LES RECLUS DÉ TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
Le Comité observe quîl est pauvre. — M.îs en liberté par arrêté du
22 brumaire,
I. François FEDAS, domicilié à Toulouse, âgé de 55 ans, marié,
ayant cinq enfans, arrêté par la municipalité pour cause de fédéra-
lisme le 25 octobre 1793 (v. s.)«
II. Cidev, procureur au cidv. sénéchal, depuis la Révolution chef
du bureau des travaux publics & ensuitte greffier du tribunal crimi-
nel du département; jouissant d*un domaine de 10 000 livres, son
ofice liquidé à io5oo livres sur quoi il doit 17160 livres.
III. Avec les patriotes au commencement de la Révolution, en-
suitte avec tous les partis; tournant à tout vent.
IV. D*un caractère rusé, intrigant & homme de mauvaise foi.
Grand partisan du fœdéralisroe, ce qui le fit destituer de la place de
greffier en chef du Tribunal criminel. — 25.
Approuvé. — Elargi.
I. Jean-Antoine GIRARD, domicilié à Toulouse, r' section, âgé de
5i ans, marié, ayant 4 enfans, arrêté par la municipalité pour cause
de fédéralisme le 26 octobre 1793 (v. s.).
II. Commerçant en laines, jouissant avant la Révolution du fonds
Oescombels pour avoir, au mois de juillet précédent > accompagné à Paris le maire
Derrey 8c autres Tictimes vouées à la guillotine, que la Convention nationale tra-
duisait à sa barre. Fabié était encore accusé d'avoir, comme député du Directoire du
Département, osé présenter toutes les pièces justificatives du maire & des notables
inculpés de fédéralisme. Reclus quatorze mois, Fabié se fit appuyer auprès du repré-
sentant Mallarmé par les conventionnels Ayral , Projean, Drulhe 8c Pérès qui
a assurent leur collègue que Fabié, victime du tyran Robespierre, a toujours été
connu comme bon patriote, u Mallarmé céda à leurs soUioitations par son arrêté
du 22 brumaire an III.
25. F. FÉDAS devint, après la Révolution, notable, officier municipal, commis-
saire à Tassiette des impositions, commissaire du District 8c du Département, chef
du bureau des travaux publics 8c enfin greffier en chef du Tribunal criminel, place
dont il fut destitué en août 1793 comme soi-disant fédéraliste, mais, en vérité,
parce que D.'scombels, le procureur général syndic, voulait en gratifier Bl.inchard,
une de ses créatures. Fédas arrêté, conduit auK Carmélites, reclus quatorze mois
dans cette prison, en sortit le 17 frimaire an III. Les représentants du peuple
Bouillerot 8c Mallarmé, non contents de le rendre à la liberté, arrêtèrent que
« considérant que Fedas a été suspendu sur de fausses inculpations dans le temps
où des intrigants immoreaux avoient substitué — pour satisfaire leur ambition 8c
leur cupidité — le règne de la calomnie 8c ds la terreur à celui de la justiee 8c de
la probité, 8c qu*on calomniait auprès du Gouvernement les citoyens d'un patrio-
tisme le plus éprouvé pour oprimer l'innocence 8c faire valoir le vice; considérant
que Topinion du peuple qui avoit porté Fedas à la place de greffier du Tribunal
criminel se prononce aujourd'hui en sa faveur p:irce qu^elle n'est plus comprimée
par rinfluence de ces Terroristes qui dominoient encore les citoyens Se anêtoient
la libre émission de leurs vœux... » Ils chassèrent donc Tintrus Blanchard 8c réin-
tégrèrent Fedas dans ses fonctions.
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES, yt
de comerce d'environ 200CO livres qu'il a perdu par le maxinuim des
dettes passives montant plus que ses dettes actives.
III. Avec les patriotes & les aristocrates indistinctement.
IV. Depuis le commencem* de la Rév^" de tous les partis, toujours
du plus fort. Membre de l'Assemblée législativedu côté droit. Sa cor-
respondance analogue aux sentimens de ceux à qui il écrivoitj mem-
bre de la Société des feuillanti & grand ami du ci-dev. roi qui l'em-
ploya pour traduire la constitution de 89 en idiome Gascon; à son
retour grand fœderaliste & secrétaire d'une section fœdéraliste. — 26.
Le Comité observe qu'il a entretenu une correspondance suspecte, aînssi
qu'il ce résulte des dénonces qui sont entre ses mains. — Elargi par le
Comité de sûreté gen^^.
1. Jean-François GARRIGUES, domicilié à Toulouse, 2" section,
âgé de 41 ans, arrêté par la municipalité pour cause de fédéralisme
le 27 septembre 1793 (v. s.).
II. Avant la Kév^" vicaire, depuis curé de S* Nicolas jusqu'à son
arrestation; jouissant avant la Révolution d'un capital de 4 000 livres
qu'il a totalement absorbé.
III. Avec les patriotes au commen' de la Révolution & avec les
fédéralistes à l'époque du 3i mai.
IV. Ayant été patriote au commencement de la Révolution,
ensuitte grand partisan du fœdéralisme, s'étant démontré à l'assem-
blée des sections à l'époque du 16 juin, s'étant montré partisan de la
royauté. — 27.
26, J.-A. GIRARD devait ses onze mois de réclusion à Toulza, membre de la
Société populaire, qui l'avait dénoncé le 7 pluviôse an II au Comité de surveillance
de la Commune de Toulouse. Ce Toulza réussit à se procurer la copie de cinq lettres
que, dans le temps, Girard, alors membre de l'Assemblée législative, écrivait à des
amis de province. La Société des Jacobins de Paris prévenue dédaigna de s'occuper
de cette correspondance, tandis que le Comité de Toulouse prenant la chose plus
au sérieux, jugea qu*il fallait faire arrêter & incarcérer à la maison de sûreté des
Carmélites Tauteur de ces documents « diffamatoires & contre-révolutionnaires »
dans lesquels on nous montre « les modérés coalisés en grand nombre dans TAs-
semblée pour soutenir Bertrand de Molleville & le G'I de La Fayette. » Ce parti a
présenté Girard au roi, a qui est le plus excellent des humains & qui lui donna
commission de traduire en idiome toulousain la Constitution pour la faire pénétrer
dans les campagnes voisines. » Robespierre y est « le plus scélérat & le plus infâme
des hommes : entouré de coquins pris dans la Convention, il restait toujours tapi
dans un coin, lançant dans Tarène ses dogues, objet d'épouvante pour les gens de
bien qui se trouvent dans l'Assemblée, lesquels ont formé un Comité secret chargé
de discuter les résolutions à porter à la Tribune & cherchent à détririre cette infâme
coalition de Robespierre. » Après le 9 thermidor, Girard, — dont les deux fils
étaient partis à la défense des frontières, — trouva dans ceux des Conventionnels
qui avaient été ses collègues à la Législative un appui auprès du Comité de sûreté
générale dont l'arrêté du 2 vendémiaire an III mit fin à la réclusion de Girard.
27. J.-F. GARRIGUES, curé assermenté de Saint-Nicolas, cessa de s'occuper du
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72 LES aECî.US DE TOULOUSE SJUS LA TEIIREUR,
Approuvé, — A prendre des renseignemens, — Elargi par arrêté du
26 brumaire.
!• F*-Gérard SOL, domicilié à Toulouse, âgé de 84 ans, célibataire;
arrêté par la municipalité pour cause de fédéralisme le 8 octobre der-
nier.
II. Marchand épicier & ensuitte caissier chez un uégotiant, vivant
de son travail.
Ili. Avec les feuillants & les fœdéralistes.
IV. D*un caractère pétillant, grand partisant du foeJéralisme &
rédacteur d'une feuille incivique propre à pervertir Tesprit public,
homme des plus dangereux. — 28.
Approuvé. ^ Détenu,
culte & se démit de ses fonctions sacerdotales entre les m.iins de rex-prêtre Paga-
nel, représentant du peuple en mission à Toulouse, n dès <)ue les progrès de la
Raison lui parurent les rendre inutiles, » puis il se mnri.i. Il avait refusé la main
de sa sœur à Danezan, vicaire assermenté de Saint-Nicolas, lequel, voulant à la
fois épouser la sœur & déposséder le frère de sa cure, provoqua dans ce but une
délibération de la Société populaire de Saint-Martin-du-Touch pour venir dénon-
cer Garrigues à la Société populaire de Toulouse comme ayant dit, lors de Tex'cu-
tion du tyran Capet, « qu*on ne parviendrait jamais à abolir la royauté en
France. » Le Comité de surveillance de la Société corsa la dénonciation en ajou-
tant que ce suspect avait aussi joué un rôle important dans le fédéralisme. Incar-
céré treize mois aux Carmélites, Garrigues comparut le i5 vendémiaire an III
devant le représentant Mallarmé qui ordonna sursis à sa mise en liberté jusqu'à
la production d'une attestation de civisme annoncée par le reclus 8c que LifTont,
un des administrateurs du Département, fut cbargé d'aller prendre au bureau
de la section de Garrigues. Un arré-é d'élargissement s'en suivit le 16 brumaire
an III.
23. F. -G. SOL s'était fait remarquer depuis 1789 comme arient patriote ; il
remplit avec zèle diverses missions, dont la dernière fut le recensement des grains
d'un district pour lequel l'Administration de la Haute-Garonne le désigna le
14 prairial an II. La politique avait fait négliger à Sol son commerce, 8c sa petite
fortune sombra par TefTet de la mesure désastreuse du maximum. Il prit à Toulouse
une part active aux événements qui suivirent le 3i mai, réligea dans le sens des
idées modérées le Journal & affiches de la Haute-Garonne où ses articles avaient le
don d'exaspérer les Jacobins, partit pour Tarmée des Pyrénées-Orientales pour
suivre les opérations Se envoyer à son journal des nouvelles exactes du théâtre de
la guerre, fut à son retour englobé dans la poursuite qu*on f.iisait aux partisans de
l'insurrection contre la Montagne & arrêté comme étant « de ces citoyens qui
avaient donné des preuves non équivoques d'attachement à un système dont le but
était Tavilissement de la Convention ». Le représentant Mallarmé, sur l*avis des
commissaires délégués de l.i Société populaire, ordonna le maintien en détention
de Sol, bien que celui-ci lui prouvât qu'il n'avait jamais signé ni pétition ni arrê-
tés liberticides, & que, dans la médiocrité de sa position, il avait eu le mérite bien
rare d'un désintéressement absolu. Le Comité de sûreté générale de la Convention
nationale auquel s'adressèrent des amis de Sol arrêta, le 12 brunrairean III, qu'il
serait mis en liberté.
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. 73
I. Jacques-Catherine GLEIZES^ domicilié à Toulouse, 2"* section,
âgé de 5; ans, marié, ayant 5 enfanti; arrêté pur ordra du procureur
sindic du dép* le 18 frimaire.
II. Commerçant en boiî ;i brûler, depuis la Révolution juge de
paix jusqu'à son arrestation, épo |ue de sa suspencsio:i, jouissant
d*un capital de 5 000 livres sur quoi est comprise Tadot Je sa femme
de 2000 livres.
III. Avec les patriotes avant le fœderalisme.
I V. Ayant été patriote, ensuitte séduit par les fœdéralistes, ayant
été destitué de sa place de juge de paix. — 29.
Le Comité observe quîl existe une dénonce fœdéraîiste contre lui, —
Elargi.
I. Jean-Joseph LESPINASSE, domicilié a Toulouse, âgé de 48 ans,
cœlibataire; arrêté par la municipalité après avoir été suspenJu des
fonctions de procureur sindic du département par arête des rep" du
peuple pour cause de fœderalisme.
II. Avant la Révolution capitaine au corps dj génie; depuis :
1® administrateur du District; 2® élu procureur sindic; 3" nommé
suppléant à la Convention nat"", jouissant du traitement attribué à
ses différentes places, plus d'une pencsion de 900 livres.
III. Avec les patriotes jusqu'à l'époque du fœderalisme.
IV. S'étant montré patriote au commencement de la Révolution
& fœdéraîiste très prononcé à l'époque du 3i mai dernier. — 3o.
Le Comité observe quil a été ci devant chevalier de Saint -Louis, —
Sursis, — Elargi, par arrêté du 26 brumaire.
29. J.-C. GLEIZES, élu juge de paix du 3*"* arrondissement de Toulouse, fat
Suspendu de ses fonctions le i3 août 1793 comme tous ceux que frappèrent les
représentants Baudot, Leyries, Ysabeiu & Chaudron-Rousseau pour leur participa-
tion vraie ou supposée aux événements du 3i mai. Arré:é le i"" décembre suivant,
Gleizes obtint du Comité de surveillance un jugement qui le déclarait « non dan-
gereux pour la chose publique ». Il allait donc être libéré quand ses ennemis poli-
tiques pesèrent si bien sur les décisions ai la S3ctété populaire que la dénonce de
fédéralisme portée contre Gleizes fut jugée sérieuse. Se il resta inc.irciré jusqu'au
21 vendémiaire an III.
3d. J.-J. chevalier de LESPINASSE ét.iit à Cherbourg à diriger, com ne capitaine
du génie, les travaux du foit de Querqueville lorsque éclata la Révolution. Il en
prôna avec tant d'ardeur les principes auprès de ses soldats que le mirquis de la
Tour du Pin, ministre de la guerre, dut, par mesure de discipline, le déplacer
ainsi que son camarade, le fi.tur patriote Meusnier; mais, sur la demanie de TAs-
semblée nation&le, il les réintégra trois mois aprèi à leur poste. Ayant obtenu la
croix de Saint-Louis, réc >mpense de vingt-quatre anné.*s de service, Lespinasse se
rendit à Toulouse où la Municipalité & le Directoire du Département l'engagèrent,
lorsque la guerre paraissait imminente avec TEspigne, à -«lier inspecter le frjnt de
défense des Pyrénées. Il s'acquitta de sa tâche avec beaucoup d'intelligence, & ce fut
même grâce à son rapport que des mesures ultérieures amenèrent la conquête de la
▼allée d'Aran. Administrateur d'un district de la Haute-Garonne en 1791, électeur
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74 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. François MOLINIER fils, domicilié à Toulouse, ii"** section, âgé
de 22 ans, garçon; arrêté par la miinicipalifé comme frère d*émigré
le 9 août 1793 (V. s.)
II. Commis marchand chez son père, sous puissance paternelle,
sans aucune possession.
IlL Avec les patriotes jusqu'à Tépoque du fœdéralisme.
IV. D*un caractère fort pétillant, ayant été patriote depuis le
commencem' de la Révolution , ayant été séduit par son frère à
l'époque du fédéralisme. — 3i.
Approuvé, — Elargi.
I* Marie-Alexis MOLINIER, domicilié h. Toulouse, 2<"' section,
âgé de 25 ans, garçon; arrêté par la municipalité le ii* septembre
1793 (V. s.) pour cause de fœdéralisme.
II. Avant la Révolution étudiant en droit, passé avocat & depuis
employé au district, vivant dans la maison de son père, jouissant des
appointemens attribués à sa place & actuellem* des bienfaits de son
père.
III. Avec les patriotes jusqu'à l'époque du fœdéralisme.
IV. D'un caractère modéré, ayant beaucoup de talents & s'étant
prononcé grand partisan du fœdéralisme, ayant à cette époque signé
une pétition liberticide. — 32.
Approuvé. — Elargi provisoirement,
en 1792, suppléant à la Convention nationale, administrateur du département 8c
procureur-syndic du district, Lespinasse destitué puis arrêté, autant comme fédéra*»
liste que comme cy-devant noble, se recommanda plus tard, auprès du représentant
Mallarmé, de ses collègues Ca:not Se Letourneur, qui avaient été des camarades
d*armes de Lespinasse; mais Mallarmé voulut avoir des renseignements plus précis
sur le reclus, & il l'élargit seulement le 26 brumaire an III.
3i. F. MOLINIER, entré dans la marine marchande dès T&ge de seize ans, se
trouvait sur les côtes de l'Istrie en 1789 & ne revint en France que Tannée sui-
vante. Il s'attacha aux idées nouvelles avec toute la fougue de la jeunesse, fit partie
de la garde nationale, contribua aux dons patriotiques, s'affilia à la Société popu-
laire, & marchait dans ce qu'on appelait « le sens de la Révolution », lorsqu'arri-
vèrent les événements du 3i mai où il se démontra en faveur de la Gironde. Arrêté
deux mois après, surtout parce qu'on .nccusait Molinier d'être de connivence dans
l'évasion de son frère aîné, emprisonné comme émigré, il eut qi:atorze mois de
réclusion à supporter avant de recouvrer sa liberté.
32. M. -A. MOLINIER, avait fait partie des huit cents citoyens actifs qui vin-
rent demander aux autorités constituées la réunion des sections fédéralistes ^ il
signa la pétition de Causse qui protestait contre l'oppression de la Montagne &
fut pour ce fait poursuivi ainsi que son frère, envoyés tous deux à la prison de la
Visitation & de là transférés aux Carmélites où ils trouvèrent A. Molinier leur
père, officier municipal, incarcéré comme « suspect & fanatique, j» Ce dernier obtint
du Conseil général de la Commune un certificat de civisme le 18 frimaire an II qui
servit à son élargissement, tandis que ses fils restèrent détenus jusqu'à l'arrivée du
représentant Mallarmé, lequel signa leur mise en liberté à la charge de rester sous
la surveillance de la municipalité & de se présenter dès qu*ils en seraient requis.
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CITOYENS RECLUS AUX CARMELITES. yS
I. Philippe PICOT, domicilié à Lapeiroiise & à Toulouse, âgé de
49 ans 6 mois, marié, ayant six enfans ^ arrêté parla municipalité
par mesure de sûreté le 28* vendémiaire,
II. Cultivant son bien & les belles lettres, jouissant d'un revenu
de 7o5o livres, à déduire pour intérêts & pencsions viagères 5 737 li-
vres^ sur ses biens est comprise Tadot de sa femme de 60000 livres .
III. Avec les aristocrates & les patriotes.
IV. Ayant paru patriote pendant le cours de la Révolution, à
l'époque du 3i mai grand fœdéraliste, ayant présidé une section à
l'époque du 16 juin & chargé de la rédaction d'une adresse des co-
missaires des sections réunies qu'il refusa cependant de remettre.
— 33.
Approuvé. ~^ Au Comité de sûreté générale en raison d'un arrêté qui
le met en liberté, ~^ Elargi par arrêté du Comité de sûreté,
33. P. PICOT, seigneur de LAPEYROUSE, fils du capitoul Picot de Buissaizon,
fut avocat général à la chambre des eaux & forêts du Parlement de Toulouse jus-
qu'à la réforme de Tordre judiciaire en 1771. Il se livra alors à son goût pour les
sciences naturelles 8c se fit bientôt connaître par des écrits & divers mémoires de
minéralogie, de botanique 8c d'agriculture insérés dans les recueils des Académies de
Paris, de Toulouse, de Turin 8c de Stockholm. En 1786 parut le Trahi sur les
mines de fer & forges du p;kys de Foix^ en 1788 celui sur V Administration diocésaine
du Languedoc où il dénonçait les abus de l'administration ecclésiastique aux dépu-
tés de la Province aux Etats généraux. Partisan des idées que la Révolution appor-
tait avec elle, il publia en 1790 le Catéchisme des électeurs^ écrit qu'on répandit à
grand nombre d'exemplaires « pour déjouer les manœuvres des prestres & des
nobles, des robins, des intrigants 8c former l'esprit des braves sans-culottes. » Élu
successsivement président-scrutateur des assemblées primaires, président du district,
membre du collège électoral, son livre Considérations sur les lycées imprimé par ordre
du Département de la Haute-Garonne en 1791 8c envoyé à l'Assemblée législative,
valut plus tard à Picot de Lapeyrouse la mission importante que lui confia le
Ministre de l'Intérieur, de rechercher 8c faire connaître à la Commission des arts
8c sciences établie par le Comité d'instruction publique de la Convention natio-
nale tous les objets appartenant à la nation dans les départements du Midi. Il
écrivit à cette occasion deux ^orice;, une qui comprend les bibliothèques, jardins
de botanique, collections de tableaux, de sculpture, d'instruments de physique, 8cc.;
l'autre qui constate la nature 8c assure la propriété des objets relatifs aux sciences
8c aux arts. La brochure Motifs d'utilité & de rétablissement d'une manufacture
d'armes a Toulouse augmenta la popularité de Picot de Lapeyrouse parmi ses conci-
toyens 8c quand eurent lieu les événements du 3i mai 1793, il fut élu à l'unani-
mité président de sa section. Poursuivi pour cet acte de fédéralisme 8c incarcéré aux
Carmélites, il coordonna en prison les matériaux de sa célèbre Histoire des plantes
dans les Pyrénées qu'il commença à publier en 1794. Un arrêté du Comité de sûreté
générale de la Convention lui donna sa liberté le 12 vendémiaire an III, mais le
représentant Mallarmé, cédant aux sollicitations des Jacobins de Toulouse, ordonna
sursis à l'exécution de cet arrêté ; le détenu adressa le 1 8 brumaire à l'agent national
près le district une réclamation énergique 8c le Comité de la Convention nationale
mit en demeure Mallarmé d'élargir immédiatement Picot de Lapeyrouse. Dès sa
sortie de réclusion, le 24 brumaire an III, il fut appelé à Paris, nommé inspecteur
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76 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR,
I. Jean-Dominique-François-Marie RUFFAT, domicilié à Tou-
loufe, âgé de 32 ans, garçon; arrêté par la municipalité par mesure
de sûreté le i3 frimaire dernier.
II. Avocat sans exercisse au cidevant Parlement, depuis sans pro-
fession, vivant avec son père & sans propriété.
IIl Avec les aristocrates.
IV. Ayant toujours été aristocrate des plus prononcés, ayant
même composé des chansons aristccratiques, ayant un oncle émigré
lequel sortit de France à Tinstigation de son autre neveu cidevant
prêtre. — 84.
Approuvé. — Elargi.
1. Pierre ROUSSILLON, domicilié h Toulouse, 1" section, âgé de
5o ans, marié, ayant six enfans; arrêté par la municipalité comme
fœdéraliste le 10 octobre 179'i (v. s ).
II. Commerçant jouissant d*une maison d'un revenu net de
980 livres sur lequel il paye 400 livres d'intérêts, plus d'un fonds de
commerce de io5ooo livres & d'une maison du revenu de i izo livres
sur quoi est comprise l'adot de sa femme de iôooo livres.
III. Avec les feuillants & les fœdéialistes.
IV. Ayant été membre de l'Assemblée constituante toujours du
côté droit, de la Société des Feuillants de Paris, s*en étant glorifié à
son retour & s'étant démontré soit à sa section', soit à la Société
populaire, opposé aux patriotes & grand fœdéraliste. — 35.
Approuvé. — Sorti le 3 vendémiaire, — Elargi par arrêté du comité de
sur^^ gr^/^.
des mines, pois professeur delà Faculté des sciences, doyen de cette Faculté, corres-
pondant de Tlnstitut, membre de nombreuses Sociétés savantes & enfin secrétaire
perpétuel de l'Académie des sciences, inscriptions & belles lettres. Maire de Tou-
louse de 1800 à 1806, Picot de Lapeyrouse reçut le titre de baron de TEmpire, par
application du décret de mars 1808, 8c, sous la Restauration, il représenta le dépar-
tement de lu Haute-Garonne à la Chambre des députés.
34. J.-D.-F.'M. RUFFAT, chez qui on alla, croyant arrêter son frère, fut par
suit€ de cette méprise envoyé & incarcéré aux Carmélites d'où il adressa viiinement
au Comité révolutionnaire des pétitions relatJTes à cette erreur dont il était Tictime,
erreur que lui avait confirmée celiii-là ir.cme qui se chargeait, au nom de la Muni-
cipalité de faire les arrestations Bien qu'on n'eût rien à lui reprocher, on le main-
tint en détention jusqu'^ Tarrivée du repiétentant Mallarmé, sous prétexte que
RufTat devait, en raison de ses opinions peu connues, «compter parmi ceux qui
p.ir leur conduite, leurs rel.iiions, leurs propos se sont montrés partisans de la
tyrannie 8; ennemis de la liberté. » Elargi le 21 vendémiaire an III, RufTat avait
eu la douleur de perdre son père pendant sa réclusion. Quant à J.-B. RufTat, admi-
nistrateur du District, mandé à la barre de la Convention comme l*un des chefs du
fédéralisme à Toulouse, il fut condamné à mort & guillotiné le 1 1 messidor an II.
3j. p. ROUSSILLON , négociant, que les électeurs du tiers-état de Toulouse
envoyèrent député aux Etats généraux de 1739, fut des seize représentants de cette
sénéchaussée celui qui joua le rôle le plus marqué par son intelligence des affaires
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. 77
I. Pasch al- Hyacinthe SERM&T, do.nicilié à Toulouse, résection,
âgé de 62 aii.<, nou marié & sans enfans; arrêté par ordre de Tageut
11»* depuis le 5 brumaire.
II. Ci-devaiit carme déchaussé, depuis évéque, métropolitain de
de Toulouse, élu le 28 mars 1791 jusqu'à son arrestation^ sans pro-
priété.
III. Avec les patriotes.
IV. S'élant dé.nontré patriote au comencement de la Révolu-
tion, ayant été destitué du cidevant évéché de Toulouse pour avoir
été refractaire aux lois du divorce & avoir prêché contre le mariage
des prêtres. — 36.
Approuvé, — Elargi.
publiques, la modération de ses idées & la manière heureuse avec laquelle il les fai-
sait prévaloir dins les divers Comités de l'Assemblée constituante. Rentré à Tou-
louse à la fin de S)n mandit. il abandonna la politique pour s'occuper de son com-
merce, & c>st seulement lorsque la représentation nationale fut violée en la per-
sonne des Girondins par le parti de la Montagne qu'il assista aux assemblées de
section qui se tenaient au Jardin public, & y applaudit au projet de fédération des
départements que les représentants du peuple Chabot, Mailhe Se Lombard-Lachaud
présentaient au vote des sections. Lorsqu'on rechercha plus tard les partisans du
fédéralisme, on se souvint que Billaud-Varennes avait, à l.i tribune de la Conven-
tion, désigné Roussillon comme à la tcte du mouvement insurrectionnel à Tou-
louse; on Tarrèti malgré la production d*un certificat de civisme des représentants
en mission dans le Midi concernant le patriotisme & les sentiments républicains
de Roussillon, & il fut incarcéré aux Carmélites comme ayant signé une adresse
libsrticide. Durant sa détention, il versa volontairement 3,- 00 livres à Temprunt
du 24 août & écrivit le 10 nivôse au représentant du peuple Paganel pour lui deman-
der le droit de se justifier que lui refusait le Comité de surveillance : « 11 était temps
— ajoutait le prévenu — que la malveillance ne puisse plus attenter à l'honneur
des bons citoyens. » Paginel n'admit pas la réclamation, 8c Roussillon attendit
onze mois Tarrété du deuxième jour sans-culottide an II, par lequel le Comité de
sûreté générale de la Convention prescrivait sa mise en liberté.
35. P. -H. SERMET, carmé déchaussé, prédicateur du roi, remarquable érudit
pour son temps 8c membre de TAcadémie des sciences de Toulouse, se trouvait Pro-
vincial de son ordre au moment de la Révolution. Il en accepta 8c propagea les
idées avec éloquence dans les sermons qu'il prononçait en languedocien, acquit
promptement une grosse popularité, fut choisi par la légion de Saint-Geniès pour
être son aumônier, devint membre actif 8c influent du club <« les Amis de la Cons-
titution », 8c, le i3 mars 1791» compta parmi le très p;iit nombre de religieux qui,
lors de la Constitution civile du clergé, prêtèrent à Toulouse le serment exigé des
ecclésiastiques. Quelques semaines après la prestation de son serment, le P. Sermet
recevait de l'Assemblée nationale des félicitations publiques « pour les exemples de
courage, de respect, de dévouement à la loi » qu'il avait donnés quand se produisi-
rent les trotibles causés par les rass2mblemenis des 16, 17 8c 18 mars 1791 contre
la léjion Oaspe. Elu évéque de l.i Hiute-Cironne 8c métropolitain du Sud en rem-
placement de Ms*" de Lominie ai Bris-.in.^ qui avait refus;, le P. Sermet, avant que
de pirtir poar Paris se faire sacrer par Gobel, crut devoir se présenter à son club
a où il est accueilli avec les plus vifs applaudissements 8c où son discours onctueux
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78 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Jean-Dominique SIRVEN, domicilié à Kieumes, district Je
Muret, âgé de 64 ans, cœlibataire; arrêté par la municipalité, ayant
été sujpendu de sa place d'administrateur du dép» par arrêté du Rep*
du peuple. Arrêté le 21 septembre 1798 (v. s.).
II. Avant la Révolution cultivateur, depuis administrateur du
Département; jouirsant d*un bien & d'une maison de valeur de
8400 livres d'où il faut déduire 2000 livres qu'il en a vendu.
m. Avec les patriotes jiiscpi'à l'époque du fœdéralisme.
IV. Ayant paru patriote jusqu'à l'époque du fœdéralisme & fœdé-
raliste très prononcé à l'époque du Si mai dernier^ ayant été sus-
pendu de ses fonctions à ce sujet. — 37.
Le Comité observe que c*est un homme probe qui a joui de la confiance
publique jusqu'au moment de son arrestation, — A vérifier s*il n*est pas
compris dans Varrêté pris pour Muret; non compris en cet arrêté susdit, —
Elargi par arrêté du 27 brumaire,
I. F' SOULATGÈS9 domicilié à Toulouse, 3« section, âgé de 35 ans,
veuf, ayant un enfant; arrêté par la municipalité par mesure de
sûreté depuis le 6 brumaire dernier.
électrise tous les cœurs. » De retour de Paris, il ne rencontra que difficultés dans
Tadministration de son diocèse, soit aTec ses Ticiires généraux, soit aTec des ouailles
auxquelles il voulait imposer ses prêtres jureurs dont les églises restaient à peu près
TÎdes, tandis que le clergé réfractaire conservait toutes les sympathies de la popula-
tion. Puis le nouvel éTeque fut en butte aux menaces des Jacobins, quand il s^avisa
de s^opposer au nom de l'Église à la loi sur le divorce, & qu'il défendit à ses prê-
tres de se marier. Dénoncé alors par le Comité de surveillance de la Société popu<->
laire, le P. Sermet préféra, plutôt que de céder, offrir sa démission de Tévêché de la
Haute* Garonne aux représentants du peuple Paganel & Cassanyes, lesquels, par
arrêté du 26 brumaire an II, le déclaièrent « inhabile à exercer aucune fonction
tant civile que religieuse ». Détenu aux Carmélites, passé à la Visitation pour
revenir encore aux Carmélites, où il retrouvait des compagnons de captivité dont
les idées politiques cadraient mieux avec les siennes, élargi le 21 vendémiaire
an III, le P. Sermet essaya de reconstituer son clergé dont les rangs s'étaient singu-
lièrement éclaircis par le mariage, la démission de fonctions sacerdotales ou l'em-
prisonnement des prêtres assermentés. Il assista aux Conciles constitutionnels de
Carcassonne 8c de Paris, donna sa démission d'évêquelors du Concordat 8t fut plus
tard nommé par Napoléon I***" confesseur de « Madame Mère ».
37. J.-D. SIRVEN, que l'assemblée électorale de Rieux choisit comme membre
du Conseil de l'administration de la Haute-Garonne, fonda la Société populaire de
Rieumes dont il demanda l'affiliation à celle de Toulouse, fit des dons patriotiques
& se montra républicain sincère, mais toujours opposé aux violences jacobines.
Destitué le i3 août 1793 comme fonctionnaire « dont les idées sont contraires à
l'intérêt général de la République », dit l'arrêté de destitution, Sirven fut incarcéré
le mois suivant aux Carmélites malgré qu'il produisît un certificat de civisme du
Conseil général de la commune de Rieumes, constatant « son sincère attachement à
la Révolution soit par ses discours, soit par ses actes ». Après quatorze mois de
réclusion, il fut élargi par ordre du représentant Mallarmé.
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLltÊS. 79
II. Médecin & monoyeur, jouissant d'un petit bien de valeur de
9000 livres.
III.. Avec les aristocrates.
IV. D'un caractère fanatique, n'ayant jamais paru dans le sens de
la Révolution. — 38.
Appouvè, — Elargi.
I. Jean-François VIDALAT, domicilié à Toulouse, iS' section, âgé
de 42 ans, cœiibataire; arrêté pour cause de fédéralisme depuis le
18 septembre 1793 (v. s.]
II. Avant la Révolution cultivant les belles-lettres, ensuitte secré-
taire de révéque constitutionel de Toulouse, vivant de son industrie.
III. Avec les aristocrates.
IV. Patriote de circonstance, se tournant toujours du parti le
plus fort, fœdéraliste des plus prononcés, d'un caractère pétillant,
signataire d'une pétition liberticide & dangereux par ses talents.
- 39.
Le Comité observe que c'est par erreur de nom qu'il a été compris dans
le nombre des signataires, — Elargi par le Comité de sûreté.
I. F* VERNHIES, domicilié à Toulouse, 3* section, âgé de Si ans,
garçon; arrêté par la municipalité par mesure de sûreté le 12 no-
vembre 1793 (v. s.).
II. Sans profession, jouissant d'un revenu net de i 200 livres pro-
venant d'une métairie sur quoi il paye annuelement 670 livres pour
intérêts de dettes passives.
III. Avec les aristocrates & les fœdéralistes.
IV. S'étant constament démontré aristocrate, ensuitte s'étant
tourné du parti fœdéraliste & s'en étant démontré le partisant. — 40.
Approuvé. — Elargi provisoirement.
38. F. SOULATGES, poursuivi comme ayant participé aux événements du 3 1 mai,
présenta pour se disculper an Comité de surveillance deux certificats de civisme
que lui avait délivré le Conseil général de la Commune de Toulouse, l'un de ces
certificats vantait « son caractère tranquille 8c révolutionnaire & son patriotisme
démontré. » On passa outre à la défense de Soulatgesj il dut rester détenu onze mois
à attendre Tarrété du 21 vendémiaire an III qui le rendait à sa famille.
39. J.-F. ViDALAT, fut surtout arrêté comme ami de Roussillon, de Sol, de
Barrau & de Girard, c'est-à-dire de ceux qui, à Toulouse, avaient essayé delà résis-
tance légale vis-à-vis du despotisme montagnard. Enfermé à la Visitation, puis
transféré avec d'autres compagnons de captivité, notamment des fédéralistes, à la
maison des Carmélites, Vidalat sentit qu'il ne parviendrait à obtenir son élar-
gissement qu*en faisant agir auprès du Comité de sûreté de la Convention où domi-
nait depuis le 9 thermidor un sentiment plus large d'équité envers les partisans de
la Gironde. Un arrêté de ce Comité le mît en liberté le 5 vendémiaire an III.
40. F. VeRNHIES, emprisonné comme fédéraliste, Taccusation la plus commode
pour les Jacobins quaud ils ne savaient quel motif de détention inscrire sur le livre
d'écrou, fut, après dix mois passés aux Carmélites, élargi provisoirement par le
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8o LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
1. Jean-Baptiste VILLE^ domicilié h Toulouse, 4' section, n® i7o,
âgé de 26 ans, garçon; arrêté à Pamie rs par ordre du comité Rév" de
de Toulouse comme colporteur d'une pétition fœdéraliste.
H. Elève de commerce, vivant de son travail.
III. Avec les patriotes & les fœdéralistes.
IV. Ayant été patriote au commencement de la Révolution & h
répoque du fœdéralisme, signataire & colporteur d'une pétition
fœdéraliste dont il ne conoissoit pas Timportance, étant borné. — 41.
Approuvé, — Elargi â la charge de marcher aux frontières .
I Michel-Athanase MALPEL, domicilié a Toulouse, 13*»' secticn,
âgé de 64 ans, marié, ayant trois enfants dont \\\\ est condamné par
contumace à la peine de mort; détenu depuis le 23 août par mesure
de sûreté généralle.
II. Avant la Révolution homme de loi ; depuis : i" officier muni-
cipal ; 2® procureur sindic du District; 3" procureur général du Dé-
partem', destitué de ses fonctions à Tépoque du 3i mai par arrêté des
reprérentants du peuple; jouissant d'un revenu de 5,ooo livres pro-
venant de plusieurs biens de campagne.
III. Avec les aristocrates & les patriotes.
I V. D'un caractère astucieux & dissimulé, ayant favorisé les prê-
tres réfractaires (^ les cidcvant moines, ainssi que les aristocrates, &
dangereux par ses grands talents. — 42.
Approuvé, — Sorti pour ccuse de maladie, détenu ; â cet effetj il sera
incarcéré après sa guèrison.
représentant du peuple Mallarmé pour uller soigner son père plus qu'oc*ogénaire
& infirme, « attendu que la remise de ses certificats de civisme & de service mili-
taire démontrait sa non participation aux faits dont on Tinculpait. »
41. J.-B. VILLE, commis chez un négociant de Toulouse, avait quntie frères
volontaires aux arméesj il faisait partie lui-même d'une légion de la garde natio-
nale. Le 17 mai 1793, on procéda dans Toulouse, conformément à la loi, à une
nouvelle levée de jeunes gens dont le nombre pour chaque légion était déterminé.
Ville, instiuit que certains légionnaires avaient choisi la voie de la désignation
afin d*élire ceuxqu*ils jugeraient à propos de partir pour li frontière & se dispen-
ser ainsi du devoir honorable de servir la patrie, signa avec cent cinquante cama-
rades une pétition qu'ils allèrent porter en masse à la Commune à Teflet de demander
le tirage au sort. Les autorités constituées, toujours soupçonneuses, se montrè-
rent offusquées de cette indépendance 81 le Comité de surveillance lança contre les
auteurs du riissemblement un mandat d'amener, lequel, en ce qui concerne Ville,
raticijjnit à Pamierf où il était revenu. On l'incarcéra une année aux Carmélites,
d*cù le représentant du peuple Mallarmé le fit sortir à la charge de se rendre à
Parmée des Pyrénées-Orientales.
42. M. -A. DE MALPEL DE LATOUR. petit-fils du capitoul Malpel était un
avocat au Parlement des plus distingués : les événements trouvèrent en lui un
admirateur convaincu. Membre de la nouvelle Municipalité de Toulouse, ses talents
le désignèrent au poste de procureur-syndic du District, qu'il échangea plus tard
contre celui de procureur général syndic du Département de la Haute-Garonne.
Accusé d'incivisme pour avoir fait exécuter avec tiédeur les mesures prises contre les
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. 8l
I. David MANENT, domicilié à Toulouse, i" section, n^ 226, âgé de
49 ans, garçon, arrêté depuis le 3 floréal, conformément à Tarrêté du
repf' du peuple Dartigoeyte du 14 germinal.
II. Cidc\ant capitoul, jouissant d*un revenu d*environ 24S9 livres
provenant d*une maison en ville & d'un bien de campagne situé
dans le district de Muret.
Ilï. Avec les aristocrates & les égoïstes.
IV. D*un caractère tranquille, ne s'étant jamais démontré en
faveur de la Révolution. — 43.
Approuvé. — Elargi,
suspects en avril 1793, Malpel, que le représentant du peuple Chabot destitua, fut
remplacé par le procureur-syndic Dcscombels : ce dernier devait se montrer à la
hauteur des actes de violence qu'on attendait de lui. L*.incien procureur général
syndic se retira à la camp.-igne où rafiaiblissementde sa santé, qui le forçait à rester
alité, n*arrêta guère les Jacobins quand ils vinrent le mettre en état d'arrestation
au mois d'août 1793. Le 11 septembre suivant, un attroupement considérable de
jeunes gens réquisitionnés parle décret de la levée en masse se forma à Toulouse
pour porter leurs réclamations aux représentants en mission dans le département.
Parmi les meneurs se voyait Malpel le fils qui harangua le peuple & lui fit jurer
de ne partir pour la guerre qu^après que les citoyens désignés auraient été armés,
équipés & organisés en bataillon. Le Tribunal révolutionnaire mit hors la loi
Malpel fils & ses complices, les condamna à mort par jugement du 17 frimaire
an II & frappa leurs biens de confiscation. Malpel fils réussit à échapper aux
rech<«rches, mais ce fut une aggravation de peine pour son père que Ton incarcéra
alors comme père d'émigié, tandis que M**** de Malpel était envoyée à la prison de
Saint-Sernin pour \i même motif. Les infirmités de Malpel éveillèrent à la fin
rhumanité des membres du Comité de surveillance : on le laissa sortir des Carmé-
lites le 10 vendémiaire an III pour rester chez lui en réclusion, 8c sous la surveil-
lance continue d'un garde. M"*** de Malpel avait été élargie deux jours auparavant.
Elle demanda dans la suite la liberté définitive de son mari ou du moins la dispa-
rition du gardej mais il fut arrêté au contraire qi.e Malpel serait de suite après
guérison réincarcéré : Son fils cadet & sa fi le Félicie implorèrent la pitié du repré-
sentant du peuple Mallarmé qui allait leur accorder la liberté provisoire de leur
père quand la mort vint mettre un terme aux souffrances de M. -A. de Malptl
de La tour.
^3. M.-D.-C.-A. MANENT, écuyer, avocat au Parlement, capitoul en 1786,
incarcéré en sa qualité de noble, demanda au Comité de surveillance à être excepté
de la mesure du 14 germinal an II, se fondant sur ce qu'un arrêté du Comité de
Salut public de la Convention Nationale portait que k le titre d'écu)er n'ayant pas
été pris par le père & les enfants que pendant que le père occupait Se portait dans
sa famille une charge qui donnait ce titre, ni le père ni les enfants ne sont com-
pris dans la loi sur la police générale, m Manent mit en outre sous les yeux des
membres du Comité une attestation de U municipalité d'Eaubelle, cy-devant Saint-
Lys, qui affirmait son civisme : ses achats de grains durant le capitoulat, ses presta-
tions de serment. Sec, tout fut inutile & le reclus ne fut élargi qvie le 21 vendé-
miaire an m, & encore parce qu'un avis fut donné au représentant du peuple Mal-
larmé par la Société populaire de Villefranche que « Manent s'est toujours conduit
en bon patriote & vrai républicain ».
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82 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Jean-Pierre CASTEL» domicUîé à Toulouse, 4*»' section, ii<^ 382,
âgé de 64 ans, marié, ayant 5 enfans, domicilié à Toulouse, arrêté le
26 germinal, conformément à l'arrêté du rep' du peuple Dartigoeyte
du 14.
II. Sans profession, jouissant d'un revenu de 2100 livres prove-
nant de diverses propriétés territoriales sur lesquelles il est débi-
teur de 10000 livres.
III. Avec les aristocrates.
IV. D'un caractère pétillant, ayant singé le patriote, regretant
Tanclen régime 8c surtout le cidevant Parlement. — 44.
Le Comité observe qu'il a été officier de milice^ reclus en vertu de
Varreté du 14 germinal quoiqu'il tCaye pas été noble ^ diaprés les pièces
qu*il nous a exbibées & qu*il a peu de moyens. — Elargi provisoirement,
I. Jean-Jacob BONHOBiME-DUPIN cadet, domicilié à Toulouse,
5"" section, n*» 12?, âgé de 56 ans, garçon; arrêté le 26 germinal en
vertu de larrêté du rep* du peuple Dartigoeyte du 14.
II. Cidevant noble, jouissant d'un revenu net de 3ooo livres pro-
venant de divers contracts passés entre divers particuliers.
III. Avec les aristocrates.
IV. D'un caractère tranquille, ne s'étant point prononcé pour la
Révolution dans aucune circonstance. — 45.
Le Comité observe qu*il est frère d*un ex-conseiller guillotiné, —
Elargi provisoirement.
I. Claude-Paul DIGOIENE, domicilié à Toulouse, V" section, n« 827,
44. J -P. DE CASTEL, arrêté le 23 avril 1793, relâché le 5 mai suivant comme
(t plut bavard que dangereux », arrêté encore le 26 germinal an II 8c reclus aux
Carmélites, présenta un certificat de civisme au représentant du peuple Mallarmé,
qui signa sa mise en liberté, mais en le mettant sous la surveillance de la munici-
palité. Le 17 pluviôse an III cette surveillance fut enlevée à Castel diaprés les
observations du Comité de surveillance, qui déclara que si les motifs qui ont provo-
qué (c Tarrestation de Cnstel n'ont été qu'une mesure générale contre les cidevant
nobles, & que s^il en a partagé quelques erreurs, la longue détention qu^il a subie
Ten a assés puni, est d'avis qu*il soit définitivement mis en liberté ».
45. J.-J. chevalier BOKHOMME-DUPIN avait pour père Isaac-Bonhomme>Du-
pin, écuyer, capitoul en 1741 . Son frère, P.-J.-B. Bonhomme-Dupin, conseiller
au Parlement en la charge de P. de Papus, fut arrêté comme suspect, envoyé le
28 floréal an II à Paris où il compirut le 26 prairial devant le Tribunal révolu-
tionnaire, lequel le condamna à mort & le fit exécuter le même jour avec vingt- six
de ses collègues du Parlement de Toulouse. Quant au chevalier Bonhomme-Dupin,
incarcéré aux Carmélites en vertu de la mesure générale prise par le représentant
du peuple Dartigoeyte contre les nobles 8c fils de nobles, il dut son élargissement
au représentant du peuple Mallarmé, auptès duquel il protestait ne pouvoir être
confondu avec les nobles d'extraction n que des sentiments héréditaires transmis
par une longue suite d'ayeux attachaient à des prérogatives injurieuses pour l'hu-
manité 8c que la Révolution a dissipé ».
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. 83
âgé de 62 ans, veuf, ayant une fille âgée de 25 ans, résidente à
Nîmes; reclus depuis le 26 germinal en vertu de Tarrètè du 14.
II. Cidevant noble, jouissant d'une pencsion viagère de i 200 livres
•v d'une pencsion de retraite de 348 livres.
III. Avec tout le monde indistinctement.
IV. D*un caractère tranquille, homme très lettré, ne s'étant
jamais démontré en faveur de la Révolution. — 46.
Approuvé, — A prendre des renseîgnemens avec Vagent national près
le District.
L Jean-Paul LAFOURCADE, domicilié à Toulouse, 6"»'' section,
n'^ 352, âgé de 60 ans, marié, ayant 4 enfans; arrêté depuis le 26 ger-
minal en vertu de Tarrèté du rep' du peuple du 14 du dit.
II. Ci-devant noble, jouissant d'un revenu de 4,5oo livres prove-
nant de deux domaines situés dans les districts de Toulouse & Revel,
sur quoi il paye annuelement à ses créanciers par arrangement
3 000 livres.
III. Avec les patriotes & les aristocrates indistinctement.
IV. D'un caractère paisible, ne lui ayant jamais conu des prin-
cipes contraires à la Révolution. — 47.
Approuvé, — Sursis, — Mis en liberté par arrêté du 24 brumaire,
I. Jean DHAUPOUL, domicilié à Toulouse, 4™'' section, âgé de
72 ans, coelibataire; arrêté le 9 floréal en conformité de l'arrêté du
14 germinal.
II. Cidevant noble, ancien militaire, retiré en 1782, ex- chevalier
de Malthe, jouissant d'un revenu de 200 livres & d'une pension de
I 5oo livres dont il n'est pas payé depuis 2 ans.
III. Avec tous les citoyens indistinctement.
I V. D'un caractère paisible & froid pour la Révolution. — 48.
46. C.-P. DE DIGOINE, seigneur du Palais, ancien officier dans Isle-de-France-
Infanterie, traversa Tépoque des grandes arrestations d'avril & de septembre 1793
sans être inquiété, mais fut envoyé aux Carmélites, puisque c'était pour sa qualité
de noble & non les opinions qu'il manifestait qu'on le mettait en réclusion. Sur
Tavis des commissaires de la Société populaire, Mallarmé statua qu'il serait sursis
à la mise en liberté de Digoine jusqu'après les renseignements qu'on demanderait
au district sur le compte de ce détenu.
47. J.-P. DE LAFOURCADE, notable de Lauzerville, destitué le 7 brumaire an II,
ne fut pas seulement arrêté comme noble mais aussi comme père d'un émigré; on
mit le séquestre sur ses biens, 8c ses deux filles, qui vivaient avec lui à Lauzerville,
eurent à rester dans leur demeure en réclusion. Le représentant du peuple Mal-
larmé statua qu*il y aurait sursis à la triple mise en liberté que réclamait Lafour-
cade jusqu'après les renseignements que le Comité révolutionnaire devait donner
sur son compte. Le Comité répondit que « son avis était de maintenir en réclusion
Lafourcade jusqu'à ce qu'il ait prouvé que, malgté l'émigration, ils ont, lui & ses
filles, toujours été amis des loix, le tout en vertu de la loi du 17 septembre 1793
(vieux style). » Le représentant signa l'élargissement le 24 brumaire an III.
48. J. comte d'HAUTPOUL, frère du seigneur-marquis dudit lieu, seigneur de
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84 LES RECLUS DE tOULOUSE SOUS LA tEAREUtt.
Le Comité oBserve quil est ici porté pjr err:ur^ ayait été mis en
liberté il y a trois mois environ. Mis en liberté provisoirement
\. Auguste FOULQUIÉ, rlomicilié à Toulouse, 5**" section, âgé de
39 ans, ayant deux enfants naturels; arrêté depuis le i3 floréal en
vertu de l'arrêté du rep* du peuple Dartigoeyte du 6 ventôse.
II. Clerc de notaire, jouissant d*une maison en ville qui lui coûta
7600 livres.
III. Particulièrement avec les aristocrates.
I V. D*un caractère pétillant; ne s*étant pas démontré Tami de la
Révolution. — 49.
Le Comité observe qu'il a été arrêté comme signataire d'une pétition
Uberticide & qu*il est en réclusion cAe^ lui pour cause de maladie, —
Sorti provisoirement pour cause de maladie & en liberté provisoirement.
I. Jean-FIorens GOUAZÉ, domicilié à Toulouse, 3"*^ section, âgé de
26 ans, garçon; arrêté depuis le 26 germinal en conformité de Tar-
rèté du 14 du dit.
II. Fils de capitoul, sous puissance paternelle.
III. Avec les aristocrates & les patriotes indistinctement.
IV. D'un caractère modéré, ne s'étant pas démontré Tami de la
Révolution. — 5o
Le Comité observe que n ayant pas manifesté des sentiments contraires
à la Révolution, il vaudrait mieux quil fut aux frontières qu*en réclu-
sion, — Elargi à la charge de se rendre aux frontières.
Cassnçiioles, Arge.uières» Ventajon, Montaaiet, Pomics, viTait chez lui percius de
rhumatismes quand on vint lui signifier la mesure prise par Dartigoeyte contre les
nobles. Ses souffrances ayant empiré en prison, un rapport des officiers de santé
commis pour visiter les détenus permit à d'Hautpoul de quitter les Carmélites le
19 messidor an II pour rentrer chez lui où il devai*. rester en état d*arrestation,
mais sans garde, jusqu'à l'arrivée du représentant Mallarmé, qui lui accorda sa
liberté définitive.
49, A. FOULQUIÉ s'érait trop démontré dnns les événements qui suivirent à Tou-
louse le 3i mai pour ne pas tomber sous le coup de Tarr^té de Dartigoeyte aux
yeux de qui un fédéraliste était le pire ennemi de la République. Arrêté comme
n signataire, très incivique & ne s*étant jamais démontré partisan de la Révolu-
tion », Foulquié, très malade en ce moment, ne put supporter les rigueurs de
Tinternemî^nt aux Carmélites : il fut donc autorisé à rentrer chez lui pour faire les
remèdes nécessaires à son état de santé. Le représentant Mallarmé ne changea rien
à la situation de Foulquié, qui continua à restîr sous la surveillance delà munici-
palité. Il put obtenir quelque temps après sa liberté définitive.
50. J.-F. DE GOUAZÉ, arrêté & conduit aux Carmélites pour Tunique motif qu'il
était fils de capitoul, se recommanda aux sentiments d'impartialité du représentant
du peuple Mallarmé en faisant remarquer pour sa défense « qu'il n'existait rien contre
lui, aucune note du Comité de surveillance ni dénonce quelconque, qu*il n'avait pas
fallu moins que la mesure générale du 14 germinal an II pour l'inscrire sur cette
liste des suspects, sans quoi on n'aurait jamais dû Tatteindre, puisqu'il a toujours
pratiqué lee vertus civiques & républicaines d'vin bon citoyen. » Les Commissaires
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. 85
I. Pierre JOULIA, domicilié à Toiilcuse, i" section, âgé de
67 ans, vœuf, ayant une fille mariée & un fils à Tarniée; an été
depuis le 26 germinal en vertu de l'arrêté du rcp^ Dartigoeyte du
14 du dit.
II. Ci -devant noble, négociant, jouisiant d*une maison de
3oooo livres, plus de deux domaiiies de valeur de 120000 livres &
. une portion d*an attelier pour le lavage des laines.
III. Avec tous les citoyens indistinctement & surtout avec les
fanatiques.
IV. D'un caractère tranquille, ne s'étant pas démontré partisan
d'aucun parti. — 5i.
Le Comité observe qu'il est beau-père d'un ex conseiller guillotiné. —
En liberté définitivement , — Elargi.
I. Jean-François LONGEON, domicilié à Toulouse, rue de l'Ega-
lité, âgé de 3o ans, fiancé; arrêté depuis le 7 floréal en vertu de l'ar-
rêté du rep* Dartigoeyte du 14'' germinal.
II. Ci- devant noble, jouissant d'un bien de 40000 livres seur quoi
il doit 10000 livres.
III. Indistinctement avec tous les citoyens.
IV. D'un caractère très vif; s'étant montré patriote; ayant été
blessé aux frontières. — 52.
Approuvé. — Elargi.
délégués de la Société populaire durent reconnaître que le reclus n*avait affirmé que
la vérité, mais que, loin de rendre un suspect à Toisiveté, il valait mieux l'employer
dans les camps au service de la patrie. Gouazé fut donc élargi à charge de partir
pour Tarmée des Pyrénées-Orientales.
5i. P. DE JOULïA, ancien prieur de la Bourse, cnpiioul en 1770-78-79 & 80,
avait marié sa fille à un conseiller de la Chambre des Enquêtes du Parlement de
Toulouse, F.-L. de Combettes de Labourelie, seigneur direct de Caillac, lequel,
enveloppé dans la proscription dont furent victimes ses autres collègues, périt à
Paris sur Téchafliiud le i3 mes5idor an II. Quant à JoiiIi<i, considéré comme « fana-
tique 81 aristocrate enragé, » les jacobins Tinsciivirent d'office sur la liste de l'em -
prunt forcé pour trente mille livres, & s'ils ne l'arrêtèrent pas, c'est que Joulia ne
donnait pas prise par sa conduite à une dénonciation formelle. Plus tard, on lui
appliqua les effets de l'arrêté du 14 germinal an II} mais, dès l'arrivée du repré-
sentant Mallarmé aux Carmélites, Joulia fut désigné pour être parmi ceux des
suspects auxquels on pouvait rendre leur liberté sans danger pour la chose publi-
que.
52. J.-F. DE LONJON, seigneur de Laprade, officier dans Koailles-Dragons
avant 1739, fit comme bien des gentilhommes appartenant à l'armée qui continué^
rent à servir leur pays par patriotisme, sans adhérer au gouvernement que la Révo*
lution substitua au pouvoir royal. Victime de l'arrêté de Dartigoeyte, Lonjon ne
sortit de prison que le 21 vendémiaire an III. Durant sa détention, & tandis que
Guilbemery, délégué aux Carmélites, dirigeait, sur l'ordre de la municipilité, une
perquisition dans les chambres des suspects, des efiets précieux furent dérobés à
Lonjon par le geôlier Mouillard qui, en fait de vols, n'en était pas à ses débuts.
Le reclus se plaignit d'abord vainement aux autorités : dans la suite, Mouillard
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86 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Jean-François DUPRAT, domicilié à Toulouse, i'« section, âgé
de 5o ans, cœlibataire, arrêté depuis le 27 floréal en vertu de Tatrèté
du 14 germinal.
II. Ci-devant noble, sans profession, n'ayant aucune propriété,
étant nourri & entretenu par sa belle-sceur.
III. Avec les aristocrates.
IV. D'un caractère inssouciant, s'étant cependant montré l'en-
nemi de la Révolution. — 53.
Le Comité observe que ce citoyen ne peut être nuisible â la chose
publique. — Elargi.
I. Joseph-Marie DOUVE, domicilié à Toulouse, 6"' section, âgé de
25 ans, garçon; arrêté le 26 germinal en vertu de l'arrêté du 14.
II. Cidevant noble, sans profession, jouissant d'un revenu de
1 200 livres 8c quelques contrats qu'il a en partage avec ses deux
frères.
III. Avec les aristocrates.
IV. D'un caractère hautain, ayant manifesté des opinions aristo-
cratiques & s'étant réjoui à^s revers des patriotes. — 54.
Approuvé. — Sursis. — Elargi par arrêté du 26 brumaire.
I. Marc-Antoine DELON, domicilié à Toulouse, i'* section, âgé
de 5o ans, garçon; arrêté le 26 germinal en conformité de l'arrêté
du 14.
fut condamné par le Tribunal criminel à douze ans de fers, 8c ta compagne, Mag-
deleine Gaillard, à pareil temps dans une maison de force. Lonjon avait, le 3 mes-
sidor an II, obtenu du Conseil général de la commune, & sur le rapport des bureaux
de snreté générale 8c de civisme, une délibération comme quoi « il y avait lieu de
lui accorder sa liberté d'après les motifs pris de sa vie. » Le Comité de surveillance
repoussa cette attestation qui reçut plus tard meilleur accueil du représentant
Mallarmé 8c des Commissaires délégués.
53. J.-F. DE PRAT, seigneur baron de Rieux 8c seigneur deGlatens, avait vécu
jusqu'à son arrestation sans s'occuper en rien de politique; cette indifférence, qui
lui avait servi à éviter la réclusion à laquelle les Comités condamnaient Us sus>
pects de caste privilégiée, ne put cependant le placer dans les cas d'exception portés
dans l'arrêté du 14 germinal. Cinq mois de détention parurent suffisants au repré-
sentant Mallarmé pour expier la tiédeur qu^on reprochait au reclus.
54. J.-M. D*0L1V£ resta maintenu en détention , alors que beaucoup de ses
compagnons d'infortune bénéficiaient de Tarrété d'élargissement du 21 vendémiaire
an III, parce qu'il n'avait pu présenter à temps aux Commissaires délégués de la
Société populaire un certificat de civisme; il réussit à se procurer une attestation
délivrée par le Conseil général de la commune d*Expérie, qui constatait u son
civisme non interrompu depuis le commencement de la Révolution », se justifia
ainsi des inculpations dont il était Tobjet 8c prouva que, dès l'époque du décret de
septembre 1790 sur la suppression des Tribunaux, il avait fait liquider, par l'encte.
mise de Roussillon, membre de l'Assemblée constituante, l'office de magistrature
que lui avait laissé son père, Joseph-Denis d'Olive, conseiller au Parlement^ décédé
en 1783 président de la Chambre des Requêtes.
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. 87
IL Présumé ci-devant noble, jouissant d'un revenu de 2000 livres
provenant de ses droits légitimaires.
III. Avec les patriotes.
I V. D*uu caractère tranquille, s*étant démontré Tami chaud de lu
Révolution. — 55.
Approuvé, — Elargi.
I. Jean-Louis DANCEAU, domicilié à Toulouse, 3*"' section, âgé
de 43 ans, marié, ayant deux enfans en bas âge; arrêté le 26 germi-
nal en vertu de l'arrêté du rep* du peuple du 14*.
II. Cidevant noble jouissant de plusieurs biens de campagne de
valeur de 52 400 livres sur quoi il doit beaucoup.
III. Avec les aristocrates & les fanatiques.
IV. D'un caractère tranquille & égoïste, ne s'étant pas démontré
le partisan de la Révolution. — 56.
Approuvé. — Elargi provisoirement,
55. M. -A. DE Long, élu notable, puis officier public, mis à la tête d*une com-
pagnie « pour le service patriotique «, voulait bien emprisonner les autres, mais
tenait d'autant moins à subir le même sort qu*il avait donné au nouvel état de
choses des preuves manifestes de son attiichement. L'arrêté du 14 germinal l'attei-
gnit comme tous ceux qui étaient nobles ou présumés tels. Il fut conduit aux Car-
mélites d'où il adressa au représent.nnt du peuple Paganel une plainte contre le
Conseil général de la commune de Toulouse, qui refusait de lui donner un certificat
de civisme, « cela ne pouvait provenir que de la malveillance & calomnie de quelque
faux patriote m la solde de l'aristocratie, c<ir de Long se vante d'avoir dans tous les
temps démontré d'une façon convaincante son civisme puisqu'il a été nommé com-
missaire aux arrestations de personnes qui s'opposaient à la chose publique ». Cette
apologie resta sans succès, & de Long, reclus près de six mois^ fut élargi par le
représentant du peuple Mallarmé, auquel il fit connaître que depuis le commence-
ment de la Révolution il avait rempli avec zèle & désintéressement les fonctions
qui lui avaient été confiées 8c que son arrestation comme noble était due à une
vengeance particulière.
56. J.-L.-A.-F.-G. D'ANCEAU, baron de Tersac, seigneur de Mauran, cosei-
gneur de Montclar, victime de la mesure prise par Dartigoeyte contre les nobles,
demanda, — - pour sa justification de bon citoyen, — au Conseil général des com-
munes de Maurans & Montclar des certificats qu'il présenta au Comité de surveil-
lance de Toulouse 8c qui attestaient « que ledit Danceau aîné a remis ses titres féo-
daux, fait détruire dans l'église le banc du seigneur, qu'il est le père des pauvres,
Ta mi de tout le peuple ». Le Comité de surveillance, après vérification de ces docu-
ments, fut d'avis que« Danceau soit mis à la classe des bons citoyens ». La Société
montagnarde de Martres prit également une délibération dans laquelle elle affirma
« d'une voix unanime 8c avec les plus vifs applaudissements que Danceau aîné est
un bon 8c vrai républicain, 8c exprime le désir qu'il obtienne sa liberté ». Le reclus
avait contre lui son nom 8c l'influence que les Jacobins craignaient de lui voir
reprendre sur les populations dont il avait été autrefois le seigneur ^ il dut donc
rester reclus aux Carmélites, 8c lorsqu'il comparut plus tard devant le représentant
du peuple Mallarmé, il n'en obtint qu'à grand peine sa liberté provisoire 8c à
charge de rester sous la surveillance des autorités.
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88 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. F' BERTHIER fils, domicilié à Toulouse, S'section, âgé de 41 ans,
marié, ayant sa femme enceinte; arrêté depuis le 26 ger.ninal en
vertu de l'arrêté du 14.
II. CiJevant noble, jouissant d'une pension de 2 5oo livres sur
quoi il paye annuellement 3do livres.
III. Avec les aristocrates.
IV. D'un caractère paisible, égoïste, ne s'étant pas démontré dans
aucune circonstance. — 67.
Approuvé. — En réclusion che^ lut pour cause Je maladie. — A
remettre en détention après la guérison. — Elargi par arrêté du 26 bru^
maire.
I. Jean DARBOU» domicilié à Toulouse, i*^ section, âgé de 67 ans,
mar/é, ayant cinq enfans, tous avec leur mère; arrêté depuis le
27 germinal en vertu de l'arrêté du I4.
II. Cidevant noble, jouissant d'un petit bien du revenu de
1000 livres d'une maison de valeur de 2200 1 livres & plusieurs con-
tracts sur la nation.
III. Avec les aristocrates & les ci-dev. nobles.
IV. D'un caractère tranquille, un peu hautain, regretant beaucoup
l'ancien régime. — 58.
Approuvé, — En réclusion che^ lui. — En liberté provisoirement.
57. F. DE BERTIER, marquis de Pinsnguel, sur la simple réquisition d*un offi-
cier municipal, se rendit volontairement & sans escorte à la maison de sûreté des
Carmélites qui lui avait été assigné.*. S.i santé était chancelante; un rapport des
officiers de santé commis pour visiter les détenus fit renvoyer Bertier par le Comité
de surveillance en réclusion chez lui, mois avec ordre de réincarcé ration dès qii*il
serait guéri. Lorsque le représentant du peuple Mallarmé vint avec les membres
délégués de l.i Société populaire interroger les reclus des Carmélites, Bertier (que
son état d'infirmité retenait chez lui) ne put répondre à Tappel de son nom & on
le comprit dans l'article VIII de l'arrêté du 21 vendémiaire an III. Il s'adressa
alors au collègue de .Mallarmé, le représentant du peuple Bouillerot, pour se plain-
dre de ce qu*une malveillance occuUe avait empêché de l'avertir de se présenter m
l'interrogatoire du i5 vendémiaire, 8c il demanda d'être élargi comme l'avaient été
ceux des reclus auxquels on n'avait eu rien de précis à reprocher. Bouillerot
ordonna de. revoir le tableau & d'accorder au pétitionnaire sa demande a s'il n*y a
pas de motif contre »; mais le Comité de surveillance, consulté, déclara que a Ber-
tier n'avait pas à être élargi, n'ayant pas constamment manifesté son attachement
à la Révolution u. Néanmoins, le représentant passa outre, 8c un arrêté du 26 bru-
maire an III rendit le marquis de Rertier à sa famille.
53. J. DARBOU, seigneur de Castillon, était déjà souffrant quand on vint le
mettre en état d'arrestation comme tombant sous le coup de l'arrêté du 14 germinal
an II. Un mois après l'incarcération de Darboa, la municipalité fut obligée, « vu
r&ge 8c les infirmités du citoyen m, de le renvoyer en réclusion chez lui jusqu'à
nouvel ordre. Il demeura ainsi jusqu'à l'arrivée du leprésentanr du peuple Mal-
larmé, qui demanda des renseignements au Comité de surveillance 8c son avis sur
l'élargissement du reclus. Le Comité répondit que vu ce l'âge avancé de Oarbou ,
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. 89
I. Marie DANCEAU cadet, domicilié, 3* section, âgé de 42 ans, gar-
çon; reclus depuis le 26 germinal en vertu de Tarrèté du 14 du dit.
II. Cidevant noble, jouissant d'un revenu de i 200 livres.
III. Avec les fanatiques &. les aristocrates.
IV. D'un caractère fort tranquille & très retiré. — Ses opinions
politiques peu connues. — 69.
Approuvé, — Elargi provisoirement.
I. Pierre-Paul CALAIS, domicilié à Toulouse, 5* section, âgé de
57 ans, marié, ayant trois enfans; arrêté le i3 floréal en vertu de
Tarrèté du rep* du peuple du ^i ventôse.
II. Médecin & ancien professeur au cidevant Collège national,
jouissant du produit de son état, sans aucune propriété.
III. Avec les patriotes.
IV. D*un caractère vif, s*étant démontré le partisan du fœdéra-
lisme^ ayant été destitué de ses fonctions d*ofiicier municipal. — 60.
Le Comité observe quil présida une section lors du fœJéralisme» —
Elargi»
acc.iblé sous le poids des inârmitis, sa liberté ne peut nuire à In chose publiqi.e,
8c il est d^avis de le mettre en liberté u. Mallarmé prit un arrêté conforme, mais en
y ajoutant la surTeillance de la municipalité,
59. M.-J.-H.-F. chevalier D'ANCEAU vivait dans une retraite nbsoluc quand il
fut arrêté une première fois en avril 1793, relâché au mois de mai sur décision du
Comité de surveillance de la lyunicipalité, puis encore incarcéré parce qu*il était
ci devant noble. En vain fit-il remarquer aux Comités « que son crime d^ètre noble,
— le seul qu'on pût lui imputer, — le rendait victime d*un malheureux préjugé;
que rhomanité voulait qu'on lui accordât sa liberté pour lui procurer les moyens
de rétablir sa santé & de soigner sa mère, qui était d'un grand âge ». Il dut subir
la loi commune 8c attendre six mois en prison, — la municipalité lui ayant refusé
un certificat de civisme comme « aristocrate prononcé ». — Tarrêté du 21 vendé-
miaire an III qui n*accoria du reste au chevalier d*Anceau qu'une liberté précaire,
puisqu'il comptait dans la catégorie de ceux qu'on mettait sous In surveillance
immédiate des autorités.
60. P.- P. CALAIS, ancien professeur d'histoire au Collège royal de Toulouse,
membre 8c Tun des fondateurs de la Société populaire, successivement élu notable,
électeur, administrateur de district, enfin officier municipal, fut chargé en cette
qualité, lors du Fédéralisme, d'organi:*er la troisième section d'électeurs qui le
nomma d'acclamation sjn président. Suspendu de ses fonctions le 16 août 1793 par
une mesure des représentants en mission, auxquels on avait persuadé que Calais 8c
ses collègues n'étaient pas à hauteur des circonstances, il continu 1 jusqu'à son
arrestition à donner des soins aux malades de l'Hdpital militaire où il était
employé comme médecin réquisitionné. Malgré ses réclam.itions auprès du Comité
de surveillance, il resta neuf mois reclus. 0.\ le mit en liberté quand il eut prouvé
que, s'il présida une section lors des événements du 3i mai, 8c si cette section
adhéra aux premières opér.itions d-*s ccr^DS constitués, il avait su par son autorité
lui faire rétracter 8c annuler dans la suite en les livrant aux flammes, toutes les
délibérations contraires à l'unité de la Convention nationale.
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ÇO LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Adrien-Joseph COBOfËRE, domicilié à Toulouse, 3' s^", âgé dé
75 ans, cœlibataire; arrêté le 26 germinal conformément à l'arrêté
du 14'.
II. Ci devant noble, sans profession, jouissant d*un revenu de
i5ooo livres & depuis la Révolution son revenu réduit à 3ooo livres.
III. Avec les hommes de sa caste des plus paisibles.
IV. D'un caractère tranquille, ne s'étant pas prononcé dans
aucune des époques de la Révolution. — 61.
En réclusion che^ lui pour cause de maladie. — A la Conciergerie.
L André- Antoine CHALVET père, domicilié à Toulouse, 3' sec-
tion, âgé de 58 ans, marié, ayant cinq enfans; arrêté le 26 germinal
en vertu de l'arrêté du 14* du dit.
II. Ci devant noble, sans profession, jouissant avant la Révolution
d'un revenu de 18000 livres provenant de diverses propriétés, réduit
actuellement à i5ooo livres.
)II. Avec les aristocrates & les patriotes indistinctement.
IV. D'un caractère très tranquille, s'étant démontré plutôt pour la
Révolution que contre. — 62.
Approuvé. — Elargi.
61. A.-J. DE COMÈRE, baron de Labastide-Beauvoir, chevalier d*honneur du
Parlement de Toulouse, fit partie des gjandes arrestations d'avril 1793 : enfermé au
couvent de la Visitation qui avait été transformé en prison, il n*en sortît par déci-
sion du Comité de sûreté générale rc qu'à la charge de se représenter lorsqu'il en
sera requis & de donner à cet efTet un répondant d'un civisme reconnu, u Arrêté
encore le 26 germinal an II, mais cette fois en exécution de la mesure générale
contre les nobles, Comère fut incarcéré aux Carmélites oii il tomba si gravement
malade qu'on dut le relâcher & le laisser en réclusion chez lui. Trois mois après
on l'arrache encore de son foyer pour le conduire dans les prisons de la Maison
Commune, tans lui fiire connaître les motifs de Tarrestation, 8c c'est seulement dans
l'interrogatoire qu'on lui fait subir qu'il apprend le contenu de la dénonce lancée
contre lui, dénonce dont il montra aussitôt la fausseté & l'invraisemblance. Laissé
quand même en prison, Comère dut son élargissement au représentant du peuple
Mallarmé, auprès duquel il se plaignit » d'être la victime d*une accusation imagi-
naire, dénuée de preuves 8c dont son interrogatoire, déposé chez l'accusateur public
Capclle, faisait justice. »
62, A. -A. DE CHALVET DE ROCHEMONTEIX, marquis de MerviUe, sénéchal
& gouverneur de Toulouse 8c de TAlbigeois, — charge qu'il céda, en 1 788, au mar-
quis de Portes, — crut, comme beaucoup de gentilshommes, aux bienfaits que la
Révolution semblait apporter avec elle; devint président de l'assemblée électorale
du département de Rivière-Verdun 8c conserva ses fonctions jusqu'en septem-
bre 1790. Tenu en suspicion à cause de son nom 8c de sa fortune, il échappa néan-
moins aux arrestations qui eurent lieu lors de l'exécution des lois contre les sus-
pects : tandis que ses trois frères étaient incarcérés n la Visitation il reste libre
jusqu'au moment où fut publié l'arrêté de Dartygoete. Reclus aux Carmélites, il
adressa au Comité de sûreté générale le tableau de sa vie politique avec les pièces
justificatives, 8c la copie de sa pétition au Comité révolutionnaire de la Commune.
On U laissa en réclusion jusqu'à l'arrivée du représentant du peuple Mallarmé,
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. 91
I. Joseph- François COMBES, domicilié à Toulouse, âgé de 70 ans,
vœuf, sans enfans; arrêté depuis le 26 germinal en vertu de l'ar-
rêté du rep* Dartigoeyte du 14 germinal.
IL Cidevant capitoul & procureur au cidev. Parlement; jouissant
avant la Révol<>" d'un revenu de 65oo livres & d'un capital de
22000 livres provenant de son étude. Depuis, même propriété, de
r6000 livres qu'il a sur la Nation.
III. Avec tous les citoyens indistinctement*
IV. D'un caractère paisible, tenant à l'ancien régime. — 63.
Approuvé, — En réclusion cAcîç lui pour cause de maladie, — Dé cédé »
I. Jean-Félix BOUSQUET, domicilié à Toulouse, 6* section, âgé de
77 ans, marié, sans enfans; arrêté depuis le 26 germinal en confor-
mité de l'arrêté du rep* du peuple Dartigoeyte, du 14 germinal.
II. Cidevant noble & procureur au cidevant Parlement; jouissant
d'un bien a.:quis au prix de 16000 livres & d'un capital de Soooo li-
vres en divers contracts , y compris la liquidation de son office.
III. Avec tous les citoyens indistinctement, d'un caractère pai-
sible.
IV. D'un caractère paisible, ne s'étant jamais démontré l'ami de
la Révolution. — 64.
Le Comité observe qu'étant d*un âge avancé & infirme j il était che^ lui
sous garde. — Détenu che^ lui»
I. Jean-Marianne BAÏLLET BERDOLLE, domicilié à Toulouse,
4"* section, âgé de 40 ans, marié, ayant 3 enfans; arrêté le 26 ger-
minal en vertu de l'arrêté du 14 du dit.
II. Cidevant écuyer, fils d'un cidevant capitoul, jouissant d'un
revenu de 12000 livres avant la Révolution, actuellement réduit à
6000 livres, ayant i38ooo livres de dettes passives.
qui ordonna sa mise en liberté snns condition, le 21 vendémiaire an III; le Conseil
général de la Commune avait, le 8 floréal an II, refusé à Chalvet un certificat de
civisme; cela n*arréta pas le représentant.
63. J.-F. DE COMBES, procureur au Parlement, capitoul durant les années 1782,
8 t, 84 & 85, ne put, avec sa santé délicate^ supporter les rigueurs d*un internement
prolongé; on fut forcé, sur le rapport des officiers de santé, de laisser aller mourir
chez lui ce vieillard m d'un caractère paisible » dont le seul crime était d*avoir
acquis par sa charge de capitoul le droit d'être noble.
64. J.-F. DE BOUSQUET, procureur au Parlement, capitoul en 1763, que son
grand ftge faisait vivre fort retiré, aurait passé inaperçu lors des recherches des Jaco-
bins si la mesure de Dartigoeyte du 14 germinal an II, ne leur avait donné occa-
sion d'étendre les arrestations aux citoyens qui, de près ou de loin, tenaient à l'an-
cienne classe privilégiée. Bousquet se trouvait du nombre, il fut envoyé aux
Carmélites d'où il adressa au Comité de surveillance une réclamation basée sur son
âge 8c sa conduite civique. Il rentra chez lui pour y rester en réclusion, 8c Parrété
du 21 vendémiaire an III le délivra définitivement. Sous prétexte de « fanatisme 8c
d'incivisme » la municipalité l'avait contraint de participer pour i5,33o livres aux
emprunts forcés pour les besoins des sans-culottes 8c de la guerre.
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92 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
III. Avec les aristocrates paisible?.
IV. D'un caractère paisible, ne s'étant pas prononcé dans aucune
circonstances. — 65.
Le Con ité observe que ce citoyen ayant réuni les quatre attestations
exigées pcr V arrêté du rep^ du peuple Danigoeyte^ il a été mis en liberté,
— Mis en liberté*
I. Charles TOURNIER, domicilié à Toulouse, v" section, n^ iSz,
âgé de 21 ans, garçon, arrêté depuis le 9 floréal en vertu de Tarrèté
. du rep* du peuple Dartigoeyte du 14 germinal.
II. Cidevant noble, jouissant avant la Révolution de 6000 livres
de revenu provenant des intérêts lé^itimaires & d*un capital de
2 oco livres placé sur la cidevant province de Guiennc.
III. Avec les patriotes & les aristocrates indistinctement.
I V. D'un caractère fort tranquille, n'ayant point manifesté d'opi-
nions contraires à la Révolution, étant d'ailleurs infirme. — 66.
Approuvé. — En liberté.
L Jean S* SARDOS, domicilié à Toulouse, ô"*** section, âgé de
32 ans, marié, sans enfans, arrêté le 6 floréal en vertu de l'arrêté du
représentant Dartigoeyte du 14* germinal.
II. Cidevant noble, marquis & baron de Mondenard, élevé à la
cour, capitaine des dragons, réfugié à Toulouse dans un quartier
isolée jouissant de plusieurs biens de valeur de 200000 livres, sur
quoi il doit iSoooo livres.
65. J.-M. DE BAILLET DE BERDOLLE, fils du capitoul Louis de Berdolles,
2>aron de Goudourville, seigneur de Saine-Vincent, Belpecb, Piémont 8c Lalande,
sans manifester de sentiments d^adhésion aux progrès de la Révolution, s*étaic con»
tenté de se soumettre à ses mesures, prenant part aux offrandes patriotiques, en sus
de la taxe de guerre pour laquelle il dut payer dix mille livres, au service de la
garde nationale & aux cérémonies civiques. Il obtint les certificats prescrits par Tar-
rété du 4 nivôse an II qui étaient ceux de la Municipalité, de la Société populaire,
du Directoire du district 8c enfin du Comité de surveillance de Toulouse. C*est par
erreur que le nom de Baillet de Berdolle se trouvait encore sur la liste des prison-
niers aux Carmélites quand le représentant Mallarmé vint y interroger les reclus
8c décider de leur sort.
66. Ch. DE TOURNIER n*avait que dix-sept ans en 1789, 8c faisait alors ses
études au collège de Montauban, il en sortit en 1791 pour aller aux eaux de
Barèges Se ensuite à Paris y terminer son éducation. La mauvaise chance voulut
quM revînt à Toulouse au moment même où on appliquait à tous les nobles 8c fils
de nobles rartété du 14 germinal. Victime de cette mesure arbitraire 8c incarcéré
aux Carmélites, Tournier demanda de sa prison, le 9 thermidor an II, au Comité
de suiveillance Tautorisation de faire le voyage de Barèges pour soigner son bras
atrophié; il appuyait sa demande des certificats des officiers de santé préposés aux
prisons, mais le Comité refusa, prétextant que seul un représentant du peuple
avait ce pouvoir. Plus tard, Mallarmé, transforma cette autorisation en élargisse-
ment définitif.
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Citoyens kECLi-s aux cAHMÈL!rE>. 93
III. D'après les dénonces dont nous somnes nantis, ses relations
& ses liaisons ont toujours été avec les aristocrates.
IV. D'un caractère méprisant envers les sans-culottes, ayant singé
les patriotes jusqu'à Tépoqne du décret qui abolit la noblesse ,
disant à cette époque que l'Assemblée n'avoit pas le sens commun &
qu'il n'était pas possible d'y tenir. — 67.
Approuvé. — Elargi provisoirement.
I. Jean ROUCOUS, cidevant S' AMANS , domicilié à Toulouse,
1'* section, âgé de 55 ans, marié, ayant 2 enfants, arrêté le 4 floréal
en vertu de l'arrêté du 14 germinal.
II. Cidevant noble, sans profession, jouissant d'un revenu de
6000 livres provenant de plusieurs biens, réduit à 4500 livres.
III. Avec les aristocrates.
IV. D'un caractère hautain, tenant beaucoup a la ci -devant
noblesse, aristocrate très prononcé dans toutes les circonstances.
— 68.
Approuvé. — Sursis à statuer jusqu après vérificatian des signataires
aux adresses liberticides. — Elargi, arrêté du 29 vendémiaire.
67. J. DE SAI^^^-SARDOS, marquis de Mondeiiard, baron de Gazes, après avoir
rempli les fonctions de député extraordinaire auprès de l'Assemblée constituante
abanionna la politique pour s^occuper de questions plus pratiques & qui intéres-
saient un officier d.- cavalerie comme lui; c'est ainsi qu'il s'était fait connaître par
des brochures sur les moyens de prévenir les maladies des ar:nées, sur les change-
ments à faire dans l'équipement des troupes, sur le rétablissement des haras pour
la conservation de la cavalerie, etc. Sa qualité de noble le désigna aux Jacobins ^
l'arrêté du 14 germinal en fit vn des reclus des Carmélites. Le représentint du
peuple Dartigoeyte, auquel Saint Sardos avait écrit pour justifier sa conduite par
l'exposé de la vie tranq'iille & laborieuse qu'il menait, demanda des renseignemenrs
nu procureur général syndic Descombels & manifesta le désir de consulter sur le
compte du reclus le Comité révolutionnaire de Mont (Castel) Sarrazin. Descombels
chargea violemment Saint-Sardos qu'il dénonç.i au représentant du peuple comme
étant lui, sa mère, sn femme, des contre-révolutionnaires; puis il avertit le 29 flo-
réal an II le Comité révolutionnaire de Castelsarrasin d'avoir à parler dans le
même sens si on lui demandait son avis Le représentant du peuple Mallarmé mit
Saint-Sardos en liberté, mais sou^ la surveill nce de la municipalité du lieu où il
irait vivre.
63. J. DE ROCOUS, baron d'Is, seigneur de Saint-Aman*, élu en 1789 à l'una-
nimité maire de sa commune, ordonna, dès la suppression des piivilèges, de détruire
chez Iji tout symbole de la féodalité & d'abattre les tours de son habitation sei-
gneuriale ; il organisa la garde nationale, subvint aux besoins des volontaires levés
par réquisition dans la commune, contribua aux dons patriotiques, fut néanmoins
arrêté le 26 avril 179? & rel&ché le 1 1 mai suivant par décision du Comité de sur-
veill.jnce de la municipalité qui le reconnaît « tranquille ». Arrêté une s?conde
fois en sa qualité de noble, taxé par le district comme n incivique 8c fanatique » à
i,2->o livres de subvention de guerre alors que le Conseil général de sa commune ne
Pavait reconnu imposable que de 3do livres, Rocous apprit en prison que la muni-
cipalité de Saint-Amans, avait délibéré de réclamer sa mise en liberté du Comité.
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94 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Pierre-Marie ROUME aîné, domicilié a Toulouse, 3*"*' section,
âgé de 4$ ans, cœlibataire; arrêté le 26 germinal en conformité de
Tarrèté du rep* Dartigoeyte du 14 germinal.
II. Ci-devant noble, sans professio't, jouissant d'un revenu d'en-
viron 6000 livres provenant de divers capitaux.
III. Avec les aristocrates.
I V. D*un caractère fier, aristocrate très prononcé dans toutes les
circonstances de la Révolution. — 69.
Approuvé, — Elargi provisoirement,
I. Ouillaume-Louis DARAM, domicilié à Toulouse, 3' section, âgé
de 61 ans 6 mois, marié, ayant 4 enfans dont un garçon de 24 ans
reclus avec lui; arrêté le 26 germinal en vertu de l'arrêté du 14.
II. Cy-devant noble & aggrégé à la cidevant Faculté de droit de
Toulouse, jouissant d'un revenu de 11 000 livres provenant de plu-
sieurs propriétés, actuellem* réduit à 9500 livres, sur quoi est com-
prise l'adot de sa femme de 106000 livres.
III. Avec les cidevant nobles & les fanatiques.
IV. D'un caractère tranquille, ne s'étant point prononcé en
faveur de la Révolution. — 70.
Approuvé, — Elargi,
réyolutionnaire : « les preuves qu*u données le citoyen Rocous de bon citoyen &
d*<imi des lois doivent le faire jouir de tous les avantages attachés à cette qualité 8c
il ne peut ni ne doit être regardé comme suspect ». Le Conseil général de la com-
mune de Toulouse voulut également contribuer à l'élargissement du reclus en déli-
bérant le 3 messidor an II « qu'il y avait lieu d'accorder sa liberté au citoyen
Rocous dit Saint-Amans comme étant utile à la chose publique par l'exploitation
d'une mine d'alun dont il a fait l'entreprise, & sur ce qu'il n'est pas parvenu au
Conseil qu'il ait agi en sens contraire de la Révolution ». Ces démarches n'abouti-
rent pas. Rocous, d'abord maintenu en réclusion par ordre du représentant Mal-
larme le 21 vendémiaire an III, fut élargi huit jours ;ipris.
69. P. -M. DE ROUME, écuyer, seigneur de Falgayrac & de Segreville, accepta
d'être élu colonel de sa légion, mais donna sa démission le 26 février 1792 lorsqu'il
vit la tournure fâcheuse, pour le parti royaliste, que prenaient les événements.
Roume versa par bienfaisance quatorze mille livres au trésorier de sa municipalité
pour achat de grains destinés à la subsistance des habitants de Segreville, il prêta
mille livres sans intérêts à la Commune afin d'ouvrir un atelier de travail pour les
indigents & se montra en toutes occasions si peu suspect d'incivisme que l'arrêté
mêrûe de Dartigoeyte l'avait déclaré ne devoir pas être compris dans la mesure de
sûreté générale prise contre les ci -devant nobles. Les délégués du représentant n'en
persistèrent pas moins à mettre Roume en état d'arrestation. Conduit aux Carmé-
lites, Roume y resta reclus sept mois & son élargissement ne fut permis qu'à charge
de le placer sous la surveillance de la municipalité. La Société populaire de Tou-
louse avait refusé le 5 prairiiil an II d'admettre le tableau de sa vie civique.
70. G.-L. DE DARAM^ seigneur de Castillon, & ayant acquis la noblesse par le
capitoulat de son grind-père, était depuis vingt-neuf ans agrégé à la Faculté de
droit de Toulouse lorsqu'on l'arrêta pour l'interner comme noble. L'un de ses fils,
l'aîné, subit le même traitement que son père; quant aux deux autres, ils partirent
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. çS
I. Sébastien FOULQUIÉ, domicilié a Toulouse, r* section, âgé de
45 ans, cœlibatairej arrêté depuis le 26 germinal en vertu de l'arrêté
du 14.
II. Cidevant noble, sans profession, jouissant de 8 200 livres de
sa légitime paternelle & maternelle qu'il conteste en justice, sur
quoi il doit 36ooc livres.
III. Avec les aristocrates.
IV. D'un caractère tranquille, malade depuis 2 ans, recevant chez
lui les aristocrates, ne s'étant jamais démontré en faveur de la Révo-
lution. — 71.
Approuvé, — Elargi,
I. Jean-Pierre VIGNES, domicilié à Toulouse, rue Croix-Bara-
gnon, âgé de 44 ans, marié, ayant 4 enfans; arrêté le 3 floréal en
vertu de l'artèté du 14 germinal.
II. Ci devant noble, jouissant d'un bien fonds d'environ 12000 li-
vres.
III. Avec tous les citoyens indistinctement,
IV. D'un caractère vif, tenant beaucoup à ses droits seigneuriaux,
ne s'étant pas démontré contraire à la Révolution dans aucune cir-
constance. — 72.
Approuvé. — En réclusion che'i lui pour cause de 'maladie^ — Elargi
par
volontaires dans les dragons pour ne pas subir un emprisonnement inévitable.
Daram présenta, quand vint son interrogatoire, l'attestation de ses voisins tant de
Toulouse que de la banlieue relative « à son attachement pour la Révolution »,
ainsi que le certificat de civisme de sa municipalité « qui n'a jamais cru qu'il fût
dans la classe de ceux que la loi du 17 septembre 1793 déclare suspects 8c nullement
compris dans les articles de la loi antérieurs à la mesure prise contre les cidevant
nobles ». Daram fut mis en liberté le 21 vendémiaire an III.
71. S. DE FOULQUIER, arrêté comme descendant direct d'un capitoul, ne pou-
vait guère être dangereux pour la chose publique ^ les commissaires délégués de la
Société populaire reconnurent Tinhumanité de maintenir la réclusion d'un valé-
tudinaire, & le représentant du peuple Mallarmé inscrivit Foulquier sur la liste
des citoyens élargis par Tarrêté du 21 vendémiaire an III, encore que, sur le tableau
des suspects dressé par les Jacobins, Foulquier y fut porté comme « aristocrate
enragé » comme tel, inscrit sur les registres d'emprunt forcé pour frais de guerre &
d'emprunt forcé pour les besoins des sans-culottes indigents, & que la municipalité
eut refusé au reclus un certificat de civisme le 2 floréal an II n sur ce que, d'après
l'avis des bureaux réunis, Foulquier devait rester en réclusion. 1»
72. J.-P. DE Vignes, seigneur de Colomiers, s'était soumis dès le principe à
toutes les lois que la marche de la Révolution faisait naître; la garde nationale de
Toulouse le comptait comme un de ses membres assidus; il avait fait don de ses ar-
me» à la municipalité, arboré la cocarde tricolore, offert à brûler ses titres de féo-
dalité, accompli les sacrifices pécuniaires au delà de ce qu'il devait strictement comme
don patriotique; de plus, au moyen d'un secret de famille, il avait guéri nombre
de frères d'armes alanguis par la fièvre tierce dans les casernes Saint-Charles & Calvet.
Aussi, lorsque parut l'arrêté de Dartigoeyte contre les nobles. Vignes s'attendait-il
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9^ LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Bernard DOLMIÈRES, domicilié ^ Toulouse, r $<>", âgé de 62 ans,
marié, ayant trois enfans; reclus depuis le 26 germinal conformé-
ment à Tarrêté du 14.
II. Ci devant noble, jouissant d'un revenu de looco livres dont le
revenu est un peu diminué & ou est comprise Tadot de son épouse
de 800CO livres plus 7 1000 livres de capitaux.
III. Avec les aristocrates & les fanatiques.
IV. D'un caractère fort tranquille, n'ayant jamais rien fait en
faveur de la Révolution. — 73.
Approuvé. — En réclusion ch€\ lui pour tause de maladie. — Elargi,
I. Pierre FURGOLLE, domicilié à Toulouse, â' section, âgé de
53 ans, marié, ayant 3 enfans; arrêté le 3 floréal en vertu de l'ar-
rêté du représentant Dartigoeyte du 14 germinal.
II. Fils de capitoul & homme de loi, jouissant d\in revenu de
I ICO livres provenant de divers biens sur quoi il doit 7000 livres.
III. Avec les aristocrates.
IV. D'un caractère tranquille, ne s'étant jamais démontré en
faveur de la Révolution. — 74.
Approuvé, — Sursis,
i être excepté de la mesure comme remplissant les conditions de I\irticle3de l'arrêté
concernant ceux qui ont donné depuis 8'^ des preuves non équivoques de civisme &
d'attacheir.eiu à la cause du peuple. L'illusion de Vignes fut de courte durée; il n'y
eut pas en sa faveur d'exception, sinon celle de le renvoyer peu après chez lui en ré-
clusion & sans garde. Le représentant du peuple Ma lia rmécompritVign es dansr«<rrêté
du 2 I vendéminaire an 111, mais en le frappant de la mesure de police qu'il prenait
contre presque tous les nobles libérés, c*est-à dire la surveillance de la municipalité.
73. B. D'OLMIÈRES, seigneur de Lastouzeilles Se de Montferrand, faisait partie
de ces gentilshommes à esprit plus généreux que prudent qui saluèrent la Révolution
comme apportant la félicité aux Français & un régime dont la base serait la fra-
ternité dans es qu'elle a de plus élevé. Dès l'annonce de la suppression des droits
féodaux, il écrivit à la Commune de Montferrand pour lui déclarer sa renonciation
aux droits seigneuriaux qu*il possédait, « renonciation qu'il maintiendrait même si
l'Assemblée constituante revenait sur sa décision. » Chef de la légion de Montferrand,
il prit à sa charge tous les frais quelconques d'équipement, &, quand eut lieu le
premier appel de la levée de mars 1793, il donna à sa commune i,âoo livres pour
aider les volontaires, 60c livres pour le ir.éme objet à Peycens, autant à Issel & à la
Bastide-d'Anjou. Enveloppé dans les grandes arrestations d'avril 1793, d'Olmières
fut élargi le 9 mai suivant par jugement du Comité de sûreté générale (de Toulouse),
qui <( le reconnaît citoyen s'étant de toutes manières prononcé pour la Révolution ».
Atteint un an plus tard par l'arrêté de Dartigoeyte contre les nobles, d'Olmières dut
se rendie à la prison des Carmélites; mais la faibleîse de sa vue s'aggrava par la
réclusion, &, sur un certificat signé de l'oculiste Nizet & du professeur Larrey, chi-
rurgien en chef de l'hôpital général Saint- Joseph de la Grave, il sortit le quatrième
jour sans-culottide an II pour rester en réclusion chez lui. Une pétition de M"**" d'Ol-
mières au représentant du peuple Mallarmé obtint l'élargissement de son mari le
21 vendémiaire an III. D'Olmières s'était vu refuser un certificat de civisme du
Conseil général de la Commune parce qu'il était « de grande noblesse 8c fanatique w.
74. P. DE FURGOLLE, fils de J.-B. FurgoUe, avocat au Parlement 8c si célèbre
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES, ^7
I. Pierre VIGNOLE. domicilié à Toulouse, !'• section, n" 189, âgé de
41 ans; arrêté à Verdun & transféré à Toulouse le 23 floréal comme
président de la pétition à Tépoque du fœdéralisme. Arrêté par ordre
du Comité révolutionnaire.
II. Commerçant, jouissant depuis le 7 août dernier (v. s.) d'un
bien de valeur de 20000 livres sur quoi il doit 8000 livres, son fonds
de commerce se portant de 40 à 5ocoo livres.
III. Avec les patriotes jusqu'à Tépoque du fœdéralisme.
IV. Ayant paru patriote jusqu'à l'époque du fœdéralisme & à cette
époque grand fœdéraliste. Ayant été président de sa section à l'épo-
que du fœdéralisme & ayant invité certains citoyens à signer la péti-
tion fœdéraliste qu'il avoit lui-même signé & qu'il dit avoir rétracté.
Approuvé. — Détenu,
I. Guillaume LAVOLVÈNE, domicilié depuis 1790 à Toulouse, 3* sec-
tion, âgé de 64 ans, marié, ayant trois enfans ; arrêté en vertu de
l'arrêté du représentant Dartigoeyte du 14 germinal.
II. Ci devant noble, jouissant d'un revenu de 55oo livres pro-
venant de divers biens, sur quoi est comprise l'adot de son épouse de
55 000 livres & 4000 qu'il doit à ses sœurs.
à répoque par ses écrits sur le droit 8c la jurisprudence que le GouTernement Tap-
pela aux honneurs du capitoulat. — Furgolle réunit un très grand nombre de Yoix
pour remplir, en 1790 & 1791* les places de procureur syndic du District & de pré-
sident du Tribunal criminel du Département. Il eut à subir, comme fils de capitoul,
rinça rcétation aux Carmélites, &, quand le représentant du peuple Mallarmé le fit
comparaître devant les commissaires délégués de la Société populaire, l'un d*eux,
Toulza, Taccusa formellement d'avoir été trésorier de la fameuse légion Daspe, dis-
soutt par ordre de l'Assemblée nationale^en 1790. Sur les vives protestations de Fur-
golle, le Comité de surveillance fut chargé par le représentant de prendre des ren-
seignements exacts qui se trouvèrent en contradiction avec ce qu*avait avancé Toulza.
La mise en liberté de Furgolle s'ensuivit le 27 vendémiaire an lil.
75. P. ViGNOLLES, député en janvier 1789 avec Viguié, homme de loi, auprès
des Etats de Languedoc en séance à Montpellier, pour 8*opposer, au nom du tiers
éiat de Toulouse, à l'emprunt de 12 millions que l'administration royale demandait
à la Province sur son crédit, — Vignolles fut de la Commission chargée plus tard de
rédiger le cahier des doléances & entra, dès sa form.iiion, dans la municipalité de
Toulouse. Lors des assemblées fédéralistes, il présida la quatrième section pendant
les séances de juin 1798 8c se montra opposé en tout au parti de la Montagne.
Après la dissolution de ces assemblées de section, Vignolles partit pour Verdun-sur-
Garonne, où, devant notaire, il fit rétractation, le 24 septembre 1793, de sa signa-'
ture apposée sur une pétition qu'on avait déposée au bureau d'Abel, trésorier de la
Commune. Ce désaveu ne l'empèchn pas d'être poursuivi , arrêté comme inculpé
d'incivisme, 8c envoyé aux prisons de Toulouse. Le représenunt du peuple Mallarmé
statua que Vignolles serait maintenu en détention comme s'étant trop compromis
dans l'aventure fédéraliste; mais il dut s'incliner devant un arrêté du Comité de
fvreié générale de la Convention, qui permit à Vignolles de quitter les Carmélites
It 25 brumaire an III.
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98 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS L\ TEUREUR.
III. Ne fréquentant que les gens de la cidevant caste.
IV. D'un caractère paisible, n'ayant jamais manifesté ses opinions
politiques, étant retenu chez lui à cause de ses infirmités. — 76.
Approuvé, — Elargi,
I. Joseph MADRON, domicilié à Toulouse, 5*" section, n^ 78, âgé de
60 ans, ayant cinq enfans; reclus en vertu de l'arrêté du 14 germinal
relatif aux ci devant nobles.
II. Ci devant noble, jouissant d'un revenu de 1403 livres prove-
nant d'un bien de campagne à Seisses & Miremont & de 14OOD livres
en contracts.
III. Avec les cidevant nobles.
IV. D'un caractère tranquille, ayant toujours été concentré dans
sa famille n'ayant pas fréquenté les sections, ses opinions politiques
sont peu connues. — 77.
Approuvée — Elargi.
I. Jean-Oeorge TERSSA.G, donicilié h Toulouse, 6« section,
n** 211, âgé de 57 ans^ cœiibataîre; arrêté depuis le 4 floréal en vertu
de l'arrêté du 14 germinal.
II. Ci-devant noble, ancien militaire, jouissant d'un capital de
21000 livres, par un émigré une rente de 184 livres sur la caisse
d'épargne du c«" Lafargues& d'une pension de retraite de 450 livres.
III. Avec les patriotes.
IV. D'un caractère paisible ^ partisan de la Révolution & dans
l'ancien régime ayant manifesté publiquement des opinions contre
le despotisme en disant que le tiran étoit un frippon ; ayant un frère
émigré. — 78.
Approuvé, — Elargi.
76. G. DE LAVOLVÈNE, seigneur de Leyraguet, ancien officUr supérieur dans
Piémont-Infanterie, arrêté comme suspect le 25 avril 1793, mis en liberté le 24 mai
suivant sur décision du Comité de sûreté générale de la Commune, qui le reconnaît
«c citoyen paisible & ami des Loix », fut encore arrêté en vertu de la mesure du
14 germinal an III contre les nobles & incarcéré six mois. Lavolvène réclama au-
près du Comité de surveillance & reçut avis qu*il ne sortirait pas de prison u parce
qu*il n*avait pas manifesté son attachement à la Révolution, ce qui l'avait fait
comprrndre dans l'arrêté du représentant Dartig^eyte ». Il fut néanmoins élargi le
21 vendémiaire an III.
77. J DE MADRON, auquel sa manière de vivre volontairement « concentrée »
avait permii d*éviter les arrestations d*avril 1793, puis celles beaucoup plus éten-
dues de septembre, ne put échapper à Tarrêté du 14 germinal malgré l'intérêt que
lui portaient ses concitoyens; il n'avait pas, en effet, été l'objet d'inculpations ou
dénonces quelconques de la part des Comités révolutionnaires. Le représentant du
peuple Mallarmé mit en liberté Madron,qiii lui avait présents le tableau de sa vie
civique constatant « qu'il avait assisté aux assemblées primaires, livré ses armes à la
municipalité, fourni à ses frais des équipements pour les volontaires, un cheval
pour les charrois de l'armée des Pyréniis orientales, onze tapisseries aux hôpitaux,
monté sa garde », etc.
73. J.-G. DE FAYDIT DE TERSSAC, capitaine dans Auvergne-Infanterie, cheva-
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CITOYENS UECLUS AUX CARMÉLITES. 99
I. Jean- Baptiste ROUCOUS second, domicilié r* section, n« 208,
âgé de 53 ans, cœlibataire; reclus depuis le 4 floréal en vertu de Tar-
rèlé du Rep' du peuple du 14 germinal.
II. Ci-devant noble, sans profession; jouissant d'une pension de
5oo livres que son fière lui fait étant nourri & logé chez lui.
m. Avec les aristocrates 8c les patriotes indistinctement.
IV. D*ua caractère paisible^ mais aristocrate tenant beaucoup à la
noblesse, n'ayant jamais paru sous le drapeau de sa légion. — 79.
Approuvé . — Elargi provisoirement.
I. Jean VIGUERIE, domicilié à Toulouse, 6* section, n<> 146, âgé de
45 ans, garçon; arrêté en vertu de l'arrêté du 14 germinal comme
cidevant noble.
II. Cidevant noble jouissant d'une pension de i 200 livres & d'un
champ acquis à la Nation, sur quoi il doit 2000 livres.
III. Avec les aristocrates, aristocrate d'un caractère brusque.
IV. D'un caractère brusque, se réjouissant des revers des pa-
triotes. — 80.
Approuvé, — Elargi.
lier de Saint-Louis, se retira après trente-deux ans de service & reçut une pension
du roi. Il n*avait pns été hostile aux progrès de la Révolution, il vivait en bons
termes avec les patriotes lorsque l'arrêté de Dartigoeyte vint l'atteindre 8c l'envoyer
aux Carmélites. Terssnc protesta vainement auprès du Comité de surveillance contre
une arrestation peu en accord avec les sentiments qu'il av.iit jusque-là manifestés.
Il lui fallut attendre pour être élargi l'arrivée du représentant du peuple Mal-
larmé, auquel il présenta un certificat de civisme du Conseil général de la com-
mune de Montesquieu, constatant que a personne plus que Tersac n*a manifesté
d'une manière plus taillante son attachement au nouvel ordre de choses; il a remis
ses armes, porté sa croix de Saint-Louis à la municipalité, prêté le serment ordonné
à tous les pensionnaires de la République. » A Tépoque de son arrestation Terssac
avait deux frères, tous deux officiers dansTarmedu génie; Tun avait émigré. Ta utre,
resté en France, faisait partie du Conseil présidé, à Montlouis, par le général
Da gober t.
79. J.-B. DE ROUCOUS DE SAINT-AMANS tombait sous le coup de l'arrêté de
Dartigoeyte comme fils de capitoul : il eut à subir une détention de cinq mois 8c
reçut sa mise en liberté provisoire du représentant Mallarmé, auquel il prouva
qu'il s'était conformé aux lois tant pour son service de la garde nationale que pour
les dons patriotiques auxquels il a contribué suivant Téiat de ses moyens. La
Société populaire avait reçu le tableau de sa vie civique avec demande de prononcer
fur son sort. Lafont 8c Lonchamp, deux membres de la Société qui avaient opiné
pour l'ajournement, déclarèrent avoir confondu le reclus avec un autre 8c entraî-
nèrent la Société à voter le tableau de Roucous de Saint-Amans.
80. J. DE VIGUERIE, descendant de capitouls, se fit inscrire avocat au Parle-
ment, mais sa santé le mit dans l'obligation d'abandonner le barreau. Électeur de
sa section en 1790 à l'assemblée du Département, nommé, en 1791, adjoint aux
procédures criminelles près les tribunaux établis à Toulouse, il vaquait à son office
sans être inquiété à propos de sa naissance, lorsque parut l'arrêté sur les nobles qui
U fit appréhender 8c conduire aux Carmélites. Le Conseil général de la Commune
lui délivra, le 21 floréal an If, un certificat de civisme, vu 8c approuvé par le
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lOO LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Joseph-Marie-Gabriel DARAM, fils premier, domicîiié à Tou-
louse, 3* section, n* 459, âge de 24 ans, garçon; arrêté le i3 floréal
en vertu de l'arrêté du 14 germinal.
II. Cidevant noble, étudiant avant la Révolution, vivant avec son
père, n'ayant aucune propriété.
III. Avec tous les citoyens de sa caste & les aristocrates.
IV. D'un caractère tranquille, tenant beaucoup à la cidevant
noblesse & aristocrate. — 81.
Approuvé. — Elargi,
K Pierre Antoine LÉTANG, domicilié 7® section, n*" 849, âge de
66 ans, marié, ayant trois enfans; arrêté le 26 germinal en vertu de
l'arrêté du rep* du peuple Dartigoeyte du 14.
IL Ci*devant noble, sans profession, jouissant d'un bien de
valeur de 24000 livres & d'une maison de 10 000 livres, sur quoi est
comprise l'adot de 28000 livres & 12000 livres de dettes.
III. Avec tout le monde indistinctement.
IV. D'un caractère inssouciant, ne s'étant jamais démontré en
faveur de la Révolution. — 82.
Elargi.
!• Joseph DAREXI, domicilié à Toulouse^ r' section, n<> 582, âgé de
47 ans, vœuf, sans enfans; arrêté le 26 germinal, conformément à
l'arrêté du I4«.
II. Ci-devant noble, avant la Révolution aide-major commandant
à S'' Lucie, réformé depuis la Révolution, jouissant avant la Révo-
lution d'un revenu de 36 000 livres, actuellement sans revenu.
IIL Avec tout le monde indistinctement.
Comité révolutionnaire, demandant de laisser en liberté Viguerie « qui a manifesté
des principes patriotiques par ses actes & ses paroles. » Ce certificat, sans effet sur
le Comité de surveillance, reçut meilleur accueil du représentant du peuple Mal<
larme, lequel signa Télargissement pur & simple de Viguerie.
81. J. M.-C. DE DARAM, que la municipalité avait mandé, ainsi que tous les
jeunes gens de Toulouse pour justifier de leur résidence en cette ville, se rendit le
i3 floréal an II à la Maison Commune : là, Tofficier municipal Couderc Tayant
reconnu, le dénonça comme appartenant à la classe des nobles; on se saisit de
Daram & on lenvoya aux Carmélites rejoindre son père qui y était incarcéré depuis
dix-sept jours pour le même motif. Le représentant du peuple Mullarmé lui rendit
sa liberté, d*autant que Daram justifia de son patriotisme & du désir qu'il aurait
eu de suivre ses frères, partis avant toute réquisition dans le corps des dragons, s'il
n'avait pas été réformé pour faiblesse de vue, réforme quatre fois revisée Se quatre
fois trouvée légitime.
82. P.-A. D'ËSCUDIER DE LESTANG, dont Vun des fils était parti volontaire
aux armées, & contre qui « n'existait aucune plainte, dénonciation ou trace d'in-
civisme dans la conduite, 9 sinon que, comme noble, il était tombé sous le coup de
Tarrêté de police générale de Dartigoeyte, obtint, après six mois de réclusion, d'être
compris dans Tanèté libérateur du 21 vendémiaire an III.
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CITOYENS RECLUS AUX CARMELITES. lOl
I V. Ne s'étant pas bien prononcé pour la Révolution, étant près*
que toujours valétudinaire. — 83.
Approuvé, — Elargi,
I. Marcelin LAPORTE cadet, domicilié y* section, n*" 332, âgé de
28 ans, garçon^ arrêté le 26 germinal comme fils de cidevantcapitoul
en vertu de l'arrêté du 14*.
II. Fils de capitoul, ayant été cidevant garde du corps du tiran
espagnol, mais retiré au commencement de la Révolution, jouissant
d'une pencsion de 400 livres que lui fait sa mère.
III. Avec tous les citoyens indistinctement.
l V. D'un caractère paisible, ne s'étant jamais démontré le partisan
de la Révolution. — 84.
Approuvé. — Renseignemens à prendre; diaprés Us renseignemens
prîsy il a été élargi,
I. Marie-Guillaume-François LASPLANES, domicilié 4' section,
n** 61, âgé de 43 ans, marié, ayant 4 enfans dont un à l'armée; reclus
le 24 floréal en vertu de l'arrêté du 14 germinal.
II. Cidevant noble & membre du Parlement de Maupou, 8c chassé
à la rentrée du dit Parlement, jouissant d'un revenu de 5 000 livres,
réduit à 3 000 livres depuis la suppression des droits féodaux prove-
nant de plusieurs propriétés.
III. Avec tous les citoyens indistinctement.
IV. Ne s'étant pas démontré en faveur de la Révolution, étant
d'un caractère fort tranquille. — 85.
Approuvé, — En liberté provisoirement,
88. J. D'ARÉXY, officier d'infanterie, chevalier de Saint-Louis, serrit vingt-cinq
ans aux colonies, rentra en France en 1790 & prit sa retraite deux ans après. Arrêté
une première fois comme contre-révolutionnaire, il fut élargi — chose rare — par
jugement du 3o pluviôse an II, qui déclarait au contraire « que d*Aréxy se condui-
sait en bon & franc républicain. » Arrêté après le 14 germinal^ mais cette fois
comme fils du capitoul P. d'Aréxy, écuyer & trésorier des états du pays de Foix, le
reclus réclama du Comité de surveillance son élargissement que, seul, le représen-
tant du peuple Mallarmé devait lui accorder. D'Aréxy avait à Saint-Domingue
une fortune territoriale considérable, qu*il perdit par la révolte des nègres,
84. M. DE LAPORTE servait, depuis Tannée 1782, dans les gardes du corps du
roi Charles lîl. En 1792, sur les premiers bruits de guerre entre la France 8c l'Es*
pagne, il résolut de rentrer dans son pays & donna sa démission de garde du corpt,
sans vouloir céder aux ofi'res qui lui furent faites d'un avancement rapide s^il con-
tinuait son service auprès du roi : ses camarades blâmèrent vivement son départ &
un duel s'ensuivit dans lequel Laporte fut grièvement blessé au bras. De retour à
Toulouse, il y mena une vie retirée 8c ne fut arrêté que parce qu'il était noble 8c
fils du capitoulJ.-A.de Laporte. Lors de l'interrogatoire du 1 5 vendémiaire an III,
ie représentant du peuple Mallarmé, sur les observations des commissaires délé-
gués de la Société populaire, statua que Laporte ne serait élargi qu'après rensei-
gnements sur la façon dont il s'était comporté depuis sa rentrée en France. Le
résultat de cette enquête fut favorable 8c Laporte mis en liberté.
85. M. G.- F. DE MESCUER DE LASPLANES devînt, lors de l'organisation de
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102 LES RECLUS DE TOULOUSE SOI S LA TERREUR.
I. Jean F' LIGNAG, domicilié à Toulousa en 1798 & depuis à Tar-
mée, âgé de 28 ans, garçon; arrêté & reclus dans la maison des Car-
mélites depuis le 19 thermidor par ordre du Comité rév" comme
fœdéraliste prononcé.
II. Avant la Révolution doctrinaire & professeur de rhétorique
jusques en juillet 1793 & depuis à Tarrnée des Pirénées Orientales;
sans propriétés, vivant du produit des différentes places qu*il a
occupées.
III. Avec tout le monde indistinctement.
IV. Ayant été patriote, fayetiste, feuillant, royaliste & fœdéra-
liste, dangereux par ses talents & signataire d'une pétition libertî-
cide. — 86.
Le Comité observe quil a des dénonces contre lui. — Détenu, — A
prendre un arrêté particulier.
la garde nationale, colonel de la légion de Mondonville jusqiren octobre 1792,
époque où une dénonce le fit traduire devant le Tribunal criminel dont les jurés le
renvoyèrent absous. Tenu en suspicion dès ce moment, malgré des offrandes patrio-
tiques & malgré le départ comme volontaire de son fils unique pour la première
réquisition de 1793, Lasplanes fut la rictime de Tarrété de Dartigoeyte contre les
nobles. Il protesta contre son arrestation auprès du Comité de surveillance de Tou-
louse, auquel il envoya un certificat de la municipalité de Mondonville déclarant
« qu'il n*a cessé d'exhorter ses concitoyens à la pnix, la tranquillité & le respect
des lois, j» Une attestation de la commune de Colomiers lui déclare, le 24 germinal,
que « tant que Lasplanes a vécu à Colomiers il n*a rien fait contre l'unité 8c Tin-
divisibilité de la République. » Plus tard, il obtint le visa de la Société populaire,
du Comité de surveillance de Colomiers & celui du Comité du chef-lieu de canton,
le 5 fructidor an II : il n'aboutit qu'a une liberté précaire sous la surveillance de
la municipalité. Le 3 pluviôse an III, Lasplanes essaya de faire lever cette gène
odieuse, mais le Comité de surveillance de Toulouse , auquel le représentant du
peuple Mallarmé demanda son avis^ répondit qu'il était utile pour la chose publique
de conserver cette surveillance. En effet, Lasplanes avait été dans le temps dénoncé
par les Jacobins comme « aristocrate enragé & fanatique. »
86. F.-G. LIGNAC, professeur de rhétorique au Collège de l'Esquille, embrassa
arec ardeur les idées nouvelles, devint membre de la Société populaire, au nom de
laquelle il harangua souvent les autorités, & marchait dans le sens de la Révolu-
tion, mais en refusant de s'associer aux motions & aux actes de violence, quand
arrivèrent les événements du 3i mai 1793. Elu commissaire de sa section pour la
discussion des adresses de Bordeaux, Nantes & Marseille, «1 proposa aux section-
naires de dissoudre la Société populaire de Toulouse « attendu qu'il n'y avait plus
que^de la canaille dans cette Société depuis qu'on avait chassé de son sein les patrio-
tes 8c les honnêtes gens. » Il appuya la motion d'une force armée à organiher de
suite pour marcher sur Paris au secours de la représentation violée par les Mon-
tagnards, 8c s'éleva avec force contre les Jacobins, disant « que les seuls aristocrates
existaient dans la Convention nationale depuis l'arrestation des députés, ordonnée
les i"8t 2 juin. » Après la chute du Fédéralisme, Lignac se renferma dans l'exercice
de ses fonctions pédagogiques 8c fit prononcer en séance publique à ses élèves,
le 27 juillet 1793, un discours sur la Constitution, un autre sur les troubles de
)*intérieur, 8c le troisième sur les opinions religieuses, ce qui lui yalut une lettre
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CITOYENS RECLUS AÏJX CAUMÉLITES. Io3
I. Jean ATRAL fils, domicilié à Toulouse, 7* section, âgé de 26 ans,
garçon 5 arrêté depuis le 8 messidor par ordre du Comité rév" comme
fœdéraliste prononcé.
II. Sans profession, étudiant avant la Révolution, vivant avec son
père & n'ayant aucune propriété.
III. Avec les patriotes, les royalistes, les feuillants & les foedéra-
listes*
IV. Patriote au commencement de la Révolution & à l'époque du
3i mai fœdéraliste. — 87.
Le Comité observe qu'il a des dénonces contre lu!, — Sursis,
de Compta, adjoint de Chaudron>Rousseau, qui l^inTiuit, au nom du représentant,
« à continuer ses efibrts pour faire triompher la Raison des préjugés 8c du fana-
tisme. i> Le procureur général syndic Descombels demanda même inscription sur les
registres du Département d'une mention honorable du cirismede Lignac, parce que
ce dernier avait proposé de donner aux élèves couronnés des Constitutions répahli^
eaines à la place des livres de prix habituels. En août lyçS, il y eut recherches,
enquêtes, pour connaître les complices du fédéralisme: Lignac quitta alors Toulouse
brusquement pour aller s'engager dans le 9^ bataillon de la Haute>Garonne, où son
intelligence le poussa promptement au grade de quartier>maître 1 quinze mois après
il fut arrêté dans son bataillon en vertu d'une réquisition du Comité révolution-
naire, & Tordre d'arrestation adressé au général de brigade Sol, commandant les
troupes de la République dans la vallée d'Aran, dénonçait Lignac comme fédéra-
liste prononcé. Conduit à Toulouse, reclus aux Carmélites, Lignac se vit refuser
sa liberté par le représentant du peuple Mallarmé, qui signa seulement sa sortie
provisoire de prison pour aller rendre ses comptes à l'administration militaire,
& statua le 22 vendémiaire an III , que Lignac serait maintenu en déten>
tion, n considérant que lors des événements du 3i mai, il a été très coupable, ayant
manifesté des sentiments fédéralistes avec une éloquence dangereuse qui a entraîné
dans Terreur beaucoup de bons citoyens, que Von ne peut, sans nuire à la chose
publique, mettre en liberté cet individu qui en abuserait pour propager ses prin-
cepes antirévolutionnaires. » Les réclamations pressantes du Conseil d'administrst-*
tion du (y* bataillon auprès du Comité de Sûreté générale de la Convention abouti
rent à Télargissement de Lignac le 10 brumaire an III.
87. J. AYRAL, arrêté pour avoir, durant la période fédéraliste, proposé à
Tassemblée de sa section une motion de dissolution de la Société populaire de Tou-
louse, « qui ne répondait plus aux désirs des bons citoyens, » chercha à se disculper
devant le représentant du peuple Mallarmé des dénonces portées contre lui; il
démontra qu'il avait toujours été patriote, qu'il avait dans sa commune planté
l'arbre de la liberté, prêché les décades républicaines m pour faire oublier les diman-
ches 8c fêtes anciennes, » qu'il était membre de la Société des amis de la Constitu-
tion, 8c que, lorsque le général commandant la place de Toulouse eut demandé dt
volontaires pour une expédition pressante 8c secrète contre les troupes espagnoles,
Ayral partit, quoique boiteux, dans les dragons patriotiques; enfin, que loin
d'être le provocateur qu'on Taccusait d*être, il avait montré un grand esprit decon-
ciliation quand, envoyé à Verfeil comme commissaire du Département, il s'occupai
d'apaiser les différends entre la municipalité 8c la garde nationale de Ttndroit. Le
représentant, peu convaincu de ses protestations, décida que des renseignements sur
la conduite civique d'Ayral seraient pris avant de penser à sa mise en liberté : elle
eut lieu au mois de brumaire an III. Ulcéré par cette injuste détention, Ayral s'en
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I04 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Ouillaume ATRAXi père, domicilié à Toulouse, 7* section, âgé de
60 ans, marié, ayant deux enfans; arrêté depuis le 16 thermidor par
ordre du Comité rév*^ comme suspendu de ses fonctions pour caus«
de fœdéralisme.
II. Sans profession avant la Révolution & depuis ayant été
' administrateur du District de Toulouse, suspendu, jouissant d*un
revenu d'environ 1800 livres provenant de divers biens sur quoi est
comprise Tadot de sa femme se portant à 9600 livres.
III. Avec les patriotes jusqu'à l'époque du fœJéralisme.
IV. Reconnu patriote & ayant doné dans le fœdéralisme, d'un carac-
tère tranquille & homme probe. — 88.
Approuvé, — Mw en liberté par arrêté du 22 brumaire.
L Jean^FrançoU BON, domicilié à Toulouse, 3' section, âgé de
77 ans, marié, sans enfans; arrêté depuis le 26 germinal en exécu-
cution de l'arrêté du 14.
II. Sans profession, jouissant d'un revenu net de 700 livres pro-
venant d'une partie de maison sur laquelle est comprise l'adot de sa
femme.
III. Très solitaire.
IV. D'un caractère paisible, ses opinions politiques peu conues
étant fort retiré. — 89.
Le Comité observe qu^il est en arrestation che'{ lui. — Vu son grand
âge, — Elargi définitivement.
I. Jean-Jacques VAISSIÉ, domicilié à Toulouse, 7' section, âgé de
59 ans, marié, sans enfans, divorcé depuis 6 mois & fiancé depuis
Tengea en poursuirant plus tard & dénonçant les Jacobins dans le journal VAnti~
*- Terroriste àont il était un des principaux fondateurs.
88. J AYRAL, deux fois maire de la commune Le Pin, électeur nommé par les
Assemblées primaires à Tépoque du i^' août 1792, élu membre de TAdministration
du District dont il derint peu de temps après le président, arait été oublié dans
l'arrêté du iSaoût 1792, qui sacrifia tant de fonctionnaires suspects de fédéralisme.
Dénoncé par un Jacobin zélé au Comité de surreillance, Ayral fut suspendu It
9 octobre 1793; mais le procureur général syndic Descombels ne lança que dix mois
après Tordre d'incarcération. A la suite de Tinterrogatoire du i5 vendémiaire
an III, il fut statué sursis à Télargissement du reclus. Ses amis intervinrent auprès
du représentant du peuple Mallarmé, & Ayral sortit de prison le 22 brumaire
an III.
89. J.-F. DE Bon, seigneur de Savignac-del«Rey, auquel son grand ige interdisait
réiliigration, vivait aussi retiré que possible chez lui, lorsque Tarrété du 14 germi-
nal lui fut signifié. Il réclama du Conseil général de la Commune un certificat de
civisme qui l'aurait délivré de réclusion { mais le Conseil général, sur l'avis ties
bureaux de Sûreté générale 8c de civisme, repoussa sa pétition. Tombé-malade en
prison, on l'autorisa à sortir provisoirement pour être soigné chez lui. Si c'est dans
1 cette situation qu'il attendit le mfment où les portes des Carmélites s'ouvrirent pour
-lui comme pour d'autres que le représentant Mallarmé venait délivrer.
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. lo5
cette époque; reclus depuis le i5 messidor en exécution de l'arrêté
du 14 germ*'.
II. Ci-devant noble, jouissant d'un revenu d'environ 6690 livres
provenant de plusieurs biens, plus d'un capital de 5oooo livres pla-
cés sur les propriétés de plusieurs guillotinés & partie sur la Nation
& d'une maison en ville.
III. Avec tout le monde.
IV. D'un caractère tranquille & égoïste, ne s'étant pas prononcé
en faveur de la Révolution. — 90.
Approuvé. — Elargi,
I. Camille GAMPËRAN, domicilié à Toulouse, i" section, âgé de
20 ans, garçon; reclus depuis le 26 germinal en exécution de l'arrêté
du ï4*.
II. Ci-devant noble; avant la Révolution étudiant, depuis chas-
seur à cheval dans le dépôt de cavalerie; en pouvoir de père.
III. Avec les gens de sa ci-devant caste.
IV. D'un caractère tranquille, n'ayant rien fait pour la Révolu-
tion.— 91.
Approuvé, — Elargi i charge de rentrer dans le service.
\. F^-Joseph LESPINASSE père, domicilié à Toulouse, 5* section,
âgé de 78 ans, veuf, ayant un fils âgé de 47 ans; reclus depuis le
27 germinal en exécution de l'arrêté du 14*.
II. Ci-devant noble, jouissant d'un revenu de 1 100 livres prove-
nant de sa métairie, plus d'une pension de retraite de 6co livres sur
les travaux de la cidevant Province.
III. Avec tous les citoyens.
IV. D'un caractère paisible; ses opinions foedéraiistes. — 92.
90. J.-J. DE VAISSIER aurait du être arrêté le 14 germinal an II puisqu^il était
fils & nevea de capitouls, risê par conséquent par la mesure prise contre les nobles,
mais il avait à son actif des dons patriotiques, des versements à l'emprunt forcé,
réquipement militaire d'un cavalier jacobin, & surtout son affiliation à six
Sociétés populaires : c'était un ensemble de preuves comme cherchaient à en ras-
sembler les malheureux suspects pour faire oublier aux sans-culottes qu'ils digé-
raient d'eux soit par la naissance, soit par la fortune. Il arriva cependant un
moment on, malgré ses sacrifices de toute sorte, Vaissier fut incarcéré aux Carmé-
lites : sa réclusion cessa le 21 vendémiaire an III.
91. C. DE CAMPFERRAN, engagé volontaire aux chasseurs à cheval, était arrivé
depuis peu de Tarmée des Pyrénées-Orientales & servait au dépôt de cavalerie de
Toulouse où Pavait envoyé un ordre du général commandant la cavalerie à Perpi-
gnan, lorsqu'il fut mis en é:at d'arrestation le 26 germinal an II, amené à la mai-
son paternelle & de là aux Carmélites. Le Comité de surveillance ne donna aucune
suite à ses réclamations, mais le représentant du peuple Mallarmé, auquel Camp-
ferran avait demandé de « rendre un homme de vingt ans à la liberté 8c un déten-
teur à la patrie », lui accorda d'aller aux frontières retrouver ses compagnons
d'armes.
92. J.-F. DE LESPINASSE, ancien officier dans Lyonnais-Infanterie, vivait
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106 LES UECLUS DE TOI LOrSE SOUS LA TERREUR.
Le Comité pense quil n'est pas dangereux^ â cause de son grand âge;
ce qui Va fait mettre en arrestation che\ lui, — Elargi définitivement.
I. Henri-Louis FERRAND, domicilié à Toulouse, 3' seclion, âgé
de 53 ans, cœlibatairej reclus depuis le 3 messidor, comme ayant été
suspendu des fonctions de maire par arrêté des Rep'» Chaudron-
Rousseau & Baudot.
II. Ancien militaire, ci-devant chevalier de S*-Louis. Depuis la Ré-
volution officier muuicipal, elu maire en 1793 & en a exercé les fonc-
tions jusqu'à l*époque de sa suspension, jouissant avant la Révolu*
tion d'une penssion de i 600 livres.
III. Avec les patriotes.
IV. D*un caractère assez vif; ayant été patriote jusqu'à Tépoquedu
fœdéralisme; au 3i mai, fœdéraliste. — 93.
Approuvé, — Elargi,
I. Jean CARELY, domicilié à Toulouse, 3' section, âgé de 26 ans,
garçon; reclus depuis le 16 messidor; arrêté par la municipalité.
II. Avant la révolution étudiant, depuis procureur de la commune
désintéressé dt la politique^ il parrint à obtenir de ne pas aller en réclusion, mais
de rester en arrestation dans sa demeure & sans garde. Il n'arait été l*ob)et d'au-
cune accusation ou dénonce antérieurement à l'arrêté du représentant Dartigoeyte,
& le représentant Mallarmé, d'accord avec les délégués de la Société populaire,
jugea qu'on pouvait sans danger pour la chose publique rendre à Lespinasse sa
liberté, d'autant plus que. le reclus présentait un délibéré du Conseil généra] de la
Commune qui, dès le 8 floréal an H, approuvait sa mise en liberté, a tu le grand
&ge du pétitionnaire, sa vie tranquille & retirée ».
93. H.-L. DE FERRANI), capitaine dans Anjou-Infanterie, chevalier de Saint-
Louis, retiré à Toulouse, fut des premiers à exalter le nouvel état de choses qu'a-
mena avec elle la Révolution. Capitaine, puis colonel en second de la légion de
Saint-Sernin, il assiste comme député à la Fédération du 14 juillet 1790 à Pxris;
reçu, à son retour, membre de la Société patriotique, élu officier municipal de la
commune de Toulouse, il remet à la municipalité sa croix de Saint- Louis dont il
abandonna la pension en faveur de quatre citoyens blessés à la guerre. Elu maire le
4 juillet 1793 en remplacement de Derrey mandé le 24 juin précédent à la barre
de la Convention nationale, son premier soin est de dissoudre le Comité de sûreté
générale dont il connaissait les opinions modérées. Ses mesures ultérieures ne
satisfirent pas les Jacobins, qui le trouvaient vraiment trop tiède. Pour s'en débar-
rasser, ils le dénoncèrent comme fédéraliste. Suspendu de ses fonctions de maire le
i3 août 1793 par les représentants du peuple en mission dans la Haute-Garonne,
Ferrand, arrêté le 20 vendémiaire an II & incarcéré aux Carmélites, demanda des
explications au Comité de surveillance qui lui répondit seulement le 17 fructidor
« qu'ayant été suspendu comme maire 8c non réintégré dans ses fonctions pour
cause de fédéralisme, il se trouvait compris dans la classe des citoyens réputés sus-
pects ». Dès l'arrivée du représentant du peuple Mallarmé, le reclus fit appel à sts
sentiments de justice « pour rendre à la patrie un vertueux républicain, disposé à
en donner les preuves aux dépens de sa vie ». Ferrani fut mis en liberté le 21 ven-
démiaire an m.
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. I07
de Vacquiés & membre du bureau de concilialion du district de Tou-
louse jouissant d*uu domaine national de valeur de 4000 livres.
III. Avec les patriotes.
IV. D'un caractère tranquille, ayant demandé l'arrestation d'un
patriote chaud lors du fœdéralisme. — 94.
Le Comité observe que d'après les renseîgnemens qu'il a pris ^ ce
citoyen a combattu le fœdéralisme dans sa section, — Elargi,
I. Louis LEFÈVRE , domicilié à Toulouse, 6* section, âgé de
54 ans, marié, ayant deux enfans; reclus depuis le 1" thermidor par
ordre du Comité rév'* comme destitué de sa place de receveur du dis -
trict.
II. Avant la Révolution employé dans la régie, depuis receveur du
district, jouissant d'un revenu de 2400 livres provenant de ses biens
& d'une inscription sur le grand livre delà dette n*"''de 17 000 livres
III. Avec tous les citoyens.
IV. D'un caractère modéré, ayant entretenu une correspondance
suspecte qui lui a mérité la réclusion, & que le Comité a entre ses
mains. — 95.
Approuvé, Elargi provisoirement.
94. J. CARRER Y, dénoncé par les Jacobins comme ayant demandé, au temps du
Fédéralisme, à sa section assemblée dans la ci-devant église Saint-Rome, la dissolu-
tion de la Société populaire & la mise en liberté des prisonniers politiques; arrêté
dans la Maison Commune où il était venu pour araires, incarcéré aux Carmélites
malgré ses protestations indignées, fit remarquer au représentant du peuple Mal-
larmé, quand il comparut devant lui le i5 vendémiaire an III, qu'il avait passé
« par le creuset épuratoire du 16 frimaire an II », alors qu'il remplissait les fonc-
tions d'agent national, conformément au décret sur le mode du Gouvernement pro-
visoire & révolutionnaire. Le Comité de surveillance, mis en cause par Mallarmé^
se défendit d'avoir ordonné l'arrestation 8c en accusa la municipalité. Il résulta des
renseignements particuliers pris par le Comité sur Carrery qu'il avait été victime,
— comme tant d'autres, — d'un abus d'autorité, & que la municipalité considérait
Carrery comme étant justement puni d'avoir réclamé l'arrestation du sans-culotte
Mouquet lors des événements du 3i mai. Sur l'avis du Comité, le représentant signa
l'élargissement de Carrery.
90. L. LE FÈVRE dirigeait à Toulouse, au moment où éclata la Révolution, la
Régie des Fermes générales; cette institution ayant été détruite par l'Assemblée
constituante. Le Fèvre fut élu, le 16 septembre 1793, receveur du District, &, en
cette qualité, eue à s'occuper d'achever dans son ressort la nouvelle organisation
des finances, tâche considérable dont il s'acquitta à la satisfaction de tous. En 1 798,
Lacan, perruquier, & Boyer, coiffeur, apportèrent à son bureau 1,848 livres de
numéraire qu'ils avaient découvert dans une perquisition illégale opérée chez
M™' de Finiels, & ils exigèrent que moitié de la s^mme leur fût comptée, l'autre
moitié appartenant à la République en vertu de l'arrêté du 3? septembre 1793 du
Conseil général de la Haute-Garonne relatif aux espèces métalliques. Le Fèvre
refusa d« payer, à moins d'établir au préalable un procès-verbal constatant de
quelle manière la somme confisquée était parvenue aux mains de Lacan & Boyer.
Ces deux individus, créatures du procureur général syndic Ocscombels, allèrent
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108 LES HtCLUS DE lOlLOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Laurens-Joseph FAURE, domicilié à Toulouse, S"" section, ma-
rié, ayant 4 enfans; arrêté depuis le 4 messidor comme fonctionnaire
public destitué pour cause de fœdéralisme.
II. Avant la Révolution homme de loi, depuis suppléant au tri-
bunal judiciaire — juge de paix, jouissant d*un revenu d'environ
1 5oo livres provenant de divers biens sur quoi il doit environ
6000 livres.
III. Avec tous les citoyens.
IV. D'un caractère vif, ayant été patriote jusqu'au 3i mai S: à
cette époque fœdéraliste. — 96.
Approuvé, — Elargi.
I. Bernard GRASSET, domicilié à Toulouse depuis 2 ans, âgé de
5J ans, fiancé. Reclus depuis le 26 germinal en exécution de l'arrêté
du 14* & y retenu par arrêté du Comité de sûreté généralle.
II. Ci-devant seigneur, jouissant avant la Révolution d'un revenu
de 4000 livres provenant d'une terre ci-devant seigneurialte à Auri-
gnac, départ* des Hautes-Pirénées, plus d'un petit domaine dans le
district de Toulouse; depuis la Révolution mêmes propriétés.
III. Avec les patriotes depuis qu'il habite Toulouse, ainsi qu'il
l'a été attesté par une Comissiou de patriotes , ses voisins de
TArdène.
aussitôt se plaindre à leur chef, qui se rend à la Société populaire de Toulouse,
dénonce le receveur du District en le Mxant d'aristocratie, obtient la destitution de
Le Fèvre, son arrestation & son remplacement par Lacan jeune, avec ordre impé-
rieux à Boisfranc & Guillermin, « les plus riches aristocrates de la ville » d*étre
vis«à-vis de TEtat les cautions du besogneux Lacan, le premier pour 3o,ooo livres
& le second pour 179,000 livres. On surprit à la bonne foi du représentant du peu*
pie Paganel un arrêté approuvant les mesures de la Société populaire, mesures qui
ne furent notifiées à Le Fèvre que quatre mois après son incarcération. Lorsque le
représentant du peuple Mallarmé vint interroger les reclus des Carmélites, il se
rendit compte du déni de justice dont Le Fèvre était victime, ordonna sa mise en
liberté par arrêté du 21 vendémiaire an III & statua, par Tarrêtédu 7 frimaire sui-
vant, qu'il serait réintégré dans le plein exercice de ses droits de citoyen 8c dans
ses fonctions de receveur du District « dont Lefèvre n*avait été suspendu que sur des
motifs vagues (les vrais n^avaient pas été donnés); considérant que les principes de
la plus rigoureuse justice commandent de rendre à des fonctions dont il avait été
investi par la voix du peuple un citoyen qui a été honorablement acquitté d*im-
putations calomnieuses ». Cependant, sur les observations de l'agent national du
District qu'il y aurait des inconvénients pour la comptabilité publique à ce que
l'ancien receveur entrât immédiatement en fonction, la réintégration de Le Fèvre
fut renvoyée au 1" nivôse an IIL
96. J.-L. FAURE fit partie, comme juge suppléant, du Tribunal du district dès
sa formation; élu juge de paix, réélu en 1792, dénoncé comme fédéraliste, & sus-
pendu par l'arrêté arbitraire de septembre 1793, il fut incarcéré aux Carmélites dix
mois après, 8c n'en sortit qu'en invoquant en sa faveur l'application de la loi du
jf^* jour complémentaire de l'an IL
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. I09
IV. D'un caractère assez vif, mais d'une conduite tranquille, ses
opinions politiques peu conûes. — 97.
Le Comité observe que ce citoyen a prouvé qu^iî rCétoît pas noble.
Sursis à prendre des renseignements près du Comité de surveillance de
Toulouse sur le fait d'émigration.
I. J"-F»-MaPie SËGLA, domicilié à Toulouse, 2« section, n» 285,
âgé de 5i ans, garçon. Reclus depuis le 26 germinal en vertu de
l'arrêté du 14* relatif aux cidevant nobles.
II. Cidevant noble, jouissant d'un revenu d'environ i 600 livres
provenant de divers contracts; depuis la Révolution même propriété
sur quoi il doit 3oo livres.
III. Avec tout le monde indistinctement.
IV. D'un caractère paisible, ne s'étant jamais démontré en faveur
de la Révolution. — 98.
Approuvé. — Elargi,
97. B. DE GRASSET, seigneur baron d^Aurignac, possédait dans les Pyrénées des
forets considérables au sujet desquelles sa fdinille & la commune d'Aurignac plai-
daient depuis quatre-vingts ans ; le procès se termina en 1783. De prétendues char-
tes, que la commune disait avoir découvertes dans le but de renouveler le procès,
furent reconnues fausses par jugement du Conseil royal au mois de mai 1789. Les
habitants d'Âurignac, furieux de cette décision, profitèrent de la Révolution pour
former des attroupements qui, armés de fusils, se portèrent de nuit sur le ch&teau,
en chassèrent les gardes, & se jetèrent le lendemain dans les bois où tout fut dévasté.
Comme suite à cette déprédation, treize autres propriétés de Gr<is$et furent entière-
ment ruinées, & quant à lui, pour ne pas être assassiné, il dut se réfugier à Tou-
louse. Il y fut dénoncé à tous les Comités comme émigré; la Convention même était
siiisie de dénonciations contre lui le 24 prairial an II. Dans Thiver de 1792 a 1793,
le Comité de surveillance de Bagnères prépara une liste de suspects sur laquelle on
inscrivit Grasset, bien qu'il eût été nommé en 1791 membre du bureau de concilia-
tion du Tribunal du district. Sur ses réclamations, le Conseil général de la Com-
mune le raya de la liste à condition que Grasset rapportât un certificat de civisme
de la municipalité de Toulouse où il habitait depuis près d'un an. Dénoncé encore
le i'* octobre 1793 comme suspect, Grasset est conduit à la Conciergerie de Tou-
louse; il la quitte le mois suivant après examen de sa conduite qui démontra son
civisme. Mais le 21 nivôse an II les administrateurs du district de Barèges & le
Comité de surveillance de cette ville écrivent à leurs collègues de Toulouse concer-
nant Grasset, « ce scélérat, ce petit Néron, persécuteur de ses cydev<int vassaux, qui
a obtenu un certificat de civisme : il faut réparer l'omission & Tincarcérer », & un
marché est proposé : contre Grasset à coH'rer, Bagnères livrera un Toulousain, le
marquis de Saint'Simon, qui s'y est réfugié. La chose traînait quand la mesure du
représentant Dartigoeyte contre les nobles fit incarcérer Grasset, cette fois sans
rémission, aux Carmélites où il demeura sept mois reclus & il ne dut son élargis-
sement par le représentant du peuple Mallarmé qu'aux renseignements favorables
du Comité de surveillance. Grasset, sorti de prison, réussit à faire rayer son nom de
la liste des émigrés le 28 ventôse an III en obtenant un arrêté du Comité de sûreté
générale de la Convention.
98. J.-F.-M. DE SEGLA reclus, simplement parce qu'il était noble, s^adressa
après son arrestation aux membres du Comité de surveillance pour protester du
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IIO LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. J"-AIexi8 LANES9 domicilié à Portet, canton forin de Toulouse,
âgé de 42 ans, marié, ayant 3 enfans, arrèié depuis le 2 floréal par
mesure de sûreté comme incivique & suspect.
H. Avant ta Révolution notaire; depuis également, ayant été
secrétaire greffier de la commune, jouissant d'un revenu d'environ
5oo livres provenant d'un bien de campagne situé dans la commune
de Portet.
JII. Avec tout le monde indistinctement.
IV. D'un caractère fort vif; ayant menacé les comissaires envoyés
pour le recenssement des grains de protester contre leurs opéra-
tions. — 99.
Approuvé. — Elargi provisoirement,
I. Jean-Baptiste CASSAIGNE, domicilié à Périole, canton de Tou-
louse, âgé de 41 ans, marié, sans enfans; reclus depuis le 19 floréal
en exécution de larrèlé du rep' Dartigoeyte du 14 germinal.
II. Ci-devant noble, avant la Révolution homme de loi, depuis
sans profession, ayant exercé les fonctions de notable dans la com-
mune de Périole; jouissant d'un revenu d'environ i 200 livres pro-
venant de diversses propriétés.
III. Avec tous les citoyens indistinctement.
IV. D'un caractère tranquille, n'ayant jamais paru l'ami de la
Révolution & s'étant prononcé ouvertement en faveur du fœdéra-
lisme à l'assemblée de la section. — 100.
Approuvé. — Elargi,
cirisme qu*il avait toujours manifesté par sa soumission aux lois, par son service
assidu dans la légion de la Dalbade où il était lieutenant de la 8™* compagnie, par
ses dons patriotiques souvent renouvelés ; de plus, une chute dans le feu au moment
de son arrestation Pavait menacé d'être privé de la vue & de Tusage de son bras
droit. Pour tonte réponse, le Comité se borna 9 le maintenir en détention. Segla
ne fut mis en liberté que le 21 vendémiaire an III, la municipalité lui ayant refusé
à deux reprises, le 8 floréal & le 3 messidor an II, son certificat de civisme.
99. J.-A. LANES, secrétaire-greffier des communes de Portet, Lacroix-Fa Igarde,
Pinsaguel 8t Vigoulet « y propagea Tesprit public », comme on disait à Tépoque.
Lors de l'épuration des membres de la Municipalité 8c de la Société populaire de
Portet, Lanes recueillit en sa faveur l'unanimité des sucrages de la commune, mais
il eut l'audace de vouloir ramener aux principes de la loi du 14 frimaire an II les
commissaires Hubert, Orliac (de Montréjeau) 81 Champié chargés de présider à
l'épuration des municipalités; ce fut occasion de leur part d'une dénonciation en
règle au procureur général syndic Descombels qui fit arrêter Lanes comme « homme
suspect, aristocrate, intrigant, meneur dangereux de toute la commune de Portet ».
Le représentant du peuple Mallarmé signa son élargissement.
100. J.-B. DE CASSAIGNE, fils de T.-J. de Cassaigne, procureur au Parlement 8c
capitoul en 1778, était membre du Conseil général de la commune de Balma» com-
missaire pour l'assiette des nouvelles contributions, notable en 1790 8c réélu en
1792. L'arrêté du représentant du peuple Dartigoeyte du 26 ventôse an II inscrivit
Cassaigne au nombre des fonctionnaires que l'épuration avait épargnés dans le dis*
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. III
I. Louis-Jean-Joseph VAISSE cadet, domicilié à Toulouse, 3" sec-
tioii, n** 664, âgé de 48 ans, marié sans enfans, reclus aux cidevaiit
Carmelittes depuis le 26 germiual eu exécutiou de Tarrété du 14*.
IL Ci-devant noble & ci-devant chevalier; avant la Révolution
vivant avec son père, depuis jouissant i'une penssion de 400 livres
que lui fait sa mère.
III. Avec tous les citoyens indistinctement.
IV. D'un caractère fort tranquille, n'ayant pas manifesté des opi-
nions contraires à la Révolution. — ici.
Le Comité observe qu'il est infirme. — Elargi définitivement.
I. Firmin ABADIE, domicilié à Toulouse, 5* section, âgé de 19 ans,
garçon; reclus depuis le 26 germinal en exécution de l'arrêté du rep'
Dartigoeyte du 14".
II. Fils de ci-devant capitoul; avant la Révolution en pouvoir de
père, depuis jouissant d'un revenu d'enviion 400 livres provenant
de sa légitime.
III. Avec tous les citoyens indistinctement.
IV. D'un caractère tranquille, n'ayant j)as manifesté des senti-
ments contraires à la Révolution. — 102.
Le Comité observe qu'il est en arrestation che'{ lui pour cause de ma-
ladie, — Elargi définitivement,
I. Michel ROUZIL dit SANS-GÊNE, domicilié à Toulouse, 2" sec-
tion, âgé de 29 ans, marié, ayant trois enfans; arrêté à Bayonne par
ordre des rep* du peuple Monestié dans le corps des chasseurs de
Toulouse où il servoit en qualité de capitaine le 17 nivôse.
trict de Toulouse. Il n^en fut pns moins incarcéré comme fils de noble après le
14 germinal an II, 8c dut subir une longue réclusion durant laquelle il demanda
au Conseil général de la commune de Toulouse un certificat de civisme qui lui fut
refusé après délibération sur son compte du 3 messidor an II. Cassaigne s'adressa
alors à la municipalité de Périole pour obtenir ce document si nécessaire à un sus-
pect; elle le lui accorda en constatant ses dons patriotiques, ses achats de grains
pour les citoyens indigents & sa conduite « qui a toujours éré celle d\in vertueux
républicain ». L'arrêté du 21 vendémiaire an III mit Cassaigne en liberté.
101. L.-J.-J. DE VAISSE, seigneur de Roquebrune, donna le iS frimaire an II
au receveur du district de Toulouse 10,000 livres pour être employées dans l'em-
prunt volontaire conformément à la loi du 24 août 1798 ; malgré ce sacrifice il fut
encore inscrit sur l'emprunt forcé au profit des sans-culottes indigents, enfermé
comme noble, maintenu en détention comme « aristocrate » sept mois durant,
avant de pouvoir faire valoir devant le représentant Se les commissaires délégués de
la Société populaire les raisons qui justifiaient son élargissement.
102. F. de L'ABADIE, dont le père était capitoul en 1764, n'avait pu être trans-
porté à la prison des Carmélites, vu son état de santé; on laissa donc en réclusion
chez lui ce valétudinaire fort peu dangereux pour le nouvel état de choses, jusqu'au
moment où le représentant Mallarmé l'eut compris dans son arrêté libérateur du
21 vendémiaire an III.
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112 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
II. Avant& depuis la Révolution, militaire; jouissant d'une petite
maison de 600 livres de revenu, sans autre propriété.
III. Avec les patriotes.
IV. Ayant toujours été patriote, d'un caractère vif. — lo3.
Le Comité observe quil a subi trois mois de prison, à suitte d'un juge^
ment rendu contre lui à Bayone^ pour avoir diverti quelque argent des
soldats & quil fut traduit à Toulouse par Varretè du rep^ du peuple & mis
sous la surveillance de la municipalité, — Sursis à statuer jusqu*après la
communication de Yarreté de Monestié qui doit être entre les mains de la
municipalité de Toulouse,
I. Jean-Louis-Samuel SANCAN, domicilié à S^ Agne, âgé de 44 ans,
garçon; reclus aux ci-devant Carmélittes depuis le 5 octobre dernier.
II. Avant la Révolution prêtre non fonctionaire; depuis la Révo-
lution, il a accepté la place de vicaire à S' Agne; jouissant d'un
revenu de 3oo livres.
III. Avec tout le monde indistinctement.
IV. D'un caractère tranquille, ayant donné des preuves de ci-
visme, s'étant toujours soumis aux lois. — 104.
io3. M. ROUZIL, capitaine de la septième compagnie des chasseurs de Toulouse,
traduit devant un Con:>eil de guerre, condamné pour dilapidations, fut suspendu
de ses fonctions par Garrau, représentant du peuple en mission près Tarmée des
Pyrénées occidentales La cinquième demi brigade d'infanterie légère ayant à for-
mer un deuxième bataillon, Rouzil réussit à m faire élire par les soldats capitaine
d'une compagnie de ce bataillon, mais le représentant du peuple Monestié, dès
qu*il eut connaissance du fait, renvoya Rouzil de son corps comme tn</f^ne^ Tadressa
au Comité de surveillance de Toulouse qui le mit provisoirement en réclusion aux
Carmélites. Ce provisoire dura un an : le représentant du peuple Mallarmé refusa
les explications de Rouzil & le maintint en détention : cependant il dut l'élargir
le 17 frimaire an III, sur les instances du Comité révolutionnaire qui déclare que
« Rouzil s'est bien conduit devant l'ennemi, qu'il s'est rendu coupable de dilapi-
dations, qu'il paroit d'après cela qu'il n'est pas dangereux pour la chose publique
tant qu'il n'aura pas le maniement des deniers nationaux, le Comité est d'avis
qu'il jouisse de sa liberté, m
104. J.-L.-S. SANCAN devint, après la Constitution civile du clergé, vicaire
assermenté de Ramonville (ci-devant Saint- Agne). Arrêté comme « fanatique « sur
l'ordre du représentant du peuple Chaudron-Rousseau le 27 septembre 1793, Sancan
demeura onze mois reclus aux Carmélites. Le 1 1 prairial an II le Comité de sur-
veillance dîlibéra que « vu l'attestation de la commune de Saint-Agne qui prouve
qu'on n'a rien à imputer à Sancan, qu'il s'est conduit en bon patriote vu qu'il a
abdiqué son cydevant état de prêtre & qu'il se trouve snr la liste imprimée par
ordre de l'agent national près le District, vu qu'il est de la classe des sans-culottes
8c qu'il n'a été arrêté que par la mesure générale, le Comité pense qu'il peut être
mis en liberté. » Sancan, malgré cet avis favorable ne fut élargi que le 21 vende-
an III : il avait demandé au représentant du peuple Mallarmé de « réparer l'injus-
tice commise en rendant un bon patriote à la liberté longtemps comprimée par le»
hipochrites «.
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. Il3
Le Comité observe quil a eu donc un avis favorable pour le rendre à
la liberté, — Elargi.
I. Alexandre SAMBUGI dit MIR, domicilié à Toulouse depuis le
9 septembre 1792 (v. s,)> âgé de 36 ans, marié, ayant 5 enfans en bas
âge; reclus depuis le 26 germinal conformément à Tarrèté du 14*.
II. Fils de capitoul, jouissant avant la Révolution d'un revenu de
4000 livres provenant de ses divers biens. Depuis la Rév<^" mêmes
propriétés dont le revenu a diminué par la suppression des droits
féodaux.
III. Avec les aristocrates.
IV. Ayant tenu une conduitte aristocratique très contraire à la
Révolution; ayant quitté sa commune après la destruction du club
monarchique & s'étant réfugié dans une campagne avec une troupe
de gens de sa trempe, où dans son antique splendeur il vivoit au
milieu des cultivateurs fanatisés. Il ne remit point ses titres féodaux
malgré les demandes qui lui en furent faittes, ainsi qu'il ce résulte
de la dénonce faitte par la commune de Millau. — io5.
Approuvé, — Sursis jusqu^ après avoir entendu le district de Milaud
& le Comité de surveillance. — Elargi par arrêté du 25 brumaire.
I. Laurens OLIVIER, domicilié à Bruyères, âgé de 42 ans, arrêté
depuis le 25 messidor par ordre de Tagent national près le district.
II. Arpenteur, cordonier & greffier de la commune, vivant du
produit de son travail.
III. Avec les patriotes.
io5. A. de SAMBUCY, seigneur de Miers, fut arrêté autant comme fils de capi-
toul que comme dénoncé par un club de Millau « d'être aristocrate, d'avoir été
membre d'un club monarchique, d'avoir quitté Millau après sa suppression, & de
n'avoir pas voulu remettre ses titres féodaux. » Sambucy n'eut connaissance de
cette dénonciation que lorsqu'il comparut devant le représentant du peuple Mal-
larmé & les commissaires délégués de la Société populaire. Il démontra la fausseté
de la dénonce & prouva qu'il avait assisté en mars fiç à l'assemblée de la séné-
chaussée, qu'il avait porté la cocarde tricolore, qu'il s'était retiré dans sa terre de
Saint-Bazely le 8 mars 1792, — c'est-à-dire longtemps apiès la dissolution du club
monarchique qui avait eu lieu en mai 91, & qu'il avait offert ses titres féodaux à
la municipalité de Millau le 29 août 1793. Comme il ne pouvait pas présenter de
certificat de civisme — la municipalité de Toulouse le lui avait refusé -— il resta
encore en détention, le représentant Mallarmé ayant statué sursis à la mise en
liberté du reclus qui ne sortit des Carm'élires que le 25 brumaire an III, à la suite
des renseignements à fournir par l'agent national près le district de Millau lequel
après information écrivit à propos de Sambucy : u il n'est pas d'un caractère assez
décidé pour nous paraître dangereux, nous pensons donc qu'en faisant application
des principes de justice & de clémence qui sont heureusement rais en pratique, il
doit jouir de la liberté, sauf à le faire plus particulièrement surveiller par les auto-
tés constituées. »
8
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114 ^^^ RECLUS DE TOULOUSE 80l»S LA TERREUU.
IV. D'un caractère paisible, ses opinions politiques nous sont
peu conûeSy n*étant pas de ce canton. — ic6.
Le Comité observe qu^îl a écrit plusieurs fois au comité de Balantou
pour en avoir des renseignemens sans quil aye jamais répondu. — Elargi,
I. Jean-F*-Mari6 FAJOLE aine, domicilié à Toulouse, 5"' section,
n* 398. Cœlibataire âgé de 41 ans. Reclus depuis le 26 germinal en
exécution de l'arrêté du rep* du peuple Dartigoeyte du 14.
II. Cidev. conseiller au cidevant Parlement ayant fait liquider sa
charge le 22 avril 1792 (v. s.) jouissant d'un revenu d'environ
I 5oo livres provenant de son bien de campagne.
III. Avec les aristocrates.
IV. D'un caractère tranquille. Ses opinions sont peu conûes étant
retenu chez lui par ses infirmités. — 107.
Approuve, — Elargi»
I. F«- Bernard -Marie FAJOLE cadet, domicilié a Toulouse,
5*' section, âgé de 40 ars, cœlibata re, détenu chez lui depuis le
22 aoust dernier en exécution d'un arrêté du Rep^ du peuple &
transféré aux Carmélittes depuis le 12 floréal.
II. Cidev. conseiller au cidev. Parlement jouissant d'un revenu
d'environ 1000 livres provenant de ses biens.
III. Avec les aristocrates.
106. L. OLIVIER, qui n^aYait été incarcéré aux Ca-mélites que sur des propos
▼agues 8c pour des faits dont on rincnminait sans preuves, fut élargi pir le repré-
sentant du peuple Mallarmé auquel il avait, pour sa défense, présenté trois certifi-
cats de civisme de sa municipalité, du Comité de surveillance 8cde la Société popu-
laire de Bruguières attestant, « le parfait attachement de Olivier à h révolution
par les preuves autentiques & non équivoques qu'il en a données dans toutes les
occasions. » Il avait de plus un certificat de civisme délivré le 8 brumaire an II,
par le Conseil général de la Commune de Toulouse.
107. J.-F.-M. de FAJOLE, signa comme marquis de Pordéac la protestation que la
noblesse de Toulouse présenti au comte de Périgord le 10 juillet 1788. Le
12 décembre de la même année Pajolle devint conseiller au Parlement en rempla*
cernent de Delherm de Novital. Après l'abolition des Parlements il fit procéder
conformément au décret de TAssemblée constituante, à la liquidation de sa charge,
envoya un peu plus tard au greîTe du Tribunal ses titres seigneuriaux 8t vécut
dans la retraite que réclamait son état de santé. Incarcéré comme suspect lors des
grandes arrestations d'avril 1793, Fajolle serait demeuré en réclusion si ses infirmi-
tés n'y eussent mis obstacle. La municipalité dut se content.'r de le reclure chez lui
en lui donnant un gaide & à la charge de se représenter après sa guérison : de plus
il avait à fournir à la municipalité un répondant d'un civisme absolu. Le Comité
de salut public ayant donné des ordres pour mettr-* en réclusion tous les officiers du
ci-devant Parlement de Toulouse, & les lui envoyer ensuite à Paris, Fajolle en sa
qualité d'ancien conseiller, fut alors enl.>vé de son domicil; & malgré le délabre-
ment de sa santé, transporté à la prison des Carmélites le 12 floréal, an II. Le
représentant du peuple Mallarmé mit en liberté le 21 vendémiaire an III, Fajolle
que ses infirmités avaient sauvé du voyage à Paris si fatal à ses collègues.
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CITOYKNS UtCLLS AUX CARMÉLITES. Il5
IV. D'un caractère tranquille. Ses opinions politiques sont peu
conûes étant retenu chez lui par ses infirmités. — io8.
Approuvé. — Elargi»
I. Antoine FRAISSINET, cJoniicilié à Toulouse, 5"'*^ section, n" 127,
âgé de 66 ans, cœlibataire, reclus depuis le 27 thermidor en exécu-
tion de Tarrèté du 14* germinal.
II. Ci devant noble et chevalier de ci- devant ordre de Malthe
jouissant avant la Révolution d'un revenu de 65oo livres provenant
d'une comanderie du ci-devant ordre de Malthe, & depuis sans pro-
priété ni revenu.
III. Avec les aristocrates.
IV. D'un caractère tranquille. Ses opinions politiques sont peu
conûes. — 109.
Le Comité observe qu'il a gardé sa croix de Malthe jusqu au moment
de son arrestation, — Elargi,
l. J'^-P'^-ROGÉ, domicilié à Nismes depuis 14 moi.«, âgé de 26 ans,
garçon, arrêté le 16 messidor dernier par ordre du Comité Rév" de
Toulouse comme fœdéraiiste prononcé.
io8. F.-B.-M. DE FAJOLLE, seigneur de Giscnro, lieutenant dans Vivarais-
Infanterie, fut forcé par son état de maladie de quitter le service militaire. Rentré
à Toulouse, il acquit du conseiller de Bastardsa charge au Parlement & fut installé
le 12 décembre 1788. Des infirmités, suites de sa maladie, Tempéchèrent de prendre
part aux travaux de sa compagnie durant les huit mois que dura encore le Parle-
ment. Après la Révolution, il vécut à Giscaro sans être inquiété jusqu^au moment
des grandes arrestations d'avril 1793. Il se trouvait alors à Toulouse 8c fut renvoyé,
comme son frère de Pordéac, à la Visitation, d'où il sortit sur le rapport des offi-
ciers de santé pour rester en arrestation chez lui. 11 avait d'ailleurs fourni au Comité
de siireté générale une attestation de civisme du Conseil général de sa commune,
constatant ses contributions patriotiques & la destruction dans son domaine de
Giscaro de toutes les marques de la féodalité. La Municipalité de Toulouse, pour
obéir aux ordres précis du Comité de s.ilut public de la Convention, fit porter Fa-
jolle sur un brancard aux Carmélites, où il resta reclus depuis le 12 floiéal an II
jusqu'à l'arrivée du représentant du peuple Mallarmé, qui procéda à l'élargissement
des deux frères de Fajolle.
109. A. -G. D'YZARN DE FRAISSINET, commani.ur de Multe, fut reçu avec ses
frères Joseph-Melchior-Louis 8t Louis- Amet de Fraissinet dans Tordre de Saint-Jeun-
de- Jérusalem, en 1739, 1742 Si «787. 11 revint en France en 1790 se fixer à Tou-
louse, &, sous la Révolution, ne fut l'objet d'aucune arrestation, malgré la caste
priviligiée à laquelle il appartenait, parce que la Convention avait déclaré que
Tordre de Malte était étranger ainsi que tous ceux qui le composaient. Néanmoins,
Fraissinet offusquait les Jacobins de Toulouse par le port de sa croix de Malte, &,
encore qu*on n'eut rien à lui reprocher pour sa conduite politique, on prétexta que
l'arrêté du représentant Dartigoeyte lui était applicable pour l'envoyer en réclusion
aux Carmélites. Les officiers de santé, venus en exécution des ordres du Comité
révolutionnaire pour constater les souffrances de Fraissinet, conclurent à sa sortie
de prison, mais inutilement. Ce fut le représentant Mallarmé qui rendit sa liberté
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Il6 LES RECLOS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
IL Avant la Révolution, doctrinaire, depuis instituteur national
jouissant d'un revenu de looo livres provenant de ses droits légi-
timai ret.
III. Avec les patriotes jusqu'à l'époque du fœdéralisme.
IV. Ayant été patriote jusqu'à Tépoque du 3i mai; à cette époque
fœdéraliste très prononcé, ayant été à Perpignan où il propagea ses
principes ainsst qu'il se conste par une dénonce. — iio.
Le Comité observe qu*il a eu contre lui plusieurs dénonces qui ont été
envoyées à Vagent nat^^ près le district avec son interrogatoire, — Détenu.
I. Hugues-François CARBONEL fils aine, domicilié à Montas-
truc, âgé de 2S ans, garçon, arrêté depuis le 17 pluviôse par ordre
de l'agent n"* près le district.
II. Cidevant prêtre, ayant renoncé à ses fonctions depuis 8 mois,
sans aucune propriété.
III. Avec les patriotes.
IV. Patriote jusqu'à Tépoque du fœJéralisme. — m.
Le Comité observe quil jut porteur d'une délibération de la Société
populaire de Montastruc quijaisait Véloge des corps constitués fœdéra-
listes. — Elargi.
à « ce vieillard accablé d'années 8c d'infirmités, fruit amer & trop ordinaire des longs
8c pénibles services dans le militaire ».
110. J.*P. ROGER, doctrinaire depuis Tâge de quinze ans, professa à Toulouse
les belles-lettres 8c la rhétorique jusqu'à la suppression, en 1793, du collège auquel
il appartenait. En 173.^, épris du nouve.iu lé^ime, il composa 8c fit imprimer une
ode u sur la régénération delà France », 8c quind la Société patriotique ouvrit, en
1790, ses séances publiques, Roger y prononça un dis'.ours si enthousiaste « sur
les avantages de la Révolution »qu*a la suite on le reçut avec acclamations membre
de la Société. Il prononça, en 1791, au nom de ses collègues Téloge funèbre de
Mirabeau 8c fut chargé de la rédaction de la plupart des adresses de la Société, 8c
non les moins violentes, telles que celle sur Tabolition du veto^ celle en faveur des
Jacobins contre les Feuillants, celle sur la peine de mort à appliquer aux émigrés, etc.
Il se fit remarquer dans les assemblées des sections lors des événements du 3i mai,
8c, après la défaite de la Gironde, quitta Toulouse. Un mandat d^arrét du Comité
révolutionnaire Tatteignit à Nimes, d'où on le ramena pour l'enfermer comme fédé-
raliste aux Carmélites. Le représentant du peuple Mallarmé, cédant aux observa-
tions des commissaires délégués de la Société populaire, maintint Roger en détention
malgré la chaude recommandation de Perrin, représentant du peuple, délégué dans
TAveyron, Ardèche 8c Vaucluse, qui se portait fort des sentiments républicains de
Roger. Ce (ut le représentant^du peuple Bouillerot qui rendit à Roger sa liberté le
7 frimaire an III.
1 1 1. H -F. CARBONEL, fils, se jeta dans le mouvement révolutionnaire avecautant
de fougue brouillonne que son père. Dès l'apparition de la cocarde tricolore, il
rapporte aux soldats du régiment de Noailles 8c les invite à la substituer à la cocarde
royale. Il se met a la tète d'un attroupement populaire qui enfonce les portes de la
prison des Gabelles, organise la compagnie des grenadiers de la légion de la Dal-
bade, dirige, It i3 octobre 1789, une perquisition sans mandat chez M. de Cambon,
général de la gard^ nationale toulousaine, qu*on soupçonnait de cacher des armes
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. II7
1. Jean-Baptiste-Géraud BARTHÈS, domicilié à Portet, âgé de
37 ans, marié, ayant un enfant; arrêté le 17 Messidor comme maire
destitué & ce pour avoir retardé l'exécution de Tarrèté contre les
fainéans.
II. Ménagé de son bien & de celui de son père, ayant été maire
de sa commune; jouissant depuis la Révolution un capital de
10000 livres eu biens fonds.
III. Avec les patriotes.
IV. D'un caractère tranquille, ayant paru dans le sens de la révo-
lution. — 112.
Approuvé, — Elargi.
chez lui, dissipe, en avril 1790, avec une douzaine de « patriotes », la réunion des
catholiques qnt s'étaient assemblés aux Auj^ustins (aujourd'hui le Musée) pour pro-
tester contre les décrets de PAssemblé constituante. Quelques jours après, cette réu-
nion se reforma à la sénéchaussée, 8c Carbonel, qui se mêlait de faire la police,
voulut encore intervenir avec ses amis, mais fut repoussé 8c reçut dans la mêlée un
coup de baycnnettede la foule qui sortait de la maison du major Darquier, officier
de la légion Daspe. Carbonel aida son père (voyez le reclus n°7)à rédiger le règle-
ment de la Société des Jacobins de Toulouse, à créer la Société dite a les Coursiers
de la Mort », qui h fit frémir tous les esclaves & triompher les amis de la Révolu-
tion ». Nommé commis à l'administration du District, il ne reçut d'autres reproches
que celui de « démasquer avec trop d'acharnement les prêtres réfractaires »• Élu
par ses camarades pour entrer aux premiers bataillons qui devaient se former 8c
aller aux frontières, désigné dans le même temps par la Municipalité pour remplir
une place d'Instituteur aux écoles patriotiques, Carbonel se sacrifie à la patrie; il
termine à la h&te ses études ecclésiastiques (!), est sacré prêtre par l'évêque constitu-
tionnel, puis élu curé de Montastruc. Cet étrange curé n'usa, du reite, de ses fonc-
tions que pour a discourir sur la morale publique, fortifier l'esprit du républica-
nisme, faire nimer l'égalité ». Afin d'être à la hauteur des circonstances, il cesse au
bout de dix-sept mots toute fonction sacerdotale, 8(, en sa qualité de membre du
Comité de surveillance de la Société populaire, invite la Municipalité de son endroit
a à supprimer le culte extérieur ». En juin 1793, lorsque le Directoire de la Haute-
Garonne eut convoque \ti sections 8c les eut engagées à nommer, — pour délibérer
avec lui, — des commissaires, Carbonel est désigné pir la commune de Montastruc;
plus tard, il est président de sa section pour l'acceptation de la Constitution répu-
blicaine que la Convention nationale envoyait aux Départements. Arrêté comme
fédéraliste, détenu huit mois durant aux Carmélites, Carbonel fut élargi par le
représentant du peuple Mallarmé sur la présentation des certificats de civisme déli-
vrés depuis son incarcération par la Municip.ilité de sa commune & le Comité révo-
lutionnaire de son canton.
112. J.-B.-J. BARTHEZ, maire de Portet, destitué puis arrêté pour avoir négligé
de faire dresser, conformément à l'arête du représentant du peuple Dartigoeyte, la
liste des ouvrieis qui refusaient de travailler les jours de dimanches 8c de fêtes, se
justifia devant le Comité de surveillance par une attestation de civisme qu'il avait
obtenue du Conseil général de la Commune réuni le nonidi de la deuxième décade
de pluviôse an II « sur la réquisition des commissaires chargés par l'arrêté du Dis-
trict de Toulouse de faire procéler à l'épurement du civisme des mtmbres qui com-
posent l'administration générale de la Commune 8c le Comité de surveillance j».
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Il8 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Antoine CHASTEL, domicilié dans la commune de Dremil-Lafage,
âgé de 58 ans, marié, sans enfans; arrêté depuis le 18 messidor
comme officier municipal destitué & ce pour avoir été en retard sur
l'exécution de larrêté sur les fainéans.
II. Marchand avant la Rev°", depuis cultivateur ayant été officier
municipal de sa commune; jouissant d'un revenu de 442 livres pro-
venant de son bien.
III. Avec les patriotes.
IV. D'un caractère tranquille^ ayant toujours été dans le sens de
la Révolution. -^ ii3.
Approuvé, — Elargi,
I. Jn-Paul-Mathias SEVÉRAT, domicilié à Miramont, district de
Muret, âgé de 42 ans, vœuf, ayant tro'«s enfans en bas âge; arrêté
depuis le 22 nivôse par arrêté du Comité de surveillance de la Société
populaire pour avoir tenu des propos inconsidérés en disant : que
Paris faisait les lois.
II. Chirurgien, jouissant d'un revenu de 3oo livres provenant d'un
fonds de terre & vigne, sur quoi il doit 4000 livres,
III. Avec les patriotes.
IV. D'un caractère tranquille, s'étant démontré patriote dans les
diférentes époques de la Révolution, d'après les attestations qu'en
a donné la Société populaire de sa commune ainsi que sa munici-
palité. — 114.
Bdrthez, auquel on n'avait qu'un peu de tiéieur à reprocher, fut maintenu en
détention jusqu'au 21 vendémiaire an III.
11 3. A. CHASTEL ne pouvait comprendre que, sous prétexte de liberté de
conscience, on empêcha les gens d'agir selon leurs convictions religieuses, il u'avait
donc pas appliqué, comme bien d^autres officiers municipaux aussi portés que lui
pour la Révolution, Tarrêté du représentant D.irtigoeyte. Destitué, incarcéré aux
Carmélites, il ne subit qu'une prison relativement courte, puisque le représentant
du peuple Mallarmé signa son élargissement sur la lecture du délibéré de la muni-
cipalité de Dremil-Lafage, qui constatait la pureté du civisme de Chastel.
114. J.-P.-M. SEVÉRAT s'était permis de délivrer un passeport à une femme
inofiensive, mais qui était la mère d'un émigré; il fut destitué de ses fonctions
d officier municipal par les délégués du représeni.mt du peuple, encore que ses sen-
timents pour le nouvel état de choses eussent été manifestes depuis le commence-
ment de la Révolution ; dès lors, on le surveilla étroitement pour ses actes & ses
paroles. Le 22 nivôse an II, il se trouvait à la séance de la Société populaire : on
y lisait une lettre Tenue de Paris, laquelle racontait que, malgré le décret de la
Convention, les assignats démonétisés étaient encore reçus dans les caisses publi-
ques. Sev?rat s'écria dans un moment de surprise : « Est- ce que les Parisiens ne se
conforment pas aux lois? » Cette simple réflexion est aussitôt transformée en paroles
injurieuses pour le civisme des Parisiens, le motif d'arrestation était trouvé, 8c
Sevérat, envoyé au Comité de surveillance, incarcéré à la Visitation, fut transféré
aux Carmélites le 7 fructidor an II d'où il adressa vainement des réclamations pour
connaître les motifs réels de sa détention. Mis en liberté le 21 vendémiaire an II.
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CITOYENS RECLUS AUX CAUMEIII ES. II9
Approuvé. — Elargly â examiner s'il nest pas compris dans Varretè
de Muret. — N j avoit pas été compris.
I. Éléonore MOLIS, domicilié k Toulouse, S"* section, i\* 2î3, âgé
de 32 ans, garçon; arrêté depuis le 3o septembre 1793 (v. s.) par la
municipalité par mesure de sûreté.
II. Ci-devant noble, étudiant la partie du génie, en puissance
maternelle.
III. Avec les aristocrates.
IV. D*un caractère vif, aristocrate dans toutes les circonstances
tenant beaucoup à la cidevant noblesse. — ii5.
Approuve, — Provisoirement en liberté,
I. Marie- Joseph Geneviève THÉZAN dit AULARGUES, domi-
cilié à Toulouse, S"** section, âgé de 57 ans, cœlibataire; arrêté
depuis le 26 pluviôse dernier.
II. Cidev. noble & ancien militaire jouissant avant la Révolution
d'un revenu de 20000 livres qui actuellement est diminué par la sup*
pression des droits féodaux.
III. Avec tout le monde indistinctement.
IV. D'un caractère insouciant & modéré aux différentes époques.
— 117.
Approuvé.» — Elargi.
1 15. E. DE Mollis, ingénieur des ponts & chaussées, prit part active aux pre-
miers événements de 1789 à Paris; il comptait parmi les vainqueurs de la Bastille
& de TAtsenal, entra dans la première légion de garde nationale formée dans cette
ville, prêta serment, fit les sacrifices en nature & en argent qu*on lui demanda,
mnis, désillusionné, était revenu à des idées très modérées quand il partit pour le
Midi. Arrivé a Toulouse, il se lia, ayant du talent en musique & en peinture, avec
des amateurs, gens fort paisibles, dont In vie, aux yeux des Jacobins, passait pour
« indifférence & mépris des idées du jour ». Déjà suspect par ses liaisons. Mollis le
devint bien davantage quand parut Tarrêté de Dartigoeyte contre les nobles. Il fut
arrêté, conduit d'abord à la Visitation, puis transféré aux Carmélites pour y rester
sept mois malgré ses protestations comme quoi « fils d'un pauvre cadet de vingt-
deux enfants, originaire du Rouergue, il n*a jamais eu en mains les titres prouvant
cette noblesse dont on lui faisait un crime ». Il demanda au représentant du peuple
Mallarmé & en obtint un élargissement provisoire pour aller donner des soins à sa
mère octogénaire & à son jeune frère épuisé de maladie. Le 6 pluviôse an III un
arrêté du représentant du peuple libéra Mollis définitivement.
116. Manque par inadvertance du scribe que le Comité de surveillance avait
chargé de copier les listes de reclus.
i 17. M.-J.-G. comte D£ THÉZAN-AULARGUES, mestre de camp des armées du
roi, chevalier de SdintLouis, signa avec d'autres gentilshommes de Toulouse une
lettre au comte de Périgord pour protester contre la défense que ce dernier avait
faite aux capitouls & à la noblesse de s'assembler afin île présenter au roi leurs
doléances sur le rappel & la réintégration du Parlement dans ses droits. Après la
Révolution, Thézan- Aulargues vécut en dehors de la politique, tout en prenant
part aux dépenses patriotiques que le temps imposait; c'est ainsi qu'il contribua
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I20 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
1. Jean-Bruno FOREST, domicilié à Toulouse, 4"' section, âgé de
56 ans, marié, ayant deux enfans; arrêté par la municipalité par
mesure de sûreté le 18 novembre 1793 (v. s.).
II. Fils d'un cidevaiit capitoul, sans profession avant la Révolu-
tion & depuis Commiss" des guerres; n*ayant rien à lui, vivant des
biens de sa femme.
III. Avec les patriotes & les aristocrates indistinctement.
IV. N'ayant jamais manifesté des opinions anticiviques, ayant fait
au contraire des ouvrages dans le sens de la Révolution. — 118.
Approuvé. — Elargi.
I. Charles BECAVE, domicilié à Auterive, âgé de 42 ans, garçon;
arrêté depuis le 26 germinal par arrêté du Rep^ du peuple du I4''.
II. Ci-devant noble, sans profession, jouissant d'une pension de
2,000 livres que lui fait sa mère.
III. »
IV. » — 119.
Le Comité observe que ce citoyen n* étant pas de son district^ il ne
conoit pas ses opinions politiques. A examiner V arrêté de Muret.
pour YÎng;t mille liTres à Temprunt forcé, fit un don à la nation de trois mille six
cents livres, équipa à ses frais deux caTaliers levés par le district, envoya son
cheval & ses harnais de guerre au district de Lacaune, puis ayant acheté à titre de
bien national la maison d*Andouin, Thézan-Aulnrgues la transforma en atelier de
chaussures pour les armées de In République. Ces preuves nombreuses de civisme ne
faisaient pas oublier aux Jacobins que Thézan-Aularg;ues appartenait à la ci-devant
caste privilégiée; il fut donc arrêté comme suspect, incarcéré quatorze mois à la
Visitation & ensuite aux Carmélites où son transfert eut lieu le 7 fructidor an II.
Un certificat de civisme de sa section servit enfin à Thézan-Aulargues à mettre un
terme à cette longue détention.
118. J.-B. DE FOREST, écuyer, seigneur de Fages, — dont la père, le notaire
Forest, avait été capitoul en 1741, — fut loin de se montrer contraire au régime
qu'avait créé la Révolution. Il fit jouer sur le théâtre du Capitole une pièce de cir-
constance : la. Colonnade, fort applaudie de ses concitoyens qui appelèrent à grands
cris sur la scène le « sans-culotte qui en étnit Tauteur ». Le député Delmas présenta
le livre m aux trois couleurs » de Forest à la Convention nationale qui lui donna
son approbation. Forest, quoique commissaire des guerres & faisant son devoir,
n*échappa pas plus que les autres fonctionnaires aux dénonces vagues qui en-
voyaient tant de citoyens dans les prisons. Incarcéré d*abord à la Visitation, puis
transféré aux Carmélites, il ne dut son élargissement qu'eau représentant Mallarmé.
I 19. C. DE BECAVE arrêté le 6 floréal an II, conduit à la Conciergerie de Tou-
louse, puis à la prison des Carmélites, y demeura reclus huit mois. Le représentant
du peuple Mallarmé, avant de procéder à la mise en liberté de Becave, s*enquit de
sa conduite politique à la fois auprès du Comité révolutionnaire de Muret Se du
Conseil de ce district. Le Comité révolutionnaire déclara « qu*il ne lui est jamais
parvenu aucune dénonce contre Becave, que ce qui a donné lieu à son arrestation
provient de sa nobless?, en vertu d'un arrêté du représentant du peuple Darti-
goeyte ». Le Conseil de district répondit « qu'il est de la justice du représentant du
peuple de prononcer la mise en liberté de Becave, pas dangereux pour la chose
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CITOYENS RECLUS AUX CARMèLITES. 121
I. CLARIA9 âgé de 66 ans, domicilié dans la commune de Bru-
guières, marié, ayant deux enfans; arrêté par ordre de l'agent natio-
nal près le district depuis le 19 octobre.
II. Avant & depuis la Révolution notaire, jouissant d'un revenu
d'environ 100 livres provenant d'une petit3 vigne.
III. Avec tout le monde indistinctement.
IV. D'un caractère paisible, s'étant montré dans le sens de la
Révolution, d'après les attestations qui lui ont été délivréss par sa
commune. — 120.
Le Comité observe qu'il est très pauvre, — Elargi»
I. NIGOL, domicilié à Toulouse, 3"* section, ayant deux enfans émi-
grés; arrêté par orJre du Comité rév" comme père d'émigrés.
II. Ci-devant noble, sans profession, jouissant de plusieurs
domaines situés dans le district de Toulouse.
IIK Avec tout le monde indistinctement.
IV. D'un caractère paisible, homme populaire, étant d'un âge
avancé, ses opinions politiques sont peu connues. — 121.
Approuvé. — Elargi,
publique, avec une fortune bornée, & les infirmités dont il est atteint; son frère
est parti aux frontières, yolontaire ». Enfin, jusqu'au Comité rérolutionnaire du
district de Toulouse qui poussait à Télargissement du reclus « vu qu^il n'y a aucun
fait grave contre Becaye ». Un arrêté conforme fut rendu.
120. J. CLARTA, reclus onze mois aux Carmélites, était la Tictime du Comité de
surveillance de Castelginest qui l'avait dénoncé à Toulouse comme « ayant tenu les
propos les plus inciviques afin de détacher le peuple de l'amour de la Constitution
81 de la soumission aux lois de la République », pour avoir dit en présence de plu-
sieurs personnes que les jeunes gens étaient des sots de se soumettre à la réquisition
attendu que, toutes les puissances de TEurope étant coalisées contre nous, ils alloitnt
à la boucherie; pour avoir, en février 1793, été rejeté de la Société populaire à
cause de son incivisme généralement reconnu ». Le Comité de surveillance de la
commune de Toulouse, cédant aux réclamations de Claria, écrivit à l'agent national
de Bruguières pour avoir des renseignements positifs; celui-ci répondit « ignorer
les inculpations dont avait été frappé Claria 81 ne pouvoir donner aucun éclaircis-
sement sur les motifs de son arrestation ». La mise en liberté s'imposait, cepen-
dant le Comité de surveillance attendit l'arrivée du représentant du peuple Mal-
larmé pour lui demander cette mesure de justice.
121. J.-F.-M. DE NICOL, coseigneur de Cugnaux, compris en sa qualité de
noble dans la grande arrestation d'avril 1793, obtint sa liberté par décision du
Comité de sûreté générale constatant qu'il est « citoyen tranquille », mais à la
charge de se représenter à première réquisition de la municipalité. Les fils de Nicol,
&gés de dix-sept & dix-neuf ans, partirent en exécution de la loi du 24 février 1793
8c entrèrent dans le 18* régiment de cavalerie, avec l'agrément de la municipalité
qui leur délivra le certificat de civisme réclamé par Tofficier commandant le corps :
les jeunes de Nicol désertèrent 8c se réfugièrent à l'étranger. Les biens de leur père
tombèrent aussitôt sous la loi du séquestre, lui-même est arrêté par ordre du
Comité révolutionnaire qui, de plus, taxa Nicol au payement de la solde 8c de
l'équipement de quatre volontaires. Sur la réclamation du reclus, l'administration
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122 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR,
du Département ordonna dans la suite la restitution de cette taxe & la levée du
séquestre sur preuves fournies par Nicol quSl n*était pour rien dans l'émigration
de ses fils. En outre, le Conseil général de la commune de Toulouse accorda, le
3 messidor an II, une attestation de civisme « au citoyen Hicol sur ce que Tarrété
du Département du ij prairinl ne le comprend pas dans la classe des pères d'émi-
grés & que, depuis la Révolution, il n'a point m.inifesté aucun signe d'incivisme,
étant reconnu d'aill.-uis très populaire. » L:s commissaires délégués de la Société
populaire ayant donné un avis favorable, le représentant Mallarmé signa Télar-
gissemen: du reclus.
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SUPPLÉMENT AU TABLEAU
RECLUS AUX CI-DEVANT CARMÈLITTES
DEPARTEMENT DE LA HAUTE-GARONNE
DISTRICT DE MURET
I. MARAST, domicilié à S^-Lys, âgé de 35 ans, marié, ayant
2 enfans; arrêté depuis le 5 ventôse par arrêté du rep^ du peuple
Dartigoeyte,
II. Notaire, n'ayant absolument rien. — I22.
Détenu.
122. MARAST, nommé en octobre 1791 administrateur du district de Muret, se
fit remarquer par son zèle, sa probité & son activité. Lors du fédéralisme, il em-
porta à Toulouse une adresse votée le 16 )uin 1793 par la Société populaire de
Muret. Les Sociétés populaires jacobines de Peyrolières & d'Encataly dénoncèrent
plus tard Marast au représentant du peuple Dartigoeyte n comme ayant propaj^é
des principes g;irondins dans la commune d*Eaubelle (Saint- Lys) 81 y avoir brigué
les sufirages pour être député sectionnaire à l'Assemblée départementale fédéra-
liste. • Déchu de ses fonctions d*administrateur, Marast fut incarcéré aux Carmé-
lites comme Tauteur d'une adresse liberticide, attentatoire à la souveraineté du peu-
ple, « adresse infâme, ~ dit le représentant du psuple Dartigoeyte dans son arrêté
du 4 ventôse an II, — qui est un monument unique de délire & d'insolence, tel
que Bordeaux, Marseille tï*et\ ont pas produit d'aussi virulents. >• Après une réclu-
sion de dix mois, Marast comparut devant le représentant Mallarmé, lequel le
maintint en détention malgré la production d'un certificat de civisme du Conseil
général de la Commune 8c un autre de la Société populaire d'Eaubelle, déclarant
Marast « victime d'une trame ourdie par une malignité noire ». Le Comité de
sûreté générale de la Convention rendit le octidi frimaire an III un arréti d'élar-
gissement en faveur de Marast, 8c ce fut Estadens, de la Hauts-Garonne , qui
l'adressa à son collègue Mallarmé en lui demandant de mettre promptement à
exécution cet arrêté, — « le vrai républicain est tout empressé quand il s'agit de
faire des heureux, 8c je suis bien sûr que c'est là le seul sentiment qui t'anime dans
les augustes fonctions qui te sont confiées, v
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124 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. ESPËRON, de Goux, district de Muret, âgé de 35 ans, marié,
ayant deux enfants; arrêté depuis le 27 septembre par les coinissaires
civils envoyés par les Rep** du peuple.
II. Avant & depuis la Révolution, cultivateur, ayant été élu maire
de la commune de Goux jusqu*après son arrestation; jouissant d'un
revenu d'environ 900 livres. — I23.
Le 2\j écrit â la Société populaire de Miuret. — Le 21, écrit â la
Société populaire pour lui demander des renseignements sur le compte de
Jean-Dominique Sirven^ de la commune de Rieumes^ & sur Espéron^ de
la commune de Goux, — Elargi par arrêté du 26 brumaire. A prendre
des renseignements ultérieurs.
I. Antoine GILÈDE, âgé de 48 ans, marié, ayant un enfant, arrêté le
9 pluviôse par la municipalité de Toulouse.
II. Ci devant noble, habitant d'Auterive, jouissant avant la Révo-
lution d'un capital de 4,000 livres provenant de ses biens. — 124.
Elargi,
I. Joseph MONTASTRUG, habitant de Montaud, âgé de 49 ans,
cœlibataire; arrêté depuis le i5 ventôse par les Comissaires délégués
par les Rep*» du peuple.
II. Ex-prêtre assermenté, jouissant d'un capital d'environ 2,000 li-
vres. — 125.
Le 20 vendémiaire écrit à la Société populaire de Miuret, A prendre
des renseignements.
123. ESPÉRON, à peine arrêté, fut Tobjet de In part du Conseil général de la
commune de Gcux, dont il était maire, d'une réclamation auprès du Comité de
surveillance, auquel on attesta le civisme « dont Espéron a donné les preuves les
moins équivoques pendant tout le cours de la Révolution ». Cette première démar-
che étant demeurée infructueuse, la municipalité de Goux la réitère, 8t, à son
exemple, les municipalités de Pin, de Pages, de Lautignac manifestent le voeu de
voir Espéron mis en liberté, & donnent les meilleurs témoignages en faveur du
reclus. La Société populaire de Muret émit dans une de ses délibérations imi vote
approbatif à Pélargissement d'Espéron qui, transféré le 7 fructidor an II de la Visi-
tation, où il avait été écroué, aux Carmélites, ne put obtenir grâce du représen-
tant du peuple Mallarmé pour ses erreurs fédéralistes, & dut attendre jusqu'au
26 brumaire an III sa sortie de prison : il y était resté treize mois.
124. A. D£ GILÈDF, seigneur de Pressac, arrêté une première fois par les auto-
rités du District 8c conduit dans la prison de Muret, en sortit par ordre du repré-
sentant du peuple Paganel qui le regardait comme « la crème des patriotes ». Arrêté
de nouveau, cette fois à Toulouse, conduit à la Visitation, transféré le 7 fructidor
an II aux Carmélites, Gilède comparut le 16 vendémiaire an III devant le repré-
sentant Mallarmé qui, acceptant la justification de sa conduite, trouva que sept
mois de réclusion avaient suffisamment puni Gilède des inculpations vagues dont
on le chargeait & signa son élargissement le 21 vendémiaire suivant.
125. J. MONTASTRUC, entré dans les ordres en 1770, vicaire de Monf^ud au
moment de la Révolution, en accepta les principes 8c prêta serment en février 1 791 ,
« serment de fidélité aux lois régénératrices de la Nation », tandis que le curé de
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. 125
DISTRICT DE RIEUX
I. Jean GOUJON, âgé de 27 ans, cœlibataire, arrêté depuis le
22 thermidor par arrêté du Rep* du peuple Dartigoeyte.
II. Ex prêtre assernianté jouissant d*ua revenu d'environ 100 li-
vres provenant d'un capital de 2,000 livres.
III. 11 était curé au Pin Savès, district de Muret. — 126.
Elargi par arrêté du brumaire.
Montaud refusait avec énergie de suivre son vicaire dans cette voie : ce fut le
commencement d'une guerre implacable entre les deux prêtres. Montasiruc, nommé
curé assermenté de Montaud le 17 septembre 1791, vit Tancien curé, soutenu par
ses paroissiens, former un attroupement devant Téglise pour en défendre la porte à
rintrus : les officiers municipaux veulent prêter main-forte à la loi ; ils sont inju-
riés, tirés par les cheveux & renversés, tandis que le commandant de la garde
nationale a ses épaulettes arrachées & ses hommes leurs habits déchirés. On fait
demander du secours nu siège du District: il envoie une brigade de gendarmerie qui
force l'entrée de Téglise, puis accompagne Moniastruc prendre possession de la
cure : là encore, nouvelle bagarre qui se termine par la retraite de la gendarmerie;
les passions étaient si surexcitées que Tofficier municipal qui soutenait dans ses
droits le curé constitutionnel fut tué traîtreusement huit jours après. Montastruc
arriva à se rendre maître de la cure, mais son jardin était ravagé, les arbres frui •
tiers coupés, & il lui fallut dans les premiers temps cinquante hommes des com-
munes voisines montant la garde la nuit pour qu'on ne mît pas le feu à son loge-
ment. Les choses allèrent si loin que, le 5 septembre 1792, la municipalité fut
suspendue sur les plaintes du curé assermenté. Les ouailles de Montastruc conti-
nuèrent à se faire rares, aussi les commissaires de la Société populaire de Muret
engagèrent-ils le curé imposé à cesser ses fonctions. Montastruc refusa, alors on
Tarrêia comme « suspect à la liberté ». Envoyé au Comité de surveillance de
Toulouse, les portes des Carmélites se refermèrent sur lui neuf mois durant. Le
représentant du peuple Mallarmé, ayant reçu promesse du reclus de renoncer à toute
fonction sacerdotale, prit un arrêté d'élargissement sur la proposition du Comité de
surveillance, « attendu que Montastruc n'a été arrêté que pour avoir écouté plutôt
ses intérêts que ceux de la République en refusant d*abiiquer ses fonctions de
prêtre, que son égoïsme a été suffisamment puni par une longue détention... »
126. J. COUJON, mis une première fois en état d'arrestation comme « fana-
tique », obtint du Comité révolutionnaire du district de Rieux de se justifier
devant lui de cette fausse inculpation ; on rendit hommage à son civisme 8c on lui
permit d'aller s'engager dans l'armée des Pyrénées-Orientales. Coujon devait,
d'après l'arrêté du District, se présenter sans délai au bureau militaire de l'Admi-
nistration afin d'y être inscrit, donner son signalement & recevoir une feuille de
route pour son régiment. Arrivé au chef-lieu du district de Muret où il était tenu
de faire viser sa carte de civisme, Coujon ne put r'avoir ce document de l'Adminis-
trateur de service auquel il l'avait présenté. Il porta plainte au représentant du
peuple Dartigoeyte, lequel apprenant que Coujon était un ci devant prêtre, non
seulement ne blâma pas l'Administrateur de Muret, mais encore annulla le
22 thermidor an II, comme entaché d'abus, l'arrêté du district de Rieux, & donna
des ordres pour saisir le plaignant 8c le reclure immédiatement aux Carmélites. Le
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126 LES RECLUS DE TOI LOl'SE SOUS LA TERKEUK.
DISTRICT DE REVEL
I. Louis-Max. GAFARELLI, âgé de 38 ans, cœlibataire, ofHcier du
génie; arrêté an Falga par ordre des comissaîres civils le 27 octobre
1793 (V. s.).
II. Officier du génie, jouissant d'un revenu d'environ i5oo livres.
— 127.
Ecrit le 21 à la Commission,
représentant du peuple Mallartiié repoi.ssa, le t5 vendéir.iaire an III, les réclama-
tions de Coujon 8c statua que Tavis des municipalités où avait résidé le reclus avant
sa détention serait demandé conccrnani son élargissement. L? représentant devait y
procéder au mois de frimaire an III après avoir reçu communication des attestations
réunies de M.irquefave, du Pin, de la Société populaire de Marquefare qui, toutes,
déclarent Goujon « vrai sans culotte & bon républicain ».
I 27. L.-M.-J.-M. DE CAFFARELLI. seigneur du Falga, était déjà un officier de
choix dans le corps royal du génie au moment de la Révolution, dont il adopta
les principes avec une ardeur qui décrut graduellement à mesure qu'il voyait les
Jacobins faire servir les événements qui se précipitaient au triomphe de leur parti.
Suspendu de ses fonctions en septembre 17^2 p.ir les commissaires délégués de TAs-
semblée près l'armée du Rhin pour avoir refusé après le lo août de reconnaitre
Pautorité de l'Assemblée, Cafi*<irelli se retira au Falga où vint l'atteindre un mandat
d'arrêt du Comité révolutionnaire du district. Conduit à Toulouse, enfermé onze
mois aux Carmélites, il réclama sa liberté nu représentant du peuple Mallarmé,
qui voulut bien faire demander des renseignements sur le compte du détenu à la
Commission révolutionnaire de Revel j voici sa réponse : 1 Louis Maximilien
Cafiârelly, cydevant seigneur du Falga, & officier du génie, détenu depuis le mois
de brumaire an II, ayant remis le tableau de sa vie politique duquel il résulte une
infinité de faits attestés par le Comité de surveillance en datte du 21 germinal, très
parlants, 8c favorables audit Caffarelly, ayant paru encore diverses attestations &
de la commune du Falga & de celles de S^ Félix du mois de nivôse & 8 vendémiaire
dernier (quoique à cette dernière,. signée Roquefort, maire, & £lysabetb Caffarelly
— la Commission n'ait aucun égard) qui demandent son élargissement & attestent
qu'il a toujours été patriote, mais comme il paroit également de ces mêmes pièces
que ledit Maximilien Cafiarelly a été suspendu de ses fonctions qu'il remplissoit à
l'armée en qualité d'officier du génie & qu'il n'a point été réintégré, que par cela
seul il est compris dans la loi du 21 septembre 1793, la Commission est d'avis de le
laisser en réclusion, n Mallarmé fut d'un avis contraire, car il rendit sa liberté à
Cafiarelli u attendu que la suspension était insuffisante pour faire incarcérer Caf-
farellyj qu'elle ne provient sans doute que de ses conditions de cydevant noble. La
loi du i5 septembre, dans ce cas, n'astreint qu'à s'éloigner des frontières de
vingt lieues 81 le reclus doit être mis en liberté, la conduite civique qu'il a tenue,
d'après les renseignements cités par la Commission, suffit. » Une fois élargi, CaCi-
relli fut employé dans les bureaux du Comité militaire à Paris, puis envoyé en
service actif aux armées où son intrépidité 8c ses mérites lui valurent rapidement
les plus hautes fonctions. Général de division & commandant en chef l'arme du
génie dans l'expédition d'Egypte, il périt glorieusement devant Saint-Jean-d'Acre,
emportant les regrets universels de l'armée.
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. 1 27
I. Charles-Ambroise CAFARELLI, âgé de 36 ans, arrêté nu Falga
par ordre des comissaires civils le 27 octobre 1793 (v. s.).
II. Ex-prêtre jouissant d'un revenu d'environ 3oo livres. — 128.
I. Antoine - Dominique PUIBUSQUE, âgé de 49 ans, arrêté le
23 octobre dernier par les comissaires civils délégués par le repré-
sentant Paganel à Caraman.
II. Ex-prêtre assermenté jouissant d'un revenu d'environ 5o li-
vres. — 129.
Elargi,
I. F'-Noêl LESPINASSE, âgé de 47 ans, cœlibataire, habitant de
Caragoudes; arrêté le 23 octobre par les comissaires délégués par les
représentans du peuple.
II. Sans profession, en puissance de mère. — i3o.
128. C.-A. DE CAFFARELLIv chanoine du chapitre de Saint-Etienne de Toul
avant la Révolution, a cydevant prêtre & frère de Maximilien CafTarelly, seigneur
du Falga, vivant avec lui, ayant un frère prêtre déporté, reconnu par le Comité de
surveillance du canton comme toujours utile à la chose publique 8c bon patriote »,
assista aux assemblées primaires convoquées par les autorités constituées du dépar-
tement 8c du district à Toccasion des événements du 3i mai, 8(. fut député de sa sec-
tion à rassemblée formée à Toulouse : là, on le mit de la Comnission chargée de
rédiger Tadresse à l.i Convention nationale, adresse qui exposait la volonté de
maintenir Tunité 8( Tindivisibiliié de la République, Tobéissance & le respect pour
la Convention, n Après la défaite du parti Girondin, Cafiarelli se retira au Falga,
y fut arrêté sous Tinculpation de fédéralisme, conduit à Toulouse, puis aux
Carmélites pour une année. Devant le représentant du peuple Mall.irmé le reclus
chercha à se disculper de Tincivisme dont on Taccusait, & quant à sa qualité de
prêtre, il fit remarquer qu'il avait renoncé depuis longtemps à toute fonction du
culte, à tout traitement qui en dérivait. Sur Tavis de la Commission révolution-
naire de Revel, Mallarmé statua, le 7 brumaire an III, qu*]! y aurait sursis à la
mise en liberté de CafTarelli. Cependant la réclusion cessa pour lui le 29 brumaire
suivant. Le frère, prêtre déporté dont il est question plus haut, est J.-B. de Caffa-
relli, qui devint lors du Concordat évêque de Saint-Brieuc
129. A.-D. DE PUYBUSQL'E, curé assermenté de Cambinc, se vit arrêté « pour
être aristocrate néanmoins modéré ». La Commission révolutionnaire de Revel le
représente comme « noble, cydevant prêtre, ayant eu des liaisons avec des gens de
sa caste, arrêté pour avoir tenu des propos inciviques; la Commission ayant vu les
nottes ci-dessus le trouve compris dans la loi du 17 septembre 1793 8c est d*avis
qu'il reste en réclusion. » Puybusque produisit alors un certificat de civisme délivré
par le Conseil géniral de la commune de Cambiac déclarant « qu'il s'est toujours
comporté en vrai républicain 8c en vrai curé constitutionnel qui fait tout ce qu'il
peut pour faire aimer 8c observer les loix de la République»; il fut élargi par le
représentant du peuple Mallarmé avec ordre d'aller habiter au chef -lieu du district :
plus tard, Mallarmé permit à Puybusque de choisir pour résidence Toulouse, au lieu
de Rerel, à cause des ennemis politiques qu'il comptait dans so.i district.
i3o. F.-N. DE LESPINAS5E, envoyi à Toulouse p»r le simple caprice de deux
individus, s'occupa, dès son incarcération aux Carmélites, de rassembler les preuves
de civisme qui permettraient son élargissement : le Conseil général de la commune
de Caragoudes lui accorda bien, le 3o nivôse an II, les attestations nécessaires, mais
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128 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Charles MALARD, âgé de 46 ans, marié, ayant deux enfans, arrêté
à Lauzerville le 23 octobre par les délégués du rep^ du peuple Pa-
ganel.
II. Ci-devant noble, jouissant d'un revenu d'environ 1990 livres.
— i3i.
I. Jean-Martin LAMOTHE, âgé de 72 ans, habitant de Caraman,
marié, ayant 6 enfans; arrêté à Caraman le 18 octobre dernier par
les comissaires délégués par le rep* Paganel.
II. Jouissant d'un revenu d'environ 2000 livres provenant de ses
diverses propriétés. — l32.
Lespinasse se heurtn au mauvais Touloir du Comité de surveillance du canton de
Caraman qui affirme « que depuis le 4 août 1789 Lespinasse a constamment calom-
nié la République, disant qu'elle dilapidoit le Trésor public, que les législateur»
n*éioient que des intrigans & des fripons, qu'il seroit toujours un roauTais soldat
tant au moral qu*au fizique, » finalement le Comité contesta la véracité des décla-
rations de la municipalité de Caragoudes & fut d'avis de garder en prison Lespinasse
jusqu^a la paix. Le représentant du peuple Paganel renvoya à TAdministration du
district de Revel la décision du Comité de surveillance de Caraman 8c lui demanda
son avis. Le district délibéra le 19 pluviôse an II qu'il était d^accord avec le Comité
Sur le compte de Lespinasse. Ce dernier ne perdit pas courage; il s'adressa encore
au représentant du peuple Dartigoeyte qui remplaçait à Toulouse ses collègues
Paganel & Cassanyes. Dartigoeyte, après renseignements, ordonna le maintien en
réclusion du pétitionnaire. A l'interrogatoire du i5 vendémiaire an III, le repré-
sentant du peuple Mallarmé statua qu'il y aurait sursis à l'élargissement de Lespi-
nasse jusqu'après Tenquête qu*il ferait lui-même à son prochain voyage au district
de Revel. De cette enquête il résulta que, d*après une nouvelle déclaration du Con-
seil général de Caragoudes, « on n'a jamais connu aucun acte d'incivisme audit
Lespinasse, qu^au contraire il s'est montré ami de la chose publique par les services
qu'il a rendus. » De plus, la Commission révolutionnaire & la Société populaire de
Revel concluaient, à cette époque, en faveur du reclus comme n'étant pas compris
dans la loi du 17 septembre 1793, mais seulement détenu « sur des soupçons vagues
Je suspicion! » Le représentant mit en liberté Lespinasse le 7 brumaire an III.
i3i. C.-J.-B. DE MALARD arrêté comme frère d'émigré — Isidore de Malard,
chevalier de Malte & plus tard commandeur de l'ordre— fut conduit le 3 brumaire
an III aux Carmélites, y subit une détention de onze mois. Le Comité de surveillance
de Toulouse n'ayant aucun renseignement à donner sur le compte de Malard au
représentant du peuple Mallarmé, on s'adressa à la Commission de Revel qui ré-
pondit n ne pas connaître les relations de Malard, ses liaisons ni ses opinions poli-
tiques à cause de sa résidence à Toulouse, que Malard est noblt, désigné dans le
tableau comme frère d'un émigré avec lequel il ne vivoit point depuis dix-neuf ans,
n'ayant pas d'autres renseignements, le trouvant compris dans l'article 2 de la loi
du 17 septembre 1793 (vieux style) est d'avis qu'il reste en réclusion jusqu'à ce qu'il
se soit procuré des attestations qui prouvent qu'il a été constament attaché à la
Révolution. » Mallarmé statua que Malard serait mis en liberté « après nouveaux
renseignements que le Comité de surveillance de Toulouse serait en conséquence
chargé de recueillir sur la vie privée du reclus 8c qu'il aurait à transmettre au
représentant du peuple avec ses observations & ses avis. •
i32. J. MARTIN, seigneur DE LAMOTTE, n'avait donné prise à aucun soupçon
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. I 29
I. Raymond VIOLLE, âgé de 41 ans, cœlibataîre, arrêté depuis le
5 octobre par les mêmes comissaires.
II. En puissance de père & de mère. — i33.
Ecrit le 11 à la Commission des dou^e pour demander des renseigne-
ments.
I. Jean-Pierre CHAfiiBON, âgé de 47 ans, marié, ayant 5 enfans;
arrêté le i5 vendémiaire par ordre de la municipalité du Bourg-la-
Loi.
II. Jouissant d'un revenu d'environ 800 livres. — 134.
d'incivisme, il fallait donc que ceux qui U faisaient mettre en état d'arrestation
fournissent un motif quelconque contre lui, il fut qualifié d*<i aristocrate modéré. »
Le Comité de surveillance de Caraman & l'administration du District donnèrent le
17 fructidor an II un avis favorable à son élargissement en affirmant que « le
caractère de Martin est bon & bienfaisant, ses opinions bonnes aux époques de la
Révolution. » Le représentant du peuple Mallarmé mit en liberté Martin de la
Lamotte, « fermier agricole avant & depuis la Révolution, détenu sur de simples
motifs de suspi.cion , ayant des attestations de divers corps administratifs en sa
faveur, jouissant de Testime publique sous tous les rapports. » M""* de Lamotte,
arrêtée de son côté & mise en réclusion comme sœur d*émigré, obtint le 2 vendé-
miaire an II un certificat de civisme de la commune de Caraman. La Commission
de Revel, consultée par le représentant du peuple, déclare que ¥ vu que dans l'ar-
ticle 2 de la loi du 17 septembre 1798 il est dit que ceux qui obtiendront un cer-
tificat de civisme seront exceptés dudit article, est d'avis de mètre laditte femme
Martin Lamotte en liberté, rendant reiponsable la commune de ce certificat qui
donna lieu à la décision dudit avis. » Un arrêté conforme fut signé pour cette
« sœur d'émigré, mais mariée avec un fermier cultivateur & avant Témigration de
•on frère. »
i33. R. VIOLLE, détenu un an aux Carmélites, était un notaire remplissant
arec probité les devoirs de sa charge, mais mal vu des Jacobins parce qu'il ne fai-
sait pas un tri dans les clients que la confiance lui amenait. Cela ne pouvait durer:
on l'arrêta, on saisit sa correspondance & la cause pour laquelle Violle fut incar-
céré c'est l'accusation a de ne se lier qu'avec des fanatiques 8c des suspects : d'un
caractère bon mais qui ne s'est jamais prononcé dans ses opinions. » Sur la demande
du représentant du peuple, le Comité de surveillance de la commune de Caraman
déclara le i*"' jour sans-culottide an II, que Violle était arrêté <r pour aristocratie
fanatique, qu'il n'a eu de correspondance avec les prêtres refractaires qu'avant la
loi de la séquestration de leurs biens, que cette correspondance ne contenait rien de
suspect. Le même Comité atteste d'un autre cotté les actions civiques de Violle qui
patient en sa faveur, & qu'une année de détention peut bien le corriger du fana-
tisme doni il était dominé, ne le trouvant pas compris en cellà dans l'article 2 de
la loi du 17 septembre 1793» est d'avis de lui donner la liberté. i> Un arrêté du
7 brumaire an III fit sortir de prison Violle, « reclus comme lié avec des gens sus-
pects & les fanatiques, ayant au surplus en sa faveur des actions civiques & suffi-
samment puni par sa détention. »
134. J.-P.-N. DE CHAMBON vivait à Bourg-Saint-Bernard en bons rapports avec
ses concitoyens quand à la suite d'une discussion politique qu'il eut avec le curé
constitutionnel de son endroit il fut dénoncé comme incivique, arrêté 8c envoyé en
réclusion à Toulouse. La Commission de Revel à laquelle le représentant du peuple
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l3o LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Laurens LAGARRIGUE, âgé de 65 ans, habitant de Caramaii ,
coelibataire; arrêté le 23 octobre par ordre des comissaires délégués
par le rep' du peuple Paganel.
II. Ancien capitaine de la marine, jouissant d'un revenu d'en-
viron 3oo livres. — i35.
I. Antoine LAGARRIGUE, âgé de 72 ans, habitant de Caraman,
coelibataire, arrêté le 24 octobre dernier.
IL Jouissant d'un revenu d'environ 3oo livres. — i36.
Mallarmé demaniait des renseignements répondit que « Chambon n'a aucune note
sur le ubleau qui puisse lui être défaTOrable puisque — au contraire— il y tst dit
qu'il ne se nourrit avec sa famille que par le secours d*un oncle qui est dans sa
maison, que ses liaisons sont avec les gens de sa commune, que ses opinions poli-
tiques n*ont pas été relatées par la Commune : il ne résulte du tableau de sa vie
politique que quelques propos inconsidérés : tu l'attestation de sa Commune en date
du 20 vendémiaire (an III) qui prouve que ledit Chambon a constament manifesté
son attachement à la Révolution depuis 1789, & que jamais aucune action con-
traire ne s'en est ensuivie : vu encore qu'il est chargé d'une nombreuse famille,
qu'il est sans fortune, est d^nvis — > sans avoir égard à une information faite contre
lui & suscitée par le cydevant curé, par laquelle il est prouvé qu'il a tenu des pro-
pos contre la Constitution contraires aux principes dans les commencements de la
Révolution, — de lui donner sa liberté, laquelle néanmoins il ne recouvrera que
lorsqu'il aura obtenu un certificat de civisme revêtu des formes portées par la loi. »
i35. L. DE LAGARRIOUE, ancien capitaine de frégatte, chevalier de Saint-Louis,
était en visite chez ses frères 8c soeur au moment où Ansas — curé constitutionnel
de Caraman, qui avait échangé ses fonctions contre celles d'agent national de sa
commune — vint faire une perquisition dans la maison sur une dénonce anonyme
que des sacs de froment s'y trouvaient en nombre supérieur au chiffre déclaré
à la municipalité. Le fait étant exact, tous les Lagarrigue furent arrêtés comme
accapapareurs, conduits à la Maison commune pour être de là acheminés sur
Toulouse. L. de Lagarrigue put présenter le 26 nivôse an II un certificat de
civisme qui le fit relâcher « le verbal de son arrestation motivant qu'il estoit chès
ses frères & sœur, mais que d'après la déposition des témoins, il n'est pas reconnu
de coiinivence avec s«i sœur. » La prison se prolongea néanmoins pour lui jusqu'au
16 prairial an II. A peine élargi, on le réincarcéra encore, cette fois en vertu de
l'arrêté de Dartigoeyte contre les nobles, & Lagarrigue ne reçut sa liberté définitive
que le 7 brumaire an III, après une détention d'autant plus injuste qu'il n'avait
rien dit, fait ou écrit contre les institutions du jour.
i36. A. DE LAGARRIGUE, seigneur de Francarville & de Saint^Loup, habitait
avec son frère J. de Lagarrigue, ne prêtant aucune attention aux divers événements
qui agitaient leurs concitoyens, & occupés tous deux à faire valoir un domaine
qu'ils cultivaient directement. Arrêtés à la suite d'une perquisition, & incarcérés
comme suspects, les deux frères réclamèrent auprès des représentants du peuple en
séance à Toulouse. Force fut à la Commission révolutionnaire de Revel d'avouer
« qu'ils ne disoient rien ni pour ni contre, qu'ils étoient sans moyens & qu'ils
vivaient seuls dans une campagne, » mais elle ajouta que, « d'après les renseigne-
ments qu'elle a pris sur le compte de ces trois individus, ils lui ont fait connoître
qu'ils sont compris dans la loi du 17 septembre 1798 (vieux style) & par suite son
avis était qu'ils demeurassent reclus. » Le représentant du peuple Dartigoeyte statua
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. l3l
I. Jean LAGARRIGUE, âgé de Sy ans, habitant de Caraman, cœli-
bataire; arrêté depuis le 24 octobre dernier.
II. Ancien militaire, jouissant d'un revenu d'environ 3oo livres.
-137.
I. Joseph GILËDE) âgé de 62 ans, habitant de S^ Analde, commune
de Lanta, marié, ayant 7 enfans, savoir : 4 filles & 3 garçons, i'ainé
servant depuis 10 ans, il y a trois ans qu'il n'a eu de ses nouvelles;
le 2' étant parti le 3 d'aoust avec son régiment; le troisième étant
avec lui.
II. Cultivant son bien depuis 3o ans, ayant depuis la Révolution
exercé les fonctions de maire de Lanta; jouissant d'un revenu d'en-
viron 745 livres provenant de ses diversses propriétés. — i38.
Arrêté le i o janvier dernier par le citoyen Trinquenaux à la Société
populaire de Toulouse,
en conséquence qu*on passerait outre à la réclamation des Lagarrigue. Le représen-
tant du peuple Mallarmé opina de même, lors de l'interrogatoire du i5 rendémiaire
an m, & il ne signa plus tard leur élargissement que sur attestations de civisme &
avis des autorités constituées de leur district.
187. J. DE LAGARRIGUE, ancien officier dans les dragons Iselin-Lakan, prit sa
retraite & vint vivre chez son frère. Victime d*une fausse déclaration de grains dont
sa sœur était seule Tauteur, il partagea la réclusion de ses frères; il chercha à prou-
ver aux membres du Comité de surveillance qu'il n'avait trempé en rien dans cette
violation de la loi, mats sans toutefois parvenir à se faire rendre justice par des
gens dont c'était le moindre souci quand il s'agissait de citoyens — comme les trois
Lagarrigue — « qui n'avaient jamais manifesté ouvertement leur attachement à la
Révolution. » Lorsque le représentant du peuple Mallarmé se rendit au chef-lieu
du district de Revel il voulut avoir des renseignements précis sur ceux des reclus de
Toulouse qui appartenaient au district, c'est alors qu'il put, en connaissance de
cause, mettre en liberté le 7 brumaire an III les Lagarrigue, n ex nobles, tous d'un
âge avancé, ayant presqu'habituellement cultivé leur bien par eux même, reclus
aux Carmélites depuis quinze mois, vivant seuls à la campagne, n'ayant jamais été
à même de faire connaître leur opinion, étant généralement envisagés comme d'une
nullité absolue. »
i38. J.'DE GILÈDE, seigneur de Pressac, élu maire de Lanta, fut arrêté par ordre
du Comité révolutionnaire de Toulouse, le 19 niv6se an II, sous prétexte que lors-
qu'on procédait dans sa commune à la nomination d'un cavalier réquisitionné
pour l'armée des Pyrénées-Orientales, « il causa du trouble & empêcha laditte
nomination. » Une réclusion de dix mois ne parut pas suffisante aux commissaires
délégués de la Société populaire de Toulouse, car ils obtinrent du représentant du
peuple Mallarmé qu'on attendrait les notes que donneraient les corps constitués,
consultés sur Gilède, avant de songer à son élargissement. Le Comité de surveillance
de Lanta répondii « ignorer les raisons de l'arrestation de Gilède, qu'il ne lui a
point connu de mauvaises liaisons ni relations, ignorant ses opinions politiques. »
Le Conseil général de la commune de Lanta délibéra le 20 vendémiaire an III que
« ledit Gilède a toujours été reconnu patriote dans cette commune, que depuis 1789
il a constament montré son attachement à la Révolution, manifestant toujours des
principes révolutionnaires. » Enfin la Commission de Revel, sur l'avis favorable du
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l32 LES RECLUS OE TOULOUSE SOUS Lk TERREUR.
I. Guillaume-François RABAUDY, âgé de 45 ans, marié, ayant
crois eiifans, habitant Je Caraman ; arrêté le 5 octobre dernier par
ordre de sa municipalité.
II. Ci-devant noble, jouissant d'un revenu d'environ i5o livres. —
139.
I. Jean*Antoine PUIBUSQUE, de la commune de Maurens, âgé de
35 ans, cœlibataire, arrêté le iS par les comissaires délégués par le
rep* du peuple Paganel.
II. Ex prêtre, n*ayant aucun revenu. — 140.
Comité de surveillance du canton, donna pour avis que « quoiqu'il soit issu de la
caste noble, mais travaillant la plupart du temps son bien, Gilède, père de sept
enfants, dont Tun servant dans le régiment cidevant Vexin, soit mis en liberté &
rentre dans sa famille, li toutefois le fait du trouble causé relativement à la nomi-
nation du cavalier peut être passé sous silence, u Le représentant du peuple Mal*
larme devant ces témoignages ordonna l'élargissement de Gilède. Après la Terreur
eut lieu Tépuration des municipalités du district de Revel, faite en exécution de
l'arrêté du représentant du peuple Laurence, du 27 prairial an III ; Gilède fut alors
proposé pour être de nouveau maire de Lanta , « il serait le plus propre à remplir
cette place qu'il a exercée longtemps avec le plus grand zèle : le peuple Vy avait
appelé, U calomnie l'en a exclu $ on réclame ce père de famille respectable, mis dix
mois en prison, dont la capacité, les mœurs & le patriotisme sont génériilement
reconnus. » Mais le représentant bifi*a de la liste le nom de Gilède attendu que son
fils aîné avait émigré, & le second avait été condamné à mort 8c exécuté à Saint-
Jean-de-Luz pour faits de désertion du 18**** régiment de dragons dans lequel on Tavait
incorporé lors de la deuxième levée en masse. — Des deux frères de Gilède, Tun,
J.-B. de Gilède, fut déporté comme prêtre ayant refusé de prêter serment; l'autre,
L.-D. de Gilède, seigneur de Lestang, coseigneur de Belvèze, conseiller au Parlement
de Toulouse, mourut assez à temps pour échapper au couperet révolutionnaire.
iSp. G.-F. DE RABAUDY, ancien garde du corps du roi, était passé en émigra-
tion dans les commencements de la Révolution, puis il profita de l'intervalle de
temps accordé par la loi aux émigrés pour rentrer en France sans être inquiété
dans la suite. On l'arrêta pourtant comme « noble, lié avec les gens suspects, 8c
devant rester en réclusion comme compris dans la loi du 17 septembre 1793 (vieux
style) ». Incarcéré onze mois aux Carmélites, Rabaudy comparut devant le représen-
tant du peuple Mallarmé, auquel il fit connaître la délibération prise le 2 vendémiaire
an 111 par le Conseil général de la commune de Caraman, déclarant quef> Rabaudy
a gardé une conduite digne d'exemple, soumis aux lois, assistant à toutes les fêtes
civiques, n'a jamais fraternisé avec les gens de sa caste, criblé de maladie, presque
aveugle. Le Conseil général de la Commune Ta vu arriver en prison avec douleur. »
Mallarmé voulut, avant d'élargir Rabaudy, avoir aussi l'avis de la fameuse Com-
mission des Douze (de Revel), dont les notes étaient importantes pour les décisions
à intervenir. La Commission ayant opiné pour que le reclus fut maintenu aux
Carmélites, Mallarmé prit un arrêté conforme le 7 brumaire an III; mais son col-
lègue Bouillerot dut, le 28 brumaire suivant, ordonner la mise en liberté de Rabaudy
sur l'attestation du chirurgien VioUe que le détenu était en danger de perdre com-
plètement la vue s'il restait incarcéré, 8c sur la production d'une carte de civisme
délivrée par le Conseil général de la commune de Caraman le quintidi de la 2* dé-
cade de brumaire an III.
«40. J.-A. D£ PU YBUSQUE quitta après la Révolution la ville de Lavaur, où il
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mmmmmm^m^^mÊm/^SfB^s^m
CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. l33
I. Etienne GASTON aine, de Caranian, âgé de 64 ans, cœlibataîre,
arrêté le 23 octobre par les délégués du Rep* du peuple PaganeU
II. N'ayant aucun revenu. — 141.
I. Jean*Loui8 DELORT, de la commune d'Auriac, âgé de 66 ans,
marié, ayant 4 enfans; arrêté le 25 octobre par la municipalité
d'Auriac.
II. Ci-devant noble, jouissant d'un revenu d'environ 960 livres
provenant de sez diverses propriétés. — 142.
jouissait d'une prébende à la cathédrale Saint-Alain, pour se retirera Maurens, dont
il se chargea de faire le service de paroisse. Arrêté par la mesure générale prise contre
les ecclésiastiques, Puybusque subit treize mois de détention à Toulouse. Ce n'était
cependant pas la faute du Comité de surveillance du canton de Bellevue, délibérant,
le 3o nivôse an II, qu*on réclamerait l'élargissement de Puybusque, ni celle du
Conseil général de la commune de Maurens, qui prit une délibération semblable le
18 prairial suivant; mais les ordres étaient trop formels pour que, même innocent,
il ne fut pas reclus « jusqu'à la paix ». Dès qu'il apprit l'arrivée du représentant
du peuple Mallarmé, il demanda à la municipalité de Maurens un certificat de
civisme qu^elle lui envoya le 12 vendémiaire an II & qui constatait que « Puybus-
que renonça à toute espèce de fonction du culte dès que l'opinion se fut prononcée
pour sa suppression m. Mais le représentant le renvoya jusqu'après l'avis de la Com-
mission révolutionnaire de Revel : elle concluait, le 7 brumaire an III, au maintien
en réclusion du malheureux prêtre comme « noble, désigné dans le tableau comme
aristocrate, lié avec eux ». Plus tard, Puybusque, sur sa nouvelle réclamation, obtint
de la Commission « Tavis de lui donner sa liberté, vu la pauvreté du reclus ».
141. E. DE GASTON dut son arrestation non aux ordres du Comité central du
district, mais au simple caprice d'Ansart, agent national de Revel; il restd quatorze
mois incarcéré, le représentant du peuple Mallarmé se refusant de l'élargir sur ce que
la Commission révolutionnaire de Revel trouvait « les nottes données sur Gaston
par le Comité de surveillance annonçant un homme suspect, donc compris dans
Tarticle 2 de la loi du 17 septembre 1793, devant, malgré ses soixante-quatre ans,
rester en réclusion, ayant été arrêté, comme il est dit dans le tableau, pour aristo-
cratie constante ». Le Conseil général de la commune de Caraman, mieux i même
d'apprécier la conduite du reclus, attesta, le 2 frimaire an III, « qu'il considère
Gaston comme un original, abituellement pris de vin, conséquament regardé comme
un homme qui ne peut faire aucun mal par coalition; vieux, infirme, sans for-
tune ». Ce témoignage contradictoire fut envoyé au Comité révolutionnaire pour
donner les motifs d'arrestation dudit Gaston & fournir les avis & observations du
Comité. Ce dernier répondit, le 26 frimaire an III, que « considérant que Gaston a
été mis en arrestation comme noble, aristocrate constant, affectant de donner la
plus grande publicité aux nouvelles les plus désastreuses, colportant le papier-nou-
velle intitulé « VAmi du Roy » & étant très lié avec les gens suspects, mais que son
grand Âge, ses infirmités, son peu de moyens le mettent hors d'état de nuire, est
d'avis qu'il n'y avait point d'inconvénients l'élargir ». Le représentant Mallarmé
fit alors sortir Gaston des Carmélites.
142. J.-L. DELOR, seigneur de Masbou, que l'on arrêta, ainsi que sa femme,
comme père & mère d'émigré, resta quatorze mois enfermé aux Carmélites parce
qu'il ne put se procurer un certificat de civisme assez à temps pour être, lui & sa
femme, élargis en même temps que la plupart de ses compagnons de captirité, le
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l34 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Benoit PAGES, sgé de 26 ans, garçon ; arrêté à Aurin le 20 octobre
par les comissaires civils délégués par le Kep* du peuple Paganel.
II. Etudiant en médecine ne jouissant d'aucun revenu. — 143.
I. Gabriel GASTON, neveu, de la Com^« de Banville, âgé de 42 ans,
cœlibataire; arrêté le 23 octobre par les comissaires civils délégués
par le Rep* du peuple Paganel.
II. Ancien militaire, retiré depuis 4 ans, jouissant d'un revenu
d'environ i 229 livres. — 144.
Ecrit le 12 à la Commission des dou\e pour lui demander des rensei*
gnements*
I. Henri-Joseph ROQUES, de la commune d'Auriac, âgé de 43 ans,
marié, ayant un enfant, arrêté le 24 octobre par les comissaires délé-
gués par le Rep' du peuple Paganel.
21 vendémiaire an III. La Commission révolutionnaire de Revel, consultée sur les
Delor, déclara les tenir pour « nobles, n'ayant point leurs opinions en évidence,
les trouvant compris dans Tarticle z de la loi du 7 septembre 1793, est d^avis qu'ils
restent en réclusion ». Le représentant du peuple Mallarmé rendit un arrêté con-
forme le 7 brumaire an III. Delor put à la fin se justifier pleinement de Taide pré-
tendue donnée à l'émigration de son fils cadet, Benoît, lequel, engagé dans Royal-
Roussillon en 1774, parti dans l'Inde avec le 2"* bataillon du régiment, revenu en
France en 1786 8c reparti encore, avait en réalité quitté Auriac depuis dix-sept ans.
Sur nouvelle demande d'avis sur le sort des Delor faite par le représentant, l'admi-
nistration du District dut reconnaître, ainsi que la Commission révolutionnaire de
Revel, que le grand &ge, les infirmités, le peu de fortune des DeUr plaidaient en
faveur de leur élargissement, & le i5 frimaire an III un arrêté leur rendit cette
liberté qu'ils attendaient depuis si longtemps, « liberté qui est sans danger pour la
chose publique ».
143. B. PAGES devait à sa qualité a de diacre i> son arrestation faite d'après
les ordres du Comité central 8c des délégués du représentant du peuple Paganel.
Lorsqu'il comparut devant le représentant Mallarmé, il y avait onze mois qu'il
était reclus; mais Mallarmé ne voulut pas Télargir sans avoir au préalable
Tavis de la Commission révolutionnaire de Revel. Elle n'était pas opposée à Pages
a d'après le tableau de sa vie politique 8c d*autres pièces reçues le 26 vendémiaire
an III, entr'autres une attestation de sa commune d'Orin disant que ledit Pages
s'est rendu utile dans sa commune ». Le représentant mit donc en liberté, le 7 bru-
maire an m. Pages, « détenu comme vaguement suspect, mais n'ayant rien à lui
reprocher, pourvu au contraire d'attestations favorables de sa commune ».
144. H. -A DE GASTON, capitaine de chasseurs dans Conti-Infanterie, chevalier
de Saint-Louis, fut arrêté le duodi de la 1''' décade de brumaire an II 8c contre
l'assentiment des commissaires de sa commune délégués au Comité central du can-
ton. Le Conseil général de la commune de Heauville s'assembla le 16 brumaire
an m, — quand Gaston se fut vu refuser son élargissement par le représentant du
peuple Mallarmé lors de l'interrogatoire du i5 vendémiaire an IIF, — 8c prit une
délibération comme quoi « Gaston neveu devait incessamment être mis en liberté 8c
que pour que le vœu du Conseil puisse sortir à effet le plutôt possible, il serait
envoyé une députation vers le représentant du peuple à Toulouse pour solliciter de
sa justice l'élargissement dudit Gaston 8c son retour à Beauville ». En conséquence,
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. l35
II. Ci-devant noble & ancien soldat jouissant d'un revenu d'envi-
ron 5co livres y compris celui de sa femme. — 145.
I. F«*J08eph DEVERy âgé de ^5 ans, marié sans enfans, domicilié
dans la commune de Toutens; arrêté le 26 octobre par la municipa-
lité de Toutens.
II. Jouissant d'un revenu d'environ 2000 livres. — 146.
Elargi par arrêté du 27 brumaire.
Jean Espert, maire, & Raymond Marty, notable, furent choisis avec pouvo^ir de
faire toutes les démarches utiles au succès de leur mission, & c*est le 26 brumaire
suirant qu'ils obtinrent un arrêté favorable à leur concitoyen Gaston.
145. H.-J. DE Roques, mis en état d^arrestation par les commissaires La fTon tan,
Rome & Auge, en exécution de l'arrêté du 16 niv6se an II, fut emmené à Toulouse,
où sa réclusion devait se prolonger quinze mois. Dès le 7 pluviôse an II, M"' de
Roques née de Bonne sollicitait, mais infructueusement, l'élargissement de son mari,
appuyant auprès du représentant du peuple Paganel sa pétition d'un délibéré du
Comité de surveillance. La Commission révolutionnaire de Revel décida plus tard
que Roques, « désigné dans le tableau (des reclus) comme noble, détenu dans la
prison des Carmélites^ lié avec les patriotes, tranquille, 8c n'ayant jamais montré
aucune opinion contraire à la Révolution », sortirait des Carmélites sur un certi-
ficat de civisme qu'avec de « pareilles nottes » il obtiendrait facilement de sa muni-
cipalité. Ce certificat ne paraissant pas, la Commission fit parvenir au représentant
du peuple Mallarmé son avis que « Roques, n'ayant pas cette pièce nécessaire aux
nobles depuis la loi du 17 septembre 1793, devait rester en réclusion jusqu'à ce qu'il
la fasse paroître ». Mallarmé, ainsi que la Commission, pris de pitié pour une si
longue incarcération, mirent en liberté Roques « cy devant noble ou réputé tel,
détenu aux Carmélites pour cette raison depuis quinze mois, ayant constamment
vécu avec les patriotes, d'un caractère tranquille 8c n'ayant jamais montré d'opinion
contraire à la Révolution ».
146. F.-J. DE Ver, seigneur de Toutens, élu maire de sa commune en 1789, en
organisa la garde nationale, lui donna un drapeau tricolore « qui fut béni dans
la fête civique destinée à cette auguste cérémonie », présida à la plantation d'un
arbre de la liberté, représenta sa commune à la Fédération de Paris du 14 juillet
1790, 8c contribua à de nombreux dons patriotiques en argent 8c en nature. La loi
contre les suspects ayant paru, ils en devinrent les victimes, lui 8c M""* de Ver née
de Puybusque. Envoyés au Comité révolutionnaire de Toulouse, on les incarcéra, de
Ver aux Carmélites, sa femme dans la maison des ci-devant chanoisses de Saint-
Sernin tranformée en maison d'arrêt. Ils ne parvinrent pas, durant leur incarcéra-
tion, à se procurer un certificat de civisme; aussi la Commission de Revel, consultée
sur leur compte par le représentant du peuple Mallarmé, répondit que a les époux
Dever, désignés au tableau comme nobles 8c seigneurs, ne s'étant pas prononcés
dans leurs opinions, détenus pour fanatisme, ayant fait.l'unumération de lenrs
actions civiques, sans attestation des corps constitués, pas même de leur commune,
les trouvant compris dans la loi du 17 septembre 1793, doivent rester en réclusion ».
Le 7 brumaire an III, Mallarmé, prenant en considération cet avis de la Commis-
sion, arrêta qu'il serait sursis à la mise en liberté des deux reclus, dont il prononça
l'élargissement les 27-29 brumaire suivant, lorsque le Conseil général de la com-
mune de Toutens eut délivré aux époux de Ver un certificat de civisme 8c que le
Comité du district de Revel eut déclaré, le 24 brumaire an III, que « d'après les
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l36 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Philippe COURT, de S*-Gaudens, cœlibataire, âgé de 35 ans,
arrêté à S'-Gaudeiis par ordre du rep' Dartîgoeyte comme ayant été
membre d'une administration prétendue fœdéraliste.
II. Médecin avant & depuis la Révolution; jouissant d*un revenu
de 5 à 600 livres. — 147.
Elargi.
I. Jean DASTRÉ, domicile à S'-Gaudens, coelibataire, âgé de 40 ans;
' reclus en exécution du même arrêté pour avoir présidé une assem-
blée sectionnaire & pour avoir assisté en qualité de comissaire aux
assemblées du Département.
II. Avant la Révolution homme de loi, puis accusateur public,
comissaire nommé par le Département pour remplacer le procureur
de la Commune, & enfin comissaire n«* élu par le peuple. Sans pro-
priété. — 148.
Elargi.
renseignements pris auprès de la Société populaire de Caraman il les regardait
comme civiques & bons citoyens, dignes de recouvrer leur liberté ».
147. P. COURT, membre du Directoire du district de Saint-Gaudens, fut, après
la défaite du Fédéralisme, dénoncé comme Tun de ses plus ardents partisans, &
« pour aToir tenu à Salis des propos outrageants contre la représentation natio-
nale, ajoutant que la Convention votoit sous les poignards, quec*étoit le cas de la
résistance à l'oppression ». Le représentant du peuple Dartigoeyte, quand il Tint à
Saint-Gaudens, qu^on lui avait représenté comme un foyer « d'aristocratie déguisée
sous le masque du patriotisme », accusa formellement Court, dans son arrêté du
5 ventôse an II, d^avoir persécuté avec acharnement les vrais Montagnards, d'avoir
provoqué des mandats d'arrêt contre «r le Comité qui dénonçait ses amis politiques,
mandats dont le représentant du peuple Paganel avait fait justice ». Court, « pré-
varicateur aux lois »t suspendu de ses fonctions d'administrateur, incarcéré neuf
mois aux Carmélites, ne recouvra sa liberté qu'au mois de frimaire an III.
148. J. DASTRÉ, commissaire national près le district de Mont-Unité (Saint-
Gaudens}, présida au temps du 3i mai 1798 une assemblée de section, & fut choisi
comme député fédéraliste à l'assemblée départementale convoquée à Toulouse par les
autorités constituées. Le représentant du peuple Dartigoeyte procéda à Tépurement
du district de Mont-Unité en commençant par mettre le notaire Faudeuil à la place
de Dastré, puis en envoyant ce dernier en réclusion à Toulouse. Dastré, lors de l'in-
terrogatoire du i5 vendémiaire an III, trouva le représentant du peuple Mallarmé
prévenu contre lui, P. Court & J -P. Dufiaut. Ils durent tous trois rester encore
aux Carmélites, malgré les renseignements favorables donnés sur leur compte par
le Comité révolutionnaire, l'agent national du district & la Société populaire de
Mont-Unité. Ils réclamèrent a nouveau auprès de Mallarmé le 24 brumaire an III
sur ce que « patriotes depuis 1789 on avait cherché à étouiTer leur voix en les traî-
nant dans les prisons d'une ville où, éloignés de leurs parents & de leurs amis, il
leur était impossible de se procurer les secours que l'infortune a le droit d'atten-
dre... leurs dénonciateurs sont de mauvais citoyens, de faux patriotes, intrigans,
calomniateurs, des royalistes, des fripons 8c peut-être des assassins. » Le représen-
tant ne signa que deux mois après leur élargissement.
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. iS?
I. Raimond CAZEAUX, domicilié à S*-Gaudeiis, cœlibataire, âgé de
39 ans; arrêté le 6 ventôse par arrêté de Dartigoej^te, comme pré-
tendu fœdéraliste.
II. Jouissant d*un revenu net d'environ 600 livres. — 149.
Elargi
I. Jean-Pierre DUFAU, médecin, habitant de Fabié, âgé de 84 ans,
cœlibataire; arrêté le 3o messidor par ordre de l'agent n«* près le
District, d'après l'arrêté du rep' Dartigoeyte.
II. Sans revenu, vivant de son état. — i5o.
Elargi,
1. Alexandre LASMARTRES, domicilitfi à Cassagnes, canton de
149. R. CAZEAUX, président du Directoire du district de Saint-Gaudens, fort
mal vu des Jacobins, se trouva enveloppé dans la proscription qui frappa ses amis
politiques quand la Montagne eut triomphé de la Gironde. Commandant actif de
son bataillon de la levée en masse, Cazeaux fut arrêté sur des ordres partis du
Comité révolutionnaire & adressés au général Sol, à l'adjudant général Lapenne,
qui envoyèrent le suspect au Comité de surveillance de Toulouse. Cazeaux resta
reclus aux Carmélites un temps relativement court puisque, le 8 vendémiaire an III,
un arrêté du Comité de sûreté générale 8( de surveillance de la Convention natio-
nale le faisait mettre en liberté «t sur le vu du tableau rempli par le Comité de
surveillance de Pointis-Mars ».
i5o. J.-P. DUFAUT, avant la Révolution habitait Rieux, dont il devint un des
administrateurs. Nommé, lors du fédéralisme, commissaire à l'assemblée des sec-
tions, il y déclara « que c'en était fait de la Convention du moment que ses meil-
leurs membres avaient été mis en état d'arrestation, qu'il ne fallait pas hésiter un
moment à marcher sur Paris pour l'aller délivrer. ». Ces paroles lui furent repro-
chées plus tard par les Jacobins & Sarrans, maire de Cazères, l'accusa même d'avoir,
le 19 août 1793, fomenté une émeute contre-révolutionnaire dans sa commune.
Dufaut, arrêté le 2 nivôse an II sur cette dénonce, demanda au représentant du
peuple à présenter sa justification, à la suite de laquelle intervint un arrêté de
Paganel qui lui rendait sa liberté. Dufaut se retira alors à Fabas, lieu de sa nais-
sance, où il s'établit. Mais ses adversaires entendaient le punir de son attitude au
moment du 3i mai; ils obtinrent du représentant du peuple Chaudron-Eou&seau
un mandat d'arrêt contre lui. Dufaut réussit à se soustraire un temps aux effets de
cette mesure, & ce ne fut que le 22 messidor an II que le représentant du peuple
Dartigoeyte rappela à l'agent national de Mont-Unité « qu'un intrigant jouissait
de sa pleine liberté dans son district, alors que ses cri^nes devraient l'avoir dé|à mis
sous le glaive de la loi ; que ce Dufaut étoit protecteur des aristocrates, avocat des
reclus, fédéraliste au 3i mai & porteur d'un libelle apollogique de Dario ». Force
fut à l'agent national d'arrêter Dufaut, malgré les sympathies qu'il inspirait, & de
l'envoyer à Toulouse où il répondit au Comité de surveillance qu'il n'avait été que
l'apologiste des patriotes persécutés, qu'il n'y avait ni acte ni démarche vraiment
fédéralistes dont on pût l'inculper 8c, qu'au surplus, il présentait pour son civisme
les délibérations en sa faveur des Conseils généraux des communes de Lavelanet,
Saint-Julien, Gensac, des Sociétés populaires de Fabas & de Saint-Julien. Rien n'y
fît, il dut rester reclus aux Carmélites, & le représentant du peuple Mallarmé lui
accorda sa liberté seulement U 6 frimaire an III.
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l38 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
Salies, district de S^-Gaudens, âgé de 40 ans, marié, ayant trois en-
fans, reclus en exécution de l'arrête du 14' germ**.
ÎI. Ci devant noble, fabricant en laine avant & depuis la Révolu-
lion, jouissant d'un revenu d'environ 800 livres provenant de ses
divers biens. — i5i.
I. Quillaume DURAND, âgé de 64 ans, arrêté par ordre du Comité
rév" de S*-Affrique.
II. Ci devant noble & prêtre assermanté, jouissant d'une pension
d'environ 1 200 livres. — i52.
Ecrit à V administration du district de S^-Affrique le 23 Vend'*,
i5i. A DE LASMARTRES, fabricant de razes à Cassaignes, dont les habitants
refirent maire, avait, Je 28 avril 1791, pris à ferme les domaines de Mussidan, de
Castelnau & de la Force, appartenant au duc de Caumont la Force. Membre de la
Société populaire de Salies & nommé électeur lors de l'établissement des assemblées
primaires, Lasmartres, qui avait au 3i mai IT93 donné dans le fédéralisme, fut
dénoncé à l'Administration de Saint-Gaudens comme contre-rérolutionnaire &
mauvais citoyen. Il fut Tobjet d'un mandat d'arrêt le 4 ventôse an II. L'enquête
établit d'après les témoins que Lasmartres était « bon citoyen & honnête homme »,
l'administration prit donc un arrêté qui le renvoyait de la plainte, encore que son
nom fût stir la liste des suspects dressée par rassemblée électorale de la Haute^Ga-
ronne. L'arrêté de Dartigoeyte contre les nobles ne put l'atteindre, il était absent
du département; mais le Comité de surveillance de Salies ayant appris que Lasmar-
tres était en Périgord dans les terres de l'ex-duc de la Force, le signala au Comité
révolutionnaire de Périguenx lequel ordonna, le 5 floréal an II, l'arrestation du
suspect & en même temps avertit de la capture le représentant du peuple Darti-
goeyte. Conduit à Toulouse, reclus huit mois aux Carmélites, Lasmartres, dont le
représentant du peuple Mallarmé repoussa la demande d'élargissement, ne quitta
sa prison que sur un certificat de civisme délivré le 3o frimaire an II & constatant
<r qu'il a donné dans tous ces temps les preuves authentiques d*un civisme le plus
épuré, d*un républicanisme le plus énergique & d'un patriotisme le plus parfait ».
Après la Terreur, Lasmartres dénonça à son tour, le 22 prairial an III, Lespine &
Rufié, l'un maire, l'autre officier municipal de Cassaignes, comme l'ayant calomnié,
persécuté, dénoncé & pour avoir été les promoteurs de son incarcération.
i52. G. DE DURAND, dirigeait depuis vingt-six ans la cure de Brasc, dans le
canton de Loupiac, lorsque éclata la Révolution dont il accepta avec soumission
toutes les mesures. Il prêta en 1790 le serment exigé du clergé séculier & fut main-
tenu curé constitutionnel de sa paroisse. On l'arrêta le 7 septembre 1793 comme
frère d'émigré, bien qu'il prouva que ce frère était parti avec son fils pour la Suisse
le 2 novembre 1791, muni d'un passeport en règle & que s'il n'était rentré en
France qu'en février 1793 c'était par suite d'une grave maladie duement constatée
qui l'avait retenu à l'étranger. Incarcéré à Saint-Affrique, Durand s'adressa au
représentant du peuple Paganel pour être élargi : la réponse concise fut que « s'il
y avait des preuves, il serait renvoyé au Tribunal révolutionnaire de Toulouse n.
Durand, transféré le 4 mars à la prison des Carmélites, réclama en vain sa compa-
rution devant ses juges pour se disculper d'une prétendue correspondance dont on
l'accusait, sans qu'on en présentât les preuves. Il resta reclus quatorze mois &
reçut du représentant du peuple Mallarmé sa liberté le 25 brumaire an III après
avis des autorités constituées & des Sociétés populaires de son district.
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. l3g
I. Jean -Antoine TOURNAMILLE, âgé de 53 ans, habitant de
S' Rome ; arrêté le 5 brumaire par ordre de son District & traduit à
Toulouse par ordre du rep' Paganel.
H. Ex curé assermenté, jouissant d'un revenu de i 5oo livres pro-
venant de sa pension. — i53.
I. Etienne AUSSEL, habitant de Verssols, arrêté le 12 brumaire;
arrêté par ordre du Comité Rév"^* de S*-Affrique & traduit à Toulouse
par arrêté du rep' Paganel. Il est âgé de 60 ans.
II. Ex curé assermenté, jouissant d'une penssion de r 200 livres.
— 154.
I. Martial AUSSELS, âgé de 38 ans, arrêté à Verssols le 12 brumaire
par ordre du Comité rév" de S^-Affrique & transféré à Toulouse par
arrêté de l'agent n°' près le District en vertu de l'ordre du rep' du
peuple Paganel.
II. Ex-prêtre assermanté, jouissant d'un revenu d'environ 700 li-
vres. — i55.
I. Pierre-Michel LERAT, âgé de 3o ans^ arrêté le 4 frimaire, arrêté
par ordre du Comité de S*-Afrique & transféré à Toulouse par arrêté
du rep^ du peuple Paganel.
II. Ex- chanoine de S'-Affrique ayant 7^00 livres de penssion. —
i56.
i53. J.-A. TOURNAMILLE, dut aux sollicitations réitérées de sa mère Tarrêté
que prirent les représentants du peuple Mallarmé & Bouillerot le 17 frimaire
an lu, dans lequel ils constatent que a Tournamille n'a jamais manqué à l'obéis-
sance qu'il devait aux loix, vu les attestations fournies par la Société populaire &
la municipalité de Pont-Libre (Saint-Rome) portant que ledit citoyen n'avait eu
aucune part aux troubles qui ont agité le païs, considérant qu'il a déjà subi une
détention de près d*un an; que si, dans des temps difficiles & où le fanatisme
sacerdotal regnoit encore avec toute son influance, il a paru nécessaire au bien de
la chose publique de prendre contre ce citoyen des mesures de sûreté que les circons-
tances d'alors rendoient indispensables, ces mêmes mesures deviennent maintenant
oiseuses 81 sans objet; qu'au surplus il n'y a point de danger à lui accorder sa
liberté, à la charge de résider dans la commune de Toulouse où il demeurera sous
la surveillance des autorités constituées. »
164 8c i55. E. AUSSELS & M. AUSSELS furent des soixante-six prêtres qui, dans
l'Aveyron, pays religieux par excellence, consentirent seuls à prêter le serment
scbismatique; cela ne devait pas suffire : on demanda plus tard aux curés consti-
tutionnels leurs lettres de prêtrise, plusieurs refusèrent 8c on les emprisonna comme
fanatiques 8c inciviques. Les Aussels furent envoyés à Toulouse où une surveillance
tyrannique devait être exercée à leur égard mieux que dans leur propre départe-
ment.
i56. M. -P. LERAT fut emprisonné lorsque Paganel, — envoyé en mission dans le
Tarn & l'Aveyron pour y organiser le Gouvernement révolutionnaire, — eut compris
dans le programme des arrestations à opérer non seulement les prêtres réfractaires
qu'on envoyait soit à Téchafaud, soit à la Guyane, mais encore tous Us ecclésias-
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140 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Marie-Paul-Louis BELLISSENS, âgé de 89 ans, de la commune
de Garnies.
II. Prêtre-curé pauvre. — 167.
Ecrit à Vad""" du district 23 U vend".
I. Paul BONET9 55 ans, de la commune de Trévîlle.
II. Prêtre curé pauvre. — i58.
tiques, qu'ils eussent prêté ou rétracté leur serment. On trouve dans l'ouvrage de
M. de Barrau « Documents contemporains delà Terreur dans le Rouergue u la liste des
prêtres aveyronnais qui, sous la Révolution, furent reclus, guillotinés ou partirent
pour rémiçration.
i57* M.-P.-L. DE BELLISSEN, « fanatique & cidevant noble », fut amené à
Toulouse avec cinq autres ecclésiastiques assermentés comme lui (voyex les n®* i58,
169, 160, 161, 162) & enfermés aux Carmélites d*oii ils réclamèrent du Comité de
surveillance les motifs réels de leur incarcération. Le Comité les ayant renvoyés à
se pourvoir devant ceux qui avaient signé leur mise en état d'arrestation, les
malheureux reclus écrivirent le i5 fructidor an II au Comité révolutionnaire de
Castelnaudary, « vous exposent, les ecclésiastiques soussignés, qu'ils sont détenus
dans la maison des Carmélites par arrêté du citoyen Chaudron-Rousseau, repré-
sentant du peuple. Cet arrêté ne portait aucun délit spécifié dans la loi du 17 sep-
tembre 1793 (v s.), & tout détenu non compris dans la loi devant être élargi, les
exposants, que la suspension de leur traitement met dans l'état de détresse le plus
absolu & dont les besoins & les soufi*rances se sont accrues par près de quatre mois
de détention, vous prient, citoyens, sinon de rompre leurs fers, du moins changer
leur réclusion, tous demandent de les rapprocher de leurs parents qui, ne pouvant
rien pour eux dans ce grand éloignement, seront à portée de fournir à leur entre-
tien & à leurs besoins multipliés. Quel plus bel usage, citoyens, pouvés vous faire
de l'autorité que la loi vous laisse que de la faire valoir en faveur de six malheu>
reux qui n'ont d'autres délits envers la Patrie que d'aroir obéi à ses lois & d'avoir
par leurs exemples & leurs discours porté les autres à leur exécution ! Vive la Con-
vention & la République à jamais triomphante. » Le Comité de Castelnaudary,
trop prudent pour se permettre de discuter les ordres d'un représentant du peuple,
se borna à répondre que a ne connoissant auqu'un des motifs qui ont occasionné la
détention des pétitionnaires ny les ordres en vertu desquels ils l'ont été, il croit ne
devoir rien estatuer sur icèle. » Le représentant du peuple Mallarmé devait les
faire'sortir de prison en brumaire an III.
i58. P. Bonnet, dénoncé par des Jacobins « comme fanatique outré, refusant
de laisser enlever les signes extérieurs du fanatisme sous prétexte qu'il n'exite pas
de décret qui l'ordonne », put présenter aux commissaires délégués de la Société
populaire de Toulouse un certificat de civisme du Conseil général de la commune
de Trévîlle, vu & approuvé par le Comité de surveillance du canton & un autre
certificat^délivré'par les'officiers municipaux épurés de la commune de la Poma-
rède, — que Bonnet avait desservie un an, — dans lequel on affirmait «c son atta-
chement à la chose publique, ses exhortations en faveur des principes révolution-
naires $ Bonnet a renoncé depuis quatre mois à tout exercice extérieur du culte,
comme processions ou enterrements, & on ne peut l'accuser sans injustice d'avoir
fanatisé ou égaré le peuple ». Ce document, qui portait le visa des membres du
Comité de surveillance révolutionnaire régénéré du canton de Labécède valut à
Bonnet son élargissement.
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CITOYENS RECLUS AUX CARIVIÉLITES. I4I
I. Jôan-Raymond HUC, âgé de 28 ans, de la commune de Carlippa.
II. Prêtre, curé pauvre. — 159.
L Jean-Paul MOUNOT, âgé de 5o ans; de la commune de Laurac;
prêtre, curé pauvre.
II. Prêtre, curé pauvre. — 160.
I. Joseph SOULT, âgé de 58 ans, de la commune de Payra.
IL Prêtre, curé pauvre. — 161.
L Antoine VALETTE, âgé de ii ans; de la commune d'Ayroux ;
arrêté, ainssi que les cinq précédents arrêt le 26 floréal dernier par
ordre du rep^ du peuple Chaudron Rousseau.
II. Prêtre, curé pauvre. — 162.
169. J.-R. Hue, l'un des signataires de la pétition adressée aux membres com-
posant le Comité révolutionnaire de Castelnaudary, dut attendre jusqu'au mois de
brumaire an III pour recouvrer sa liberté. Il s'était permis dans sa commune de
continuer les cérémonies extérieures du culte catholique : « il avait fait encore
depuis peu des processions », Ce méfait fut suivi d'une dénonciation en règle, &
Hue, mis'en état d'arrestation, envoyé à Castelnaudary, dirigé de là sur Toulouse,
alla réfléchir dans la prison des Carmélites au danger de continuera donner les
preuves d'un « fanatisme outré ».
160. J.-P. MOUNOT, incarcéré cinq mois durant, fut, comme ses collègues,
rob)et de la mesure arbitraire d'un représentant du peuple avant que la chute de
la Terreur eût permis aux autorités locales d'intercéder en faveur des citoyens arrê-
tés le plus souvent sans cause sérieuse. Le 29 brumaire an III les administrateurs
du Directoire du district de Castelnaudary écrivent au représentant du peuple Mal-
larmé : « C'est à toi de voir si, les circonstances ayant changé, la position des ex-
prêtres reclus à Toulouse peut aussi changer sans inconvénient, & de concilier
dans ta sagesse les précautions qu'exige le maintien de l'ordre & de la tranquillité
publique avec la justice & l'humanité ».
'I61. J. SOULT, curé constitutionnel de Payra, s'entêtait à vouloir continuer ses
fonctions sacerdotales « malgré les progrès de la Raison ». Désigné aux agents du
représentant du peuple Chaudron- Rousseau, ils l'arrêtèrent « comme fanatique, 8c
pour avoir fait faire depuis huit ou quinze jours ce qu'on appelloit la première
communion à des enfants de dix à douze ans 8c sans préparation ». Le représen-
tant du peuple Mallarmé procéda dans la suite à l'élargissement de Soult sur le bon
témoignage que deux membres de la Société populaire de Castelnaudary rendirent
de sa conduite civique.
162. A. VALETTE, tombé fort malade en prison, fut élargi le 25 vendémiaire
an III par l'arrêté des représentants du peuple Mallarmé 8c Bouillerot sur la pro-
duction du certificat délivré le 6 vendémiaire précédent par les municipaux de la
commune d'Aspoux; « considérant, —disent les représentants, — que si l'huma-
nité exige que l'on procure au citoyen Valette les moyens de rétablir sa santé, la
tranquillité 8c la sûreté générale obligent de prendre des précautions pour qu'il ne
puisse s'opposer aux progrès de la Raison dans sa commune, arrêtent qu'il sera mis
à l'instant en liberté, à la charge de demeurer à Castelnaudary, chef-lieu du dis-
trict, 8c d'y être sous la surveillance du Comité révolutionnaire; ordonnons en
outre qu'il sera tenu de payer les frais que ta détention aura pu occasionner ».
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142 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
DISTRICT DE LIMOUX.
I. Jôan-Antoinô ALRIC, âgé de 55 ans; de la commune de Magrie.
II. Prêtre, curé pauvre. — i63.
I. Antoine BABOU, âgé de 37 ans; de la commune de Loupiac.
II. Prêtre, curé pauvre. — 164.
I. Jean CLERCT, âgé de 56 ans; de la commune de Villarzel.
II. Pauvre & prêtre curé. — i65.
I. Antoine CATALA^ âgé de 41 ans; de la commune de Peyresîtte.
II. Prêtre, curé pauvre. — 166.
I. Raymond CASTEL, âgé de 66 ans, de la commune de Lîmoux.
II. Prêtre pauvre. — 167.
I. François DUROUEUIL, âgé de 49 ans; de la commune d'Âlaigne.
II. Prêtre, curé pauvre. — 168.
i63. J.-A. ALRIC, curé constitutionnel de Mag^rié, & les dix autres ecclésiasti-
ques qui suivent, furent dénoncés, arrêtés dans le district de Limoux & envoyés en
réclusion à Toulouse par suite de la mesure générale que prit le représentant du
peuple Paganel contre les prêtres assermentés de certains districts. Avant que de
prononcer Télargissement de ces citoyens, qui par leur serment & leur conduite
avaient cependant manifesté leur attachement au nouvel état de choses, le repré-
sentant du peuple Mallarmé prit des informations auprès de l'administration du
Directoire de leur district tant au point de vue de la moralité que des idées politi-
ques de chacun d'eux. Les renseignements suivants arrivèrent : « Alric, moralité :
caractère très léger, avoisinant la folie & très processif $ politique : incapable des
principes de ce genre ».
164. A. BABOU, adhéra dès le principe à la Révolution, devint membre de la
Société populaire de Limoux & fut jugé avoir a une moralité pure, une politique
bonnei a toujours fréquenté les patriotes & fait à la chose publique le bien autant
que pouvait comporter sa qualité de prêtre ».
i65. J. CLERCY. « Moralité : bonne; avis partagé sur sa politique. Durand,
président de l'Administration, lui a entendu dire, relativement au salaire des prê-
tres, que pourveu qu'il eût du pain, il se trouverait toujours content. Lors du ser-
ment exigé des prêtres, il dit que la Religion les soumettait à la Loi & que ceux
qui ne le prétoient point étoient des sots & des imbécilles, ajoutant qu*il étoit tou-
jours prêt à faire tout les sacrifices possibles. On ne lui connaît aucune action
incivique. »
166. A. CATHALA, n moralité, pure; politique, l'Administration déclare qu'elle
ne connaît pas assés l'individu pour pouvoir donner des renseignements sur son
compte ».
167. R. CASTEL, religieux appartenant à la règle de saint Benoît, « moralité,
pure; l'Administration n'a aucune connaissance des principes politiques qu'il a
manifestés depuis la Révolution, ayant mené une vie retirée ».
168. P. DARGUEIL, n pas assez connu pour que l'Administration puisse donner
des renseignements sur son compte, mais elle ne lui connaît pas d'acte incivique ».
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. 148
!• Paul OABARROUy âge de 60 ans; de la commune d'Ajac; prêtre.
lï. Prêtre, curé pauvre. — 169.
I. Etienne-Benoit MOUNET, âgé de 46 ans; de la commune de
Limoux.
II. Prêtre principal du collège de Limoux, pauvre. — 170.
I. François TAILLAN, âgé de 38 ans, de la commune de S^-Martin.
IL Prêtre, curé pauvre.
L Jean AUDOUIy âgé de 36 ans, de la commune d*Espéraza, arrêté
comme les neuf précédents par ordre du rep^ du peuple Chaudron
Rousseau par mesure de sûreté.
IL Prêtre, curé pauvre. — 172.
DISTRICT DE NARBONNE.
L Étienne-Jean TALLAVIGNES, de Sijean, coelibataire, âgé de
36 ans, arrêté depuis le 26 nivôse par ordre du rep' du peuple
Chaudron-Rousseau pour avoir tenu des propos inciviques.
II. Sans fortune.
IIL Sorty le 5 vendem. par ordre de Chaudron-Rousseau. — 173.
169. P. GABARROU, a moralité, pure 5 l'Administration déclare qu'elle ne con-
naît aucun acte civique ou incivique à ce citoyen » .
170. E.-B. MOUNET «r refusa, d'après Barrot, un des membres de l'Administra-
tion du District, son traitement du cydevant évéque d'Alais (Mg** de Beausset), qui
voulait le retenir auprès de lui pour Tempécher de prêter le serment civique ».
L'administrateur Labatut dit « qu'avant la prestation du serment, Mounet n'était
pas le partisan de la Révolution, mais qu'après qu'il Teu^ prêté sa conduite posté-
rieure annonça en lui un homme qui n'y était pas contraire. — Durand, président
de l'Administration, convient que sa moralité est bonne, mais pour son civisme il
le regarde comme douteux. — L'administrateur Camps déclare qu'il ne lui recon-
noît rien d'incivique. — Dombase, membre du Conseil, ne le connaît pas »,
171. F. TAILLAN, moralité, bonne $ politique, incapable d'avoir aucun principe
de ce genre.
172. J. AUDOUY, curé d'Esperaza dans le district de Quillan, fut par erreur
porté sur la liste des prêtres reclus dont on demandait des renseignements au Direc-
toire du district de Limoux : naturellement les administrateurs « déclarent ne point
le connaître comme étant hors de leur ressort ». Ils déclarent, en outre, que les
notes données aux reclus ci-dessus l'ont été « avec cette austère impartialité que
désire le représentant du peuple Mallarmé & qui a toujours été dans leurs prin-
cipes ».
173. E.-J. TALLAVIGNES, arrêté, ainsi que Cauvet, de Sigean, envoyés à Nar-
honne comme inciviques 8c fédéralistes, de là à Toulouse où on les incarcéra à la
Visitation; il passa, le 7 fructidor an II, aux Carmélites, sur sa demande, pour y
attendre le résultat de sa pétition au représentant dans laquelle il se justifiait des
inculpations portées contre lui. Chaudron-Rousseau ordonna son élargissement.
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144 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I . Alexandre Louis BARTHE, marié, ayant 3 enfans; arrêté à Nar-
bonne par ordre du rep* Chaudron-Rousseau pour avoir dit à la
Société populaire de Narbonne, dans le mois de frimaire, qu'en fait
de fœdaralisme, que l'erreur n'étoit pas un crime, mais qu'il falloit
punir les meneurs.
II. Adjudant général à l'armée des Pirénées orientales, ayant été
blessé à mort à la journée de Peyrestortes le 17 septembre der-
nier (v. s.); étant sans fortune. — 174.
I. François-Jaques JOLT, âgé de 3i ans, père d'un enfant; arrêté le
6 floréal par ordre du représentant du peuple Chaudron-Rousseau
pour cause de fédéralisme.
II. Sans fortune, ex administrateur du département de l'Aude &
ex inspecteur rév^, établi à Carcassonne. — 176.
174. A.-L,-BARTHE, grenadier au 9"* bataillon de la 2"** division de Garde
nationale parisienne, commissaire de la section des Invalides au Conseil général de
la Commune, décrété de prise de corps pour avoir, dans les clubs, demandé, avec
Marat, la mise eil jugement du roi, se retira àKarbonne en 1791, rétablit la Société
populaire qui était abandonnée, &, pour donner l'exemple aux volontaires, partit
à leur tête avec U bataillon de Narbonne à Parmée des Pyrénées orientales. Son
courage le fit remarquer de ses chefs dans nombre d'afiaires, entre autres à celle du
Mas-d'Eou, où, avec quinze camarades, il resta à servir les dernières pièces de canon.
Les hommes de son bataillon ayant déserté presque tous, Barthe fut. alors employé
comme adjudant de place a Collioure; le général Goguet, qui commandait larmée
de Salces, le prit pour son adjoint. A l'attaque du camp de Peyrestortes, Barthe est
percé de part en part; on le nomme adjudant général en raison de sa belle conduite,
avec un congé pour rentrer à Narbonne soigner ses blessures. Il suivit assidûment
les séances de la Société populaire, &, un jour qu'il défendait son ami Robert, assez
obscur partisan du fédéralisme, il lui arriva de dire : «t Ne vous y trompez pas,
citoyens, le meneur seul est coupable & non le mené, c'est le trompeur qu'il faut
punir & non le trompé », visant par ces paroles certains membres de la Société qui,
pour se laver du reproche de fédéralisme, étaient devenus d'enragés Jacobins, dénon-
çant aux autorités leurs anciens amis politiques. Barthe fut aussitôt l'objet d'une
dénonce comme incivique & contre-révolutionnaire. Il était rentré à l'armée, se trou-
vait à Elne, à l'avant-garde, quand un ordre du représentant du peuple Chaudron-
Rousseau le fit conduire à Perpignan, où les représentants en mission k l'armée,
Milliaud & Soubrany, lui permirent d'aller à Toulouse se justifier auprès de leur
collègue des paroles dont on l'incriminait. Incarcéré à la Visitation presque en
même temps que tes amis Robert, Dubourgade, Logier, Gilabert & Horens, tous
envoyés de Narbonne aux prisons de Toulouse pour faits de fédéralisme, transféré
avec eux, le 7 fructidor an II, aux Carmélites, Barthe comparut enfin devant Chau-
dron-Rousseau, lequel, reconnaissant le mal fondé de l'accusation, envoya au
Comité de sûreté générale de la Convention un rapport pour disculper Barthe. Le
9 vendémiaire an III on communiqua au reclus l'arrêté du Comité de sûreté qui
l'élargissait & lui commandait d'aller reprendre ton poste à l'armée des Pyrénées
orientales.
175. }OLY fit agir à Paris des influences auprès du Comité de sûreté générale &
de surveillance de la Convention qui ordonna sa mise en liberté. Le conventionnel
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES.
DEPARTEMENT DU TARN.
DISTRICT DE CASTRES.
I. André PINSSON, domicilié à Castres, âgé de 33 ans, marié, ayant
3 enfans; arrêté par ordre du rep* du peuple Baudot.
II. Avant la Révolution instituteur, depuis secrétaire greffier du
juge de paix de Castres. N'ayant aucune propriété. — 176.
DISTRICT DE GAILLAC.
L Jean-Auguste LAPETRE, âge de 38 ans; de la commune de
risle-d'Albi; arrêté & reclus depuis le 4 nivôse pour avoir été pro-
visoirement suspendu des fonctions de maire dont il avait été révo-
lutionnairement pourvu.
II. Ex-prêtre, avant la Révolution vicaire. Sans propriétés. — 177.
Comme cy-dessus. Ecrit le 21 vendémiaire pour demander des rensei^
gnements au district sur le compte de Lapeyre.
\. François FOURNIER, de Rabastens; âgé de 46 ans, coelibataire;
arrêté depuis le 22 ventoze par ordre du rep* du peuple Paganel.
Bonnet, en transmettant cet arrêté à l'agent national près U district de Toulouse,
l'invite à le mettre immédiatement à exécution, car « il y a siic mois que Joly gémit
dans les fers, il n'a qu'une femme 8c un enfant qui vient de naître. »
176. A. PlNSSCK acclama le régime qu'apportait avec elle la Révolution de 1789,
se signala par ses démonstrations & était bien vu des sans-culottes quand arrivèrent
les événements du 3i mai qui eurent leur contre-coup dans le Tarn 8c y excitèrent
les esprits à secouer le joug de la Montagne. Pinsson se rendit à Paris 8c, à son
retour, fit à ses concitoyens un tableau trop fidèle de l'oppression dont était victime
la Convention nationale. La chute de la Gironde amena la poursuite de ses parti-
sans. Arrêté comme tel, incarcéré à Castres, puis envoyé à Toulouse à la Visitation,
Pinsson y passa reclus près d'une année, malgié ses réclamations auprès du Comité
de surveillance ; enfin il réussit à obtenir du représentant Dartigoeyte que le 4e jour
complémentaire de Tan II sa pétition fût renvoyée au même Comité révolutionnaire
« avec invitation pressante de prendre en considération la réclamation du pétition-
naire 8c de la soumettre, avec son avis, au représentant du peuple afin quM soit à
même de prononcer définitivement. » Entre temps, la mission de Dartigoeyte prit
fin 8c c'est au représentant Mallarmé que Pinsson dut s'adresser. (Voy. le n® 281.)
177. J.-A. LAPEYRE s'était créé de nombreux ennemis par ses façons autori-
taires. Incarcéré à Toulouse dix mois, il n'obtint pas, malgré les protestations de
son civisme, un avis favorable de l'Administtation du district de Gaillac, laquelle,
consultée sur le compte de Lapeyre, répondit, comme le firent les membres de la
Société populaire, que a J.-A. Lapeyre était un homme immoral, qui a tourmenté
8c vexé les citoyens de la commune de l'Isle dont il était curé, & où il s'était fait
nommer maire par son système d'intrigues 8c de terreur. »
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MO LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
II. Avant la Révolution religieux capucin, depuis curé. — 178.
Elargi,
I Jean-Louis LAT, âgé de 54 ans, coelibataire; arrêté depuis le
22 ventoze par ordre du rep* du peuple Paganel.
II. Ex-prètre. Depuis la Révolution vicaire, depuis curé; n'ayant
aucune propriété. — 179.
Elargi.
I. Bernard VIGUIER, de Rabastens, âgé de 66 ans, coelibataire ;
arrêté le 22 ventôse par arrêté du rep* du peuple Paganel.
II. Avant & depuis la Révolution curé; jouissant actuellement
d'un revenu de 100 livres. — 180.
178. F. FOURNIER, religieux de la règle de Saint-François, accepta d'être curé
constitutionnel de la paroisse de Moulongue dépendant de la commune de Rabas-
tens| il comptait parmi les membres de la Société populaire de cette ville & n'au-
rait pas été incarcéré sans Témeute relative aux subsistances qui éclata les 9-10 ven-
tôse de Tan II. Le maire, les officiers municipaux & notables de la commune de
Rabastens lui donnèrent le 16 vendémiaire an III un certificat de civisme consta-
tant que « Fournier n'a pas fait corps directement ou indirectement à l'émeute,
qu'il ne fut pas compris dans aucun des verbaux dressés par le Conseil général de
la Commune relatifs à cette afiaire, ni dans la procédure faite pour le même objet
par le Tribunal révolutionnaire provisoire du district de Gaillac, & qu'il a abdiqué
ses fonctions de prêtre depuis l'émeute. »
179. J.-L. LAY, curé constitutionnel de Marenx, & son ami Viguier, le curé de
Grasac, écrivirent le 14 Fervidor (sic) an II au président de la Convention n.itionale
que « dans le but de se mettre à la hauteur de la Révolution, voyant que le célibat
était odieux dans la République, ils étaient dans l'intention de se marier. » Ils
donnaient en même temps les motifs de la mesure générale dont les avait frappés
Paganel; ils avaient déjà, mais inutilement, remis les pièces de leur défense au
représentant du peuple Dartigoeyte & conjuraient la Convention de leur accorder
leur liberté « vu notre innocence. Nous irons aussitôt nous marier pour faire
oublier au peuple que nous avons été prêtres. » La Société populaire de Rabastens
intercéda pour Fournier auprès du représentant du peuple Mallarmé, & le Conseil
général de sa commune délivra au reclus le certificit de civisme qui devait assurer
son élargissement.
180. B. VIGUIER, curé constitutionnel de Grasac, s^adressa avec les autres ecclé«
siastiques du district de Castres — incarcérés comme lui aux Carmélites —-au
Comité de surveillance de la commune de Toulouse pour lui représenter qu'ils ne
sont nullement coupables, que leurs municipalités leur ont accordé des attestations
favorables visées par les Comités de surveillance 81 l'administration du District, que
la Société populaire les a reconnus pour frères, & qu'ils sont porteurs de documents
authentiques qui prouvent leur républicanisme. Le Comité de Toulouse se borna à
les renvoyer au représentant du peuple Dartigoeyte pour statuer ce qu'il avisera.
Avec de pareils suspects le maintien en détention était à prévoir. Le représentant
du peuple Malhrmé prit cette décision le i5 vendémiaire an III, & ce fut seu*
lement le 10 germinal suivant que, sur les réclamations du représentant du peuple
Louchet, on fit sortir Viguier de prison où il était resté treize mois. L'arrêté du
Comité de sûreté de la Convention qui donnait ta liberté à Viguier le mettait néan-
moins sous la surveillance de la municipalité du lieu de ta résidence.
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. I47
I. Joseph MASSOUTIER, de la commune de Parisot, âgé de 52 ans,
cœlibataire; arrêté depuis le 1" germinal par arrêté du rep' du peu-
ple Paganel.
II. Avant & après la Révolution curé jusqu'au moment de son
arrestation; jouissant d'un revenu de 3oo livres. — 181.
I. Barthélémi MOREL, de la commune de Rabastens, âgé de 28 ans;
arrêté depuis le 21 ventoze par arrêté du rep* du peuple Paganel.
II. Avant la Révolution religieux, depuis prêtre 8c curé. Sans
fortune. — 182.
I. Guillaume FOURNIE, de la commune de Salvagnac; âgé de 3i ans,
garçon; arrêté depuis le 3i ventoze par ordre du rep' du peuple
Paganel.
II. Avant la Révolution religieux capucin, depuis curé. — i83«
I. Jean-Baptiste SICARD, de la commune de Parisot, âgé de 66 ans,
cœlibataire; arrêté le r' germinal par ordre du rep* du peuple
Paganel.
II. Avant 8c depuis la Révolution curé; sans fortune. — 184.
18 1. 1. MASSOUTIER, curé de Saint-Exupère de Parizot, forcé de se soumettre à
la réclusion pour se conformer à l'arrêté général pris par le représentant du peuple
Paganel le 11 ventôse an II, exhiba au représentant du peuple Mallarmé & aux
délégués de la Société populaire un certificat de civisme qui ne fut pas jugé suffi-
sant; le sursis à sa mise en liberté fut statué dans l'arrêté du 21 vendémiaire an III,
& Massoutier ne put jouir que le 29 brumaire de cette liberté dont il était privé
depuis huit mois.
182. B. MAUREL, religieux de la règle de Saint-François, puis curé constitu-
tionnel de Guiddat, commune de Rabastens, était en bons termes avec les autorités
constituées; son départ pour les prisons de Toulouse excita des regrets & le Conseil
général de la commune de Rabastens déclara que l'arrestation de Maurel n'était pas
due à une mesure prise particulièrement cbntre ce prêtre 8c, qu'en outre, lorsque le
tocsin fut sonné par les séditieux dans la paroisse dont il était curé, Maurel s'em-
pressa de se présenter au corps municipal « pour y faire sur nos registres sa décla-
ration relative à la sédition, 8c depuis il a abdiqué ses fonctions de prêtre. »
i83. G. FOURNIER, religieux de la règle de Saint-François, comme son frère le
curé de Moulongue (voyez n** 178) prêta le serment exigé des prêtres fonctionnaires
pour desservir la paroisse de Labouisse, qui dépendait de la commune de Salva-
gnac. Incarcéré en vertu de l'article V de l'arrêté de Paganel, il fut plus tard
élargi grâce à une attestation de la Société populaire de Rabastens dont il était
membre 8c à un certificat de civisme des officiers municipaux 8c notables de la com-
mune de Salvagnac déclarant que « Fournier avait renoncé dès le 27 prairial an II
à toutes ses fonctions curiales 8c sacerdotales, promis de ne plus les exercer 8c fait
remettre à la municipalité ses lettres de prêtrise »,
184. J.-B. SiCARD reçut dans sa prison des Carmélites un certificat de civisme
que le Conseil général de la commune de Parizot avait signé en sa faveur, visé
par le Comité de surveillance de risle-d*Albi le i5 prairial an II 8c présenté à l'ap-
probation du District de Gaillac. Mais repoussé dans sa demande d'élargissement
par le représentant du peuple Dartigoeyte, éprouvant le même sort de la part du
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148 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Jean BARBOT, de la commune de Salvaguac; âgé de Soaiis; arrêté
le !«' germinal par ordre du rep^ du peuple Paganel.
II. Avant & depuis la Révolution curé; jouissant d*un revenu
d'enviro i3o livres. — i85.
I. Barthélemi AMIEL, de la commune de Rabastens, âgé de 33 ans;
arrêté le 21 ventôse par ordre du rep* du peuple Paganel.
II. Avant la Révolution religieux, depuis curé; sans fortune* —
186.
I. Antoine CAPELLE, de la commune de Coufoulens, âgé de 38 ans ;
arrêté par ordre du rep^ du peuple Paganel, le 3o nivoie.
II. Avant la Révolution prêtre, depuis curé; sans fortune. — 187.
représentant du peuple Mallarmé, le malheureux reclus attendit jusqu'au 29 bru-
maire an III sa mise en liberté.
i85 J. BARBOT, curé en 1786 de Saint-Ang^el, dans Salvagnac, devint après
la Révolution membre de la Société populaire de sa commune où on lui confia la
mission de lire & de commenter les lois & décrets de l'Assemblée nationale. Lors de
la Constitution civile du clergé, il prêta serment, se soumit à toutes les mesures
qu'ordonnaient les circonstauces & vivait en bon accord avec les patriotes quand se
produisit à l'Isle-d'Albi, Rabastens & Salvagnac l'insurrection dss subsistances pen-
dant laquelle on sonna le tocsin à Salvagnac, malgré les efforts de Barbot. Il alla
aussitôt à la Maison Commune donner sa démission de curé constitutionnel. Il fut
quand même enveloppé dans la mesure prise par Paganel contre tous ceaic des prê-
tres dont les paroisses avaient sonné le tocsin. Il obtint les attestations utiles i
l'élargissement qui devait avoir lieu si longtemps après son incarcération, & la
Société populaire de Salvagnac lui envoya une déclaration n comme quoi Barbot,
lecteur de la Société, en a rempli les fonctions avec les sentiments de zèle qui carac-
térisent les vrais citoyens snns-culottes & le plus ardent républicain. »
186. B. AMIEL, religieux de la règle de Saint-François^ accepta d'être curé cons-
titutionnel de la paroisse de Vertus. La Société populaire de Rabastens profita de
l'arrivée à Toulouse des représentants du peuple Mallarmé & Bouillerot pour récla-
mer auprès d'eux en faveur d'Amiel & d'autres membres de la Société reclus par
ordre du représentant Paganel. Elle écrivit le 18 fructidor an III que, connaissant
le patriotisme desdits reclus, « elle croit qu'ils ne sont en rien à la sonnerie des
cloches qui eut lieu lors du rassemblement (séditieux). Elle a accordé un diplôme à
Maurel, les deux Fournier & Amiel; elle réclame de la justice du représentant un
prompt jugement. » Amiel, du reste, avait obtenu un certificat du Conseil général
de la commune de Rabastens, renonciation était faite à ses lettres de prêtrise, 8c il
signa la déclaration que ses confrères, les autres prêtres assermentés, firent au Comité
de surveillance de Toulouse « que s'ils devenaient libres, ils étaient dans l'inten-
tion, — leur abdication de prêtres les faisant rentrer dans la classe des citoyens, —
de s'occuper d'un art méchanique pour se rendre utiles à la République, m
187. A. CAPELLE, embrassa avec enthousiasme les principes de la Révolution,
contribua à la fondation de la Société populaire de Rabastens, la fit affilier à celle
des Jacobins de Paris, prononça un discours public pour prouver la légitimité du
serment exigé des prêtres en fonctions, serment qu'on ne prêtait qu'à contre-cœur,
devint aumônier de la garde nationale, puis, deux ans après, curé constitutionnel
de Bracon. En 179^ c'est lui qui porta à Paris le procès-rerbal de sa section pour
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. I49
DÉPARTEMENT DE L'ARIÈGE
DISTRICT DE SAINT-GIRONS
I. Jean SOULA^ de la commune de Lacour; âgé de 3i aiis^ arrêté par
ordre du rep' Chaudron- Rousseau, le 10° germinal.
II. Prêtre assermenté, n'ayant aucun revenu. — 188.
I. Jean-Paul SOUS, âgé de 3o ans, non marié; arrêté le 9 germinal
par ordre du Rep^ Chaudrou-Rousseau.
IL Marchand drapié, sous puissance maternelle; n'ayant que le
revenu de son commerce. — 189.
I. Ouillaume DEDIEU, âgé de 60 ans, marié, ayant 2 enfans; arrêté
le 9 germinal par ordre du rep^ du peuple Chaudron-Rousseau.
l'acceptation pure 8c simple de la nouvelle Constitution, &, lors des premières
réquisitions de la levée en masse, il conduisit au chef-lieu de canton les jeunes gens
de sa commune. Son activité, ses démonstrations portaient ombrage à des membres du
Comité révolutionnaire de Gaillac, qui jaloux de la popularité de Capelle, le dénon-
cèrent à la première occasion comme « ayant publiquement fanatisé l'esprit du peu-
ple 8c influencé la Société populaire de Rabastens en lui persuadant qu*il fallait
rapporter dans les églises ou empêcher d*en sortir Targenterie^dont le Conseil géné-
ral de la commune de Rabastens avait déjà fait offrande à la Convention ». Conduit
à Toulouse 8c incarcéré aux Carmélites, Capelle écrivit à la Société populaire en
même temps qu'au Comité de surveillance de Rabastens : on lui donna l'attestation
« qu'il s'était toujours montré bon patriote, mais d*un caractère très ardent », le
Conseil général de la commune de Coufoulens déclara également que Capelle, curé
de Saint-Pierre, a démontré un civisme épuré 8c s'est comporté en véritable sans-
culotte. » Mais le reclus se heurta aux mauvaises dispositions de l'Administration
du district de Gaillac qui retarda l'élargissement de Capelle en le traitant auprès
du représentant du peuple de « fanatique, meneur, caractère turbulent; depuis
qu'il est détenu, il prend avec affectation son ancienne qualité de curé en écrivant
à la Société populaire, ce qui révolte tellement les esprits que, sans cette circons-
tance, là Société populaire aurait pris quelque intérêt à son sort. »
i88. J. SOULA. Pendant que les députés Fayau 8c Gaston, commissaires de la
Convention nationale, par arrêté du 6 avril 1793, faisaient déporter à Poix les
curés assermentés de plusieurs paroisses de l'arrondissement, le représentant Chau-
dron-Rousseau, de son côté, ne restait pas inactif pour épurer, destituer, empri-
sonner, dans l'arrondissement de Saint-Girons où il avait délégué ses pouvoirs à
AUard, procureur-syndic de Rieux. C'est par ses ordres queSoula, curé assermenté
de Lacour, fut envoyé à Saint-Girons, puis de là à Toulouse subir aux Carmélites
une réclusion de six mois que rien ne justifiait.
189. J.-P. SOUM, dénoncé 8c arrêté comme partisan du fédéralisme, fit faire des
démarches après le 9 thermidor pour recouvrer sa liberté que lui rendit le 20 ven-
démiaire an III un arrêté du Comité de sûreté générale de la Convention : ce fut
seulement le 27 vendémiaire suivant que le représentant Mallarmé donna à Soum
communication de ce document.
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l5o LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
II. Avant & depuis la Kévolutton cultivateur; jouissant d'un re-
venu d'environ f oo5 livres. — 190.
Sorti par arrêté du Comité de sûreté générale.
I. Pierre COBÈRE, de la commune de S^-Girons; âgé de 46 ans;
cœlibataire; arrêté le 9 germinal par ordre du rep* du peuple Chau-
dron- Rousseau.
II. Homme de loi, n'ayant d'autre revenu que celui de son état.
— 191.
Mis en liberté par arrêté du Comité de sûreté générale de la Convenu
tion, — Sorti par arrêté du Comité de sûreté générale,
I. Nicolas ROUZEy Je la commune de Montégut, âgé de 40 ans,
cœlibataire; arrêté depuis le 9 germinal par ordre du rep* du peuple
Chaudron -Rousseau.
II. Faisant le commerce des mules depuis 12 ans & jouissant d'un
revenu d'environ 100 livres. — 192.
Elargi par arrêté du 25 brumaire.
190. G. DEDIEU, emprisonné par le simple caprice du délégué des représentants,
sortit de la prison des Carmélites le 5 vendémiaire an III à la suite de Tarrété du
Comité de sûreté générale de la Convention & sur le vu du tableau rempli par le
Comité de surveillance de Saint-Girons.
191. P. CAUBÈRE, ancien député à TAssemblée législative, avait été président de
la Société populaire & montagnarde de Saint-Girons à une époque où les idées
modérées étaient encore en faveur; plus tard le conventionnel Vadier le poursuivit
de sa haine parce que Caubère avait attaqué la conduite du commissaire civil Alart;
on brûla son effigie au sein de l'Assemblée électorale comme « mandataire infidèle,
ami des Bertrand (de Molleville], des Lafayette 81 parce que sous sa présidence la
Société populaire avait osé insulter au patriotisme de Vadier. » Caubère arrêté,
envoyé à Toulouse, demeura incarcéré aux Carmélites six mois sans pouvoir prendre
connaissance des motifs de son arrestation. Quand le représentant Mallarmé fut
envoyé en mission dans la Haute-Garonne, le reclus s'adressa à son ex-collègue de
la Législative & lui demanda s*il se croyait, lui Mallarmé, le droit de juger Cau-
bère « qui eut le bonheur de partager avec Mallarmé & les autres vrais amis du
peuple les dangers 8c la gloire de 10 août.'^v Mallarmé, pour réponse, envoya com-
munication à Caubère d'un arrêté du Comité de sûreté générale 8c de surveillance
de la Convention en date du 6 vendémiaire qui rendait sa liberté a Tancien député.
192. N. DE ROUZE DE ROQUEMAUREL, mis en état d'arrestation à Montégut
comme ci -devant noble, fut dirigé sur Toulouse, tandis qu'on donnait Tordre au
juge de paix du canton de fouiller les papiers 8c correspondance du prévenu; rien
de compromettant ne s'y rencontra. La pétition de Georgette de Roquemaurel, ten-
dant à la mise en liberté de son frère, n'eut aucun succès; Roquemaurel resta près
de neuf mois en prison, 8c s'il ne fut pas tout d'abord élargi par le représentant du
peuple Mallarmé, lorsque ce dernier vint le i5 vendémiaire an III interroger les
reclus des Carmélites, c'est faute de produire les certificats de civisme qu'il atten-
dait de l'Ariège. Ces documents arrivèrent, l'un du Comité de surveillance, l'autre
du Conseil général de la commune de Moulis, puis encore du Comité de surveillance
de Saint-Girons, de la Société populaire du même endroit : ils attestaient que le
reclus, quoique né de la ci-devant caste nobiliaire, « faisait néanmoins le commerce
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. l5l
I. Jean-Pierre PEYRUZAT, habiiant de la commune de S*-Girons,
marié; ayant un enfant; arrêté le 9 germinal par ordre du rep* du
peuple Chaudron-Rousseau.
II. Notaire, jouissant d'un revenu d'environ 260 livres. — 193.
Sorti par arrêté du Comité de sûreté g^^^.
1. Joseph CASSAN, habitant de S^-Girons, âgé de 60 ans, marié,
sans enfans; arrêté le 9 germinal par ordre du rep' du peuple Chau-
drou-Rousseau.
II. Homme de loi, jouissant d'un revenu d'environ 3oo livres,
— 194.
(Idem,)
I. Jean-Louis BOREL, âgé de 42 ans, cœlibataire; arrêté le 12 ger-
minal par ordre du rep* du peuple Chaudron- Rousseau.
II. Jouissant d'un capital d'environ 5ooo livres. — 195.
Elargi par arrêté du 26 brumaire.
des mules & autres bestiaux ^ qu'il a dirigé la culture de ses possessions plusieurs
années avant 8c depuis la Révolution; » qu'on Va toujours vu familier avec les
citoyens qu'on appelait <c bas-peuple; » que, lors de la levée en masse, il fut des
premiers à marcher aux frontières; qu*il a fourni à la Nation ses bestiaux, ses
grains, fourrages, harnais; qu'il a participé à Saint-Girons aux fêtes & réjouis-
sances républicaines, enfin que sa conduite a toujours marqué un véritable ami de
la République française. » Le 16 brumaire an III le Comité révolutionnaire vérifia
& approuva ces attestations qui permirent au représentant du peuple Mallarmé
d'élargir Roquemaurel le 25 brumaire suivant.
193. J.-P. PEYRUZAT déplaisait par la modération relative de ses principes aux
Jacobins; ils le firent envoyer aux prisons de Toulouse rejoindre ses compatriotes
aussi peu coupables que lui, 8c ce n'est que le i5 vendémiaire an III qu'il fut rendu
à sa famille.
194. J. CASSAING, était de ceux qui avaient applaudi dans le temps aux efibrts
des départements du Midi pour délivrer la Convention nationale de l'oppression de
la Commune de Paris; la réaction thermidorienne permit son élargissement le
5 vendémiaire an III.
195. J.-L. BORET, arrêté pour avoir soi-disant tenu des propos anticiviques,
produisit au Comité de surveillance de Toulouse, — sans parvenir toutefois à se
faire rendre justice, — un certificat de civisme délivré le 8 ventôse an II, par le
Conseil général de la commune de Lacave, vu 8c approuvé par le Comité de surveil-
lance de l'endroit, déclarant que <t Boret avait prêté tous les serments prescrits par
l'Assemblée nationale 8c qu'il 8*est montré vrai 8c loyal patriote dans toutes les
occasions ». Le représentant du peuple Mallarmé, quand Boret comparut devant
lui, exigea encore une attestation du Comité révolutionnaire de (Saint-) Girons afin
d'être au fait des motifs^d'arrestation que le reclus ignorait lui-même, 8c il signa
le 26 brumaire an II l'élargissement de Boretquand le Comité de Saint-Girons eut
répondu n n'avoir trouvé aucune trace de dénonciation dans ses registres contre ce
citoyen 8c que, d'après les renseignements pris sur sa vie politique, il n'était pas
compris dans la loi du 17 septembre 1798 »,
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iSl LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Louis-Bômard SOUEIX, de la commune de S^-Glrons, âgé de
40 ans, mariée ayant un enfant; arrêté le 12 germinal par ordre du
rep* Chaudron -Rousseau.
11. Marchand-drapier, jouissant d'un revenu de 55o livres. — 196.
Elargi par arrêté du Comité de sûreté générale.
I. Marc-Antome OÉRAUD, âgé de 41 ans; arrêté le 10* germinal
par ordre du rep' Chaudron-Rousseau.
11. Ex prêtre assermanté, sans fortune. — 197.
I. Barthélémy DËGEILH, de la commune de Boussenac, âgé de
26 ans; arrêté par ordre du rep' du peuple Chaudron-Rousseau.
11. Ex-prêtre assermanté, sans fortune. — 198.
196. L.-B. SOUEIX, reclus comme fédéraliste, d*abord dans la prison de Saint-
Lizier, puis à Toulouse dans celle des Carmélites, fit agir ses amis à Paris auprès
des membres du Comité de surveillance 81 de sûreté générale & fut Tobjet d*un
arrêté d'élargissement « sur le tu du tableau rempli par le Comité révolutionnaire
de (Saint-) Girons. » Comme cet arrêté, rendu le 5 vendémiaire an 111, parlait de
Soueix reclus à Samt-Lizier , alors que celui-ci avait été transféré à Toulouse,
l'agent national du District refusa à Soueix l'exécution de cet arrêté, prétendant
que cela regardait uniquement l'agent national de Saint-Girons. Le reclus, victime
de ce souci des formes, supplia le représentant du peuple Mallarmé de trancher la
dificulté afin de jouir d'une liberté trop longtemps opprimée. Mallarmé prit des
renseignements auprès de l'Administration du District : le maire de Toulouse,
Groussac, lui écrivit en même temps pour affirmer le civisme de Soueix, ajoutant
que, lors de sa mission dans l'Ariège, les plus chauds patriotes, « ceux qu'on appelle
les amants de la liberté j» ne lui en ont parlé que comme d'un homme neutre, pai-
sible, le moins coupable des membres de sa commune. » Mallarmé se décidait à
ordonner l'élargissement de Soueix quand parvint à Tdgent national du District
un arrêté rectificatif du Comité de la Convention, l'inviiant à mettre immédiate-
ment Soueix en liberté.
197. M.- A. GÉRAUD, curé de Pouech avant la Révolution, fut loin de se mon-
trer contraire au nouvel état de choses, 8c après avoir prêté serment à la Nation, il
administra la cure de Pouech en qualité de vicaire-régent. On le dénonça comme
« fanatique m au représentant du peuple Chaudron -Rousseau, qui ordonna de te
mettre en état d'arrestation. Géraud quitta alors sa paroisse, 8c réussit un cer-
tain temps à se cacher; on dénonça sa retraite : il fut pris 8c envoyé à Toulouse.
Durant son incarcération, il adressa, le 1 1 germinal an II, au secrétaire du district
de Saint-Girons sa démission de vicaire de Pouech 8c sollicita du Conseil général
de sa commune 8c de celle de Moulis les certificats de civisme qui permetrraient son
élargissement. Le représentant du peuple Mallarmé ne s'en contenta pas; il statua
qu'il y aurait sursis à la mise en liberté du reclus jusqu'à nouvelle enquête sur son
compte : elle établit « qu'il instruisait ses paroissiens sur les bons principes 8c les
élevait au niveau de la Révolution ». L'élargissement eut lieu le i5 brumaire
an III.
198. B. DÉGEILH, prêtre constitutionnel, desservait l'annexe de Prienpregond,
dans la commune de Boussenac. Ni plus ni moins coupable que ses confrères du
district que frappait un de ces actes arbitraires dont, sous la Terreur, on vit tant
d'exemples, Dégeilh subit aux Carmélites une réclusion de près de huit mois avant
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. l53
I. Jean-Baptiste RUFPIÈ, âgé de 54 ans; arrêté par ordre du rep*
du peuple Chaudron-Rousseau.
II. Prêtre assermenté, sans fortune. — 199.
1. Arnaud DOUMENG, de S^-Girous, âgé de 35 ans; arrêté par ordre
du rep' du peuple Chaudron-Rousseau le 10* germinal.
II. Ex prêtre, religieux jouissant de la pension que la loi lui ac-
corde. — 200.'
1. Jean-Philippe CASSAING, de Rivemer, âgé de 62 ans; arrêté le
10 germinal par ordre du rep* du peuple Chaudron-Rousseau.
II. Ex prêtre & curé sans fortune. — 201.
I. Joseph BELLONOUE, de la commune de Fabas, âgé de 82 ans;
arrêté le 14" germinal par ordre du rep* du peuple Chaudron-Rous-
seau.
II. Prêtre assermenté. — 202.
de recevoir sa liberté des représentants Bouillerot & Mallarmé. Ils le renvoyèrent
chez lui le 26 brumaire an III, « vu le délibéré du Comité révolutionnaire de
Girons, du 6 brumaire, portant que Dégeilh, auquel le Conseil général de la com-
mune de Boussenac a donné un certificat de civisme, ne tombe pas sous le coup de
la loi du 17 septembre 1793 & que, d*après les renseignements pris sur sa vie mo-
rale 8c politique, le Comité estime qu'il doit être mis en liberté ».
199. J.-B. RUFFIÉ, curé de la paroisse Saint-Pierre de Soulan, se vit appréhen-
der au corps par Alart, commissaire civil, agissant au nom du représentant du
p:uple Chaudron-Rousseau, conduit à la maison d'arrêt de Saint-Lizier & de là
expédié à Toulouse le 19 germinal an II. Le 1 z nivôse an III, — huit mois après!
— le Comité de surveillance s'assembla pour délibérer sur le certificat de civisme
délivré r Riiffié par le Conseil général de la commune de Soulan. «t II le reconnut
patriote d'une voix unanime, constata qu'une plus longue détention est une injus-
tice des plus criantes, que la loi du 17 septembre 1793 ne le frappe à aucun point
de vue, qu'il ne peut se taire sur l'oppression de ce détenu sans aller directement
contre la justice républicaine. » Le Comité demanda donc pour Ruffié une mise en
liberté provisoire que les représentants du peuple accordèrent.
200. A. DOUMENC, malgré l'affirmation de ses principes républicains & toutes
les prestations de serment exigées par la loi, devait à son caractère sacerdotal d'être
tenu pour suspect. Arrêté & envoyé aux Carmélites de Toulouse, il se procura des
certificats de civisme, des attestations de bonne conduite, au moyen desquels le
représentant du peuple Campmartin obtint du Comité de sûreté générale de la
Convention l'élargissement de Doumenc le 12 vendémiaire an II.
201. J.-P. CASSAING, curé assermenté de Rivener, se croyait à l'abri de tout
reproche lorsque le commissaire civil Allnrd l'envoya à Toulouse partager le sort
de ses mniheureux collègues, qui avaient pourtant, aussi bien que Cassaing, mani-
festé leur soumission à toutes les lois de la République.
202. J. BELLONGUE, vicaire, au moment de la Révolution, de la paroisse de
Fabas, en devint curé quand il eut prêté ce serment exigé des ecclé.<iiastique$, mais
que repoussait l'ancien curé de Fabas ce récalcitrant ». Bellongue, reclus aux Car«
mélites malgré ses démonstrations en faveur du nouvel état de chose, sortit de prison
sur un arrêté que signèrent les représentants du peaple le 6 frimaire an III. « Vu
le délibéré pris en conseil général par la municipalité de Fabas, visé & approuvé
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l54 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
!• Joseph PONS, de la commune d*Âcheutein, âgé de 66 ans; arrêté
le 14 germinal par ordre du rep^ du peuple Chaudron-Rousseau.
II. Prêtre assermenté. — 2o3.
I. Jacques FAUR, de la commune d'Astou, âgé de 5o ans; arrêté par
ordre du Rep* Chaudron -Rousseau, le 12* germinal.
II. Prêtre assermenté. — 204.
I. Pierre FAUR, de la commune d*Âstou, âgé de 48 ans; arrêté par
ordre de Chaudron-Rousseau, le i3 germinal.
II. Prêtre assermenté; ex-bénéficier de Carcassonne. — 2o5.
par l'adminiitration du district de Girons & par le Comité réTolutionnaire du
même district, duquel il résulte que les renseignements pris sur le compte du citoyen
Bellongue lui ont été entièrement favorables, que ce citoyen ayant toujours mani-
festé des sentiments conformes à la Révolution n*est dans aucun des cas prévus par
la loi, & qu'enfin il n*y a aucun obstdcle à lui accorder sa liberté. » — Ce même
arrêté du 6 frimaire an III concernait également l'élargissement d*un ci-devant
prêtre, Jean Bernadac, de Saurat, ai.quel un certificat de civisme avait été accordé
« ayant toujours manifesté des sentiments civiques & méritant pareillement d'ob-
tenir sa liberté ».
203. J. PONS resta enfermé sept mois aux Carmélites avant d'être délivré. La
Société populaire d*Achentein, tout autant que le Conseil général de sa Commune^
firent les démarches do4it Pons était digne à leurs yeux pour obtenir Télargisse-
ment d'un prêtre u qui à toutes les fêtes civiques, telles que fédération, plantations
d'arbres de la liberté & feux de joie, avait paru d'une manière appropriée aux cir-
constances, exhortant (le peuple) a la soumission aux lois, & dans toutes les épo-
ques se montrant l'ennemi du fanatisme qui tachoit de s*insinuer dans la commune
par la voie des prêtres réfractaires ». Le Comité révolutionnaire de Saint-Girons,
dans sa séance du 20 brumaire an III donna son approbation à la mise en liberté
de Pons.
204. J. FAUR, curé constitutionnel de Saint-Lizier d'Ustou, quitta la prison des
Carmélites le 26 brumaire an III, à la suite du délibéré du Comité révolutionnaire
de (Saint-) Girons, lequel, — sur le vu du tableau politique dudit Faur, dressé par
le Comité de surveillance d'Ustou, & de deux certificats de civisme accordés au
reclus par le Conseil général de la commune d'Ustou & son Comité de surveillance,
— reconnut « qu'il doit être mis en liberté, attendu qu'il a cherché en vain les
motifs de cette arrestation 8c que Faur n'est dans aucun des cas prévus par la loi du
17 septembre 1793 ».
205. P. FAUR, prêtre bénéficier à la cathédrale Saint-Nazaire de Carcassonne,
revint habiter l'Ariège après la Révolution. Arrêté en même temps que d'autres
prêtres de ce département par suite d'une mesure générale, il avait, durant son
incarcération à Toulouse, rassemblé toutes les pièces qui devaient favoriser son
élargissement par les représentants du peuple; il allait avoir lieu quand la confor-
mité de son nom avec celui de son cousin J. Faur, reclus en même temps que lui &
dans la même prison, fit qu'on oublia de le comprendre dans l'arrêté du 29 bru-
maire an^lll. Faur réclama contre cette erreur si funeste pour lui le primidi de
frimaire, & les représentants du peuple Bouillerot & Mallarmé s'empressèrent de
prendre l'arrêté du 6 frimaire an III : « Vu l'avis du Comité révolutionnaire de
(Saint-) Girons déclarant que Faur a été mis en arrestation sans aucun motif légi-
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. ï 55
I. Guillaume MOULIS, de la commune de Cazavet, âgé de 46 ans;
arrêté par ordre de Chaudron-Rousseau, le i3 germinal.
IL Prêtre assermanté, ex chanoine de la ci devant cathédrale de
Couzeras, jouissant de 3oo livres de revenu. — 206.
I. Jean-Pierre LOUBÈRES, de la commune de TAudressein, âgé de
56 ans; arrêté par ordre de Chaudron-Rousseau, le iz* germinal.
H. Prêtre assermanté. — 207.
I. François DAT, âgé de 40 ans; arrêté le 14 germinal par ordre du
rep* Chaudron-Rousseau.
II. Prêtre assermenté. — 208.
I. Oabriel PEYRUZAT, de la commune de Seix, âgé de 48 ans ;
arrêté par ordre du rep* Chaudron-Rousseau, le 12* germinal.
III. Ex-capucin assermenté. — 209.
time, ledit avis appuyé sur les attestations de civisme délivrées audit Pierre Faur,
vu également le tableau de sa vie politique, muni de Tassentiment des autorités
constituées des lieux de sa résidence... »
206. G. MOULIS, théologal du chapitre de la cathédrale de Saint-Lizier , se
retira en juillet 179:) à Cazavet, son village natal, où ses concitoyens le nommèrent,
à l'élection, notable pour Tannée 1791 . Envoyé aux prisons de Toulouse bien qu'il
fût porteur d'un certificat de civisme constatant n sa déclaration expresse, comme
notable, le i"" 8c le 2"* juin 1793, de demeurer toujours attaché à la Convention
malgré l'arrestation de plusieurs de ses membres gangrenés, » Moulis passa sept
mois en réclusion & fut mis en liberté par le représentant du peuple Mallarmé sur
les attestations du Comité de surveillance & du Comité révolutionnaire de (Saint-)
Girons qui affirment, le premier dans sa délibération du 12 vendémiaire an IJI, le
second dans celle du 4 brumaire an III que Moulis méritait son élargissement,
comme ne tombant pas sous le coup de la loi du 17 septembre 1793.
207. J.-P. LOUBÈRE, curé constitutionnel de Tramesaïgues, incarcéré à Saint-
Lizier le 12 germinal, dirigé sur Toulouse le 18 suivant, fut le i5 vendémiaire
an m maintenu en détention par le représentant du peuple Mallarmé qui tenait
à avoir sur Télargissement du reclus l'avis du Comité révolutionnaire de (Saint-)
Girons. La réponse fut catégorique & tout entière en faveur de Loubère qui est
« bon citoyen, bon patriote, a toujours prêché les principes de la Révolution, a été
constament attaché à la Convention nationale : On ignore les motifs de son arres-
tation, il mérite d'être mis en liberté. »
208. F. DAT, vicaire constitutionnel de Seinteins, présenta aux commissaires
délégués de la Société populaire le tableau de sa conduite politique depuis 1789
ainsi qu'un certificat de civisme délivré par le Conseil général de sa commune.
Sursis fut néanmoins statué à son jugement jusqu'après réception de l'avis du
Comité révolutionnaire de (Saint-)Girons lequel délibéra le i^*" brumaire an III
que « les renseignements ayant été pris sur le compte de Dat, sa vie morale & poli-
tique, les motifs d'arrestation & son exception de la « loi du 17 septembre 1893 il
était digne d^étre élargi. »
209. G. PEYRUZAT, religieux de la règle de Saint-François, prôna avec ardeur
les principes nouveaux, prêta serment de fidélité à la Nation & se chargea d'admi-
nistrer la cure de Seix à la demande du Consçil d'administration du district dç
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l56 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Michel LACANALy de la commune d'Argeîii, âgé de 65 ans; arrêté
le 12 germinal par ordre du rep^ du peuple Chaudron-Rousseau.
II. Prêtre assermanté. — 210.
I. Guillaume GALIN, de la commune d*Astou, âgé de 70 ans; arrêté
par ordre du rep* Chaudron-Rousseau, le 14* germinal.
II. Prêtre assermenté. — 211.
1. Joseph PARIS9 de la commune de Soulan,agé de 35 ans; arrêté le
i3 germinal par ordre du rep* Chaudron.
II. Prêtre assermenté. — 212.
Saint-Girons. Membre de la Société populaire de Seix, « où il a mérité d*étrc reçu
par son zèle & son ciTisme, » Pcyruzat durant Tannée de ses fonctions de prêtre
constitutionnel se montra toujours « Tami du peuple en préchant & en expliquant
les loix émanées de la Convention nationale & en animant les jeunes gens à voler
à la défense de la Patrie, u Arrêté le 8 germinal an II par ordre du représentant du
peuple Chaudron-Rousseau comme ayant signé de prétendues pétitions liberticides,
Peyruzat, reclus aux Carmélites, en sortit après une longue incarcération 8c aprèe
s*étre procuré des certificats de civisme de la Société populaire & Montagnarde de
Seix ainsi que du Comité révolutionnaire de cette commune.
210. M. LACANAL, curé de Vedeille avant 1789, se soumit aux mesures impo-
sées par PAssemblée nationale aux ecclésiastiques & devint curé constitutionnel
d^Argein. Atteint, comme tous les prêtres du district, par Parrêté injuste qui les
envoyait en réclusion, Lacanal repoussé d'abord dans ses réclamations pour être
mis en liberté, obtint enfin son élargissement giftce à de nombreuses attestations de
civisme soit des officiers municipaux de la commune d'Argein qui déclarent « qu'il
a rempli ses fonctions du culte salarié en bon & digne patriote, » soit de l'admi-
nistration du district de (Saint)Girons qui dit ignorer les motifs d'arrestation du
reclus & ajoute n qu'il a toujours agi dans le sens de la Révolution 8c quitté le
costume ecclésiastique dès que la loi l'y a obligé d
211. G. GALIN, curé constitutionnel du Trein-d'Ustou, n'était inculpé d'aucun
acte, d'aucune parole contraire à la marche de la Révolution quand on le mit en
état d'arrestation pour l'enfermer à Saint -Lizier, puis, de là, le conduire à Tou-
louse dans la prison des Carmélites. En vain le Conseil général de sa commune
attesta-t-il le civisme de Galin, en vain le Comité de surveillance du Trein déclara-
t-il que ce prêtre « a toujours paru fort dévoué à la Constitution aux lois de
laquelle il s'est toujours conformé 8c n'a jamais signé des pétitions ou arrêtés liber-
ticides, i> le reclus ne fut mis en liberté qu'après que le Comité révolutionnaire de
(Saint-)Girons eut, le 2 brumaire an III, pris une délibération favorable à Galin.
2 12. J. PARIS prêta serment comme vicaire de Soulan le 4 octobre 1792, 8c admi-
nistra la cure jusqu'au moment où il fut enveloppé dans la mesure générale qui
privait le district de la plupart de ses prêtres assermentés. Durant sa réclusion à
Toulouse, Paris se procura une carte de civisme de la Société populaire de Soulan
8c une déclaration du 2 brumaire an III comme quoi la Société populaire «c ne con-
noit aucun motif qui ait pu déterminer l'arrestation de Paris, 8c qu'en conséquence
elle ne s'oppose pas à sa mise en liberté. » Le Conseil général de sa commune
accorda au reclus une attestation « de laquelle il conste que Paris a toujours mon-
tré le plus grand attachement à la Révolution, qu'on ignore les motifs de son
incarcération 8c qu'il mérite d'être mis en liberté. » Le tout, avec visa de l'admi*
nistration du district de Girons.
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CITOYENS RECLUS AUX CARMÉLITES. 167
I. Mathieu MOULLIS, âgé de 65 ans, ex-curé de Valier, commune
de Giroas^ arrêté depuis le ii' germinal.
II. Prêtre assermenté. — 2i3.
I. Jean-Pierre MAURETTE, âgé de 56 ans, de la commune de San-
tein; arrêté depuis le 14' germinal.
II. Prêtre assermenté. — 214.
DISTRICT DE MIREPOIX OU PAMIERS.
( Ecrit le 23 vendémiaire à l'administration du district )
I. Jacques FALC, notaire, habitant de Mazères, âgé de 89 ans, non
marié; arrêté par ordre du rep* Chaudron-Rousseau.
II. Ayant 5oo livres de revenu & notaire public. — 2i5.
2 1 3. M. MOULIS, curé constitutionnel de Valié, trouva des protecteurs assez
puissants à Paris pour intercéder efficacement auprès du Comité de sûreté générale
de la Convention qui rendit sa liberté à ce n sexagénaire » le 22 vendémiaire an III.
Par suite d*un retard dans Texécution de Tarrêté, les représentants Mallarmé 8c
Bouillerot nVIargirent Moulis que le 25 brumaire & reconnurent « que son arres-
tation ne fut accompagnée d'aucune des formalités exigées par la loi », que Moulis
leur a présenté une attestation de civisme délivrée le 2 brumaire an III par la
Société populaire de Girons, attestation visée & approuvée par le Comité révolu-
tionnaire du District, lequel déclare ce qu'il n'existe sur ses registres aucun fait
contre ledit Moulis & qu*il n'est dans aucun des cas prévus par la loi du 17 sep-
tembre. »
2ii|. J.-P. MAURETTE, curé constitutionnel de Santein, avait été mis en état
d'arrestation & emmené à Toulouse sans qu'on eût consulté les municipaux ou les
membres de la Société populaire de sa commune : ils adressèrent en conséquence au
représentant du peuple Mallarmé les attestations portant « que Maurette, ex curé
de cette commune, a toujours montré le plus grand attachement à la Révolution,
qu'il n'a cessé « d'en propager les principes & la haine des tyrans, qu'il n'a jamais
varié même dans les moments de crise de la Révolution. » La Société populaire
affirma a que Maurette réunit en lui toutes les vertus civiques & que sa détention
est un acte d'oppression contre l'innocence t* Enfin, le Comité révolutionnaire de
Saint-Girons, dont le représentant du peuple demandait l'avis, délibéra le 14 bru-
maire an III que Maurette doit être mis en liberté, ce dont il s'est assuré en pre-
nant tous les renseignements sur la vie politique du reclus. Un arrêté conforme fut
rendu le 20 brumaire suivant.
2i5. J. FALC, élu officier municipal de Mazères, puis deux ans après procureur
syndic de ta commune, avait deux frères partis volontaires à l'armée des Pyrénées
orientales. Malgré son civisme reconnu, Falc, sur une dénonciation anonyme, fut
envoyé à Toulouse & détenu aux Carmélites, du 19 germinal an II au mois de bru-
maire an III, en vertu d'un mandat d'arrestation décerné par l'agent national du
district de Mirepoix énonçant simplement un arrêté du représentant du peuple
Chaudron-Rousseau en mission dans le département de l'Ariège. Les motifs qui
avaient pu provoquer la réclusion de Falc ne lui furent jamais déclarés j du reste,
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l58 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Jean-Jacques DASPECT, habitant de Varilles, âgé de 62 ans,
non marié; arrêté par ordre du rep* Chaudron-Rousseau.
II. Jouissant d'un revenu d'environ 3oo livres. — 216.
Mis en liberté par arrêté du Comité de sûreté générale.
I. Pierre-Antoine MAILLOL jeune, âgé de 23 ans, de la commune
de Villefranche, cœlibataire^ arrêté par ordre du Comité révolu-
tionnaire de Villefranche .
II. Marchand, n'ayant aucun revenu, vivant de son industrie. —
217.
le Comité rcTolu tionnaire de Saint-Girons répondit aux demandes de renseigne-
ments sur le compte de Falc, ignorer entièrement ces dits motifs.
216. J.- J. DASPECT subit le même sort que Falc sans qu'on lui ait jamais com-
muniqué les faits qui avaient dû servir de base à sa mise en réclusion : il fut élargi
par décision du Comité de sàreté générale & de surveillance de la Convention sur
le délibéré dn Comité révolutionnaire de Girons « qu'après les renseignements pris
sur Daspect il doit ^tre mis en liberté, n'étant dans aucun des cas prévus par la loi
du 17 septembre 1793. »
217. P.- A. MAILLOL dut attendre, pour recouvrer sa liberté, que le représentant
du peuple Mallarmé eût demandé des renseignements au Comité de surveillance de
Mirepoix, lequel renvoya au Comité de Pamiers, puis au Comité révolutionnaire
de Girons qui répondit ignorer le motif de l'arrestation de Maillol, sur la conduite
duquel il n'a rien trouvé de répréhensible. C'est d*ailleurs sans son assentiment
que toutes ces arrestations faites en Ariège avaient été transformées en réclusions à
subir dans les prisons de Toulouse, & le Comité de Saint-Girons témoigne, le
14 frimaire an III, de son étonnement pour la plupart des incarcérations ordon-
nées dans son arrondissement & surtout du transport des divers individus dans les
maisons d'arrêt de Toulouse, c'est-à-dire du chef-lieu d'un autre département.
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TABLEAU DES INDIVIDUS
QUI SONT
RECLUS A LA CONCIERGERIE,
AU CI -DEVANT SÉNÉCHAL ET AUX HAUTS -MUR ATS
TABLEAU DES DETENUS A LA CONCIERGERIE
DE TOULOUSE
L Jean-Baptiste COUTAUD, natif de Lombes, district de Tlsle
Jourdain, âgé de 33 aiisj arrêté le 9® ventôse par ordre du Comité
de surveillance de Muret.
II. Avant la Révolution bénéficier au cidevant chapitre de Lombes.
Depuis curé constitutionel. Sans revenu. — 218.
Le Comité observe quHl a des pièces en sa faveur qui prouvent son
patriotisme & qui seront mises sous les yeux du représentant. — A pren^
dre des renseignements à Lis le ^ Jourdain.
218. J.-B. COUTAUD, dénoncé comme suspect, est envoyé par le Comité de sur-
Teillance de Muret aux autorités de Toulouse qui le font enfermer à la Concier-
gerie. Le 29 messidor an II, Coutaud a à subir un long interrogatoire du Comité
réTolutionnaire auquel il prouve que, a patriote dès Taurore de la Révolution j», il
s*est conformé comme prêtre à toutes les obligations que les lois exigeaient de lui,
qu'il a soutenu la Constitution de tout son pouvoir & propagé l'amour de la liberté
avec un zèle infatigable. Ces affirmations ne suffisent pas au Comité & le maintien
en détention de Coutaud est décidé jusqu'après connaissance de nouveaux rensei-
gnements à prendre sur son compte. Dès ce moment, le malheureux suspect fut
oublié en prison comme tant d'autres de ses compagnons d'infortune. Il réclama
pourtant le 6 vendémiaire an III auprès du représentant du peuple Mallarmé con-
tre les neuf mois de privation de sa liberté qu'il endure quoique n'ayant rien à se
reprocher & quoique les pièces qui constatent sa bonne conduite & son cirisme
soient depuis longtemps déposées au siège du Comité révolutionnaire de la Com-
mune. Rien n'y fit, & sa qualité de prêtre empêcha de le comprendre dans l'arrêté
libérateur du 21 vendémiaire an III. Sans se décourager, Coutaud réclame encore le
7 brumaire & ce fut seulement le 26 pluviôse an III que parvint à Toulouse l'arrêté
de mise en liberté du détenu que venait de rendre le Comité de surveillance & de
sàreté générale de la Convention sur la demande du représentant du peuple Du-
harrau.
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l6o LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Dominique DUPUY, âgé de 5i ans, natif de Lombes district de
Lisie Jourdain; arrêté le 25 pluviôse par la Municipalité.
II. Avant la Révolution curé de la Bastide, depuis curé constitu-
tionel à Lombes Sans revenu. — 219.
Le Comité observe qu^îl a été mis en état d* arrestation par arrêté du
représentant du peuple Dartigoeyte du 24 pluviôse. — A prendre des ren-
seignemens'jà Lisle Jourdain.
I. Charles-Eustache SERË, de Saverdun, département de l'Ariège,
district de Pamiers, âgé de 46 ans, marié, ayant 5 enfants dont le
plus âgé n'a que 14 ans; arrêté le 5 septembre par Tarmée révolu-
tionnaire.
II. Sans profession, jouissant d'un revenu de 260 livres* — 220.
Le Comité observe quil a été arrêté par ordre des commissaires civils
I* dans le temps des rassemblements contre révoluv* qui eurent lieu dans
divers lieux de VAriège, Dans le temps qu'on assassinait sur les grands
chemins les patriotes de ce pais & qu'on les achevoit à coups de crosses il
fut trouvé dans les bois armé de fusils portant sur lui un scapulaire signé
de la Vendée, que de plus il est reconnu dans sa comune de Saverdun
219. D. DUPUY, que la maUeillance trouTa moyen défaire emprisonner en lui
appliquant les dispositions de rarrêté du ^J^ pluviôse an II, dut subir à la Concier-
gerie une attente de huit mois sans être êcroué & sans que jamais on le traduisît en
jugement. Il réclama en vain la production de la dénonce qui était cause d*un acte
si arbitraire à son égard Se d'autant plus indigne qu'il s'était conduit en ami des
lois. Lorsque, plus tard, il s'adressa au représentant du peuple Mallarmé, il lui fut
répondu que son élargissement dépendait de l'enquête à laquelle se livrerait sur son
compte Mallarmé quand il irait à i'Isle-Jourdain. Dupuy écrit de nouveau le
7 brumaire an III afin de connaître un résultat dont dépend « sa liberté pour
laquelle il a tant travaillé. » Il apprend que, durant son séjour à l'Isle* Jourdain,
le représentant a été trop occupé pour prendre les informations promises : elles
arrivèrent pourtant, mais avec un mois de retard, & Dupuy put enfin quitter la
Conciergerie le 6 frimaire an III.
220. C.-E. DE SERÉ, détenu à la Conciergerie sans plus de raison sérieuse que
les nombreux suspects de TAriége qu'un arrêté du représentant du peuple Chaudron-
Rousseau y avait envoyés, devait faire partie d'un convoi de soixante prétendus
contre-révolutionnaires à traduire devant le Tribunal révolutionnaire de Paris;
par suite de circonstances particulières, quelques suspects restèrent à la Concier-
gerie, 8c Séré de ce nombre, tandis que partait sur Paris le convoi des prisonniers
malgré que le décret du 11 prairial an II eût été rapporté. Séré réclama de l'accu-
sateur public, chargé de la police des prisons, son transfert dans la maison de
détention de son District en attendant le jugement du Comité de salut public de
la Convention; mais l'accusateur public^répondit que cela ne le regardait pas. Séré
s'adressa alors aux représentants du peuple en mission à Toulouse pour obtenir
cette mesure de leur humanité d'autant qu'à ce moment sévissait à la Conciergerie
une épidémie faisant chaque jour de nouvelles victimes. Les représentants allaient
accorder l'autorisation démandée lorsque parut l'arrêté du Comité de salut public
qui rendit Séré à sa famille le I7 vendémiaire an III.
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CITOYENS RECLUé A LA CONCIERGERIE. ifti
comme un chef d'aristocrates puisque sa maison servoit de rende'{vous
aux aristocrates.
Elargi par arrêté du Comité de sûreté générale,
I. Rok-Rogé BOULOC9 âgé de 28 ans, domicilié à Toulouse, gar-
çon; arrêté le 26 brumaire à Bayonne dans le corps des dragons de
Toulouse où il servoit par ordre du représentant du peuple Mones-
tier.
II. Ci-devant noble; avant la Révolution officier dans le Reg' ci-
devant Picardie & passé ensuitte au service de la Holende lors de la
révolution de Brabant.
Jouissant de ses droits légitimaires du chef de son père se portant
à 35 000 livres ; n'ayant pas réglé la succession de sa mère. — 221.
Sursis quant à présent.
I. Sabin GARROS, natif de Rieumes, dép* de Haute-Garonne dis-
trict de Muret, âgé de 36 ans; arrêté le 9 ventôse par ordre du Dis-
trict de Muret. — 222.
221. R.>R. DE BOULOC, seigneur de Cabanac, sous-lieutenant au régiment de
Picardie, sortit de France pour aller combattre dans les rangs des patriotes de Bra>
bant lors de la révolte de cette province contre Tempereur d'Allemagne. Il fit partie,
comme capitaine, de Pétat-major des insurgés, fut inscrit sur la liste des étrangers
proscrits, eut sa tète mise à prix par le gouvernement autrichien 8c ne rentra en
France qu'après les trois campagnes de ce soulèvement populaire où les Belges
auraient triomphé sans la trahison. Revenu à Toulouse, Bouloc s*eng<igea dans le
corps des dragons patriotiques de cette ville, partit pour Bayonne 8c, là, se trouva
compris dans une dénonciation vague que portaient contre lui 8( quelques nobles
les cavaliers du 18*^ régiment de dragons. Arrêté par ordre du représentant du peuple
Monestié, renvoyé au Comité de sûreté générale à Toulouse, puis incarcéré un an à
la Visitation, Bouloc ne put, malgré le tableau présenté au représentant du peuple
Mallarmé de sa vie politique, obtenir son élargissement : on le transféra au con*
traire de la Visitation à la Conciergerie afin d*ètre traduit, s*il y avait lieu, au Tri-
bunal criminel. Après avoir protesté le 7 brumaire an III contre l'arrêté pris à son
égard, Bouloc s'adressa a Bouillerot, collègue de Mallarmé, pour se plaindre des
quatorze mois de prison qu'il subissait sans avoir été entendu, mis en jugement, ou
seulemen: avoir obtenu les motifs exacts de son incarcération : » oublié de tous,
croupissant dans sa prison, malade par suite de l'humidité 8c du mauvais air qui
règne à la Conciergerie, il réclame sa liberté pour se faire soigner 8( eu besoin être
transporté à l'hôpital. » Le représentant Bouillerot, auquel s'adressait de son côté
Ninette de Bouloc, sœur du détenu, demanda alors au Comité révolutionnaire de
s'entendre avec la Municipalité pour fournir les renseignements utiles qui permet-
tront de décider du sort de Bouloc. Le 14 frimaire an III le Comité révolutionnaire
est obligé de convenir qu'il n'existe contre le détenu que des « soupçons vagues »,
qu'étant jeune il pourrait servir utilement la République, 8c son avis est de mettre
Bouloc en liberté, mais à charge d'aller aux frontières dès qu'il sera guéri. Le
représentant prit un arrêté conforme.
222. S. GARROS était incarcéré depuis huit mois par l'effet d'une malveillance
des plus marquées, lorsque le représentant du peuple Mallarmé, sur les instances
du détenu qu'il savait par ailleurs atteint d'une maladie grave 8c dénué de res-
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l62 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
II. Ci (levant curé & ensuitte curé constitutîonel, sans propriété .
Le Comité observe qu'il a des pièces en sa faveur. ^ Elargi en se con-
formant à notre arrêté,
I. J"-B'<-Jo8eph MANENT aine, âgé de 6i ans, habitant Je Fonsor-
bes, district de Muret, marié, ayant une fille mariée à Toulouse;
arrêté le 2 floréal par ordre du Comité révolutionnaire de Toulouse .
II. Fils d'un ci devant capitoul, jouissant d'un revenu de 700 li-
vres. 223.
Le Comité observe quil a été arrêté pour avoir voulu soustraire h ui t
sacs de bled lors de la réquisition. — Elargi,
L Jean-Baptiste POUJADE, âgé de 38 ans, natif de Toulouse;
arrêté le 22 brumaire par ordre de TAgent n** du district de Revel.
II. Curé; avant 8c depuis la Révolution sans fortune. — 224.
Le Comité observe quil a été arrêté pour avoir abusé de la place de
commissaire civil en faisant incarcérer plusieurs agriculteurs & patriotes.
— Détenu,
sources pécuniaires, demanda au Comité révolutionnaire communication des ren-
seignements qui pouvaient exister sur ce prêtre. Le Comité répondit être à même de
déclarer, a diaprés les recherches que sa vigilance lui a inspirées sur le compte de
Garros, qu'il n'y a que des attestations satisfaisantes en sa faveur, elles prouvent
son patriotisme, son zèle à propager l'esprit & l'amour de la Révolution, enfin
rhistoire de sa vie politique depuis 1789 qui caractérisent un vrai républicain. »
Le représentant n'eut qu'a ordonner l'élargissement de Garros « en l'invitant tou-
tefois a se conformer aux dispositions de son arrêté du 14 vendémiaire an III. »
223. J.-B.-J. MANENT, arrêté sur une dénonciation calomnieuse, envoyé à la
Conciergerie pour être poursuivi devant le Tribunal criminel s'il y avait lieu, resta
détenu pendant près de six mois avant que de recevoir sa liberté du représentant
Mallarmé.
224. J-B. POUJADE, curé constitutionnel de Revel, contribua à l'arrestation
« d'un grand nombre d'individus de tout sexe, qu'il qualifioit d'aristocrates parce
qu*ils n'avaient pas la dévotion d'aller entendre sa messe. » 11 était président de
l'Administration du district de Revel quand, le 23 août 1793, Us représentants du
peuple Mailhe & Lombard-Lnchau, d'accord avec le District, le déléguèrent à
Saint-Julia-de-Caraman & à la Salvctat pour en suspendre les municipalités dénon-
cées comme inciviques & suspectes. Il devait mettre en état d'arrestation le com-
mandant de la garde nationale de Caraman ou tout autre citoyen qui pourrait se
trouver suspect ou serait regardé comme mal intentionné ; enfin, pour final objet de
sa mission, remplacer provisoirement les officiers municipaux suspendus. Poujade
eut l'idée, par une interligne qu'il ajouta à son mandat de commissaire du District,
d'étendre les pouvoirs dont il était revêtu. C'est nlors qu'il porta la terreur dans
les communes d'Auriac, L;inta, Lebiac, Loubens, Saint-Félix, Bourg-Saint-Ber-
nard, Mourvilles, Juges, Maurens, Belesta, Saussens & Caraman, exigeant des
municipalités la liste des suspects que chacune était tenue d'établir. Les plaintes
sur les exactions & vexations de Poujade arrivèrent au District qui donna ordre de
l'arrêter, l'envoya à Toulouse où il eut à subir onze mois de détention avant de
comparaître devant le représentant du peuple Mallarmé, lequel statua le i"* bru-
maire an m « que le détenu serait traduit sous, bonne & sûre garde dans la maison
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CITOYENS RECLUS A LA CONCIERGERIE. l63
I Joseph-Étienne NICOLET, domicilié à Toulouse, âgé de 5i ans,
marié, ayant un enfant âgé de 7 ans, actuelement à Lavaur; arrêté
par ordre du Comité révolutionnaire le i**^ floréal. — 225.
Le Comité observe quîljut arrêté en vertu d'un arrêté du représentant
du peuple Bo du 20 germinal, — Sursis jusqu après les renseignemens
les plus positifs pris près des autorités constituées de Lavaur.
I. Adrien-Joseph COMËRE, domicilié à Toulouse, âgé de yS ans,
célibataire; arrêté le 2 messidor.
II. Ci-devant noble, jouissant d'un revenu de 1 5oo livres & depuis
la Révolution de 3 000 livres. — 226.
Arrêté d'après des dénonces qui ont été transmises à V accusateur public.
— Elargi.
I. Jean-Baptiste DALDËGUIER fils, âgé de iS ans, garçon, domicilié
à Toulouse; arrêté à Bayonne par ordre du représentant du peuple
Monestier, le 26 brumaire, dans le corps des dragons de Toulouse.
II. Ci-devant noble, en puissance paternelle.
de sûreté dite Visitation, pour y demeurer en état d'arrestation jusqu'à ce qu'il en
soit ordonné autrement x. Le 22 ventôse suivant, un arrêté du Comité de sûreté
générale de la Convention mit en liberté Poujade, qui eut encore maille à partir
avec le Comité de surveillance de Toulouse dont Tintention était de le poursuivre
sous la prévention de faux en écriture publique.
220. J.-E. NICOLET, que le représentant du peuple B6 fit arrêter comme « sus-
pect & dangereux », réclama contre son incarcération auprès des autorités consti«
tuées, mais en vain. Le représentant Mallarmé, lui-même, repoussa la supplique de
mise en liberté du reclus 8c statua qu'avant de prendre une décision quelconque on
attendrait les renseignements qui devaient venir de Lavaur. L'année précédente, le
Tribunal criminel avait condamné à dix ans de détention & à l'exposition Léo-
nard-François Nicolet, ci-devant curé de Saint-Salles, pour violation de la loi du
26 août 1792 concernant les prêtres.
22Ô. A.-J. DE COMÈRE, baron de La Bastide-Beauvoir, chevalier d'honneur du
Parlement de Toulouse, s'était vu obligé de recourir à la justice du District de Vil-
lefrancheSc du Département lesquels, par des arrêtés multipliés; le replacèrent dans
les droits de propriété que lui contestaient avec acharnement des habitauts de la
Bastide. Déçus dans leur attente, ces derniers mirent tout en œuvre pour le perdre
dans l'opinion publique & pour lui ravir sa liberté. Incarcéré comme suspect à la
Visitation le 2Ô avril 1793, élargi le 5 mai suivant par décision du Comité de sû-
reté générale de la Municipalité « qui le reconnaît tranquille », Comère, incarcéré
à nouveau en vertu de l'arrêté du 14 germinal an II, ne put supporter les rigueurs
de l'internement, & sa santé déclina au point que le Comité de surveillance lui
permit de sortir des Carmélites pour tester en état d'arrestation chez lui. Sur une
dénonce absurde du Comité de la Bastide-Beauvoir, le vieux gentilhomme fut une
foie de plus traîné dans la geôle de la Maison Commune pour y subir un interro-
gatoire de cinq heures durant lequel il démontra la fausseté & l'invraisemblance de
tous les chefs de la dénonce. Malgré cette justification, on le laissa enfermé à la
Conciergerie où le représentant du peuple Mallarmé vint délivrer « ce vieillard
presqu'octogéna ire, accablé d*infirmités & qui a toujours rempli ses devoirs civi-
ques ».
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164 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
III. Avec les aristocrates.
IV. Ayant toujours été reiinemi de la Révolution. — 227.
Le Comité observe que la dénonce tfun membre que, lors des assem-
blées des sections à V époque du fédéralisme ^ il fit la motion de faire murer
la Soeiété populaire. — Remettre à la Visitation.
I. Alexis ESPIRAC, domicilié à Caubiac, dép^ de Haute -Garonne^
district de Beaumont, âgé de 45 ans, célibataire; arrêté le 4 ther-
midor.
II. Ci-devant prêtre, interdit de ses fonctions depuis 12 ans à rai-
son de maladie, travaillant la terre depuis cette époque. Sans pro-
priété. — 228.
Le Comité observe qu'il est traduit au Tribunal criminel. — Elargi.
I. Jean PORTAIL, âgé de 23 ans, garçon; arrêté le 3o thermidor
par ordre du juge de paix de la 5* section.
II. Cordonnier, vivant de son travail. — 229.
Affaires judiciaires.
227. J.-B. D*ALDÉGUIER servait encore en 1791 au régiment Ma réchal-de-Tu*
renne en qualité de lieutenant, malgré la défiance des soldats yis à vis de ceux de
leurs officiers qui appartenaient à la noblesse. Ce sentiment d'hostilité devint si
manifeste que d*Aldéguier donna sa démission & se retira dans le Midi. En septem-
bre 1793, il alla chez le chef d'état-major de Toulouse témoigner de son bon vou-
loir & obtenir son agrément pour entrer dans un corps de cavalerie, proposant
toutefois de s^équiper & de se monter à ses frais. Envové à Rayonne avec les dra-
gons patriotiques de Toulouse, il s'y comporta si bien que Tadjudant général
Frère (mort plus tard glorieusement à la prise de Fontarabie) regretta ouvertement
la mise en arrestation de d'Aldéguier, qu'avait provoquée la plainte portée par le
18™' régiment de dragons contre lui & d^autres nobles accusés d'avoir traité « d*an>
ciens laquais » les cavaliers de ce régiment. Le général Laroche, chef d*état-major
de Bayonne, chercha à calmer les esprits, mais Pecb, capitaine de l'escadron où
servait d'Aldéguier, lui avait donné de trop mauvaises notes pour le garder au
corps. De plus^ au temps du fédéralisme, d'Aldéguier avait voté pour la dissolution
de la Société populaire & les Jacobins lui firent payer cette motion en deman^innt
son maintien en détention. Déjà le 17 pr.iirial an II le représentant du peuple
Oartigoeyte avait repoussé sa demande d'élargissement, sur l'avis du Comité révolu-
tionnaire. D'Aldéguier, incarcéré à la Visitation, fut surpris en train de percer un
mur pour s'échapper. On le transféra à la Conciergerie où, lors de la visite du
représentant du peuple Mallarmé, sa nouvelle demande de mise en liberté ne fut
pas mieux accueillie. Il fit présenter alors par sa fiancée au représentant du peuple
Bouillerot une nouvelle demande dans laquelle» il espérait ressentir les effets de sa
justice & de son humanité u Bouillerot, en effet, signa sa mise en liberté le 23 bru-
maire an III sur avis du Comité m que le détenu paroit assés puni de ses opinions
inciviques par sa longue détention ». J. B. d'Aldéguier est l'auteur d'une Histoire
de Toulouse en quatre volumes.
228. A ËSPIRAC put se justifier 8c échapper ainsi à la déportation qui frappait
tous ceux des ecclésiastiques qui avaient soi-disant violé la loi du 24 août 1792.
229. J. PORTAIL, ayant commis un délit qui n'avait rien de politique, relevait
de l'autorité judiciaire j le représentant du peuple n'eut donc pas à s'en occuper :
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CITOYENS RECLUS A LA CONCIERGERIE. l65
1. Isidore LATOUR, domicilié à Noë, district de Muret, âgé de
44 ans, marié, ayant 4 enfans en bas âge; arrêté le 18 ventôse par
ordre du commissaire délégué dans le district de Muret par ordre du
représentant Dartigoeyte.
II. Cultivateur, jouissant d'un revenu de 144 liv. produit de son
bien. — 280.
Le Comité observe que Varrêté du représentant du peuple Dartigoeyte
le traduisoit au cidevant Tribunal révolutionnaire de Toulouse pour pro-
pos contrerévolutionnaires.
Il est compris dans le travail de Capelle.
I Marie-Françoise PUILAROQUE CÉLÈS, âgée de 44 ans, veuve,
ayant 4 enfans, dont le plus aine âgé de 16 ansj arrêtée le 2 ther-
midor par mesure de sûreté.
II. Ci-devant noble, veuve d'un cidev^ conseiller guillotiné; ayant
en dot un capital de 260000 livres, — 23i.
Le Comité observe qu^elle a été mise en arrestation pour être prévenue
d*avoir soustrait de largenterie & numéraire appartenant à la Répu^
blique. — Mise en liberté & le sera poursuivie.
I. Jean GÈLIS, habitant de Toulouse, âgé de 44 ans, marié, ayant
un enfant; arrêté le i*' sansculotide par la municipalité.
II. Marchand. — 232.
Arrêté comme voleur de profession^ ayant été déjà aux fers & depuis
repris comme accusé de vol de portefeuille, — Foleur,
d'ailleurs ce détenu possédait un certificat de ciTisme que lui avait délivré le Conseil
général de la commune de Toulouse le 21 brumaire an II.
iSo. J. DE LATOUR, dénoncé par les officiers municipaux de Noé aux commis-
saires délégués par le représentant du peuple Dartigoeyte dans le district de Muret,
fut Tobjec de leur part d*un mandat d*arrèt décerné contre lui « par mesure de sû>
reté w, arrêté & conduit le même jour à Toulouse où on l'incarcéra en attendant
de le tradnire devant le Tribunal criminel. — Date d'élargissement inconnue.
iSi. M. -F. DE VIGNES, fille du marquis de Puylaroque, avait épousé Pierre-
Marie-Emmanuel de Reversac de Célès, comte de Marsac 8c de Poupar, marquis de
Roquelaurc, seigneur de la Brée & du Grnzan, baron de Roquefort & de Boussens,
conseiller à la deuxième chambre des enquêtes du Parlement de Toulouse; leur fils,
J.-G.-P. de Reversac, était titré, au moment de la Révolutioi\t marquis de Pezennes
8c baron de Montesquieu. Le conseiller de Reversac de Célès, enfermé en 1798 avec
d'autres collègues à la Visitation, en fut extrait le 16 floréal an II pour aller à la
Conciergerie de Toulouse 8c de là être dirigé sur Paris où il comparut devant le
Tribunal révolutionnaire le 24 prairial, qui le condamna à mort 8c le fit guilloti-
ner le même jour, en même temps que trente Parlementaires. La comtesse de Mar-
sac, incarcérée comme ayant soustrait des effets mis sous séquestre^ fut élargie après
trois mois de détention.
2B2. J. GELIS payait d^audace lorsqu'il demandait le 24 brumaire an III sa liberté
au représentant du peuple Mallarmé, en soutenant « qu'il méritait indulgence, que
sa femme nourrit une jeune républicaine 8c qu'elle dépérit de jour en jour, sachant
c son mari dans l'esclavage n. La municipalité consultée se chargea de remettre les
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l66 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Loui8-G*»<' LUPPÉ, natif d'Aiich, dép* du Gers, âgé de 3? ans, gar-
çon, habitant de Toulouse; arrêté depuis 19 mois par ordre de la
municipalité.
II. Ci-devant noble, capitaine de cavalerie avant la Révolution;
sans propriété en biens fonds, jouissant de quelques contrats qui
sont entre les mains de la Nation. — 233.
Traduit au Tribunal criminel comme prévenu d'émigration. — Détenu
jusqu'après le rapport du Comité de législation*
h Pierre-François POUVILLON, habitant de Merville, district de
Beaumont, dép' de H*«- Garonne, âgé de 5i ans, marié, sans enfans;
détenu depuis le 23 octobre (v. s.) par ordre du district de Beau-
mont.
II. Officier de santé. — 234.
choses sous leur vrai jour : ce Gelis, soi-disant marchand, était noté sur les regis-
tres de la police comme filou de profession, ayant été aux fers pour cas de toI 8c
n^ayant pas représenté son congé du bureau des chiourmes} depuis sa sortie des
galères, il était poursuivi sur mandat du juge de paix de Bordeaux pour avoir
vendu des lingots de cuivre pour de Tor , & on l'avait arrêté à Toulouse comme
compromis dans le vol d'un portefeuille à un officier de santé de marine qui Tavait
désigné pour auteur de ce vol. Les soins de la municipalité avaient fait retrouver
le portefeuille, mais vide de ses assignats, seule ressource de Tofficier, & on retenait
Gelis à la Conciergerie sans avoir des preuves suffisantes pour le traduire en juge-
ment. Le représentant statua le renvoi de Gelis dans sa commune afin d'en débar-
rasser Toulouse, & en le mettant sous la surveillance de la police.
233. L.-G. comte DE LUPPÉ, chevalier de Mdlte, capitaine de dragons, était
parti de France en août 179^ dans le but de visiter la Grèce & la Turquie. Un pro-
cès qu*il eut à soutenir à Constantinople contre les frères Pinel, — procès jugé en
sa faveur par les commissaires de l'ambassade & dont les Pincl appelèrent devant
le Tribunal du district de Marseille, — le força à revenir en France. Par suite
d'accidents de mer, il fit relâche à Malte pour n'aborder à Marseille que le
10 juin 1792, c'est-à-dire un mois après le dernier délai inscrit dans la loi du
28 mars, qui permettait aux Français hors de leur pays de rentrer sur le territoire
sans être traités d'émigrés. Muni d'un passeport en règle, Luppé se rendait aux
eaux de Barègesquand, à son passage à Auch, il apprend que le Directoire du Dépar-
tement du Gers avait, au nom de la Nation, séquestré, comme bien d'émigré, une
somme d'argent qu'un particulier devait à Luppé. Pétition de ce dernier au Dépar-
tement pour avoir main-levée de cette somme. La réponse tardait a se faire, Luppé
part alors pour Toulouse où on l'arrêta comme convaincu d'émigration, « attendu
qu'il ne s'était pas conformé à l'article VI de la loi du 28 mai 1792 ». Traduit de-
vant le Tribunal criminel, l'inculpé présenta une défense si habile que les juges
résolurent de ne rien décider avant que d'en avoir référé au Comité de législation
de la Convention pour connaître d'un cas qui n'avait pas été prévu dans les excep-
tions de la loi} mais Luppé dut rester, en attendant, à la Conciergerie. Les événe-
ments précipités de l'époque firent oublier Luppé vingt-deux mois en prison, & ce
n'est que le 14 ventôse an III que le Comité de législation pensa à rendre en faveur
de l'infortuné détenu un arrêté de mise en liberté.
234. P. -F. POUVILLON, appelé le 2 octobre 1792 pour porter secours à un étran-
ger qui s'était arrêté dans une métairie proche de Merville sans avoir la force d'tl-
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CITOYENS RECLUS A LA CONCIERGERIE. 167
Le Comité observe que d'après les renseignements pris avec le District
de Beaumonty il a donné un avis favorable au représentant du peuple
pour le mettre en liberté, — Elargi.
I. Marie-Anne BONAURE, habitante de Toulouse, âgée de 60 ans,
célibataire^ détenue depuis le 26 prairial par ordre de la munici-
palité de Toulouse.
II. Couturière, vivant du travail de ses mains avant & depuis la
Révolution. — 235.
Traduite devant le Tribunal criminel comme prévenue dune correspon-
dance co ni rerévolutionnaire, — A juger , elle est comprise dans le compte
de Capelli.
I. François BÉRAL, domicilié à Toulouse, 5* section, n® 174, âgé
de 39 ansj garçon ; arrêté le 14 pluviôse par ordre du Comité révolu-
tionnaire comme suspect de correspondance avec l'étranger.
II. Homme de loi avant la Révolution, depuis sans profession,
1er plus loin, lui offrit sa demeure, le garda huit jours 8c le renvoya quand ses
soins l'eurent mis à même de continuer sa route : cet étranger, nommé du Bouzet,
part de Merrille le 10 octobre, &, à deux lieues de là, sur le chemin qui mène à un
bien qu'il possédait près de Beaumont, est arrêté par la force armée qui se fait exhi*
ber son passeport, visé à Toulouse le 27 septembre précédent, constate que du Bou-
zet est un ex noble & le conduit à Grenade où on le somme de déclare^ d'où il vient.
A peine le nom de Pofficier de santé est-il prononcé que Ton se rend à Merville :
le maire fait arrêter Pouvillon, ainsi que sa femme & sa belle-sœur, tandis qu'on
appose les scellés sur les meubles en attendant l'arrivée du commissaire du District
dont la perquisition resta infructueuse. Devant ce résultat, les deux femmes cessent
d'être mises en état d'arrestation, mais on garde Pouvillon comme suspect & la gen-
darmerie le conduit à Toulouse où on l'enferme trois mois à la Conciergerie sans
plus s'occuper de son sort. Le détenu réclama le 3o nivôse an III contre cette incar-
cération illégale auprès du Comité de surveillance, qui le renvoie à se pourvoir
devant le représentant du peuple Paganel, auquel Pouvillon se plaint de ce qu'un
acte de bienveillance, comme chirurgien vis à vis d'un malade, ait pu servir de pré-
texte pour le calomnier 8c le perdre à son cousin germain Mt)nestier, maire de Mer-
ville 8c son ennemi juré depuis le jour où il a été condamné à payer à Pouvillon
les droits légitimaires de sa mère. Cette réclamation resta s.ins réponse 8c ce fut seu-
lement le 21 vendémiaire an III que le détenu fut élargi sur une attestation favo-
rable du Comité révolutionnaire de Toulouse. Durant la détention de Pouvillon,
l'armée révolutionnaire vint à passer dans le district de Grenade^ le maire de Mer-
ville dénonça à la bande destructive la maison de son parent, laquelle fut « expo-
liée M dans les règles.
235 M. -A. BONAURE espérait, en faisant appel aux sentiments d'humanité du
représentant Mallarmé, pouvoir recouvrer sa liberté^ le représentant, sur l'avis
des commissaires délégués de la Société populaire, statua qu'il n'y avait pas à déli-
bérer sur le sort de Marie-Anne Bonaure. Après une détention de neuf mois à la
Conciergerie, elle excita la compassion du représentant du peuple Collombel (de la
Meurthe), lequel ordonna le i i ventôse an II la mise en liberté 8c la levée des
Kellés apposés sur les papiers de la détenue « attendu qu'elle est septuagénaire 8c
vu les motifs de son arrestation ».
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l68 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
jouissant d'un revenu annuel de i Soo livres sur quoi il entretient sa
mère & paye des droits légitimaires à ses sœurs.
III. Avec les aristocrates.
IV. Aristocrate & suspect d'après une correspondance contre-
révolutionnaire qui a été remise à l'accusateur public. — 2i6.
Approuvé. ^ Détenu,
I. Guilhaume BELLOC, habitant à Toulouse & cidevant à Montau-
ban, âgé de 63 ans; marié, ayant un enfant de i6 ans à la défense de
la patrie; arrêté le 28 pluviôse par le Comité révolutionnaire sur la
dénonce de celui de Montauban.
II. Négociant, n'ayant aucun revenu, vivant du produit de son
commerce.
III. Avec les aristocrates & les fanatiques.
IV. Aristocrate 8c fanatique à l'excès depuis le commencement de
la Révolution, ayant assisté aux assemblées contrerévolutionnaires
tenues aux cidevant Cordeliers en 1790 ; insultant & provocant les
patriotes opprimés au 10 mai, même année ; ayant applaudi publique-
ment à leur massacre en criant aux armes, excitant à une insurrection
236. F. BÉRAL» avocat au Parlement, membre du corps de communauté de Saint-
Nicolas-de-la-Graye, était de ces Français portés aux innovations lê^^islatives si fort
en faveur au moment de la Révolution, mais qui, débordés par les événements, en
arrivèrent presque 3 regretter i*ancien état de choses. Un certificat de civisme qu*il
avait obtenu de la Société populaire assurait à Béral la tranquillité de sa vie lors-
que, tout à coup, le 14 pluviôse an II, Tagent national près le district de Toulouse,
sur réquisition formelle du Comité de surveillance de Provins, le fit arrêter comme
« prévenu de correspondance criminelle avec les ennemis de l'Etit ». Béral, enfermé
à la Conciergerie sans avoir été entendu, est enfin interrogé le 9 prairial par Toffi-
cier municipal Lacroix, assisté du commissaire Mazars. Mené au siège du Comité
révolutionnaire, on demanda au détenu des explications sur deux lettres écrites par
lui à son oncle Lapujade, ex-chanoine & grand chantre de l'église Saint-Queriac
de Provins, dans lesquelles le neveu s'exprime librement sur les autorités & parle
de son cousin Clemensw qui va émigrer ». Cette correspondance surprise par le Co-
mité de Provins causa Tcmprisonnement simultané du chanoine, de sa nièce 81 de
Béral. Ce dernier réclama auprès du représentant du peuple Dartigoeyte, mais sans
succès : il fallait pour décider de son sort attendre Pavis du Comité de sûreté géné-
rale de la Convention auquel les deux lettres avaient été adressées. Tombé malade
de la fièvre maligne, Béral dut être transporté à l'hôpital de bienfaisance sur le
refus qu'on lui avait opposé de le laisser aller chez lui avec un garde. Quand le
représentant du peuple Mallarmé vint interroger les détenus de la Conciergerie, les
Commissaires délégués de la Société populaire firent décider, en l'absence de Béral,
qu'il serait, sitôt après sa guérison, transporté de la maison de justice à celle des
suspects, ff attendu que la peine déjà subie n'était pas proportionnée à la faute, &
qu'il serait dangereux de lui accorder maintenant sa liberté ». Béral protesta auprès
du représentant contre cette aggravation de peine, & le représentant, après avoir
pris l'avis du Comité révolutionnaire, le laissa rentrer chez lui sans garde pour
demeurer en état d'arrestation dans sa maison jusqu'à l'arrivée des pièces qu'on
attendait de Paris.
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CITOYENS RECLUS A LA CONCIERGERIE. 169
les cavaliers de Pologne à tomber sur les patriotes; pervertissant
Tesprit crédule des habitants des campagnes qui aloient acheter des
marchandises dont il faisoit commerce. — 237.
Le Comité observe qu'il a rempli ce tableau d'après les renseignements
qui lui ont été fournis parle Comité révolutionnaire de Montauban. —
— A Vhospice pour cause de maladie. — Détenu.
I. François LADEVÉZE, domicilié à Lavaur, département du Tarn;
marié, ayant 6 enfants, dont un âgé de 25 ans au Fort-Royal de la
Martinique S: un âgé de 23 ans à Lisle Saint-Dominique depuis
8 ans 5 arrêté par ordre du District de Lavaur; détenu depuis 8 mois.
II. Ci devant lieutenant dans la Gendarmerie, ensuite capitaine à
la résidence de Prades; n'ayant aucune propriété. — 238.
Le Comité observe quil a trois fils émigrés d'après la dénonce qui lui
en a été faite, dont 2 militaires & le 3*" ci devant chanoine qui a pris les
armes contre sa patrie, — Il est compris dans le travail de Capelle,
237. G. BELLOC, muni d'un passeport en règle délivré le 16 juin 1790 par la
municip<ilité de Montauban, partit pour s'établir à Toulouse où, pend<int trois
ans, sa conduite ciTique ne donna lieu à aucun reproche. Un jour, à sa grande
surprise, on vient l'arrêter pour le conduire aux prisons delà Maison Commune &
l'y détenir sans mandat d'arrêt, sans écrou & sans que les Comités auprès desquels
il réclame se donnent la peine de lui communiquer les motifs de son arrestation.
Transféré dans la prison de la Visitation, Belloc y demeura neuf mois incarcéré, au
bout desquels le Comité de surveillance lui apprit, le 2 brumaire an III, qu'il a été
arrêté sur une dénonce envoyée de Montauban le 3 floréal an II par le Comité de
surveillance de cette ville. Belloc, malade de chagrin, est transporté à Thospice où
il s'adresse de là, le i5 brumaire suivant, au représentant du peuple Mallarmé,
pour protester contre la fausseté d'une accusation au sujet de Inquelle on ne l'a
jamais interrogé. Les faits dont on l'accusait, à propos de l'affaire du 10 mai 1790*
étaient évidemment trop graves 8c trop frappants pour avoir échappé à la vigilance
des officiers municipaux de Montauban, &, s'ils eussent été vrais, la municipalité
n'aurait pas inscrit sur le passeport de Belloc « qu'il n'étnit revenu aucun sujet de
plainte contre lui ». Ce fut l'avis du Comité révolutionnaire de Toulouse, qui
reconnut, le 27 brumaire, « que les faits imputés au détenu sont anciens & parois-
sent assés expiés par une longue détention; Belloc peut donc être mis en liberté
provisoirement, à la charge de rester sous la surveillance de telle autorité consti-
tuée que les représentants d.i peuple jugeront à propos ». Sur ces entrefaites, arriva
de Paris un arrêté du Comité de sûreté générale de la Convention, qui élargissait
définitivement Belloc. Il sortit de prison le iç brumaire an III.
238. F. LADEVEZB avait un de ses fils officier au régiment de Sarre- Infanterie,
en garnison avec son détachement à la M.irtinique L'officier écrivit en 1791 à ses
parents u qu'il était arrivé dans le port de Saint-Piene un bâtiment chargé de soi-
disant patriotes, lesquels, sous le masque du patriotisme, se croyaient en droit de
tout entreprendre 8c de molester les autorités civiles 8c militaires. » Il ajoutait
« qu'on avait bien vite jugé que c'étaient des gueux, des coquins, des voleurs, venus
pour faire une insurrection dans l'île, qu'on les en avait chassés 8c que cette canaille
n'était hardie que lorsqu'elle était en troupe. » Cette lettre, jetée avec des papiers
de rebut dans le fond d'une armoire, fut découverte au cours d'une perquisition
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I70 LES RECLUS DE TOULOUSE SOIS LA TERREUR.
I. Jean GROS, domicilié à Seises, district de Muret; âgé de 26 ans,
garçon; arrêté depuis 19 mois.
!I. Travailleur de terre, jouissant de deux arpents & demi de
vignes. — 239.
Le Comité observe qu'il fut arrêté^ étant compris dans une émeute qui
eut lieu lors du recrutement. — Elargi.
MAISON DITE CI-DEVANT SÉNÉCHAL.
PRISONNIERS QUI NE SONT POINT ÉCROUÉS.
I. François RIGAUD-CAUDEVAL, domicilié à Toulouse; âgé de
24 ans, garçon ; arrêté par mesure de sûreté le 25 août 8c 22 octobre
par la municipalité.
II. Ci- devant noble, étant avant la Révolution dans le régiment
ci-devant Champaigne, depuis sans profession; sous puissance pater-
nelle.
III. Avec les aristocrates suspects.
que la municipalité de LaTaur ordonna chez les Ladeveze parce que la femme, restée
longtemps absente, était soupçonnée d^avoir passé à l'étranger pour revoir ses fils
émigrés & qu'elle avait à son retour exhibé un passeport sur la validité duquel des
doutes s'étaient élevés. On saisit aussi une lettre du second fils qui donnait à la
fois de ses nouvelles & de celles d'un gendre émigré. Traités comme des criminels
dangereux, les époux Ladevèze, conduits par la gendarmerie de brigade en brigade
jusqu'à Toulouse, furent emprisonnés, la femme au Sénéchal, le mari à la Concier-
gerie. Une longue instruction ouverte contre eux eut pour résultat de faire con-
damner Ladevèze à partir pour Paris, tandis que sa femme était jugée le 7 frimaire
an III devoir rester en détention jusqu'à nouvel ordre. Cependant le représentant
du peuple signa son élargissement sur avis donné le 9 nivôse an III par le Comité
révolutionnaire de Toulouse que Ton pouvait rendre à la liberté la femme Ladevèze,
attendu Taitestaiion de la municipalité de Lavaur a quVlle n'était pas immorale &
que, dans les circonstances actuelles, il n'était pas convenable ni même humain &
juste de prolonger sa détention, u
289. J. GROS tenta avec d'.iutres jeunes gens de Seysses de s'opposer à rexécution
de la loi sur la levée des trois cent mille hommes que les commissaires pour le
recrutement venaient, le 7 février 1793, appliquer eux-mêmes dans le district de
Muret. A la suite d'un mouvement populaire que les commissaires qualifièrent
<r d'émeute contre-révolutionnaire, » plusieurs inculpés furent traduits devant le
Tribunal criminel de la Haute-Garonne, lequel condamna à mort le 1 1 avril sui-
vant Jacques Berdier & Pierre Berdier, cousins, convaincus d'avoir été à la tête de
l'émeute à l'époque & à l'occasion du recrutement de Seysses^ quant à Jean Gros,
convaincu d'y avoir pris part, mais sans en être le chef ou l'instigateur, le Tri-
bunal ordonna son maintien en état d'arrestation « jusqu'à ce qu'il soit statué sur
son compte par la Convention nationale d'après le rapport que l'accusateur public
enverrait au Ministre de la justice, conformément à l'article VI de la loi du 19 mars
1793. » Gros attendit vingt mois en prison la décision qui devait lui rendre sa
liberté.
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CITOYENS RECLUS AV CI-DEVANT SÉNÉCHAL. I7I
IV. Ses sentiments en tout contraires & opposés à la Révolution.
— 240.
Le Comité observa qu'il s*étoit évadé de la maison de réclusion & qu^il
se rendit dans les 24 heures, — Elargi; aux frontières .
!• Sernin ORLIAC, domicilié a Toulouse, âgé de 24 ans, garçon;
arrêté le 9 messidor par ordre de la municipalité.
II. Etudiant avant la Révolution & depuis élève en chirurgie;
sans propriété. — 241.
240. F. DE RIGAUD-CAUDEVAL, ancien officier du régiment de Champagne,
dont Tarrestation & l'ordre de se rendre à la prison de la Visitation n'était que le
résultat d*un acte arbitraire du commis de police Valabrègue, réclama du Comité
révolutionnaire de Toulouse les motifs de cette détention sans mandat de justice &
sans preuves aucunes de culpabilité. Le Comité, après avoir parcouru les registres,
lui fit répondre qu*en effet « on ne trouvait ni Tordre ni les motifs », mais qu'il
devait rester détenu « comme suspect & ci-devant noble », & il renvoya au détenu
les certificats de civisme qui appuyaient la réclamation. Ce déni de justice donna
à Rigaud Tidée de chercher à s'échapper de la Visitation : il réussit dans ton entre-
prise, emmenant avec lui deux compagnons de captivité, & alla se réfugier chez des
parents. Le lendemain, ne voulant pas les compromettre par sa présence & jugeant
d'ailleurs difficile de sortir de Toulouse, Rigaud se constitua prisonnier, fut incar-
céré au Sénéchal 8t y resta jusqu*à l'arrivée dans cette geôle du représentant Mal-
larmé, lequel, ému de cette situation, ordonna l'élargissement à la charge de partir
pour l'armée des Pyrénées orientales où, de ses trois frères partis volontaires en
1793, Rigaud n'en retrouva plus qu'un, les deux autres avaient été tués à l'ennemi.
241. S. ORLIAC était employé sous les ordres du médecin major Pouzin à l'hô-
pital militaire de Perpignan, en qualité de médecin de 3™* classe, quand une ma-
ladie grave, suite de trop grandes fatigues, le força à demander un congé pour aller
rétablir sa santé à Toulouse. Le chirurgien major VilJars lui donna une attestation
de congé temporaire que contresigna Brière, commissaire des guerres à l'armée des
Pyrénées orient.iles. Orliac semblait donc en règle vis-.i-vis de la soupçonneuse
Municipalité qui néanmoins le fit arrêter au moment où, se sentant en état de
reprendre son poste, Orliac faisait ses préparatifs de départ, & enfermer au Sénéchal
sous l'inculpation d'aristocratie. Le détenu, sûr de n'avoir pas donn4 lieu par sa
conduite & ses paroles à pareille mesure, réclama auprès des divers Comités de la
ville, mais sans aboutir à se faire rendre justice. Son père s'empressa, dès que les
représentants Mallarmé & Bouillerot eurent été envoyés à Toulouse, de leur pré-
senter la pétition de son fils dans laquelle Orliac demandait sa mise en liberté
ff pour être de nouveau utile à ses frères d'armes malades » 8c appuyait sa demande
d'un certificat d'e civisme délivré par sa section. Le Comité révolutionnaire, auquel
fut adressé, avec la pétition. Tordre de donner les motifs d'arre«^tation ainsi que son
avis sur l'élargissement que réclamait le détenu, répondit au représentant Mallarmé»
le i" jour des sans-culcttides an II, que la Municipalité avait fait arrêter Orliac
« parce que ses parants & lui n'ont pas montré dès le commencement de la Révo-
lution des principes civiques, — que cependant il est porteur de plusieurs certi-
ficats & que, en sa qualité d'élève de chirurgie, il a rempli ses fonctions avec zèle,
assiduité & patriotisme : le Comité ne voyait donc pas d'inconvénient à lui rendre
sa liberté, mais à charge de partir immédiatement aux frontières. » Le représentant
prit un arrêté conforme le 23 brumaire an UI.
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172 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
Le Comité observe qu'il a été arrêté comme aristocrate prononcé. —
Elargi; aux frontières comme soldat.
I. Jeanne-Marie SUDRE, logée avant sa réclusion lo' section, âgée
de 38 ans, fille; arrêtée le i8 messidor par la iiuinicipalité.
II. Cidevant fille de service chez les cidevant religieuses de la Magde-
laine & depuis vivant de son travail. 242.
Le Comité observe qu^elle fut arrettée che^ Zimmerman^ officier muni-
cipal, allant acheter une burette & traduite devant le Tribunal. —
Elargie,
1. Louis DALDÉGUIER9 logé 3** section, âgé de 69 ans; ayant 4 en-
fants, dont deux en réclusion; arrêté par la municipalité par mesure
de sûreté.
II. Ci-devant noble; jouissant de plusieurs propriétés du revenu
de 6000 livres, d'une maison de valeur de 12000 livres sur quoi il
doit 1 55o livres.
III. Avec les aristocrates.
IV. D*un caractère paisible, ayant toujours manifesté des opinions
peu révolutionnaires. — 24J.
Approuvé. — Elargi.
242. J.-M. SUDRE, venue au marché de Toulouse yendre des fruits, eut la mau-
vaise chance d'entrer chez le marchand Zimmermann, révolutionnaire militant,
pour y acheter une burette d'huilier : elle avait apporté comme modèle une burette
que Zimroermann saisit aussitôt parce qu^elle portait encore quelques traces d'ar-
moiries & que, de ce chef, il jugeait Tobjet a un emblème aristocratique des plus
dangereux. » Pour cet unique motif, la pauvre fille fut dénoncée, mise en état d'ar-
restation & conduite à la prison du Sénéchal comme inculpée de mauvaises inten-
tions 8c d'avoir voulu « manifestement servir quelque dessein fanatique, s Le repré-
sentant Mallarmé n'eut pas de peine à discerner l'ignorance involontaire d*une
simple paysane d'avec le prétendu crime qui avait valu à J.-M. Sudre une incarcé-
ration de trois mois; il Télargit en conséquence le 5 vendémiaire an III & la remit
à sa mère dont elle était Tunique soutien. Zimmermann, notable 8c officier muni-
cipal depuis novembre 1790, fut dans la suite relevé de ses fonctions par les repré-
sentants Bouillerot 8c Mallarmé pour son )<icobinisme outré; plus tard, le repré-
sentant Laurence donna un semblant de satisfaction à l'opinion publique en lan-
çant le 10 thermidor an III un mandat d'arrêt contre Zimmermann que Ton
incarcéra comme terroriste.
243. L. D'ALDEGUIER, seigneur de Roquette, coseigneur de Montesquieu-de-
Lauragais, capitaine au régiment de Poiiou-Infanterie, chevalier de Saint-Louis,
quitta le service en 1762. On l'oublia lors des grandes arrestations qui eurent lieu
à Toulouse en avril 1798, mais une dénonce le fit conduire le 3 juin suivant devant
le Comité de sûreté générale de la Municipalité qui, sur les preuves que d'Aldéguier
donna de son civisme, le fit relâcher sans caution quoiqu'on en exigeât alors de tous
ceux qu'on remettait en liberté. Il ne la conserva pas longtemps, car le 23 août
1793 — le lendemain des secondes grandes arrestations — sur la réquisition d'un
individu qui le mena à la Visitation sans lui avoir exhibé l'ordre par lequel on
l'arrêtait, d'Aldéguier eut à subir une détention qui devait durer treize mois, malgré
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CITOYENS RECLUS AUX HAUTS -MURATS. Iji
I. Louis ARLÉZI, logé avant sa détention dans la rue de l'Etoile; âgé
de 60 ans, marié, ?ans enfans; arrêté le 28 fructidor par la munici-
palité.
II. Cuisinier avant & depuis la Révolution; sans revenn. — 244.
Arrêté comme voleur de profession & accusé d'être le complice de Gélis.
— A prendre des renseignements & à mettre en liberté s*il n*en résulte
aucune charge.
MAISON DITE DES HAUTS -MURATS.
I. Jean CORBIN, domicilié à Tarbes; arrêté le 7 mars 1793 (v. s.)-
Soupçonné d'abord d'émigration, ensuitte acquitté par arrêté du
Département & transféré aux Hauts Murats par le même arrêté.
II. Ci-devant prêtre. — 245.
Le Comité observe qu'il a été instituteur du ci-devant Dauphin, "^11
n'y a pas à décider.
les certificats de ciyisme de la commune 8c de la Société populaire de Montesquieu
qu'il remit au Comité de surveillance afin d'obtenir son élargissement Quand le
représentant Mallarmé eut à interroger les citoyens incarcérés comme suspects,
d*Aldéguier — qui se trouvait alors transféré au Sénéchal — lui fit présenter une
attestation en sa faveur des autorités constituées de son canton, visée par le Dis-
trict de Villefranche j il prouva, de plus, au représentant que dans le mois de sep-
tembre 1793, peu après sa réclusion, il avait secondé le zèle de ses fils appelés à la
défense de la patrie en répondant pour eux de dix mille livres destinées à leur
équipement de dragons, qu'il était notable de sa commune 8c n'avait signé aucune
pétition ou arrêté fédéraliste. Mallarmé, sur les observations favorables du Comité
de surveillance de la Société populaire de Toulouse, ordonna l'élargissement de
d'Aldéguier. Des Jacobins l'avaient fait tr.iduire le i5 fructidor an II devant le
Tribunal criminel pour envoi d'argent à Claverie, prêtre, résident à Reuss, mais les
jurés l'acquittèrent de ce chef 8c les juges ordonnèrent sa réintégration à la prison
des Carmélites.
244. L. ARLERY n'était qu'un vulgaire coquin ayant prêté la main à son cama-
rade Gelis pour voler un officier de santé de la marine. (Voyez le n° 232.) Ses rela-
tions avec Foucart, filou de profession, 8c avec Zauzas 8c Vigouroux, arrêtés tous
deux en mars 1788 pour vol 8c assassinat, ne le recommandaient guère à l'intérêt
du représentant du peuple j mais comme il n'existait contre Arlery que des pré-
somptions plutôt que des preuves de sa complicité dans le vol commis par Gélis, il
fut décidé qu'on le mettrait sous la surveillance de la Municipalité à sa sortie de
prison si du moins aucune autre charge ne s'élevait contre lui.
245. J. CORBIN, membre de la Congrégation de la Doctrine chrétienne, se ren-
dait à un petit domaine qu'il possédait dans les Pyrénées lorsqu'on le mit en état
d'arrestation <c comme ayant l'intention d'é*nigrer 8c étant déjà sorti une fois du
territoire de la République pendant le temps de la défense k. Corbin prouva la faus-
seté de cette accusation en exhibant aux autorités des certificats, l'un de la résir
dence, les autres de son civisme, mais on objecta des défauts de forme dans ces attes-
tations, 8c il resta enfermé jusqu'au 2 frimaire an III. L'arrêté du Département,
quiy tout en reconnaissant le bien fondé des protestations de Corbin, ordonnait
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174 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Jean DURAND, de Touiouse; détenu pour affaires civiles; trans-
<éré aux Hnuts-Murats pour cause de maladie, étant auparavant
reclus à la Tonciergerie. — 246.
// n'y a pas à décider.
I. PINAUD fils, domicilié à Toulouse, transféré de la Commune aux
Hauts-Murats le 2 nivôse; écroué comme militaire.
IV. N'ayant jamais été reconnu patriote. — 247.
Le Comité observe quil fut arrêté comme prévenu d'être un des auteurs
de rémeute qui eut lieu lors de la levée en masse. — Elargi par un
ancien arrêté,
I. Joseph LECOMTE fils, domicilié à Toulouse, Z" section: âgé de
22 ans, garçon; arrêté à Bayonne dans les dragons de Toulouse par
ordre du représentant du peuple Monestier.
II. Ci-devant noble, sans profession, sous puissance paternelle.
m. Fréquentant les ci-devant nobles & les joueurs.
IV. D'un caractère fort vif; ayant singé le patriote, ayant quitté
sa légion pour servir dans la légion Daspe & inculpé par la voye
néanmoins son transfert aux Hauts-Murats par mesure de sûreté générale, fit durer
dix-neuf mois l'injustice de cette détention que le représentant Mallarmé ne voulut
pas prendre sur lui d'abréger en vendémiaire lorsqu'il fit la visite des prisons de la
ville. Corbin était prêtre, on ne pouvait donc pas demander assez de renseignements
sur un individu aussi suspect. Cependant, comme le malheureux détenu faisait en-
core appel le i*"' brumaire à l'humanité 8c à l'équité de Mallarmé, lui exposant que
sa vie avait toujours été vouée à l'éducation publique, que son certificat de civisme
le déclare homme vertueux, excellent patriote, digne d'être rendu à la liberté, &
qu'il est infirme depuis qu'on Ta mis en prison, le représentant signa son élargisse-
ment.
246. J. DURAND, dont l'arrestatiou n'avait rien de politique, était simplement
détenu aux Hauts Murats par suite d'une ordonnance rendue contre lui & ses com-
plices Fabre & Laurentie depuis le 19 juin 1792. Il s'agissait d'une plainte en faux
principal déposée contre eux trois par Albert Paris, procureur de la commune de
Boucignères, auquel ils avaient voulu extorquer 24000 livres au moyen d*un billet
qu'il arguait de faux 8t pour lequel il les avait cités devant le Tribunal criminel.
Le Tribunal condamna le 12 messidor an Tll Durand, Fabre & Laurentie pour
avoir fait usage d*un billet faux, sachant qu'il était faux, & quant à une femme
Moulis qui s'était portée partie au procès contre Paris, elle fut condamné à six ans
de réclusion dans la Maison de Force de Toulouse.
247. PiNAUD fils fut arrêté comme n ayant fait partie d'une bande d'individus
qui se sont coalisés & divisés au même instant dans les différentes parties de la ville
de Toulouse dans les vues bien criminelles sans doute, d'empêcher, ou du moins
d'éloigner, le recrutement ou la levée en masse d'une nouvelle armée pour diminuer
les forces de la République & faire triompher par là les tyrans réunis & armés con-
tre la nation française ». Pinaud put prouver qu'il n'était ni auteur ni instigateur
du mouvement contre-révolutionnaire dans lequel on voulait le comprendre; il fut
retenu en prison puis renvoyé à son corps. Il n'eut donc pas à comparaître devant
le représentant Mallarmé lorsque ce dernier vint à la prison des Hauts-Murats.
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CITOYENS RECLUS AUX HAUTS-MURATS. IJ 5
publique d'avoir au commencement de la Révolution foulé la cocarde
naiionale dans une orgie à Toulouse. — 248.
Le Comité observe qu'il étoit reclus à la Visitation & qu'il a été trans ^
féré aux Hauts -Murats par arrêté du représentant du peuple Darti-
goeyte, — Elargi à charge d'aller aux frontières .
\. Pierre DHAUPOUL fils aîné, domicilié à Toulouse, 6^ section,
âgé de 26 ans, garçon; arrêté à Bayonne par ordre du représentant
du peuple Monestié, dans le corps des dragons, le 8 octobre 1798
(V. s.)«
II. Ci-devant noble; avant la Révolution officier dans le Roi -In-
fanterie jusqu'en 1789; en puissance paternelle.
Ilï. Avec les aristocrates prononcés.
IV. Ayant toujours été un ennemi prononcé de la Révolution. —
249- ^
Mime note que ci-dessus, — A prendre des renseignements, — Détenu .
— Diaprés les renseignements fournis^ élargi,
248. J. LeCOMTE partit aux frontières, quelques semaines avant la réquisition,
comme Tolontaire dans les Dragons patriotiques de Toulouse. Une dénonce des plus
▼agues ayant été portée contre certains militaires, dont lui du nombre, on les ren-
voya à Toulouse devant le représentant du peuple Paganel pour être jugés d*après
les renseignements qui seraient donnés sur le compte de ces contre-révolutionnaires.
Le départ du représentant fit remettre la décision à prendre à leur sujet au Comité
de surveillance, lequel, après interrogatoire, fit deux catégories : les nobles & ceux
qui ne l'étaient pas. Lecomte, compris dans la première, fut maintenu en détention,
tomba gravement malade d^ns la prison de la Visitation 8c son état empira au point
que le représentant Dariigoeyie, sur le rapport fait par les officiers de santé, signa
le 20 prairial an II le transfert du reclus aux Hauts-Murats, « attendu le besoin
pressant de le mettre à même de faire des remèdes, u Lecomte se rétablit lentement,
mais assez pourtant pour que le représentant Mallarmé, sur la demande que lui fit
le détenu de sa mise en liberté, la lui accorda à la charge d'aller immédiatement
rejoindre son corps.
249. P. Comte D'HAUTPOUL avait refusé de suivre l'exemple de ses camarades
qui émigraient tous & s'était retiré à Toulouse après sa démission d'officier; en
1793 il se vit forcé de rentrer dans l*armée pour éviter l'emprisonnement qui atten-
dait les gens de sa caste. Engagé dans le corps des Dragons patriotiques, signalé
comme dangereux aux représentants Monestier & Pinet, délégués près l'armée des
Pyrénées occidentales, il fut par eux adressé à leurs collègues de Toulouse par me-
sure de sûreté n sur les renseignements particuliers que nous avons recueillis à
Bayonne, sur quelques connaissances que nous avons acquises, enfin sur les plaintes
qui nous ont été portées, pour le meilleur service de l'armée, pour une plus exacte
discipline & subordination dans le corps des Dragons à cheval, pour rendre hom-
mages aux vrais principes de la bonne organisation d'une armée de républicains
prononcés & des sans-culottes montagnards ». Le Comité de surveillance, d'accord
avec la Commune, fit enfermer d'Hautpoul à la Visitation. Le représentant Darti-
goeyte ordonna le B thermidor an II que ce suspect auquel on n'avait rien de positif
à reprocher fut conduit à la prison plus salubre des Hauts-Murats, où le représen-
tant Mallarmé, après avoir chargé un des commissaires de la Société populaire de
prendre sur le compte du détenu des renseignements qui démontrèrent la fausseté
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176 LES RFXLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Philippe-Louis-Jacques GUIZET, âgé de 59 ans 6 mois) arrêté
le 7 avril 1793 (v. s.)f transféré aux Hauts-Murats le 10 juin même
année. Domicilié à Toulouse. — 25o.
Le Comité observe qu*U est accusé de correspondance contre-révolu-
tionnaire. — Elargi.
I. Jean-Charles MALARTIC, célibataire; âgé de 64 ans; reclus
pendant cinq mois à la maison dite Sainte-Catherine & transféré à
cause de ses infirmitée le 11 août 1793 (v. s.) par arrêté des repré-
sentants Isabeau & Chaudron-Rousseau.
II. Ci-devant prêtre. De Montauban. — 25i.
Arrêté comme prêtre reffractaire, ~ Il n*y a pas â prononcer.
des dénonciations contre d^Hautpcul, signa son élargissement au mois de brumaire
an IIL
260. P.-L.-J. GUIZET, détenu sans interruption dix-neuf mois durant, avait
été arrêté au lit dans la nuit du 7 avril 1793 8c conduit dans la maison de déten-
tion sans savoir qui le faisait incarcérer, ni pour quels motifs. Le i3 avril suivant,
on Textrait de la prison pour être présent dans sa demeure à une perquisition de
ses papiers; il apprend alors seulement qu'une dénonce a été lancée contre lui
comme entretenant une correspondance suspecte : la perquisition ne donna aucun
résnltat. Interrogé le 17 8c le 18, Guizet établit les preuves de son innocence; il
avait donc tout espoir d'être élargi à bref délai, quand, le 21 avril, la municipalité
décida, sous la pression d'Arbanère, ennemi particulier de Guizet, qu*il sera décerné
un mandat d'arrêt définitif contre lui. Tombé malade dans la prison de la Com-
mune, transféré de là aux Hauts-Murats, dont Tair bien meilleur que celui de la
Conciergerie devait aider b sa convalescence, le détenu réclama inutilement auprès
des autorités constituées « défiant qu'on établît un fait quelconque qui puisse porter
atteinte à son honneur 8c à son civisme a. Le représentant Mallarmé comprit dans
son arrête libérateur du 21 vendémiaire an III Guizet, que le Comité révolution-
naire représentait comme « probe, sans fortune 8c accusé de fanatisme ».
20 1. J.-C. DE MAURES DE MALARTIC, prévôt du chapitre de l'église Notre-
Dame de Montauban, abbé commendataire ds l'abbaye de la Garde-Dieu au diocèse
de Cahors, était perclus de goutte 8c hors d'état de marcher qu'avec le secours de
deux béquilles quand on vint l'arrêter pour l'enfermer vingt-cinq mois dans les
prisons de Toulouse, tandis que son frère, l'ancien premier président du Conseil
souverain du Roussillon, subissait une réclusion presque aussi longue à la Visita-
tion. Lors de l'interrogatoire du i5 vendémiaire an III, Maures de Malartic ne
put obtenir de présenter la justification de ses actes. Il était prêtre non assermenté,
8c cette qualité, plus encore que celle de noble, le rendait des plus suspects aux yeux
du représentant Mallarmé 8c des commissaires délégués de la Société populaire; il
fut donc statué « n'y avoir pas lieu à délibérer » sur le cas de ce reclus. Plus tard,
des amis de l'abbé, 8c particulièrement le député Sallèles, parvinrent à faire signer
son élargissement par le Comité de sûreté générale de la Convention ^ mais cet arrêté
du I I ventôse an III rencontra à Toulouse des difficultés pour son exécution, l'agent
national du District, donnant pour prétexte que « deux individus du nom dt
Maures Malartic ont été détenus à Toulouse, que l'un d'eux a été élargi par le re-
présentant Mallarmé 8c qu'il était possible que c'était également un arrêté en sa
faveur ». Le Comité de sûreté générale, consulté par l'agent national, répondit le
9 germinal an III que c'était bien du prêtre dont il s'agissait.
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CITOYENS RECLUS AUX HAUTS-MURATS. I77
I. Agèsilas GRAUSSOLES, clomîcUié à Casteljaloux; âgé de 61 ans;
arrêté pour correspondance suspecte qui a été envoyée à l'accusa-
teur public.
II. Ci-devant lieutenant général ayant un revenu très considé-
rable. 252.
Arrêté comme prévenu d'une correspondance suspecte & traduit au Tri-
bunal criminel, — Il n'y a pas à prononeer.
262. A.-J. DE GROSSOLES, marquis de Flamarens, comte de Boulignou, baron
de Momastruc, seigneur de Buzet-Thouars, &c., maréchal de camp, commandeur
de Saint- Louis, lieutenant général de Saintonge & pays d'Aunis, commandant en
Bigorre, était très populaire chtz ses vassaux de Guyenne dont il allégeait les char-
ges, prescrivant à ses agents la modération quand il s'agissait de faire rentrer le
payement des rentes & droits féodaux, ordonnant à ses frais des travaux considéra-
bles de voirie & se montrant si bienfaisant envers tous que lorsque éclata la Révo-
lution il continua à vivre entouré du respect général. Grossoles adhéra de bonne
heure au nouvel ordre de choses, prêta le serment civique, fut appelé par la con-
fiance de ses concitoyens au commandement de la garde nationale de Buzet, à
laquelle il donna son premier drapeau tricolore, avança à la municipalité toutes les
sommes nécessaires à l'acquisition des grains pour la subsistance de la commune,
contribua à l'établissement de la Société populaire, donna 1 000 livres pour la déco-
ration du temple de TEtre suprême « afin d*y attirer le peuple des campagnes »,
souscrivit 2000 livres pour la construction d'un vaisseau offert par le Lot-&-Ga-
ronne à la République, & fournit gratis des terres aux indigents pour les ensemen-
cer, n en un mot regardé comme le père des pauvres & Tami de ses concitoyens 1».
Sur ces entrefaites, la municipalité de CbâtiUon-lès-Dombes intercepta le 22 mars
1793 une lettre qu'elle jugea compromettante pour le salut public, lettre que Gros-
soles écrivait à son ami de Sandrans. Envoi de la lettre à la municipalité de Tou-
louse, ordre d'arrestation de Grossoles, qui est interrogé les 3^ & 3i mars, perqui-
sition minutieuse faite dans sa demeure le 19 avril suivant, découverte de six lettres
venues de Tétranger sur le contenu desquelles on l'interroge encore, & Tune d'elles
provient de son neveu. J.-L.-F.-G. de Grossoles, qui, en 1791, âigé de quinze ans,
avait émigré avec son précepteur à Heidelberg, où il continuait ses études. Le
27 juin, arrêté du Comité de sûreté générale de la Commune qui adresse la procé-
dure contre Grossoles à l'accusateur public afin de statuer. Réponse de celui-ci qu'il
n'y a pas de témoignage suffisant pour traduire le suspect devant le Tribunal cri-
minel. Délibération le 10 août suivant du Directoire du Département qui renvoie
le dossier aux représentants du peuple en mission à Toulouse avec avis « qu'il fal-
lait garder en prison ledit Grossoles comme notoirement suspect d'incivisme &
d'aristocratie ». Vingt mois de détention s'ensuivirent pour le malheureux Grossoles
sans qu'il parvînt à se faire juger, 8c ce ne fut que le 2 nivôse an III qu'il fut enfin
élargi sur le vu d'un certificat de civisme de la commune de Buzet approuvé par la
Société populaire de Muret le 2 brumaire an III, & sur la déclaration du Comité
révolutionnaire de Toulouse « qu'il n'a rien contre le détenu, qu'il scait qu'il y
avoit des pièces contre lui au Département qui les a transmises au représentant du
peuple Chaudron-Rousseau : quant aux renseignements particuliers qu'il a par
devers lui, le Comité ne peut que rendre hommage à la vérité & le reconnoitre pour
un homme charitable & bienfaisant: il pense, à moins qu'il n'y ait des faits contre
lui, que GrossoUes peut être mis sans danger en liberté. »
12
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178 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
1. Pierre-Marie-Victoira D'AVESSENS-MONCAL, domicîlîé à
Moutesquien; âgé de 44 ans; marié, ayant 3 enfants; arrêté par la
Municipalité de Toulouse dans une maison de jeu le 7 août 1793
(V. ?.).
II. Ci-devant noble, sans profession; jouissant avant la Révolu-
tion d'un revenu de 6000 livres provenant de divers biens, accru par
un capital de 40000 livres.
III. Avec les aristocrates.
IV. Aristocrate prononcé dans toutes les époques de la Révolu-
tion. — 253.
Lt Comité observe que vu quiî y n plusieurs citoyens qui portent le
mime nom^ il reconoit quil s*est mépris â Végard du tablsau & que
diaprés les pièces produittes au Comité cz citoyen est d^un caractère tran-
quille & reconu bon citoyen, — Elargi.
I. Etienne DESVOISINS, natif de Lavaur, départ^'nent du Tarn,
domicilié à Toulouse; arrêté le i5 ventôse par le Comité révolu-
tionnaire de Toulouse.
II. Fils d'un ex-constituant.
IV. Aristocrate très dangereux & suspect. — 254.
251. P.-M.-V. marquis D'AVESSE?^S MONCAL, seigneur de la Gardiole 81 S.iint-
Ayld, protesta le 10 juillet 1788 avec cent trente-deux gentilshommes contre la
défense que le comte de Périgord fit à la noblesse de Toulouse de se réunir aux
capitouls 8c aux Corps de la ville pour adresser au roi leurs doléances sur le rappel
8c la réintégration du Parlement datis ses droits. Il ne se montra pas contraire aux
progrès de la Révolution, se soumit à toutes ses mesures, 8c la Société populaire de
sa commune le considérait comme « vrai ami de la liberté » lorsque le hasard le fit
se rencontre avec d'autres personnes de son bord chez M. de Pugnères que Ton
venait de dénoncer pour n le tripot 8c repaire d*a ri stoc rates » qu*il était censé tenir
chez lui. Les commissaires de la Municipalité envoyés chez Pugnères conduisirent
à la Maison commune tous ceux qui s'y trouvèrent, puis on les expédia sur Tou-
louse. Enfermé treize mois à la Visitation, d'Avessens fit comme ses compagnons
d'infortune, il réclama, mais inutilement, au Comité de surveillance communica-
tion des motifs de sa détention d*autant plus imméritée qu'il présentait en même
temps les certificats du Comité révolutionnaire, de la Société populaire de son
canton, visés par les administrateurs du District. Plus tard, le Conseil du district
de Villefranche, sur le vu de la délibération de Li commune de Montesquieu, l'avis
de la Société populaire de la commune 8c la revision du Comité révolutionnaire du
canton de Montesquieu, décida le 6 messidor an II que Ton demanderait la mise en
liberté provisoire dudit Moncal, « considérant qu'il n'existe aucune dénonce d'in-
civisme contre lui. » Quand les Jacobins de Toulouse eurent enfin reconnu leur
erreur fondée sur une similitude de nom, ils firent transférer d'Avessens à la prison
des Hauts-Murats en attendant la décision du représentant du psuple qui ordonna
l'élargissement du reclus.
254. E. DE Voisins, fils de Pierre de Voisins, — que les électeurs de la séné-
chaussée du Langucioc envoyèrent comne député aux Etits généraux, — fut arrêté
le 16 nivôse an II pir orire du repréientint Chaudro:i-Rousse«u , sur Tinvitation
du Comité révolutionnaire de Lavaur, 8c traduit le 6 germinal, ainsi que son père,
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WÊmm
CITOYENS RECLUS AUX HAUTS-MURATS. 179
Le Comité observe qu'il fut aneté sur Vinvitatîon du Comité révolu^
tionnaire de Lavaur & quil a été acquitté par le Tribunal révolution^'
naire, mais néanmoins renvoyé dans la maison de réclusion comme con^
vaincu d'être suspect, — Elargi par arrêté du Comité de sûreté générale.
I. André BAYLE, du district d'Agen, transféré le 2 nivôse; arrêté
par la Municipalité le 21 octobre 1798 (v. s.). — 255.
Militaire. — Il est annoncé que j'ai reçu des pièces.
devant le Tribunal réTolutionnaire de Toulouse sous raccusation d'être déjà en
féyrier 1798 les chefs d'un parri fanatique & aristocrate à Layaur, d'avoir voulu
méchamment, & dans des vues contre-révolutionnaires, tenir une assemblée publi-
que composée de gens suspects dans la ci-devant église des Cordeliers de Lavaur»
d'avoir refusé de vendre leur vin pour des assignats, & ledit Voisins fils d*avoir,
— dans une rixe survenue le soir du 16 février 1792 dans sa maison, — lâché un
coup de fusil contre des citoyens hors le cas de sa légitime défense ou de celle de son
père. Le Tribunal criminel acquitta les Voisins père & fils, mais les retint néan-
moins en état de réclusion comme suspects dans une maison d'arrêt jusqu'à la paix,
par mesure de Bien public. Le 20 vendémiaire an III, le Comité de sûreté générale
de la Convention les délivra de cette incarcération.
205. A. BAYLE s'enrôla des premiers — en 1789 — dans la garde nationale de
son quartier à Bordeaux, &, lorsqu'il quitta cette ville, la légion de Saint-Projet
lui donna un congé en forme qui attesMit son civisme & sa bonne conduite.
Arrivé à Marmande, sa ville natale, il fut peu de temps après nommé électeur pour
procé(*er à la nomination & organisation des corps administratifs. Il se rendit
ensuite à Agen où on l'appela à faire partie des Administateurs &, par suite, du
Directoire du Département. Bayle resta dix-huit mois en fonction & des missions
délicates lui furent confiées dont il se tira à son honneur : c'est ainsi qu'il fut
envoyé en qualité de commissaire à Aiguillon pour y installer une municipalité
que la division des partis empêchait depuis près de deux ans de nommer; puis
il chercha, de concert avec son collègue Auricoste, à apaiser des démêlés yio~
lents entre les habitants de Villeneuve-d'Agen & le détachement de cavalerie qui
tenait garnison dans cette ville. Mais Bayle avait le tort, aux yeux des sans-
culottes, de refuser d'entrer dans la Société populaire & de continuer à fréquenter
des maisons suspectées d'aristocratie, aussi ses collègues, les administrateurs, 8c
jusqu'aux commis de bureau, se tenaient sur leurs gardes vis-à-vis de lui, prêts à le
dénoncer au moindre acte de sa part qu'ils jugeraient entaché de contre-révolution.
Bayle, écœuré de cet espionnage, se démit de sa place qu'il occupait depuis le com-
mencement de la Révolution &, lors de la levée en masse, il s'engagea dans un des
bataillons du Lot-8t> Garonne. Des discussions politiques avec ses frères d'armes le
firent dénoncer par eux au représentant du peuple Paganel, auquel il avait déjà été
par ailleurs signalé n comme s'étant séparé des patriotes. » Arrêté au milieu de son
bataillon par un ordre du représentant daté du 6 octobre 1793, Bayle fut mené
aux prisons de la Maison commune, puis incarcéré aux Hauts-Murats. A l'arrivée
à Toulouse du représentant Mallarmé, ce détenu réclama sa mise en liberté que le
représentant refusa de lui accorder tant qu'on n'aurait pas les renseignements
demandés au Comité de surveillance du district d'Agen par l'entremise du représen-
tant Isabeau, en mission dans le Lot-Sc-Garonnc. Le Comité répondit le 22 yendé-
miairc an III que « quoique dans le temps, lorsque Bayle était administrateur du
Département, on se fût méfié de ses talents qu'il n'employoit pas comme il aurait
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I^O LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR,
!• Jean-Marie PAQUIN, du district cl*Agen & y demeurant, homme
de loi, célibataire, 35 ans; transféré le 2 nivôse de la Conciergerie
où il était reclus; arrêté par la Municipalité le 18 octobre. — 256.
Elargi; â prendre des renseignements.
MAISON DITE DES IRLANDAIS.
TRACY, O'MORA, BfURPHT, BfAC-KARTY, BfAC-KARTHT,
COTEW| étudiants irlandois, habitués dans ladite maison depuis
plusieurs années; constitués prisonniers le 9 août 179I (v. s.».
RAVERTI, Irlandois, étudiant; arrêté le 29 décembre lygS (v. s ).
REIZEj Irlandois, étudiant; arrêté le 29 floréal.
ROCHEFORT, Irlandois, étudiant; arrêté le 3 messiJor. — 25/.
<lù le faire dans l'intérêt de la chose publique, il prenait en grande considération
la détention de Bayle durant une année & qu^il était d'aris de lui accorder sa
liberté, w Ce qui fut fait.
255. J.-M. PAQUIN était de ceux qui, à Agen, accueillirent avec joie la Révolu-
tion ; bientôt désabusé, il ne cacha pas les sentiments qu*excitaient en lui les
divers événements de cette époque si troublée & se rangea du côté des modérés. Il
ne fut cependant inquiété pour ses opinions que sous la Terreur, arrêté alors comme
«uspect & envoyé aux prisons de la Conciergerie de Toulouse : il y resta treize
mois en détention. Le représentant Mallarmé voulut, avant de l'élargir, mettre un
terme aux accusations vagues dont Faquin était incriminé en demandant sur lui
des renseignements piécis aux Administrateurs du district d*Agen, les invitant
même à chercher ces renseignements au sein de la Scciété populaire où parents 8c
amis du détenu seraient autorisés à venir le défendre. De la discussion, qui occupa
à la Société populaire d'Agen plusieurs séances & ne s'acheva que le 16 brumaire
an III, il résulta qu*on n*av»it aucun reproche certain à faire à Faquin du côté de
ses mœurs & de sa moralité, qu*il a, à la vérité, fréquenté des gens dont les senti-
'ments étaient reconnus en opposition avec la Révolution, — & c'est là sans doute
la cause de ses égarements, — que sa probité est à l'abri de tout reproche, qu'il a
été l'objet d^une dénonciation de Pierre Dardes, notaire public & procureur de la
commune deMadaillan, comme quoi Faquin, au moment de la levée des trois cent
mille hommes, lui avait, à lui Dardes, conseillé de s'opposer dans sa commune
audit recrutement, mesure qu'il pouvait prendre en sa qualité de procureur de la
municipalité. La Société populaire ajoutait A ces renseignements que Gimel, un de
ses membres, reconnaît Faquin pour incivique, mais deux autres membres, Leignac
& Donadieu, ont défendu la conduite politique du détenu 8c fait remarquer, quant
à In dénonciation de Dardes, que, vu le civisme assuré 8c reconnu des membres du
Comité de stîreté générale, ils n'auraient pas l.iissé languir une dénonciation aussi
grave si les faits eussent été clairs Se prouvés. Enfin, n Faquin a des talents 8c il
peut encore faire oublier ses erreurs 8c rendre des services à TÉtat. m Le représen-
tant du peuple Mallarmé jugea alors sa religion suffisamment écl.iirée pour ordon-
ner rélargissement de Faquin le 17 frimaire an III.
207. Les jeunes catholiques étrangers recueillis au Séminaire irlandais de Tou-
louse — fondé en 1660 par Anne d'Autriche — y arrivaient vers Page de seize ans
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CITOYENS RECLUS A LA MAISON DITE DES IRLANDAIS. l8l
pour suivre les cours de l'Université, princi paiement ceux de médecine & de chi-
rurgie; d'autres institutions de ce genre existaient à Paris & à Bordeaux. Lorsque
la Convention nationale fut en guerre avec les peuples voisins, elle décréta le
9 août 1793 que les étrangers qui se trouveraient sur le territoire de la République
seraient enfermés par mesure de sûreté. Ce décret fut appliqué aux étudiants irlan-
dais de Toulouse; on les enferma d*abord à la maison Sainte-Catherine avec les
prêtres réfractaires, puis au ci-devant Séminaire irlandais, quelques-uns aux Hauts-
Murats en les tenant au secret, encore que ces pauvres gens protestassent que, venus
en France bien avant la Révolution & sur la foi publique, pour faire leur éduca-
tion, ils ne pouvaient de par le décret lui-même être assimilés aux étrangers de
passage. Ils avaient déjà subi une réclusion de quatorze mois quand le représentant
Mallarmé eut à s'occuper d'eux; sur les observations des commissaires délégués de
la Société populaire, on les laissa en détention, &, le 26 brumaire an III, Bouil-
lerot, le collègue de Mallarmé., recevait encore des réclamations touchant cet empri-
sonnement immérité. Les étudiants furent élargis dans la suite.
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TABLEAU
DES
INDIVIDUS EN ARRESTATION CHEZ EUX
A CAUSE DE LEUR AGE OU DE LEURS INFIRMITÉS
I. Jean-Ouy-Marie LALLO, domicilié à Toulouse, 3* section, n^ 94;
âgé de 5i ans, marié, sans enfans; en arrestation chez lui depuis le
21 pluviôse.
II. Ci-devant conseiller au ci-devant Parlement de Toulouse, in-
firme avant & depuis la Révolution; jouissant avant la Révolution
d'un revenu de 1 200 livres réJuit à 800 livres depuis la suppression
de sa charge & sur lequel il y 4000 livres de contrats sur le Trésor
national dont il n*est pas payé depuis 3 ans.
IIL Avec les aristocrates.
IV. D'un caractère tranquille; sas opinions politiques peu conûes,
étant infirme avant la Révolution. <* i58.
Approuve,
1. F* BERTIER pèrey domicilié à Toulouse, 3* section, n« 5i8; vœuf,
ayant un fils marié 8c en arrestation avec lui; reclus chez lui depuis
le 26 germinal en vertu de l'arrêté du représentant du peuple Darti-
goeyte, du 14'.
II. Cidevant noble, sans profession; jouissant avant la Révolution
d'un revenu de i5ooo livres; depuis la Révolution, mêmes propriétés,
dont le revenu se trouve réduit à 6000 livres.
III. Avec tout le monde indistinctement.
258. J.-G.-M. DE LALO, conseiller à la première chambre des enquêtes du^Par-
Icment en l'office de G. Leblanc de Saint-Fleurian, était perclus de telles douleurs
rhumatismales que, dès 1787, il ns put prendre part aux travaux de ses collègues.
A la RcTolution, il continua le même genre de vie retirée que nécessitait sa santé,
fut, sous la Terreur, mis en réclusion chez lui, faute de pouvoir être transporté à la
Visitation, sévit traité» d'incivique » par les sans-culottes, 8c, comme tel, taxé pour
l'emprunt forcé & l'emprunt de guerre à 7,400 livres : il ne dut sa liberté défini-
tive qu'au représentant Mallarmé.
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CITOYENS EN ARRESTATION CHEZ EUX. l85:
IV. D'un caractère tranquille; ses opinions politiques peu cbnûes,
étant d'un âge fort avancé. — 269.
Approuvé.
!• Henry-Joseph DOUJAT, domicilié à Toulouse, 3* section; âgé
de 02 ans, vœuf; ayant 3 enfans dont un garçon âgé de 28 ans marié
& deux filles, plus un 4* présumé émigré & qu'il dit avoir déclaré à
à la Municipalité comme étant un mauvais sujet; en arrestation chez
lui depuis le 26 germinal en vertu de l'arrêté du i4*.
II. Ci-devant noble, jouissant d'un revenu de 4700 livres prove-
nant d'un bien sis dans le district de Muret.
III. Avec tous les citoyens.
IV. D'un caractère tranquille; ses opinions politiques peu conûes
étant aveugle longtemps avant la Révolution. — 260.
Approuvé,
I. Jean-Joseph BOTER, domicilié à Toulouse, 3** section, w'* 929;
âgé de 74 ans, marié, ayant cinq enfans; en arrestation chez lui pour
cause de maladies & d'infirmités, depuis le 26 germinal, en vertu de
l'arrêté du 14*".
II. Ci-devant notaire ayant été ci-devant capitoul, jouissant d'un
revenu d'environ i 5oo livres, dont il doit partie aux bontés de son
fils.
III. Avec tous les citoyens.
iSp. F. DE BFRTIER, marquis de Pinsaguel, baron de Belpech , seigneur de
Montrabe, nommé au sortir des pages de la Grande-Écurte lieutenant au régiment
Agénais-Infanterie, quitta le service du roi pour se marier 8c yivre dans ses terres.
La modération de ses idées & sa bienfaisance, — ils avaient versé, lui & son fils,
une grosse somme à l'emprunt volontaire du 24 aoiît 1793, — le préservèrent des
grandes arrestations & la Municipalité adoucit Texécution de la mesure prise
contre Bertier & les gens de sa caste par Dartigoeyte, en ordonnant la mise en
arrestation du suspect dans sa demeure où se trouvait déjà consigné son fils J. de
Bertier. Ils participèrent tous deux, mais à des dates difierentes, aux effets de la
clémence des représentants Mallarmé & Bouillerot.
260. H.-J. DOUJAT, seigneur-baron d'Empeaux, Lambès, le Peyrinier en Com-
minges, était officier au régiment d'Auvergne-Infanterie j la faiblesse de sa vue le
força à quitter le service militaire dès 1766, & au moment de la Révolution il n'y
voyait presque plus. Trois ans après, ce fut dans un état complet de cécité qu'il
reçut les commissaires de la Municipalité venant lui donner communication de
l'arrêté de Dartigoeyte contre les nobles & fils de nobles. Consigné de ce chef dans
sa maison, Doujai fit présenter aux Comités une attestation de ses voisins, mieux
à portée que d'autres d observer sa conduite & qui le déclarèrent « ami du peuple»
fidelle aux lois, bon patriote, père d'un défenseur de la patrie, & honnête homme. »
11 dut quand même rester en réclusion chez lui jusqu'à l'arrivée du représentant
Mallarmé, à l'humanité duquel Doujai fit appel pour recouvrer sa liberté en pro-
testant « des sentiments civiques que sa cécité l'a empêché de manifester dans les-
assemblées de citoyens. » H fut élargi le 21 vendémiaire an III. 1
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184 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
IV. D'un caractère paisible, ayant paru Tarai de la Révolution-
— 261.
Approuvé*
I. Pierre-Alexandre OARY, domicilié à Toulouse, 3* section; âgé
de 58 ans; marié, ayant cinq enfans,dont deux garçons à la frontière
& trois filles; en arrestation chez lui depuis le 26 germinal en vertu
de Farrêté du 14'.
II. Ci devant avocat; ayant été capitoul, jouissant d'un revenu
d'environ 6000 livres, réduit à très peu depuis la Révolution.
III. Avec tous les citoyens.
IV. D'un caractère tranquille, ayant paru dans le premier temps
l'ami de la Révolution, mais n'ayant pas montré la même chaleur à
l'époque du fœdéralisme. — 262.
Approuvé.
l. Pierre-Jean-François-Ignace NICOLASi âgé de 83 ans, domi-
161. J.-J. DE BOYER n'était suspect aux yeux des sans-culottes que pour avoir
été capitoul. On n'avait rien à lui reprocher comme sentiments contraires aux
principes du jour, il put même adresser le tableau de sa vie civique à la Commission
de la Société populaire chargée de cette revision & sur la proposition de Gilibert,
un des membres de la Société, le dossier fut renvoyé au Comité de surveillance. Le
représentant du peuple n*eut qu*à signer la mise en liberté définitive de Boyer.
262. P. -À. DE GARY, avocat au Parlement, capitoul en 1764, député aux États
dt Languedoc en 1768 & 1782, fut député à la Cour en 1769 pour présenter au roi
Louis XV les cahiers de la Province. Chef du Conseil des capitouls en 1771 , puis
pour la période allant de 1781 à 1786 nommé Premier de Justice par Louis XVI,
Gary honora cette charge par son intégrité & rintelligence avec laquelle il dirigeait
les affaires de la ville. Déjà souffrant aux approches de la Révolution, il accepta
par patriotisme d'entrer dans l'Administration municipale qui succédait aux capi-
touls, &, à la fin de 1790, occupa au Tribunal de Toulouse la place de commis-
saire du Roi. Le dégoût des affaires publiques lui fit bientôt cesser toute fonction.
Il vivait retiré dans sa famille quand, en 1794, en vertu de Parréié de drtigoeyte,
il dut aller en réclusion comme ci-devant noble, mais Tétat précaire de sa santé le
fit laisser simplement en arrestation dans sa demeure. Traité par les Jacobins « d'in-
civique 8c de fanatique », Gary fut inscrit d'office sur la liste des emprunts forcés
& taxes de guerre encore que ses fils servissent la République, Tun comme adjoint
à réut major de l'armée des Pyrénées occidentales où dans une affaire il fut-atteint
d'un éclat d'obus, l'autre comme employé dans les bureaux de l'Ordonnateur en
chef. Le 23 vendémiaire an III, ils demandèrent au représentant Mallarmé &
obtinrent la liberté de leur père a qui, durant quarante ans de vie publique, s'était
livré avec un zèle extrême à l'exécution de tous ses devoirs, & qui n'est rentré dans
la vie publique qu'au moment où des infirmités douloureuses 8( contractées au ser-
vice de la chose publique l'ont condamné à ne plus pouvoir continuer de lui être
utile ». Des deux fils de Gary, l'ainé, Alexandre, devint plus tard membre 8c pré-
sident du Tribunat, préfet de la Gironde, bnron de l'Empire, procureur général à
Toulouse, 8c en dernier lieu conseiller à la Cour de cassition j le second, Alphonse,
quitta la carrière des armes où il était officier supérieur, pour être nommé tréso-
rier 8c secrétaire général adjoint du Sénat conservateur.
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CITOYENS EN ARRESTATION CHEZ EUX. l85
cilié à Toulouse, 6« section; marié, sans enfans; en arrestation chez
lui à cause de ses infirmités depuis le 26 germinal en vertu de l'ar-
rêté du 14 germinal.
II. Ci-devant noble, sans profession, jouissant avaut la Révolution
d'un revenu de 4000 livres, réduit actuellement à 2400 livres par les
pertes qu'il a faittes.
m. Avec les aristocrates fanatiques.
IV. D'un caractère très paisible & très retiré; ses opinions politi-
ques peu conûes. — 203.
Approuvé, — Elargi par arrêté du 26 brumaire,
I. Guillaume-Médèe MONGAZIN, domicilié à Toulouse, i"^ sec-
tion; âgé de 76 ans, marié ayant six enfans, vivant chez son père; en
arrestation chez lui, à cause de ses infirmités; depuis le 26 germinal,
en vertu de l'arrêté du 14'.
II. Ci-devant noble, sans profession; jouissant d'un revenu de
i5ooo livres avant la Révolution, actuellement réduit à 5 000 livres
par la suppression des droits féodaux.
III. Avec tous les citoyens.
IV. D'un caractère très tranquille; infirme depuis 6 ans. — 264.
Approuvé,
263. P.-J.-F.-J. DE NICOLAS, fils d'un conseiller commissaire aux requêtes du
Parlement de Toulouse, succéda à son père le 3o avril 1738 & se démit de sa charge
le 28 mars 1770 en faveur de H.>A.-B. d'Aussargues de las Bordes. Comme noble &
comme conseiller honoraire de U ci-devant Cour souveraine il était tout désigné
par Tarrété du 14 germinal an II pour être reclus. Son grand âge, les infirmités
dont il était accablé « ainsi qu*il conste du certificat des officiers de santé Dastarat
& Viguerie », ne permirent pas de le transporter à la prison & il resta consigné
chez lui sous la garde d'un sans-culotte pris dans le nombre de ceux qui compo-
saient la force armée. Les Barateau père & fils, délégués de la municipalité, consti-
tuèrent en même temps Nicolas séquestre de ses propres meubles. Lorsque le nom
de l'ancien magistrat & les motifs de son arrestation furent lus devant le représen-
tant Mallarmé & les commissaires de la Société populaire, on décida que Nicolas
continuerait à subir sa peine; mais, sur l'avis du Comité révolutionnaire que « l'âge
& les infirmités du reclus réclament pour lui », le représentant signa un arrêté
d'élargissement le 16 brumaire nn III. Durant sa réclusion, Nicolas dut payer au
trésorier de la Commune 3o2oo livres tani pour contribution n volontaire » que
pour emprunt de guerre 8( taxe forcée au profit des sans-culottes.
264 G. DE MÉRIC DE MONTGAZIN, seigneur baron de Saint-Paul au pays de
Foix, seigneur de Montgazin 8c de Savères, conseiller de grand'chambre au Parle-
ment de Toulouse depuis le i" août 1739 en l'office de P. de Combrail, fut atteint
en 1788 d'une piralysie de toute la partie gauche du corps & privé dès ce moment
de prendre part aux travaux de ses collègues. Dans le courant de frimaire an II,
les Jacobins l'inscrivirent sur la liste des suspects & le mirent en état d'arrestation
chez lui; plus tard, Besombes, officier municipal, 8c Garros, commissaire, délégués
tous deux par la municipalité pour faire exécuter l'arrêté du représentant Darti-
goeyie, se transportèrent chez l'ancien conseiller 8t, faute de pouvoir l'emmener en
réclusion, établirent à demeure chez Montgazin un garde nourri Se payé à ses frais.
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l86 LES BECLUS DR TOULOUSE SOUS LA TERREUR*
I. J.-B. VIONES, domicilié à Toulouse, 5* section; âgé de 60 ans;
marié, sans enfans, ayant adopté une des nièces de sa femme de l'âge
de 10 ans; arrêté & reclus à la Visitation par arrêté du représentant
Chaudron-Kousseau; transféré chez lui pour cause de maladie le
9 fructidor.
II. Ci-devant homme de loi & juge de paix de la commune de Pa-
miers, département de TAriège.
III. Néant.
IV. Le Comité observe qu'il a été mis en liberté par arrêté du
Comité de sûreté généralle du 4 vendémiaire. — 205.
Le Comité observe qu'il a été mis en liberté.
Le représentant Mallarmé statua le 21 vendémiaire an III qu^il y aurait sursis à la
mise en liberté que réclamait le vieillard : ce dernier demanda alors à Mallarmé de
lever au moins la consigne du garde dont les frais absorbaient ce que la Révolution
avait laissé de revenus à Montgazin, « lequel ne croyait pas avoir mérité ce traite-
ment, vu qu'il a servi la République de tous ses moyens, autant que son état de
paralysie a pu le lui permettre & lui a toujours témoigné son attachement par la
plus exacte obéissance aux loix. d On se décida à l'élargir le 8 brumaire an III.
260. J.-B. Vignes, « honoré des suffrages de l'Assemblée constituante », obtint
également ceux de ses compatriotes qui l'élurent, à son retour de Paris, juge de paix
à Pamicrs. Le procureur-syndic Expert (plus tard réprésentant) du district de Mire-
poix), le fit nommer commissaire du recrutement pour compléter Tarmée tant des
volontaires que des troupes de ligne. Le 28 aoîit 1792 eut lieu dans Tex-église du
Collège de Pamiets la convocation des citoyens destinés à partir aux frontières, &
Vigne», en présence de l'assemblée, parla avec tant de violence contre la tiédeur de
certains membres de la municipalité que, laprès-midi du même jour, à la suite
d'une rixe, Deltour officier municipal fut assassiné, sa fête tranchée & promenée
dans les rues de la ville, tandis que des forcenés allaient dévaster les demeures de
Servolc, procureur de la Commune, & de Lafage, autre officier municipal. Le Direc-
toire du département de l'Ariège reçut le procès-verbal de ce tragique événement j
mais il exempta des poursuites judiciaires le commissaire recruteur comme ayant
fait son devoir! Désigné, le 8 octobre 1792, pour être chef de la légion du canton
de Pamiers par les officiers de garde nationale réunis à Mirepoix en séance géné-
rale sous l'inspection des commissaires de District, Vignes partit à la tête des volon-
taires & se comporta si bien dans le poste de Livia en Cerdagne, où il commandait,
qu'il reçut les éloges du représentant Cassanyes. Il revint de Tarmée pour remplir
les fonctions de troisième juge au Tribunal civil auxquelles il était appelé le
18 octobre par l'assemblée électorale, & avait déjà subi l'épreuve de « l'épuration »
ordonnée par le représentant Paganel lorsque, le 21 ventôse an II, les Vadier père
& fils, meneurs influents du Comité de surveillance de Pamiers, obtinrent du repré-
sentant Chaudron-Rousseau un ordre d'arrestation contre Vignes qui, envoyé à
Toulouse, reclus sept mois aux Carmélites, autorisé pour cause de maladie grave à
sortir de prison, reçut sa mise en liberté le 5 vendémiaire an III par arrêté du
Comité de sûreté générale de la Convention. Servole & Lafage, devenus plus t^rd
l'un maire de Pamiers, l'autre* juge de paix, déposèrent une plainte contre Vignes
comme le véritable instigateur des événements du 28 août 1792$ ils le cqmprirent
dans la liste des Terroristes dressée à Pamiers, & un mandat d'arrêt lancé le 16 ther-
midor an III par ordre du représentant Laurence ne put recevoir son exécution,
Vignes s'étant soustrait par la fuite à ses efTets.
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CITOYENS EN ARRESTATION CHEZ EUX. 187
I. Valantin-Oabriel FORNIER, domicilié à Toulouse, i'« section,
n« 328; âgé de 60 ans^ marié, ayant six enfans dont deux aux fron-
tières & les quatre autres vivant avec lui ; reclus à la cidevant Visi-
tation depuis le 20 septembre 1793 (v. s.); transféré à la Conciergerie
le 28 octobre pour accusation d'accaparement; transféré le i6 mars à
l'hospice civil pour cause de maladie, & le 3 juin chez lui avec un
garde par arrêté du représentant Dartigoeyte.
II. Avant la Révolution reférandaire dans la chancellerie & rece-
veur des tailles; depuis sans profession ; jouissant avant la Révolu-
tion d'un revenu d'environ 12,000 livres provenant de ses diverses
propriétés & de son industrie; depuis la Révolution mêmes pro-
priétés dont le revenu a considérablement diminué.
II. Avec les aristocrates.
IV. D'un caractère vif; aristocrate dans toutes les circonstances
& partisan du fœdéralisme. — 266.
166, V.-G. DE FORNIER continua après la Révolution ses fonctions de receveur
des tailles du diocèse de Toulouse &, en 1793, se fit donner décharge par la Muni-
cipaltcé^ le District 8c le Département, qui reconnurent l'exactitude de ses livres. Il
se trouvait en septembre 1798 à sa campagne de Beauzelle, on vint Vy arrêter comme
suspect : encore que les officiers municipaux voulussent le réclamer sous leur res-
ponsabilité, Fornier préféra revenir à Toulouse se justifier. Sans connaître son
dénonciateur ni les motifs de son arrestation, il se rendit à la prison de la Visita-
tion qu'on lui avait indiquée à la Mairie, s^attendant à une prompte mise en
liberté. Le mois suivant, il donna des ordres pour la vente de cinquante-six pièces
de vin de sa récolte de 1792 qu'il tenait en cave à Toulouse. Un voisin va aussitôt
le dénoncer à la Commune comme « accapareur », &, dans les vingt-quatre heures,
son vin est saisi, confisqué au profit de la Nation par décision du Conseil général
de la Commune, tandis que le substitut de Taccusateur public fait traduire Fornier
de la Visitation aux prisons de la maison de justice 8c de là au Tribunal le 5 bru-
maire an II. Mais quand l'inculpé eut fait connaître aux juges la provenance du
vin confisqué, ils se déterminèrent à renvoyer le prononcé du jugement jusqu*après
que le représentant Paganel aurait consulté le Comité de législation de la Conven-
tion. Fornier, ramené en prison, y tomba si gravement malade qu'on le transporta
d'abord à THôtel-Dieu, puis dans sa propre demeure où il demeura consigné par
ordre du représentant Dartigoeyte 8c sous la surveillance constante d'un garde.
Durant sa réclusion chez lui, la Municipalité CiUt devoir encore confisquer le vin
de la técolte de 1794 sous prétexte qu'un des fils de Fornier était parti pour l'émi*
gration. Or, c'était une erreur manifeste, Fornier le prouva plus tard au représen-
tant Mallarmé en demandant son élargissement : de ses quatre fils, l'aîné servait
au 68*"' de ligne, le second était à l'armée des Pyrénées orientales comme cavalier
au 22™* chasseurs à cheval, le troisième, pharmacien à l'hospice Chalier de la com-
mune, 8c le quatrième se trouvait être trop jeune pour s'engager. Mallarmé
repoussa la demande du reclus; mais, dans la suite, il signa son élargissement sur
l'avis du Comité révolutionnaire, qui reconnaît le 25 brumaire an III « que l'émi-
gration n'était pas constatée; que Fornier paraît peu dangereux pour la chose
publique nonobstant son incivisme prononcé, 8c que le garde pouvait être provisoi-
rement enlevé, à la charge de rester sous la surveillance des autorités constituées ».
Le Tribunal criminel venait du reste de l'acquitter le 21 vendémiaire précédent des
faits d'accaparement.
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l88 LES RECLUS DE TOtJLOL'SE SOUS LA TERHELR.
Le Comité observe que cet individu n*a pas paru seconder les besoins
du peuple, puisque dans une circonifance où le vin manquait dans la
commune, il en gardait avec soin une grande quantité dans sa cave qui
jut séquestré, — 7/ est observé de plus que ses fils se sont retirés de V armée
dont un est blessé.
I. Jean-Louis TEYNIER, domicilié à Toulouse, V section, n«» 400,
âgé de 83 ans, vœiif, sans enfans ; reclus chez lui, sans garde, depuis
le 26 germinal en vertu de l'arrêté du I4'.
II. Ci-devant noble; avant & depuis la Révolution, négotiant
jouisfant d'un capital d'environ 200,000 livres en diverses actions
dont les intérêts de la plus grande partie ne lui sont pas payés.
III. Avec tous les citoyens indistinctement.
IV. Ne s'étant pas démontré aux diverses époques; d'un carac-
tère tranquille & honète homme, n'ayant jamais été mis en réclu-
sion. — 267.
Approuvé,
I. Jean PREVOST, âgé de quatre-vingts ans, domicilié à Toulouse,
4* section^ n" 371, vœuf, ayant deux filles j en arrestation chez lui
depuis le 26 germinal, en vertu de l'arrêté du 14%
II. Ci-devant capitoul; ayant été trésorier de la Commune pen-
dant trente-quatre ans; jouissant d'un revenu d'environ 8,5oo livres
provenant de ses biens.
III. Avec tous les citoyens.
IV. D'un caractère tranquille, n'ayant pas manifesté des senti-
ments contraires à la Révolution. — 268.
Approuvé,
267. J.-L. DE TEYNIER, capitoul en 1767, ne pourait guère aimer la Révolu-
tion qui TaYaiten partie ruiné; il eut encore à supporter 5970 livres d'emprunt
forcé en outre des sacrifices de toute sorte qu'on exigeait des partisans du régime
disparu, 81 fut taxé à 20 000 livres de subvention de guerre, * attendu l'incivisme
de ses opinions ». Le grand âge de Teynier lui épargna les rigueurs de la réclusion
dans les prisons affectées spécialemeni aux citoyens suspects; mais, pour obéir à
Tarréié de Dariîgoeyte contre les nobles, la municipalité condamna l'ancien capi-
toul à rester chez lui en éiat d'arrestation. Le représentant Mallarmé fit cesser cette
situation si pénible pour le vieillard. Teynier était avant la Révolution Prieur de
la Bourse de Toulouse. Cette Institution fut établie par édit royal du 17 juillet 1549,
vérifié le 20 décembre suivant : le roi Henri II donna, le 20 juillet i55i, aux mar-
chands de cette ville, des lettres patentes leur permettant délire tous les ans un
prieur 8t deux consuls; ceux-ci, trois jours après l'élection, choisissaient vingt-
quatre élus qui, à tour de rôle, les assistaient à l'audience des causes commerciales
dont les jugements étaient sans appel jusqu*à concurrence de 5oo livres. La Bourse
se tint d'abord dans une maison entre les rues de la Maison -Professe & celle des
Engravieres jusqu'au moment où les consuls achetèrent le 24 février 1779 la maison
de l'ancien premier Président François de Bastard. Par la loi du 24 août 1790 un
Tribunal de commerce vint remplacer partout les anciennes Bourses royales.
268. J. PREVOST, baron de Fenouillet, avocat au Parlement, capitoul en 1746
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CITOYENS EN ARRESTATION CHEZ EUX. 189
I. Jean-Paul DAUNASSANS, domicilié à Toulouse, r« section,
u'*364, âgé de quarante-sept ans, cœlibataire; détenu chez lui depuis
le 26 germinal en vertu de Tarrèté du 14.
IL Avant la Révolution, militaire; depuis capitaine de la garde
soldée; avant & depuis la Révolution vivant de sa paye.
III. Avec tous les citoyens indistinctement.
IV. D'un caractère paisible; ayant paru patriote au commence-
ment de la Révolution, mais ayant doné dans le fœdéralisme. — 269.
Approuvé,
I. Claude PRATVIEL, domicilié à Toulouse, 6' section, n® 428, âgé
de 28 ans, marié, sans enfans; détenu chez lui depuis le 26 ger.ninal
en vertu de Tarrété du 14'.
II. Fils d'un ci-devant capitoul, sans profession; ayant été avant la
Révolution garde-du-corps du tyran. Vivant avec son frère.
III. Avec les patriotes, & marié avec une fille pauvre & de la
classe des sans-culottes.
IV. D'un caractère tranquille; ayant fréquenté les patriotes;
ayant paru à son bataillon toutes les fois qu'il en a été requis. — 270.
Approuvé. — Le Comité observe quîl a été mis en liberté provisoire
par arrêté du représentant du peuple Mallarmé.
8t ly:'»! , que ses infirmités retenaient dans sa demeure, semblait oublié des Jacobins
quand la mesure de police prise par Dartigoeyte contre les nobles Se les capitouls
lui fut appliquée 8c transforma en réclusion sa retraite volontaire. Prévost fut déli-
vré six mois après sa mise en état d'arrestation pour « aristocratie modérée ». II
avait obtenu de la municipalilé, le 8 flore il an II, un certificat de civisme motivé
« sur ses infirmités, son grand âge & sa vie privée », cela n'avait pas suffi alors
pour son élargissement tant la méfiance des Jacobins était grande contre tout ce qui
appartenait aux privilégiés de l'ancien régime.
269. J.-P. DE DAUNASSANS, fils du capitoul de ce nom, commandait une des
sections de la garde soldée, Tautre section était sous les ordres du capitaine Dupuy.
Loin d'être accusé d'hostilité vis-i-vis du nouvel état de choses, il s'était, au con-
traire, toujours & ouvertement déclaré pour la Révolution ; mais les services rendu;
ne pouvaient prévaloir contre sa qualité de noble & ses démonstrations fédéralistes.
Arrêté, incarcéré, repoussé trois fois par la municipalité à laquelle il demande un
certificat de civisme, il revint à la charge le i5 prairial an II. On délibère alors sur
sa pétition : quelques-uns sont d'avis de le faire mettre en liberté, « avismnivé sur
la bonne conduite de Daumssans depuis la Révolution, son peu de fortune, ses
infirmités reconnues, suite de vings-d-*ux années de services », lorsqu'un membre du
Conseil, soutenu par Tagent national, fait décider qu'il restera consigné chez lui.
Le 5 messidor, on donne enfin ce certificat tant désiré « au citoyen Daunassans,
ancien officier, par le besoin qu'il a d'être auprès d'un oncle octogénaire, duquel il
reçoit sa subsistance 8c par les nouveaux renseignements pris d'ailleurs sur sa con-
duite I». Ce n'est qu'après l'arrivée du représentant 54allarmé qu'il put jouir de sa
liberté définitive.
270. C. DE PRATVIEL (dont le père. Amans Pratviel, avocat au Parlement,
avait été capitoul), incarcéré comme noble, demanda au Conseil général de la Com-
mune de Toulouse de délibérer sur le cas d'exception à l'arrêté dont il voulait pro-
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IÇO LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Pierre- Joseph RIOAUD, domicilié àToulome, 6' section, n*»42i.
Vœuf, ayant une fille mariée; reclus chez lui à raison de ses infir-
mités depuis le 14 germinal en vertu de l'arrêté du 14.
II. Ci-devant noble, n'ayant d'autre revenu que la pension qu'il se
réserva lors du mariage de sa fille.
III. Avec tout le monde indistîctement.
IV. D'un caractère tranquille; ses opinions peu conûes, étant d'un
âge très avancé. — 271.
Approuvé.
I. Marc-Antoine OAV ARRET neveu, âgé de 28 ans, marié, ayant
deux enfants, domicilié à Frouzins, district de Muret; arrêté le
12 germinal par ordre du district de Muret corne prévenu d'émigra-
tion, actuellement reclus chez lui pour cause de maladie.
II. Ci-devant noble; militaire; avant la Kévolution, jouissant de
6,000 livres de revenu & actuellement rien , ses revenus étant
séquestrés.
III. Avec tous les citoyens.
IV. Ses opinions politiques ne sont conues au Comité que par le
tableau de sa vie politique, qui a été approuvé par les autorités
constituées de son district. — 272.
fîter. Dé]k des membres du Conseil avaient émis Tavis de sa mise en liberté, « mo-
tivé sur l'empressement qu^il a mis à s'acquitter des devoirs que la Nation lui impo-
sait en faveur de deux de ses enfants 8i en s'unissant à leur mère enceinte & sans
fortune, motivé encore sur sa vie simple & privée m. Une discussion s'ensuivit,
ragent national du District y prit part; bref, il fut délibéré que Pratviel reste-
rait reclus & qu*il serait transféré a la Visitation. Quand on voulut exécuter
cet ordre, Pratviel se trouvait dams un tel état de santé que la Municipalité, à
laquelle en avaient référé les délégués aux arrestations, décida, de concert avec le
Comité ds surveillance, qu'il resterait jusqu'à nouvel ordre consigné chez lui. Qua-
tre mois après, sa femme, qui était une des cinq filles de l'écrivain public Cra-
maussel, s'adress<i au représentant du peuple Mallarmé pour implorer la liberté
définitive de son mari ou tout au moins son élargissement provisoire, « attendu
que Pratviel n'a jamais rien fait pour entraver la marche de la Révolution &
qu'elle est au moment de faire ses couches ». Le Comité de surveillance consulté ne
s'opposa pas à la demande « puisqu'il résultait du tableau de la vie politique de ce
particulier qu'il est d'un caractère tranquille & qu'il a fréquenté les patriotes », Le
représentant signa donc, le septidi fructidor an II, la mise en liberté prov.isoire de
Pratviel, à la charge de demeurer sous la surveillance des autorités constituées.
271. P.-J. DE RlGAUD, seigneur du Bousquet possédait la co-seigneurie de
Lama avec J. -J.-H. de Rigaud, seigneur de Belleville. Agé, infirme, il n'était guère
dangereux ; on se contenta de le mettre en état d'arrestation dans sa demeure & de
l'inscrire pour 6,000 livres sur le registre de l'emprunt forcé auquel on assujettis-
sait ceux des citoyens qui n'avaient pas fait de sacrifices volontaires à l'emprunt
décrété le 26 août 1793. 11 fit partie des suspects auxquels leur liberté définitive fut
rendue par les représentants Mallarmé & Bouillerot.
271. M. -A. comte de GAV ARRET, victime, ainsi que son oncle le marquis de
Gavarret, des grandes arrestations d'avril 1793, fut le mois suivant relâché par déci-
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^^■*^?2^
CITOYENS ES ARRESTATION CHEZ EUX. I9Î
Le Comité observe que deux arrêtes du Département & du Conseil exé-
cutif le rayât de sur la liste des émigrés & que le Département a confirmé
par un second arrêté celui qu'il avoit déjà rendu.
1. Ouillaume-Dominique VILLENEUVE FLAMALENS, habitant
de Lavaur, âgé de 42 ans, marié, sans enfans. &: domicilié à Tou-
louse depuis peu à raison de ses infirmités ; arrêté & détenu chez lui
depuis le 8 messidor pour cause de maladie en vertu de l'arrêté du
14* germinal.
H. Ci-devant noble, jouissant d'un revenu d'environ 6,000 livres.
III. Avec tous les citoyens.
IV. D'un caractère tranquille; ayant quitté Lavaur pour se sous-
traire à la réclusion, ainsi qu'il en résulte d'une lettre écrite au
Comité par l'agent national près le district de Lavaur. — 278.
Approuvé. — Le Comité observe que ce citoyen a obtenu Vapproba^
tion de la vie politique par les corps constitués de Lavaur & de ceux
même qui V avaient dénoncé dans la lettre dont il est j ait mention,
I. Jean^François VILLENEUVE BAUVILLE, habitant à Tou-
louse, 4* section, n® 3C3, âgé de 78 ans, marié sans enfants; détenu
dans son domicile depuis le 26 germinal en vertu de l'arrêté du 14.
II. Ci devant noble; jouissant avant la Révolution d'un revenu
d'environ 7^000 livres; depuis la Révolution, son revenu diminué
par moitié, la plus grande partie de ses biens étant séquestrés.
III. Avec tous les citoyens.
IV. D'un caractère tranquille; ses opinions politiques peu co-
nues se tenant toujours concentré chez lui. — 274.
Approuvé.
sion du Comité de sûreté de la municipalité qui le reconnut « tranquille & s'étant
prononcé de toutes les manières pour la Révolution, n'étant d'ailleurs dans aucun
des cas prérus par la délibération de U Commune ». Il resta à peu près un an sans
être inquiété, puis l'Administration du district de Muret le fit arrêter sur la
dénonce d'avoir quitté dans le temps le territoire de la République. Inscrit sur le
tableau des émigrés 8c ses biens séquestrés, Gavarret réussit, après bien des démar-
ches, à obtenir justice sur le fait d'émigration ; mais il dut rester, en sa qualité de
noble, reclus par mesure de police générale. — Date d'élargissement inconnue.
273, G.-D. comte DE VILLENEUVE DE FLAMALENS, seigneur de Flamalens,
Viterbe, &c.; ne s'était opposé en rien aux progrès de la Révolution, & ce ne fut
que par suite d'une mesure générale contre les nobles qu'il alla en prison. Il fit agir
des amis après le 9 thermidor auprès du Comité de sûreté générale de la Convention
pour avoir son élargissement, fut mal accueilli pir Millarmé 8c les commissaires
délégués de la Société populaire lorsqu'il leur réclama sa mise en libsrté, dut rester
encore détenu, ?c c'est seulement le 3o pluriôse an III qu'arriva k Toulouse l'arrêté
pris le 27 précédent par le Comité de la Convention en faveur de Villeneuve Fla-
malens.
274. J.-F. baron DE VILLENEUVE DE BEAUVILLE, que l'état précaire de sa
santé retenait chez lui, dut à cette retraite forcée d'éviter les granies arrestations de
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192 LES KECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Antoine CALMELS, habitant depuis 1789 à Nice & avant à Tou-
louse, marié, ayant un enfant en bas>âge; détenu depuis le 16 juin
1793 (v. sO à la Conciergerie. Arrêté à Mantoue près Nice par ordre
du Comité de surveillance comme prévenu davoir émigré avec
Cambolas.
II. Avant la Révolution, cuisinier dans la maison de Témigré
Cambolas; vivant avant & après la Révolution de son industrie.
— 275.
Approuvé* — Transfiréré à Thospîce civil le 3 sans- culotîJe pour
cause Je maladie,
I. Michel DORTET dit RIBONET, domicilié à Toulouse, 1" section,
n" 146, âgé de 77 ans, cœlibataire; reclus chez lui pour cause de
maladie depuis le 26 germinal en vertu de Tarrèté du représentant
Dartigoeyte dn 14* du dit.
II* Ci-tlevant noble & chevalier de Saint-Louis; sans profession,
& jouissant avant la Révolution d'une pension de 3, 000 livres que
lui faisait l'Etat & d'un capital d'environ 40,000 livres; depuis la
Révolution jouissant d*un revenu de 3oo livres provenant d'une
petite métairie; n'étant payé ni de sa pension ni des intérêts de son
capital.
III. Avec tout le monde indistinctement.
IV. D'un caractère paisible; ne s'étant jamais démontré en faveur
de la noblesse; indiférent pour la Révolution, étant d'un âge très
avancé. — 276.
Approuvé,
1793. En dehors des sommes payées volontairement comme ofiVandes patriotiques, il
fut inscrit d'office pour 3,ooo livres sur la « liste des citoyens qui ont payé leur
quotte part d'emprunt forcé pour les besoins des sans-culottes indigents ». Il ne put
obtenir son élargissement lors de l'interrogatoire du ij vendémiaire an III, car on
le désignait au représentant Mallarmé comme « aristocrate enragé », & ce n'est que
quatre mois après qu'un arrêté du Comité de sûreté générale de la Convention lui
rendit sa liberté. Sa réclusion avait duré un an.
275. A. CALMELS, malgré un certificat de civisme obtenu le 19 frimaire an II
du Conseil général de la Commune, paya de quinze mois d'emprisonnement le
dévouement quM avait montré à son maître. Peiclus de rhumatismes, on dut le
transporter à Phôpital civil y attendre la mesure qui ordonnait son élargissement.
276. M. chevalier D'ORTET DE RIBONET, ancien officier au régiment de la
Reine, chevalier de Sciint-Louis, avait pris part aux protestations des gentilshommes
en favrur du rétablissement du Parlement lorsque le comte de Périgord eut, en*
1788, défendu à la noblesse de Toulouse de se réunir dans ce but aux capitouls 8c
aux corps de ville. Son grand âge le rendait inoffensif pour la chose publique;
d'Ortet fut donc laissé en dehors des recherches quand on pourchassa dans Toulouse
les citoyens suspects, 8c, plus tard, pour donner satisfaction à Tarrété de Darti-
goeyte contre les nobles, la Municipalité le mit simplement en état darrestation
dans sa demeure. Le représentant Mallarmé affranchit d'Ortet de cette mesure que
la passion avait dictée contre une classe nombreuse de citoyens.
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CITOYENS EN ARRESTATION CHEZ EUX. IQS
I. Etienne BELLOC» domicilié à Montrabé, district & canton de
Toulouse, âgé de 35 ans, marié, ayant sa femme enceinte; reclus aux
ci -devant Carmelittes depuis le 19 messidor & transféré chez lui le
22 du dit, sans garde, pour cause de maladie; arrêté par ordre de
Tagent national près le District pour avoir négligé de dresser la liste
des fainéans, conformément à l'arrêté du représentant Dartigoeyte.
II. Avant & depuis la Révolution agriculteur; ayant été élu agent
national près la commune de Montrabé en 1790, & en ayant exercé
les fonctions jusqu'à l'époque de son arrestation; jouissant avant &
depuis la Révolution d'un revenu net d'environ 1,200 livres prove-
nant d'une métairie située à Monrabe & d'une maison à Toulouse.
III. Avec les patriotes.
IV. D'un caractère gay & doux, ayant épousé uue véritable sans-
culotte; ses opinions, patriotiques. — 277.
Approuvé .
I. François-Henry-Marie OËLIS, domicilié à Toulouse depuis
deux ans^ i'^ section, n"* 64, âgé de 56 ans, marié, ayant six enfants
dont une fille mariée & les autres vivant avec lui.
II. Arrêté & reclus aux ci-devant Carmelittes depuis le 26 ger-
minal en vertu de l'arrêté du 14, & transféré chez lui pour cause de
maladie ; ci-devant trésorier de France, jouissant d'un revenu d'en-
viron 6,000 livres,
III. Avec tous les citoyens.
IV. D'un caractère tranquille; ses opinions politiques peu
conûes. — 278.
Approuvé.
277. E. BELLOC, en n'ayant pas dressé la liste « des fainéants », contrerenait
gravement à Tarrété de Dartigoeyte dont la volonté, — comme il l'avait déclaré à
la Société populaire le i5 floréal an II, — « était d'abattre le système des ci*devant
fêtes & dimanches en dé;erminant une ligne de démarcation entre les vrais patriotes
amis du travail & ceux qui en privaient la République les jours de dimanche, en
faisant ds ces derniers une classe de fainéants & de contre-révolutionnaires | ayant
établi que celui qui, hors les jours du décadi consacré par la Loi au repos, ne four-
nit pas son travail ordinaire dont la République a, surtout à présent, besoin indis-
pensable, lui fait un vol, devient son ennemi &, par conséquent, est un contreré-
Tolutionnaire m. Belloc, tombé malade à la prison des Carmélites, fut autorisé, sur
le rapport des officiers de santé, à rentrer chez lui « faire les remèdes nécessaires à
ton état de santé ». Le représentant Mallarmé signa son élargissement.
278. F.-H.-M. DE GÉLIS avait, jusqu'au moment de son arrestation, vécu d'une
façon très retirée & sans manifester d'une manière positive des sentiments hostiles
aux idées du jour. Il adressa le tableau de sa vie civique au Comité de surveillance
dont les membres composaient une Commission secrète chargée de recevoir les
pétitions des ci-devant nobles & d'en faire des rapports à la Société populaire. Le
i5 prairial an II on vota à la Société l'ajournement de l'attestation de patriotisme
depuis 1789 que sollicitait Gélis, puis, le 21 prairial suivant, on reçut le reclus
dans la classe des citoyens, c'est-à-dire de ceux dont la vie politique ne donnait
i3
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194 LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR.
I. Dominique HÉBRARD, domicilié à Toulouse, âgé de Si ans
marié, ayant deux fille;*; détenu aux ci-devant Carmélittes depuis le
7 novembre par ordre de la municipalité de Grisolles; transféré chez
lui le 21 fructidor pour cause de maladie.
II. Homme de loi avant la Révolution, depuis sans profession;
jouissant d'un revenu d'environ i,5co livres; ayant été membre de
l'Assemblée constituante, du côté droit.
III. Avec tous les citoyens.
IV. D'un caractère tranquille; ayant paru aimer la Révolution
& ayant fait des dons pour les frères d'armes. — 279.
Appoouvé.
I. Jean-Baptiste BROUILHET, domicilié à Toulouse, i^ section,
âgé de 37 ans, non marié, ayant un enfant naturel âgé de 7 ans &
ayant adopté une orpheline depuis dix ans; reclus depuis le 14 sep-
tembre par mesure de sûreté & transféré chez lui pour cause de
maladie.
II. Imprimeur ; depuis la Révolution, jouissant d'un revenu d'en-
viron 3,400 livres provenant de ses biens, sur quoi il paye une pen-
tion de 600 livres.
lieu m aucun reproche, sur la présentation d^un certificat cle la municipalité de
Toulouse déiÎTré le 2Ô floréal précédent « motivé sur les bonnes attestations de sa
conduite données par la Commission de la Société populaire & le Comité de sur-
veillance de sa résidence «. Cela valut à Gélis d*étre vu d^un meilleur œil par les
Jacobins, qui adoucirent les rigueurs de la réclusion en lui permettant de rentrer
chez lui pour cause de maladie.
279. D. HEBRARD, nommé par le Tribunal du district de Montauban arbitre
dans une affaire qui intéressait la femme d'un émigré, allait souvent la voir, trop
souvent, paraît-il, pour le soupçonneux Comité de surveillance qui, tout en recon-
naissant Hébrard « patriote, ferme dans les bons principes, ayant su remplir ses
devoirs », s'émut à la fin de cette assiduité & le fit arrêter comme «r complice d'aris-
tocratie ». Il fallait pourtant une cause moins vague pour motiver l'arrestation; la
malveillance prétexta donc qu'Hébrard, juee au Tribunal de Casteinaudary, avait
dans le temps proposé à ses collègues du Tribunal de signer la pétition dite « de
Guillaume ». Envoyé à Toulouse, reclus aux Carmélites, tombé si malade par suite
de cette réclusion qu'on l'autorisa à sortir provisoirement des Carmélites, Hébrard
alla, accompagné constamment d'un garde, se faire soigner en ville. Le représen-
tant du peuple Mallarmé refusa le i5 vendémiaire an III de lui accorder eon élar-
gissement, il voulait auparavant avoir des renseignements certains de la Société
populaire 8c de l'Administration du district de Castelsarrazin qui se montrèrent
favorables au reclus. Le Conseil général de sa commune avait déjà, sur la demande
de la citoyenne Rouzet, sœur d'Hébrard, déclaré le cinquième Jour des sans-culot-
tides an II « qu'il n'av.iit été ariété que par mesure de sûreté générale, ainsi que le
commandait les circonstances ». Le Comité révolutionnaire de Grisolles appuya
cette déclaration en faisant remarquer n qu'Hébrard avait rempli ses fonctions de
juge avec zèle 8c intégrité, qu'il a suffisamment expié ses erreurs 8c son imprudence
par une détention de plus de un an, qu'il n'y a point de danger à le mettre en
liberté ». Le représentant rendit un arrêté conforme le 2z brumaire an III.
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CITOYENS EN ARRESTATION CHEZ EUX. IçS
III. Avec tous les citoyens.
IV. D'un caractère assez vifj patriote dans les premières années
de la Révolution & enssuitte ayant propagé les principes inciviques
dans un journal qu'il faisoit imprimer chez lui & dont Sol était le
rédacteur. — 280.
Le Comité observe quîl fut arrêté pour avoir ajfecté dans son journal
de publier une prétendue proclamation par laquelle le général espagnol
donoit avis quil feroit pendre tout Français qui seroit pris sans être
revêtu d'un uniforme^ & ce lors de la première réquisition & oà une
grande fermentation préparait Vedcplausion qui eut lieu le 11 septembre
dernier (v. s.).
I. André PINSSON, habitant à Castres, département du Tarn, âgé
de 33 ans, marié, ayant deux enfants en bas-âge; reclus à la Visita-
tion le 6 vendémiaire de Tan 11% & transféré à l'hospice civil le
l5 vendémiaire de l'an III® pour cause de maladie.
II. Avant la Révolution instituteur; depuis la Révolution ayant
été employé dans les bureaux de diversses administrations; vivant du
produit de son industrie.
III. Avec les patriotes jusqu'au 3i mai.
IV. Ayant été considéré comme patriote jusqu'au 3i mai; étant
à Paris à cette époque & ayant à son retour propagé les principes
du fœdéralisme en calomniant les Parisiens, prétendant que la Con-
vention n'étoit pas libre, présentant la Convention & surtout la
Montagne come une asseniblée de brigands, que les décrets étaient
arrachés par la force, ajoutant enfin que cinq à six députés faisaient
les lois & que les autres n'opinaient que par crainte. — 281.
280. J.-B. BROUILHET prit part au mouvement de 1789, mit ses presses au ser-
vice des idées nouvelles, fut condamné par le Parlement à 1 «000 livres d'amende
pour rimpression d'une brochure qui attaquait violemment les classes privilégiées
& fit appel devant l'Assemblée constituante laquelle, par décret spécial, le renvoya
absous de cette condamnation. Attaché aux principes de la Révolution mais en
répudiant hautement les maximes sanguinaires des Jacobins, Brouilhet devint sus-
pect de modérantisme. On frappa ce « patriote devenu incivique » de la taxe forcée
établie le 23 septembre 1793 : il refusa de la payer, puis fit barricader sa porte pour
empêcher d'entrer le garnisaire envoyé par la municipalité; devant cette rébellion
si rare, le Conseil général de la Commune délibéra le 9 frimaire an II que les meu-
bles de Brouilhet seraient saisis & vendus pour le montant de la taxe impayée &
que le fait serait porté à la connaissance de la Société populaire. Brouilhet, déjà
arrêté & transporté chez lui pour cause de maladie, protesta mais bien inutilement
contre sa réclusion : on n'avait pas de ménagement à garder vis-à-vis d'un citoyen
dont la Société populaire avait fait solennellement brûler le Journal comme anti-
patriote. Il resta m détention chez lui jusqu'à l'arrivée du représentant Mal-
larmé.
281. A. PiNSSON, qui se trouvait incarcéré à la Visitation comme fédéraliste,
n'en était pas moins ardent républicain, & ses nombreuses discussions politiques
avec les aujtres reclus de cette prison, presque tous royalistes ou ayant à se plaindre
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IÇÔ LES RECLUS DE TOULOUSE SOUS LA TERREUR,
Le Comité observe que ce iableeu a été rempli diaprés les rensseigne^
ments pris avec le Comité révolutionnaire de Castres.
I. Jean d'HAUPOUL, domicilié à Toulouse, 4» section, âgé de
72 ans, cœlibataire; arrêté le 9 floréal en vertu de Tarrèté du 14* ger-
minal; détenu chez lui à raison de ses infirmités.
II. Ci-devant noble; ancien militaire, retiré en 1782 (v. s.); ex
chevalier de Malthe ; jouissant d'un revenu de 2,000 livres & d'une
penssion de i,5oo livres dont il n'est pas payé depuis deux ans.
II. Avec tous les citoyens indistinctement.
IV. D'un caractère paisible & froid pour la Révolution. — 282.
Approuvé.
I. Jean-François-Joseph VIGNES CAJRAS, âgé de 60 an<;, habi-
tant de Saint-Orens-de-Gamevil!e ; reclus chez lui depuis le mois de
septembre par la municipalité par mesure de sûreté.
II. Avant la Révolution secrétaire du roi, depuis sans profession ;
jouissant avant la Révolution d'un revenu de 12,000 livres & depuis
réduit à i,5oo livres.
III. Avec les aristocrates.
IV. D'un caractère vif; aristocrate tenant beaucoup à ses ancien-
nes prérogatives. — 283.
Approuvé,
du régime réyolutionnaire, Tayaient singulièrement aigri contre ses compagnons
de captivité. Il fui bientôt accusé par eux de les surveiller pour dénoncer leurs
paroles au procureur général syndic Descombels dont il essayait ainsi de capter
les bonnes grâces. Mis en quarantaine, lui 8c quelques citoyens de son opinion que
le hasard des arrestations avait réunis à la Visitation, ils demandèrent au Comité
de surveillance de changer de maison 8c d'être enfermés aux Carmélites d'où leur
arrivait par dessus le grand mur séparant les deux prisons Tair de la Carma^
gnole ou de la Marseillaise chantés par les fédéralistes à chaque nouvelle des vic-
toires intérieures 8c extérieures qui afi*ermissaient la République. Ils furent trans*
férés, selon leur désir, aux Carmélites le 7 fructidor an II. Là, Pinsson, pris de fiè-
vre dut, sur Tordre des médecins délégués auprès des reclus, se rendre à l'hospice
civil y attendre la décision que le représentant Mallarmé ne voulut prendre qu'a-
près renseignements à fournir par le Comité révolutionnaire de Castres.
282. J. D'HAUTPOUL, inscrit au tableau des gens en arrestation chez eux est le
même qui, sous le n^ 48, paraît parmi les reclus des Carmélites.
283. J.-F.-J. DE VIGNES, écuyer, seigneur de Saint-Orens-de-Gameville, con-
seiller secrétaire du roi en la chancellerie de Toulouse, fut compris dans les grandes
arrestations d^avril 1793, mais relâché par ordre du Comité de sûreté générale de la
municipalité comme atteint d'un mal grave d'après le rapport des officiers de santé
N 8c à la charge de se représenter aux autorités lorsqu'il en sera requis 8c de donner
k cet effet un répondant d'un civisme « reconnu ». La santé de Vignes n'était pas
meilleure lorsque furent envoyés chez lui les délégués de la Commune chargés d*ap>
pliquer les effets de l'arrêté du représentant Dartigoeyte; ils constatèrent l'impossi-
bilité absolue de mener Vignes en réclusion, 8c la municipalité décida qu'il conti-
nuerait à rester en état d'arrestation» sans garde> dans sa maison, mais en revanche
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CITOYENS EN ARRESTATION CHEZ EUX. 197
I. Pierre-Joseph BOUZET, âgé de 72 ans, domicilié à Toulouse,
3* section, ii* 770; reclus chez lui en vertu de Tarrété du 14* ger-
minal; cœlibataire.
II. Ci-devant noble, jouissant d'un revenu d'environ 2,000 livres.
III. Ses relations inconûes, étant toujours retiré chez lui à cause
de ses infirmités.
IV. Ses opinions politiques peu conûes. — 284.
Approuvé,
il eut à payer I9,6âj livres tant pour Temprunt forcé au profit des sans-culottes
indigrents que pour la taxe de guerre.
284. P.-J. comte DU BOUZET, ancien officier de marine, que le déséquilibrement
d^espritdesa femme & ses propres infirmités forçaient de mener une vie très retirée,
n*aurait jamais été inquiété sans la mesure du 14 germinal an II. Les patriotes le
traitaient avec bienveillance par suite de sa soumission aux lois nouvelles, de ses
dons patriotiques & de sa présence assidue aux séances de la Société populaire. Du
Bouzet avait donc toutes les raisons de protester auprès du représentant Dariigoeytc
contre cette détention, d'autant qu'aucune dénonciation^ aucune plainte n'avaient
été formulées contre lui antérieurement à l'arrêté du 14 germinal, n le peuple qu'il
a tant aimé a applaudi par des claquements de main lorsque le tableau de sa vie a
passé à la Société populaire à la majorité de 86 voix contre 10 & pour prouver son
civisme, Bouzet s'est défait d'un de ses engagés de soin qui le servait depuis vingt
ans pour une seule dispute qu'il eut avec des patriotes ». Le représentant Darti-
goeyte lui accorda, le 22 prairial an II, autorisation de partir pour la campagne
voir ses biens lorsque sa snnté rendrait le voyage possible; des renseignements furent
ensuite demandés à la municipalité de Condom sur les infirmités dont du Bouzet se
disait atteint 81 qui lui avaient valu de la part des administrateurs du District le
reproche d*incivisme « par défaut d'énergie ». Le Conseil général de la commune
de Condom fit une enquête & délibéra, le 6 messidor an II, que « vu l'attestation
des médecins Ferret & Ladoux, la vie sédentaire que la maladie force Bouzet à
mener l'a empêché de suivre les mouvements de la Révolution, & qu'on ne peut
pas lui reprocher d'avoir manqué de l'énergie, du patriotisme dont il aurait été sus-
ceptible s'il eût été mieux portant ». La mise en état d'arrestation continua pour
du Bouzet, comme mesure de sûreté générale jusqu'au mois de brumaire an III.
FIN DU DEUXIÈME FASCICULE.
Toulouse, imprimerie Douladourb-Privat, rue Saint-Rome, 3g. — 3o36
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'I
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IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE EDOUARD' f»RIVAT
45, Rl'E DES TOIRNKLRS. TOll.OfSE
LES
RECLUS DE TOULOUSE
SOL S LA TERREUR
EN VENTE :
PREMIER FASCICULE
Les Citoyens reclus à la Visitation.
DEUXIÈME FASCICULE
Les Citoyens reclus aux Carmélites,
A la Conciergerie, au ci -devant Sénéchal,
Aux Hauts -Murats,
Les Citoyens en arrestation chez eux
POUR PARAITRE
TROISIÈME FASCICULE
Les citoyennes recluses dans la ci-devant maison
de Saint-Sernin.
Les citoyens (prêtres) reclus dans la maison ci -devant
Sainte - Catherine.
Les citoyens détenus dans les maisons d'arrêt
des districts.
PRIX DE CHAQUE FASCICULE 3 francs.
^l'oulouse, Iiiip. Dix i.ADoiitK-lMuvAT, lUf h'-Koi'je, WJ. — 30.^6
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y-
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to due date,
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